Comptes rendus 2026

(du plus récent au plus ancien)

Compte rendu M3 (23 juillet 2026, Rupt-sur-Moselle)

Ivres de paysages

La Planche des Belles Filles est une ensorceleuse, elle effraie autant qu’elle séduit. Pour les uns, ce fut un motif d’abstention, mais pour les présents ce fut une tentation à laquelle ne pas résister : tous l’ont gravie, cette planche verticale, certains ont en même rajouté, en poussant jusqu’à l’ultime limite de cette sorcellerie qui s’achève en impasse, et qui impose d’être redescendue. Ce fut donc en comité relativement restreint qu’elle fut honorée, cette Planche à nulle autre pareille. Nommons-les, les courageux 21 vélo-planchistes :

Patrick BECHAMP – Pierre BECK – Fabien et Marie-Hélène BOTHIEN – Nadine CLÉMENT – Gilles DELABARRE – Claude DIETMANN – Gilles FLOQUART – Gérard GOESSEN – Jean-Claude HAZOTTE – Reynald LAHANQUE – Éric MASSOT – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT- Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Dominique TISSERANT – Michel VILLEMIN

Moins de monde, et donc moins de dames, deux seulement, mais deux Gilles, c’est rare (ont-ils fait les idiots, je ne crois pas), deux Dominique, c’est habituel, et habituel qu’ils s’octroient une rallonge, ces deux patentés bigorexiques – pour eux, ce n’est jamais assez, tandis que pour les autres, la devise est celle des Stoïciens : « Rien de trop ». Il faut dire que le programme était copieux, non en distance, mais en dénivelé : le court col du Mont-de-Fourche à titre d’échauffement, prolongé par quelques ondulations jusqu’au col des Croix, avant les 10 km irréguliers du Ballon de Servance, puis les fameuses rampes de la Planche. Une pause, et voici venir le col de la Chevestraye, et pour ceux du grand parcours, la montée vers Belfahy. Après le repas, la digestion se fait en montant à La Mer, et après Faucogney, après le plat et le faux-plat, la montée finale qu’au col du matin, pour boucler la boucle. Une belle ventrée de grimpettes, douces, sérieuses, ou franchement rudes.

C’est l’ami Bernard Guérard, alias le Capitaine, qui nous avait composé ce menu pimenté : hélas, trois fois hélas, il n’a pu lui-même en apprécier les fortes saveurs, la faute à un ennui de santé très mal venu. Il va devoir se reposer, prendre patience, mais nul doute qu’il ne se refasse la santé. Les nouvelles les plus fraîches sont rassurantes. On pense à lui, on l’encourage, non sans le remercier pour cette belle escapade en Haute-Saône, dont je dirais volontiers qu’il aurait été dommage de la manquer … D’autant que la météo fut notre alliée, sans chaleur excessive ni vent trop vif.

Cette fois encore, lever la tête, observer, contempler à loisir : un pur régal. Car il y eut de quoi savourer, dans la quiétude des petites routes arborées, bordées de quelques-uns des mille étangs, tantôt encloses dans la végétation, tantôt ouvertes sur les collines et les vallées environnantes. Il y a toutes sortes d’ivresses, celle qui fait grand profit des paysages et des sensations éprouvées à les parcourir, au prix d’efforts allégrement consentis, n’est pas la moins délectable : rouler à vélo, dans la pleine conscience de cette présence, est l’un des plus sûrs moyens de l’éprouver. Et quant à cette ivresse, elle est sans aucun effet indésirable. 

Elle réclame toutefois quelques précautions, en particulier dans certaines descentes, celle du Ballon de Servance, tout en virages serrés et en cahots antipathiques, à l’instar de celle de Belfahy, agrémentée en outre de quelques gravillons (à éviter à l’avenir). La descente de la Planche est redoutable, elle, par la vitesse qu’on peut y atteindre. Mais les freins ne sont pas faits pour les chiens. Mes amis, sachons freiner nos ardeurs, laissons les défis et les risques aux plus jeunes et aux professionnels du pédalage. N’en rajoutons pas sur les dangers inhérents à notre pratique, ceux qui nous concernent en propre et ceux qui tiennent aux autres usagers des routes que nous empruntons. 

Si « Rien n’est précaire comme vivre », ne faisons rien pour nourrir cette précarité, et faisons tout pour prolonger la VVV : la Vraie Vie Vive ! 

Reynald le 24 juillet 2026

PS : Pour ceux qui ont rejoint la confrérie des VVV récemment, je signale l’existence de la comptine, par moi composée et par Patrice Rémy mis en musique, et dont le refrain est :

Roulons, roulons jusqu’à la rive / Où se savoure la vraie vie vive

Compte rendu M6 (16 juillet 2026, Saulcy-sur-Meurthe)

Une première à plus d’un titre 

Marie-Hélène Bothien, secondée par son Fabien, par Sylvain et Patrick B., a réglé avec précision et dans les détails la première sortie qu’elle s’est chargée d’organiser. Chacun a pu savourer l’un des trois parcours dessinés, la formule combinant à Brouvelieures restaurant et garage-vélos, la qualité du repas et de l’accueil, le parking de Saulcy réservé en mairie. Félicitations unanimes : une sortie aux petites brimbelles, pour ne pas dire aux petits oignons. Et qui a rassemblé 35 participants, qui eussent été 40 si des contraintes diverses n’avaient entraîné cinq défections de dernière minute : 

