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Compte rendu M2 (21 mai 2026, Arches)
Arches, riant retour
Le retour à Rhodes ayant été différé, c’est le retour à Arches qui a inauguré la longue séquence montagnarde de cette année. Jean-Pierre Valter nous avait proposé ce lieu de rendez-vous, très commode d’accès en voiture, en 2023 puis en 2024 ; Gilles Delabarre a pris le relais l’an dernier, et il a récidivé hier, si bien que nous avons exploré grâce à eux, par monts et par vaux, vers l’est, le sud et l’ouest, bien des terrains de jeu offerts à notre appétit de grimpeurs. Et comme le retour à Arches a coïncidé avec le retour du soleil, nous n’avions jamais été aussi nombreux au départ de l’Archéenne 2026, la quatrième du nom : dites 33, et vous aurez le nombre des vieux montagnards, non pas sur le retour, mais s’écriant en chœur « En avant, Arches ! » :
Édith ANGEL – Fabien et Marie Hélène BOTHIEN – Nadine CLÉMENT – Jean-Marie CAEL – Anne et Franck CORNU – Gilles DELABARRE – Philippe DUPONT – Francis DUVAL – Jean-Louis GILLARD – Didier GOFFELMEYER – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN –Smaïl IDRI – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Jean-Luc LAINE – Éric MASSOT – Sylvain MEURANT –Dominique PERRET – Claude et Colette PETITDEMANGE -Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Jean- Luc ROUYER – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN – Philippe WOLFERSBERGER
À noter : d’autres retours, ceux de Ph. Dupont et JL Laine, et deux premières, celles des invités D. Goffelmeyer et Ph. Wolfersberger – autant de récidivistes potentiels, puisque tous sont les bienvenus dans notre singulière confrérie. Quant à l’essentiel, cela tient en peu de mots : une journée parfaite ! L’organisateur du jour, Gilles Delabarre, y est pour beaucoup, par son choix des parcours, trois variantes exigeantes, certes, mais également délectables ; par son choix de l’escale à l’Auberge de la Ferme Saint-Vallier, avec sa terrasse panoramique, sa décoration d’un autre temps, son accueil aimable, son menu savoureux, sa fontaine d’eau fraîche. Gilles s’était donné la peine de repérer quantité de petites routes sans trafic, calmes, forestières, et, en cette saison, agrémentée de genêts en fleur et de chants d’oiseaux, au détour d’étangs paisibles et de villages endormis. Des routes qui ne transportent pas sur les cîmes, mais qui lui ont permis de composer, au gré de longues montées et de courtes grimpettes, une authentique sortie montagne.
Ce qui me frappe à nouveau : le bonheur, ce n’est pas seulement de contempler les paysages parcourus, mais de pouvoir s’en imprégner, d’en faire partie en quelque manière. La précieuse expérience du vélo, qui repose à la fois sur la stabilité d’un équilibre et la fluidité d’un mouvement, offre cette possibilité d’une intime proximité avec tout ce qui nous entoure. Dans la pensée chinoise traditionnelle, on ne parle pas du « paysage » comme d’un objet observable qui nous serait extérieur, mais comme d’un ensemble, appelé « montagne-eau » (le « shan shui »), reliant ce qui tend vers le haut et ce qui tend vers le bas, l’impassible et l’ondoyant, ce qui a relief et ce qui est sans forme, le visible et l’audible (puisque l’eau qui s’écoule s’entend), deux pôles qui entrent dans un réseau d’implications illimitées, et au sein duquel nous sommes nous-mêmes impliqués, pour peu que nous sachions lâcher prise plutôt que de prétendre à une vaine maîtrise.