Serge AUDINOT – Patrick BECHAMP – Pierre BECK – Fabien et Marie-Hélène BOTHIEN – Jean-Luc et Joëlle CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Amico DI CIANO – Jean-Roger DODEY – Francis DUVAL – Didier GOFFEMEYER – Jean-Claude HAZOTTE – Smaïl IDRI – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Bruno LOEFFLER – Noël MAILLEFERT – Éric MASSOT – Sylvain MEURANT – David MOUCHON – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Claude et Colette PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT- Gérard REGRIGNY – Patrice RÉMY –  Francis ROCH – Jean- Luc ROUYER – Françoise et Jean-Marie THOMAS – Dominique TISSERANT – Michel VILLEMIN

La rotation des présences ne s’est pas démentie, grâce à Amico et à ses amis de Rambervillers (le couple Thomas, David Mouchon et Noël M. de retour parmi nous), grâce aussi à JR Dodey, le dernier en date des p’tits nouveaux. Bienvenue à eux tous ! Je salue aussi le retour des Lazaréens, je veux dire la « résurrection » de ceux qui viennent de traverser de dures épreuves, Denis L., Serge A. et Gérard R. (le fondateur) : ils sont durs au mal, et valeureux d’entre les Valeureux. Par comparaison, ceux qui ont connu hier de petits incidents peuvent relativiser leurs déboires : Alain, qui a perdu ses lunettes correctives dans les cahots d’une descente, Colette victime d’une crevaison et d’un blocage de son dérailleur, Jean-Claude H. qui a brisé plusieurs démonte-pneus lors d’un changement de chambre à air … Rien de très grave, et aucune chute sur les gravillons vosgiens de grès rose.

Nous sommes nombreux, je crois, à avoir découvert hier certaines petites routes forestières, gentiment vallonnées, ou parfois rudement, prodigues en panoramas sur la ligne bleue des Vosges mais aussi en refuges ombragés contre l’ardeur du soleil. On y est ainsi rémunéré de ses efforts, du côté de la Planchette (des Beaux Garçons ?), du col cool de Mandray, qui ramène bientôt sa Fraize, avant le plein plat de Plainfaing et le raidard de la Truche. Et si je poursuis avec le GP +, puisque j’en étais (vieux cycliste mais jeune fou), la récompense, ce fut aussi la suave descente vers la plaine, avant les nouvelles grimpettes, celle peu corsée de Corcieux, et les plus âpres de Granges (sans sa Vologne, à sec) puis de Bertrichamps, notre point culminant (730 m), du modeste qui se mérite. Les ondulations suivantes étaient plus douces, parmi les Bruyères, en passant par l’improbable Belmont-sur-Buttant, sans mont ni butte, et jusqu’à Domfaing : et là, puisqu’on avait donc faim, il n’y avait plus qu’à se laisser glisser jusqu’au restaurant des Brimbelles (et ses bien belles hôtesses).

Les arrivées y furent échelonnées, la faute aux incidents mentionnés plus haut, et de même à table les services, puis les reprises du pédalage – ce qui est un peu dommage, mais il est vrai que les décalages temporels ont favorisé, alors que le parcours du retour était commun, la formation de plusieurs groupes, autres que ceux du matin.  C’est ainsi, les VVV ont désormais l’esprit de groupes (au pluriel) !

La chaleur était forte au sortir du restaurant, mais bien vite le choix des petites routes forestières opéré par l’équipe de Marie-Hélène a contribué à nous la rendre supportable, tout en nous procurant son lot de sensations rafraîchissantes, le psithurisme aidant (le murmure du vent dans les arbres), non moins que l’absence de véhicules pétaradants. Ceux qui n’avaient pas la tête dans le guidon se sont régalés au passage des étranges attributs de Mortagne, le Bout du dessus et le Bout du milieu (au choix) … La sortie de Saulcy ne fut pas sans soucis, mais pas non plus sans joyeusetés.

Un dernier mot, personnel, en écho à mon récent passage (le 14 juillet) dans ma neuvième décennie : cette sortie a aussi été pour moi une première, celle d’un néo-octogénaire. J’ai du mal à y croire, beaucoup de mal, vous aussi (merci de l’avoir dit ou pensé). Jean-Luc Chapelle m’a assuré que le plus dur c’était de les atteindre, les 80 balais, et qu’ensuite il n’y avait plus qu’à laisser faire … J’en accepte l’augure. Mais il n’empêche que « j’arrive où je suis étranger », comme le dit si bien Aragon, dans un poème (en octosyllabes) sur le trouble que suscite le fait de vieillir. En voici la première strophe (en ajoutant que ce poème a été adapté et chanté par Jean Ferrat, et plus récemment par Arthur Teboul et le groupe Feu ! Chatterton) :

Rien n’est précaire comme vivre

Rien comme être n’est passager

C’est un peu fondre pour le givre

Et pour le vent être léger

J’arrive où je suis étranger

Reynald, le 17 juillet 2026

PS : les liens vers les adaptations chantées du poème :

https://www.youtube.com/watch?v=D4UmqE1KkFk (Jean Ferrat)

https://www.youtube.com/watch?v=s2-Jlz_lBjo (Arthur Teboul)

Compte rendu M1 par Francis Roch (2 juillet 2026, Rhodes)

Le Donon par le versant  » Sarre Rouge  » via le col St Léon en guise d’apéritif….corsé celui là…

Les 2  parcours tracés par Patrice REMY assisté de Brigitte pour la logistique , auront séduits 25 valeureux , d’autant que la météo estivale était révenue à des températures supportables….:

Édith ANGEL  – Jean-Luc et Joëlle CHAPELLE – Nadine CLÉMENT  – Gilles DELABARRE – Claude DIETMANN – Jean-Roger DODEY – Ph DUPONT –  Francis DUVAL – Gilles FLOQUART – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Didier GOFFELMEYER –  Jean-Claude HAZOTTE – Erwin L’HUILLIER – Dominique PERRET – Colette et Claude PETITDEMANGE -Jean-Paul PEZEL – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Jean- Luc ROUYER – Bernard SAINT-AYES – Jean-Marie SALVESTRIN – Dominique TISSERANT –

Jean-Louis MOREAU – Laura MORQUE – Nadyne POIROT retenus pour divers motifs étant excusés.