Vous allez me dire : « Arrête de chinoiser », raconte-nous des trucs qui ont émaillé la sortie. Par exemple, explique-nous comment a pu s’égarer un certain Francis alors que nous étions si nombreux à l’escorter. Une hypothèse est qu’étant du val il n’est pas du mont… Mais une explication est que disposant du gpx (Gilles avait pris soin de le lui télécharger), il n’a pas cru bon de l’activer. Autre anecdote : à l’approche de Faucogney, mes compagnons du GP évoquent le redoutable raidard qui nous attend, sur notre droite ; mais arrivés au pied de la pente, on doit rebrousser chemin, des travaux interdisant le passage. Soulagement et déception mêlés. Il faut descendre 5 ou 6 km plus bas et emprunter la voie minuscule de Saint-Colomban : le compteur s’affole, il affiche du 14, du 17, et même du 20 % de pente, fichtre, ce raidard-ci doit être le frangin du précédent. J’admire que certains de mes camarades le franchissent sans l’aide de watts additionnels (moi, j’aurais mis pied à terre, c’est plus que probable).
Nous avons eu aussi la forte impression de croiser, sur la route des Forts, deux cyclistes qui n’étaient pas en ce jour de notre chapelle, mais qui ressemblaient fort à un couple bien connu de nous, celui de Joëlle et Jean-Luc. Ce n’est pas qu’ils nous snobaient, mais qu’ils effectuaient pour nous la reconnaissance du parcours qu’ils nous proposeront au mois d’août.
Autre réussite de cette formidable sortie : pas de motards bruyants, pas de barbares pétaradants. Une parfaite quiétude. Jusqu’à ce que, sur la route du retour … ce n’est pas dieu possible, on ne croit pas ce qu’on voit, on n’oit pas ce qu’on perçoit, une route barrée, une demi-heure de pause non désirée, à voir passer des grands gosses attardés qui font vroum-vroum, qui étalent leurs joujoux luxueux, prétentieux, trépidants, arrogants et polluants. C’est fou ce qu’ils s’éclatent, les magnats du volant. Un rallye McLaren, qu’on nous dit, la classe, quoi. Je sais, il y a ceux que ça épate, ce barnum désuet, cet étalage de puissance, ce frisson mécanique. Il y a un public pour ça, monsieur le préfet le sait, qui se sent tenu de signer l’arrêté autorisant cette manifestation pétrolifère. Un « arrêté », le mot dit tout. Nous, humbles cyclistes, préférons le mouvement : le déplacement silencieux, fluide, économe, amical et heureux. La vraie richesse.
Pour finir, en votre nom à tous, une pensée cordiale et des vœux de bon rétablissement pour nos convalescents, Alain, Denis, et Serge.
Reynald, le 22 mai 2026
Compte rendu P4 (28 avril 2026, Morhange)
En passant par la Moselle
Immarcescibles vétérans, les voici venus au rendez-vous de Morhange, valeureux valides, plus vivants démons que morts anges (ça commence bien). Pourquoi Morhange ? Parce que ce fut la cité d’enfance de l’organisateur du jour, le grand costaud affable, l’Erwin qui pédale dans l’huile. Quant au suffixe – ange, si fréquent en Moselle, apprenons qu’il dérive du – ing ou du – ingen germanique, que l’on retrouve dans nombre de communes aperçues ce jour (un suffixe qui renvoie à l’idée de domaine, comme le – ville si fréquent dans toute la France). Bref c’est un bienheureux Morhangeois (ou joyeux de naissance ?) à l’invitation duquel ont répondu 28 vivants cycloptères :
Édith ANGEL – Fabien et Marie Hélène BOTHIEN – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Smaïl IDRI – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Éric MASSOT – Sylvain MEURANT –Dominique PERRET – Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT – Gérard RÉGRIGNY – Patrice RÉMY – Jean- Luc ROUYER – François SAGNARD – Dominique TISSERANT -Alain VALTA – Jean-Pierre VALTER – Didier WERNERT
Cette liste appelle une remarque : le nom du barbu magnifique, Éric Massot, y figure, source d’une joie partagée, pour lui après des mois et des mois de galère, pour nous tous qui le tenons en grande estime. Il y a là aussi le nom de Jean-Pierre Valter, convalescent qui doit encore soigner son poignet gauche. Lui, il s’est payé le luxe de venir à vélo de Nancy, tandis qu’Éric passera la journée avec les premiers de cordée. Immarcescibles entre tous, qu’ils sont ! Quant au Jean-Claude de Brin, il aura manqué Morhange, mais pas Rhodes, pour avoir confondu un jeudi avec un mardi, et un départ avec un repas.
Organiser une sortie VVV, c’était une première pour Erwin : serait-il de ceux qui « pour leurs coups d’essai veulent des coups de maître », comme eût dit Rodrigue ? Le fait est qu’il s’est bien débrouillé, le garnement : parcours aux petits oignons, synchronisation parfaite, restaurant de charme, soleil de printemps. Sans oublier le sourire d’Angélique, auquel succomba notre ange gardien. Félicitations du jury ! Ajoutons que la pause de Rhodes fut parfaite : déjeuner en terrasse au bord de l’étang, service souriant et rapide, menu adapté et goûteux. Une belle adresse, une invitation à revenir.
Pour terminer cette première séquence de notre saison, avant de passer aux sorties en montagne, nous a été offerte une sortie en plaine digne de ce nom, c’est-à-dire gentiment bosselée, certes agrémentée d’un franc raidard lors du réveil musculaire, mais aussi de pistes cyclables reposantes et de nombre de routes rustiques sans fracas ni trafic. Le vent taquin nous a parfois contrariés, et parfois secourus. La campagne était un régal pour les yeux, vastes champs de colzas fleuris, verts bocages, boutons d’or, blanches aubépines, bois ombreux, paisibles étangs, plateaux plantés d’éoliennes, ces étranges danseuses immobiles dont les bras seuls s’animent au gré des souffles d’air. Il y a bien des façons de rouler à vélo, contempler et admirer en est une.
Pour avoir choisi le petit parcours et la petite allure, j’ai pu à loisir faire autre chose que des efforts. Lever la tête, respirer, méditer. Et s’amuser des noms de commune, par exemple. Marthille, on y fait des tartes ? Brulange, c’est pas charitable. Suisse, Fribourg, Rhodes, que de failles dans l’espace-temps ! Grostenquin, c’est une insulte ? Obrick, c’est une invocation à l’astiquage (de fait, l’asphalte y était briqué comme un sou neuf) ? Et Torcheville, je vous demande un peu (on a vu la pancarte, mais on n’y a pas siégé, ouf !). Gelucourt, je le prends mal, moi qui lus long. Et c’est quoi tous ces noms de Moselle en – stroff (ou -troff) ? Encore une origine germanique, une déformation de Dorf (le village). J’aurais préféré strophe, comme une invite à poétiser (ça reviendra). Le Val de Bride a déjà fait couler beaucoup d’encre, je ne fais que passer, allégrement. Et quand il le faut, via Conthil, revenons à la cité des anges, non pas morts (de fatigue) mais comblés (de plaisir).
Sur le parking de l’hôtel de ville, on y a même retrouvé l’extravagant Gaby, dont le sens de l’orientation est très aigu, mais très personnel : il quitte l’itinéraire tout y restant, il rallonge de quelques km tout en parcourant la même distance, il demande à l’habitant où se trouve le parking tout en sachant fort bien où il se trouve. Du Gaby haut en couleurs et en gabyrama. Mais pas plus qu’aucun autre il ne s’est égaré, et plus que jamais satisfaction et sourires étaient visibles sur les visages.
Oublions de vieillir, « et vous heures propices, suspendez votre cours ».