Comme à l’habitude les deux groupes ( 16 + 9 ) s’élancèrent à leurs allures respectives , et après la  longue ascension du col de l’Engin, le grand parcours ayant à gravir le Donon depuis Raon les Leau par la RF de St Pierre et retrouver la longue descente vers Turquestein – Blancrupt pour rejoindre le KIBOKI pour la pause repas . Cet endroit fort sympathique aménagé dans ce coin de verdûre a été trés apprécié …et mérite le détour.

Le profil de l’aprés repas a laissé des traces à certains qui se reconnaitront…n’est-il pas ? D’autant qu’un vent défavorable n’a pas épargné les solos…!

Selon Patrice les rendus GPS sont les suivantes :

GP 135,8 kms, 2050 dénivelé +

PP 123,1 kms 1750 dénivelé +

En conclusion, la journée s’est déroulée sans pépins ni chutes ni ennuis techniques, et pas d’égarés connus à cette heure.

Francis, le 3 juillet 2026

Compte rendu M4 (16 juin 2026, Le Thillot)

Un Ballon après l’autre

« Je roule, donc je suis », disait un célèbre philosophe. Pour autant, notre calendrier est fâché avec la logique cartésienne : un M1 et un M3 précédés par un M4 venu à son heure. Non sans quelque péripétie lors des inscriptions : l’ami Jean-Paul a dû ramer pour gérer des inscriptions très tardives, parfois trop tardives, avec des forfaits de dernière minute, et des séries de correctifs négociés avec le restaurateur. Pitié, les amis, songez à faciliter la tâche des organisateurs ! Au bout du compte, la double ascension du Ballon d’Alsace et l’escale de la Seigneurie ont été le privilège de 31 amateurs de grimpettes et de bonne chère :

Édith ANGEL – Patrick BECHAMP – Jean-Luc et Joëlle CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Bernard CUNY – Claude DIETMANN – Gérard FAVIER – Gilles FLOQUART – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Bruno LOEFFLER – Éric MASSOT – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE -Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT – Patrice RÉMY – Jean- Luc ROUYER – Bernard Saint-AYES – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Jean-Pierre VALTER – Michel VILLEMIN

Dans cette liste, trois noms nouveaux (ou presque), ceux de Bruno le Toulois, de Gilles F. ami ce Claude P., et de Gérard F. ami de JCH – bienvenue à eux trois ! À noter aussi, une dizaine de pilotes de VAE : l’âge des uns et le relief du jour y seraient pour quelque chose ? Le relief, outre petites bosses et faux-plats, c’était du sérieux : trois longues ascensions au programme, la première étant la plus âpre (le Ballon d’Alsace depuis St-Maurice), la deuxième un peu plus tendre (le col du Hundsrück), et la troisième la plus longue (le même Ballon depuis Giromagny). Le petit parcours évitait la deuxième escalade, mais le GP Plus s’en offrait une quatrième, courte mais rude (la montée vers le lac du Lachtelweiher). Une vraie sortie Montagne, en somme, avec ses 2200 m de dénivelé positif pour le parcours intermédiaire, 300 m de plus pour le GP+, et 400 de moins pour le PP. Et trois variantes d’un parcours appétissant, avec vues panoramiques sur les vallées, descentes rapides et sinueuses, pistes en plaine et routes rustiques. Merci à son organisateur, l’ami Jean-Paul Pezel. 

Au chapitre des inconvénients de cette escapade : la traversée de Thann, toujours fastidieuse, et la contrainte (compte tenu de la topographie et de la localisation du restaurant) d’avoir à parcourir quelques 53 km l’après-midi, et surtout de devoir se manger un grosse plâtrée de 1000 m de D+ après le repas. Pas digeste pour tout le monde, le capitaine Bernard, au bord des crampes, ne me dira pas le contraire, mais j’imagine qu’il n’a pas été le seul à compter un à un les 14 km de la remontée finale (et même les 18 km depuis le point le plus bas). Mais tous y sont parvenus, les uns non sans aisance, ou non sans assistance, les autres avec une persévérance qui force l’admiration. La chaleur aurait pu aggraver la difficulté, mais frais ombrages et petits nuages l’ont assez souvent tempérée. Je me souviens d’une remontée sous le cagnard, il y a quelques années, qui avait été beaucoup plus éprouvante. Après la même escale à la Seigneurie, une adresse alors plus gastronomique et plus « classe », du temps de l’ancien propriétaire, mais qui demeure agréable et réparatrice.

Il est rarissime, heureusement, que nous soyons accablés par des accidents, les amis VVV sont chevronnés, et ils dégringolent les cols, par exemple, avec adresse et en contrôlant leur vitesse. Mais les pièges se cachent dans les détails, et parfois au ralenti : à deux reprises hier, un simple rebord de trottoir mal apprécié a été cause de deux chutes un peu bêtes, avec pour effet, un genou et une jambe bien râpés (Jean-Paul) et une patte de dérailleur cassée (Claude P.) – comme ce dernier avait attendu le retour au Thillot pour faire l’acrobate, il a pu être secouru sans tarder. J’ai appris par ailleurs que ce vaillant gaillard va participer à l’étape du Tour : bravo ! Mais dans sa version féminine : faut-il s’inquiéter ? Va-t-il se comporter de façon à la fois galante et respectueuse ? Ou nous annoncer bientôt son coming out : un changement, non de sexe (faut pas pousser) mais de genre ? Claude est un prénom épicène, c’est bien pratique.

Puisque j’en suis aux questions farfelues, j’insiste et vous demande : lors de la remontée vers le Ballon d’Alsace, en franchissant l’ondoyante Savoureuse, avez-vous ressenti quelque chose de très spécial ? Et en voyant un peu plus haut la mention de La Goutte Boileau, vous êtes-vous demandé si cette goutte devient nuage à force de boire toute cette eau ? Auparavant, avez-vous été pris de Magny-mania, en traversant le Petit et le Gros des Magny, et votre tête s’est-elle mise à tourner quand ce fut le tour du Giro-Magny ? Et cette commune étant située dans le Territoire de Belfort, avez-vous perçu le souffle de l’Histoire, en songeant que ce département est ce qui subsiste de la seule partie du Haut-Rhin qui ne fut pas annexée après le défaite de 1871 ? Autre question : où sont passées, selon vous, les énormes et innombrables carpes de l’étang de la Seigneurie ?

Mais la seule et décisive question, l’insondable énigme, c’est : pourquoi aimez-vous à ce point vous échiner sur un vélo ? Quel soif d’absolu ou quelle névrose vous commande de tricoter des gambettes encore et toujours ?

Reynald, le 17 juin 2026

Compte rendu M2 (21 mai 2026, Arches)

Arches, riant retour

Le retour à Rhodes ayant été différé, c’est le retour à Arches qui a inauguré la longue séquence montagnarde de cette année. Jean-Pierre Valter nous avait proposé ce lieu de rendez-vous, très commode d’accès en voiture, en 2023 puis en 2024 ; Gilles Delabarre a pris le relais l’an dernier, et il a récidivé hier, si bien que nous avons exploré grâce à eux, par monts et par vaux, vers l’est, le sud et l’ouest, bien des terrains de jeu offerts à notre appétit de grimpeurs. Et comme le retour à Arches a coïncidé avec le retour du soleil, nous n’avions jamais été aussi nombreux au départ de l’Archéenne 2026, la quatrième du nom : dites 33, et vous aurez le nombre des vieux montagnards, non pas sur le retour, mais s’écriant en chœur « En avant, Arches ! » : 

Édith ANGEL – Fabien et Marie Hélène BOTHIEN – Nadine CLÉMENT – Jean-Marie CAEL – Anne et Franck CORNU – Gilles DELABARRE – Philippe DUPONT – Francis DUVAL – Jean-Louis GILLARD – Didier GOFFELMEYER – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN –Smaïl IDRI – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Jean-Luc LAINE – Éric MASSOT – Sylvain MEURANT –Dominique PERRET – Claude et Colette PETITDEMANGE -Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Jean- Luc ROUYER – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN – Philippe WOLFERSBERGER

À noter : d’autres retours, ceux de Ph. Dupont et JL Laine, et deux premières, celles des invités D. Goffelmeyer et Ph. Wolfersberger – autant de récidivistes potentiels, puisque tous sont les bienvenus dans notre singulière confrérie. Quant à l’essentiel, cela tient en peu de mots : une journée parfaite ! L’organisateur du jour, Gilles Delabarre, y est pour beaucoup, par son choix des parcours, trois variantes exigeantes, certes, mais également délectables ; par son choix de l’escale à l’Auberge de la Ferme Saint-Vallier, avec sa terrasse panoramique, sa décoration d’un autre temps, son accueil aimable, son menu savoureux, sa fontaine d’eau fraîche. Gilles s’était donné la peine de repérer quantité de petites routes sans trafic, calmes, forestières, et, en cette saison, agrémentée de genêts en fleur et de chants d’oiseaux, au détour d’étangs paisibles et de villages endormis. Des routes qui ne transportent pas sur les cîmes, mais qui lui ont permis de composer, au gré de longues montées et de courtes grimpettes, une authentique sortie montagne. 

Ce qui me frappe à nouveau : le bonheur, ce n’est pas seulement de contempler les paysages parcourus, mais de pouvoir s’en imprégner, d’en faire partie en quelque manière. La précieuse expérience du vélo, qui repose à la fois sur la stabilité d’un équilibre et la fluidité d’un mouvement, offre cette possibilité d’une intime proximité avec tout ce qui nous entoure. Dans la pensée chinoise traditionnelle, on ne parle pas du « paysage » comme d’un objet observable qui nous serait extérieur, mais comme d’un ensemble, appelé « montagne-eau » (le « shan shui »), reliant ce qui tend vers le haut et ce qui tend vers le bas, l’impassible et l’ondoyant, ce qui a relief et ce qui est sans forme, le visible et l’audible (puisque l’eau qui s’écoule s’entend), deux pôles qui entrent dans un réseau d’implications illimitées, et au sein duquel nous sommes nous-mêmes impliqués, pour peu que nous sachions lâcher prise plutôt que de prétendre à une vaine maîtrise. 

Vous allez me dire : « Arrête de chinoiser », raconte-nous des trucs qui ont émaillé la sortie. Par exemple, explique-nous comment a pu s’égarer un certain Francis alors que nous étions si nombreux à l’escorter. Une hypothèse est qu’étant du val il n’est pas du mont… Mais une explication est que disposant du gpx (Gilles avait pris soin de le lui télécharger), il n’a pas cru bon de l’activer. Autre anecdote : à l’approche de Faucogney, mes compagnons du GP évoquent le redoutable raidard qui nous attend, sur notre droite ; mais arrivés au pied de la pente, on doit rebrousser chemin, des travaux interdisant le passage. Soulagement et déception mêlés. Il faut descendre 5 ou 6 km plus bas et emprunter la voie minuscule de Saint-Colomban : le compteur s’affole, il affiche du 14, du 17, et même du 20 % de pente, fichtre, ce raidard-ci doit être le frangin du précédent. J’admire que certains de mes camarades le franchissent sans l’aide de watts additionnels (moi, j’aurais mis pied à terre, c’est plus que probable).

Nous avons eu aussi la forte impression de croiser, sur la route des Forts, deux cyclistes qui n’étaient pas en ce jour de notre chapelle, mais qui ressemblaient fort à un couple bien connu de nous, celui de Joëlle et Jean-Luc. Ce n’est pas qu’ils nous snobaient, mais qu’ils effectuaient pour nous la reconnaissance du parcours qu’ils nous proposeront au mois d’août. 

Autre réussite de cette formidable sortie : pas de motards bruyants, pas de barbares pétaradants. Une parfaite quiétude. Jusqu’à ce que, sur la route du retour … ce n’est pas dieu possible, on ne croit pas ce qu’on voit, on n’oit pas ce qu’on perçoit, une route barrée, une demi-heure de pause non désirée, à voir passer des grands gosses attardés qui font vroum-vroum, qui étalent leurs joujoux luxueux, prétentieux, trépidants, arrogants et polluants. C’est fou ce qu’ils s’éclatent, les magnats du volant. Un rallye McLaren, qu’on nous dit, la classe, quoi. Je sais, il y a ceux que ça épate, ce barnum désuet, cet étalage de puissance, ce frisson mécanique. Il y a un public pour ça, monsieur le préfet le sait, qui se sent tenu de signer l’arrêté autorisant cette manifestation pétrolifère. Un « arrêté », le mot dit tout. Nous, humbles cyclistes, préférons le mouvement : le déplacement silencieux, fluide, économe, amical et heureux. La vraie richesse.

Pour finir, en votre nom à tous, une pensée cordiale et des vœux de bon rétablissement pour nos convalescents, Alain, Denis, et Serge.

Reynald, le 22 mai 2026

Compte rendu P4 (28 avril 2026, Morhange)

En passant par la Moselle

Immarcescibles vétérans, les voici venus au rendez-vous de Morhange, valeureux valides, plus vivants démons que morts anges (ça commence bien). Pourquoi Morhange ? Parce que ce fut la cité d’enfance de l’organisateur du jour, le grand costaud affable, l’Erwin qui pédale dans l’huile. Quant au suffixe – ange, si fréquent en Moselle, apprenons qu’il dérive du – ing ou du – ingen germanique, que l’on retrouve dans nombre de communes aperçues ce jour (un suffixe qui renvoie à l’idée de domaine, comme le – ville si fréquent dans toute la France). Bref c’est un bienheureux Morhangeois (ou joyeux de naissance ?) à l’invitation duquel ont répondu 28 vivants cycloptères :

Édith ANGEL – Fabien et Marie Hélène BOTHIEN – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Smaïl IDRI – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Éric MASSOT – Sylvain MEURANT –Dominique PERRET – Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT – Gérard RÉGRIGNY – Patrice RÉMY – Jean- Luc ROUYER – François SAGNARD – Dominique TISSERANT -Alain VALTA – Jean-Pierre VALTER – Didier WERNERT 

Cette liste appelle une remarque : le nom du barbu magnifique, Éric Massot, y figure, source d’une joie partagée, pour lui après des mois et des mois de galère, pour nous tous qui le tenons en grande estime. Il y a là aussi le nom de Jean-Pierre Valter, convalescent qui doit encore soigner son poignet gauche. Lui, il s’est payé le luxe de venir à vélo de Nancy, tandis qu’Éric passera la journée avec les premiers de cordée. Immarcescibles entre tous, qu’ils sont ! Quant au Jean-Claude de Brin, il aura manqué Morhange, mais pas Rhodes, pour avoir confondu un jeudi avec un mardi, et un départ avec un repas.

Organiser une sortie VVV, c’était une première pour Erwin : serait-il de ceux qui « pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître », comme eût dit Rodrigue ?  Le fait est qu’il s’est bien débrouillé, le garnement : parcours aux petits oignons, synchronisation parfaite, restaurant de charme, soleil de printemps. Sans oublier le sourire d’Angélique, auquel succomba notre ange gardien. Félicitations du jury ! Ajoutons que la pause de Rhodes fut parfaite : déjeuner en terrasse au bord de l’étang, service souriant et rapide, menu adapté et goûteux. Une belle adresse, une invitation à revenir.

Pour terminer cette première séquence de notre saison, avant de passer aux sorties en montagne, nous a été offerte une sortie en plaine digne de ce nom, c’est-à-dire gentiment bosselée, certes agrémentée d’un franc raidard lors du réveil musculaire, mais aussi de pistes cyclables reposantes et de nombre de routes rustiques sans fracas ni trafic. Le vent taquin nous a parfois contrariés, et parfois secourus. La campagne était un régal pour les yeux, vastes champs de colzas fleuris, verts bocages, boutons d’or, blanches aubépines, bois ombreux, paisibles étangs, plateaux plantés d’éoliennes, ces étranges danseuses immobiles dont les bras seuls s’animent au gré des souffles d’air. Il y a bien des façons de rouler à vélo, contempler et admirer en est une.

Pour avoir choisi le petit parcours et la petite allure, j’ai pu à loisir faire autre chose que des efforts. Lever la tête, respirer, méditer. Et s’amuser des noms de commune, par exemple. Marthille, on y fait des tartes ? Brulange, c’est pas charitable. Suisse, Fribourg, Rhodes, que de failles dans l’espace-temps ! Grostenquin, c’est une insulte ? Obrick, c’est une invocation à l’astiquage (de fait, l’asphalte y était briqué comme un sou neuf) ? Et Torcheville, je vous demande un peu (on a vu la pancarte, mais on n’y a pas siégé, ouf !). Gelucourt, je le prends mal, moi qui lus long. Et c’est quoi tous ces noms de Moselle en – stroff (ou -troff) ? Encore une origine germanique, une déformation de Dorf (le village). J’aurais préféré strophe, comme une invite à poétiser (ça reviendra). Le Val de Bride a déjà fait couler beaucoup d’encre, je ne fais que passer, allégrement. Et quand il le faut, via Conthil, revenons à la cité des anges, non pas morts (de fatigue) mais comblés (de plaisir).

Sur le parking de l’hôtel de ville, on y a même retrouvé l’extravagant Gaby, dont le sens de l’orientation est très aigu, mais très personnel : il quitte l’itinéraire tout y restant, il rallonge de quelques km tout en parcourant la même distance, il demande à l’habitant où se trouve le parking tout en sachant fort bien où il se trouve. Du Gaby haut en couleurs et en gabyrama. Mais pas plus qu’aucun autre il ne s’est égaré, et plus que jamais satisfaction et sourires étaient visibles sur les visages. 

Oublions de vieillir, « et vous heures propices, suspendez votre cours ». 

Reynald, le 29 avril 2026

Compte rendu P3 (16 avril 2026, Damelevières)

La foule des grands jours

Après le groupuscule de Toul, la foule compacte de Damelevières. Envolées les raisons de s’abstenir, réunis les motifs de participer. Oubliés les méandres de la Meuse, honorée la plaine bosselée des contreforts des Vosges. Ainsi va la vie des VVV. Et puisque les records sont faits pour être battus, dit-on, il l’a été en cette circonstance, le record de la participation : il était de 42, lors de la sortie de Lorquin organisée par JL Chapelle (M8 du 22 août 2024), il est porté à 44 sous la houlette de JM Cael et grâce à la présence amicale d’Amico et de ses amis de Rambervillers. Une fête de l’amitié, en somme : 

Édith ANGEL – Dominique BALLAND – Patrick BÉCHAMP – Gérard BETTIG – Fabien BOTHIEN -Marie-Hélène BOTHIEN – Jean-Marie CAEL – Jean-Luc CHAPELLE – Joëlle CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Anne CORNU – Franck CORNU – Bernard CUNY – Gérard DECORSAINT – Gilles DELABARRE – Patrick DESCHARNES – Amico DI CIANNO – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Jean-Louis GILLARD – Bernard GUÉRARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Guy HUSSON -Smaïl IDRI – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Noël MAILFERT – Jean-Pierre MASSENEZ – Sylvain MEURANT – Philippe MIDON – Pascal NOUE – Claude PETITDEMANGE – Colette PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Jean-Pierre PIUCCO – Patrice RÉMY – Jean-Luc ROUYER – Francis ROCH – Patrice ROCH – François SAGNARD – Daniel SMALCERZ – Daniel TONON – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN 

            J’observe surtout que d’un record à l’autre nous avons progressé sur le plan de la gestion des grands groupes : lors de la sortie de Lorquin, nous n’avions pas manqué de bien nous disperser plutôt qu’à former des sous-groupes cohérents, dont un groupe 1bis que j’avais appelé de mes vœux (grand parcours à allure modérée). Depuis cette date, nous avons rôdé la formule, et ce jeudi, un tel groupe a fini par se former, tandis que ceux de l’avant et ceux de l’arrière allaient leur train. Ce qui demeure difficile à bien régler, ce sont les distances et les allures qui permettent des arrivées au restaurant en un laps de temps assez court. Les solutions ? On les connaît : que le petit parcours (PP) ne soit pas trop petit (ce qu’il fut ce jeudi), et que le groupe 1bis s’offre un léger raccourci quand le réseau routier le permet ou, à défaut, que ceux de devant consentent à ménager des regroupements. On y a réussi parfois. Et parfois pas. Mais les solutions nous appartiennent.

            Cela étant, tout le monde a apprécié le tracé routier et ses variantes, proposés par Jean-Marie : une foule de petites voies sans trafic, en rase campagne ou à travers bois, peu connues de beaucoup d’entre nous, et bosselées à souhait. Un parcours Plaine et Mortagne, qui rime sans peine avec Montagne. Sans peine, c’est une façon de dire. Il a fallu se les grimper, les quelques 1600 m de la promenade (ou un peu moins pour le PP). Pour onduler, ça ondulait, avec des descentes, certes, mais qui passent si vite que le ressenti penche du côté de l’ascendant. Mais on aime ça, on ne se plaint pas, on en redemande. 

Surtout quand la météo se fait complaisante, après avoir été menaçante. Pas une goutte de pluie, un soleil d’abord paresseux, puis généreux, une franche douceur, une belle lumière, des paysages accueillants, revêtus du vert tendre du premier printemps et du flamboiement solaire des colzas en fleurs. Laisser faire l’enchantement, oublier les efforts, apprécier sa chance, s’éprouver profondément vivant … Autant de hautes raisons de rouler à vélo. Loin de la fureur du monde, pour un temps au moins, loin de l’intelligence très artificielle et de la bêtise très meurtrière. 

Faire du vélo c’est aussi aller de village en village, et parfois s’interroger sur leurs noms. Ainsi peut-on apprendre que celui de Damelevières fait référence à la première martyre chrétienne de Lorraine, sainte Libaire (an 361), et celui de Bertrichamps au champ d’un certain Bertricus ou Bertrich. Quant à Housseras, la nouvelle patrie d’Amico, la commune doit son nom au fait d’avoir été jadis plantée de houx, mais le plus remarquable tient à ce qu’y sont inhumés Alfred Döblin, son épouse, et leur fils Wolfgang : le père n’est autre que le grand romancier allemand auteur de Berlin Alexanderplatz (1929) et le fils un mathématicien génial, naturalisé français (sous le nom de Vincent Doblin) après avoir fui le nazisme, combattant français en 39-40, amené à mettre fin à ses jours pour ne pas tomber aux mains de l’armée allemande, après avoir été encerclé avec son unité près de cette commune[1]. Comme je l’ai déjà écrit, tourner les jambes c’est aussi tourner des pages d’histoire et de géographie.

Il y aurait à dire sur d’autres noms : monter à Padoux ce n’est pas dur, mais loin encore de l’Italie ; passer à Vallois ou à Lachapelle, c’est très VVV ; mais s’il faut voir en « Belvitte », le féminin de Beau-vit, je me garde d’y songer. Quant au bac à rats, ignorons-le, c’est de bonne manière, ce qui sert en ville. Si, pédalant, je mate excès (de vitesse), c’est probable, alors que d’aucuns prétendent qu’il faut qu’on coure, histoire de ne pas faire attendre les Rambuvetais. Mes gros jeux de mots vous font tiquer ? Je vous comprends, mais s’il vous plaît, ne chipotez pas !

Un mot encore : était présent parmi nous un certain JP Massenez, un ancien champion cycliste régional. Merci à lui, car je lui dois de n’avoir pas été le plus vieux du peloton : il est né en 1944, 82 balais dans l’année. Et il file encore comme un avion ! C’est ainsi, y a pas de justice dans ce pauvre monde, les uns caressent les pédales, les autres pédalent avec les oreilles. 

Reynald, le 19 avril 2026


[1] C’est notre ami VVV Pierre Vallois, lui-même mathématicien, qui m’a mis sur cette piste ; pour en savoir plus, vous pourrez le solliciter, vous saurez tout sur l’équation de Chapman-Kolmogorov. Quant à moi, je ne peux que vous recommander la lecture des romans de Döblin père. Les chiffres et les lettres.

Compte rendu P2 (7 avril 2026, Toul)

Confidentielle dépense

            Report d’une semaine de notre sortie P2, lendemain du long week-end pascal, petits-enfants à garder, convenances personnelles, états de forme précaires, accidents domestiques, douleurs chroniques, trouble métaphysique, incertitude existentielle, bouffée mélancolique, nonchaloir inopportun, bouderie inexpliquée … les raisons n’ont pas manqué pour que les pédaleurs du 7 avril s’en viennent à dépenser leurs forces en petit comité, une rareté chez les VVV. En somme, une sortie confidentielle pour les 17 acteurs du jour :

            Édith ANGEL – Patrick BÉCHAMP – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Patrick DESCHARNES – Claude DIETMANN – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Reynald LAHANQUE – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Jean-Paul PEZEL – Jean-Luc ROUYER – Jean-Marie SALVESTRIN – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS

            Les absents n’ont pas toujours tort, mais ils seront malheureux d’apprendre qu’elle fut très belle la journée qu’ils ont manquée, et c’est même peu dire qu’elle fut savoureuse et délectable, et plus que printanière, tant le soleil et une douceur tout estivale nous ont escortés, une fois dissipée la fraicheur du petit matin. Elle fut très belle aussi grâce au parcours proposé par Meister Komoot, un expert ès tracés. La plaine meusienne ne fait pas dans le pittoresque ostentatoire, mais elle n’est pas dénuée de charme pour qui se laisse imprégner de ses paysages paisibles et sages. 

Les côtes de Toul, pour commencer, certes on les connaît, mais le moment de la floraison fugitive des fruitiers est incomparable. On emprunte plus rarement la route forestière, bordée d’étangs qui mène ensuite à Raulecourt, l’une de ces petites routes sans trafic qui contribueront à la qualité de notre journée. Le monument américain du Montsec se voit de loin, l’atteindre mérite un effort, après quoi, là-haut, les conversations vont bon train. Le couarail se prolonge, tandis que le signataire de ces lignes, qui s’est dispensé de la grimpette (pour cause de mollet gauche douloureux), musarde vers Woinville, un œil dans le rétro. Ce qui lui permet de flâner dans la longue côte qui prend là son élan, le petit col du jour, qui mènerait à Saint-Mihiel si nous n’avions pas opté, à main droite, pour la longue descente qui s’ensuit vers la très séduisante vallée de Savonnières et de Varvinay. L’un de ces endroits discrets et silencieux où le choix de rouler à vélo prend tout son sens.   

            C’est au moment de la séparation des parcours que je revois enfin ceux qui ont opté pour le plus grand des deux : nous passerons nous aussi par Lacroix-sur-Meuse, mais au terme d’une longue boucle vallonnée. La montée qui va s’accentuant vers Deuxnouds-aux-Bois et au-delà vers la tranchée de la Calonne, évitée de justesse, opère la sélection entre les quatre qui envoient du bois à l’avant et les six qui s’attardent aux paysages, tout en ayant un œil sur la montre, histoire d’arriver à une heure décente au restaurant. La petite route à flanc de colline qui conduit à Seuzey, avec son église remarquable et ses vieilles maisons de pierre, offre, elle aussi, de quoi s’enchanter, dans la lumière et la quiétude. Il ne restera plus qu’à poursuivre la pédalée, dans la vallée de la Meuse, vers l’antique Saint-Mihiel et ses demeures à restaurer, puis vers la  très attendue « Table des Bons Pères ».

            L’accueil y est sympathique, le service rapide et le menu estimable. Une bonne adresse de plus pour la confrérie. Le nombre restreint de convives confère un côté familial à notre tablée. C’est le bon côté des petits cénacles, avec celui de la gestion simplifiée du groupe et des sous-groupes.

            Il faut croire que le repas a revigoré les organismes, la séparation entre GP et PP s’opère bien vite, dès les routes buissonnières d’Ailly, de Brasseitte et de Mécrin, suivies des pistes cyclables de la Meuse et du canal. Il ne fait pas bon musarder à l’arrière, les grosses cuisses n’ont pas de rétro, les vieilles nuques sont bloquées vers l’avant, pédaler fort et se compter ne sont pas compatibles. Bref, mon petit doigt me dit que de pauvres hères ont erré solitaires. Ce qui ne les aura pas empêché, bien au contraire, d’apprécier à sa juste valeur la voie peu fréquentée et vallonnée qui mène de Void à Saint-Germain-sur-Meuse (ou à Ourches, c’est plus direct). Non, ce n’était pas là pour eux une partie de chasse-patate, mais un doux moment de solitude méditative. Et postprandiale, alors que la matinée avait vu les dix-sept participants parvenir ensemble à l’étape du Montsec, il faut le noter.

La citation du jour : « Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle » (Victor Hugo)

La blague du jour : « Ne lui mets pas la pression, il va t’offrir une bière » (Nadine)

Reynald, le 8 avril 2026

Compte rendu P1 (17 mars 2026, Lay-St-Christophe)

Comme on se retrouve …

Enfin, enfin, les retrouvailles

Toujours partantes les vieilles canailles

Kilos en trop moral intact

Le plus précieux c’est le contact !

Les souvenirs et les promesses

Sont le ciment de l’allégresse.

Il y a un plaisir propre à se retrouver, après les quatre mois de suspension de nos escapades VVV. Et cela d’autant plus quand le soleil est de la partie : c’était le cas l’an dernier, ce fut encore le cas hier, et c’est un nombre semblable de participants qui a honoré le rendez-vous de la passerelle sur la Meurthe. Une bonne pensée au passage à tous ceux qui auraient aimé être là mais qui en ont été empêchés par leurs ennuis de santé. Disons qu’ils ont roulé pour eux, les 29 cyclophiles présents :

Édith ANGEL – Élisabeth ANTOINE – AUDINOT Serge – Fabien et Marie Hélène BOTHIEN – Jean-Marie CAEL – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Jean-Louis GILLARD – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Marc HENQUEL – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Dominique PERRET – Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT – Francis ROCH – Patrice ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN 

J’observe que 19 d’entre nous avions déjà participé aux retrouvailles de l’an dernier. La rotation qui nous est familière se perpétue d’emblée. D’ailleurs, en regardant dans le rétro, je m’aperçois que sur les 25 présents lors de la première sortie de 2018, seuls 5 d’entre eux le sont à nouveau en 2026, ce qui confirme que notre confrérie conjugue permanence et renouvellement. Un éternel printemps, en somme ! Je note aussi (et je m’en réjouis) le retour parmi nous d’un néo-retraité, Jacques Pierrat, de Patrice Roch (dit « l’électron libre »), et d’un couple de VVV historiques, Élisabeth et Marc (alias M. « Combien ça coûte »). Quant à JL Gillard, il était apparu lors de deux de nos dernières sorties 2025 : le voici donc intronisé.

J’avais choisi pour nos retrouvailles un parcours vers le nord-est, avec trois variantes, car c’est le secteur le moins fréquenté par les habitués de nos excursions, au point que certains ont en découvert plusieurs segments. Il en est ainsi, à partir de Bioncourt, de la montée sur le plateau de Grémecey, des petites routes forestières menant à Fresnes-en-Saulnois ; puis de la montée au nord vers Lucy ou Baudrecourt, avant le retour vers Delme, qu’on enchaîne depuis Puzieux avec la descente, non dénuée de rebiquettes, vers Craincourt. Le reste était mieux connu de tous, mais, pour l’essentiel, il s’est agi de routes sans trafic, dans une campagne verdoyante, piquetée de quelques taches de couleurs. 

Comme convenu au départ, nous avons réussi à rouler ensemble, moyennant quelques regroupements, jusqu’à Oron, la commune où ceux qui optaient pour le GP + étaient autorisés à s’émanciper. Ils ont été 13 à s’offrir cette petite rallonge, mais il faut croire qu’ils l’ont rondement avalée, puisqu’ils nous ont devancés lors du retour sur le parcours commun. Nous ne les avons donc pas revus, nous les modestes et les peu entraînés, parfois en difficulté. Et comme les rapides se sont eux-mêmes dégroupés, à ce qu’on m’a rapporté, la pause casse-croûte s’est effectuée à trois endroits différents (Craincourt, Nomény, Rouves) au lieu de l’unique lieu envisagé. Une occasion de perdue pour mieux renouer, comme y invite une sortie dite des « retrouvailles ». Dommage. On se consolera en se disant qu’il n’y aura lors des sorties suivantes qu’un seul lieu de restauration …

Comme beaucoup étaient venus à vélo au rendez-vous de la passerelle, même en choisissant le PP la distance et le dénivelé du jour ont atteint d’honnêtes proportions, pour une sortie qui fut d’assez loin la plus longue de cette nouvelle année pour certains d’entre nous (dont je suis). Pour d’autres, je sais, qui affichent déjà des chiffres mirobolants au compteur, elle n’a été qu’une modeste partie de campagne. C’est ainsi, les VVV font de leur diversité liste commune, ce qui leur permet d’être tous élus (ce n’est pas la néo-conseillère de Bagneux qui me démentira). 

L’avenir dira quelle est la durée de leur mandat, mais mon petit doigt me dit que cet avenir ne manque pas de futur !

Reynald, le 18 mars 2026