Reynald, le 29 avril 2026
Compte rendu P3 (16 avril 2026, Damelevières)
La foule des grands jours
Après le groupuscule de Toul, la foule compacte de Damelevières. Envolées les raisons de s’abstenir, réunis les motifs de participer. Oubliés les méandres de la Meuse, honorée la plaine bosselée des contreforts des Vosges. Ainsi va la vie des VVV. Et puisque les records sont faits pour être battus, dit-on, il l’a été en cette circonstance, le record de la participation : il était de 42, lors de la sortie de Lorquin organisée par JL Chapelle (M8 du 22 août 2024), il est porté à 44 sous la houlette de JM Cael et grâce à la présence amicale d’Amico et de ses amis de Rambervillers. Une fête de l’amitié, en somme :
Édith ANGEL – Dominique BALLAND – Patrick BÉCHAMP – Gérard BETTIG – Fabien BOTHIEN -Marie-Hélène BOTHIEN – Jean-Marie CAEL – Jean-Luc CHAPELLE – Joëlle CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Anne CORNU – Franck CORNU – Bernard CUNY – Gérard DECORSAINT – Gilles DELABARRE – Patrick DESCHARNES – Amico DI CIANNO – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Jean-Louis GILLARD – Bernard GUÉRARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Guy HUSSON -Smaïl IDRI – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Noël MAILFERT – Jean-Pierre MASSENEZ – Sylvain MEURANT – Philippe MIDON – Pascal NOUE – Claude PETITDEMANGE – Colette PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Jean-Pierre PIUCCO – Patrice RÉMY – Jean-Luc ROUYER – Francis ROCH – Patrice ROCH – François SAGNARD – Daniel SMALCERZ – Daniel TONON – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN
J’observe surtout que d’un record à l’autre nous avons progressé sur le plan de la gestion des grands groupes : lors de la sortie de Lorquin, nous n’avions pas manqué de bien nous disperser plutôt qu’à former des sous-groupes cohérents, dont un groupe 1bis que j’avais appelé de mes vœux (grand parcours à allure modérée). Depuis cette date, nous avons rôdé la formule, et ce jeudi, un tel groupe a fini par se former, tandis que ceux de l’avant et ceux de l’arrière allaient leur train. Ce qui demeure difficile à bien régler, ce sont les distances et les allures qui permettent des arrivées au restaurant en un laps de temps assez court. Les solutions ? On les connaît : que le petit parcours (PP) ne soit pas trop petit (ce qu’il fut ce jeudi), et que le groupe 1bis s’offre un léger raccourci quand le réseau routier le permet ou, à défaut, que ceux de devant consentent à ménager des regroupements. On y a réussi parfois. Et parfois pas. Mais les solutions nous appartiennent.
Cela étant, tout le monde a apprécié le tracé routier et ses variantes, proposés par Jean-Marie : une foule de petites voies sans trafic, en rase campagne ou à travers bois, peu connues de beaucoup d’entre nous, et bosselées à souhait. Un parcours Plaine et Mortagne, qui rime sans peine avec Montagne. Sans peine, c’est une façon de dire. Il a fallu se les grimper, les quelques 1600 m de la promenade (ou un peu moins pour le PP). Pour onduler, ça ondulait, avec des descentes, certes, mais qui passent si vite que le ressenti penche du côté de l’ascendant. Mais on aime ça, on ne se plaint pas, on en redemande.
Surtout quand la météo se fait complaisante, après avoir été menaçante. Pas une goutte de pluie, un soleil d’abord paresseux, puis généreux, une franche douceur, une belle lumière, des paysages accueillants, revêtus du vert tendre du premier printemps et du flamboiement solaire des colzas en fleurs. Laisser faire l’enchantement, oublier les efforts, apprécier sa chance, s’éprouver profondément vivant … Autant de hautes raisons de rouler à vélo. Loin de la fureur du monde, pour un temps au moins, loin de l’intelligence très artificielle et de la bêtise très meurtrière.
Faire du vélo c’est aussi aller de village en village, et parfois s’interroger sur leurs noms. Ainsi peut-on apprendre que celui de Damelevières fait référence à la première martyre chrétienne de Lorraine, sainte Libaire (an 361), et celui de Bertrichamps au champ d’un certain Bertricus ou Bertrich. Quant à Housseras, la nouvelle patrie d’Amico, la commune doit son nom au fait d’avoir été jadis plantée de houx, mais le plus remarquable tient à ce qu’y sont inhumés Alfred Döblin, son épouse, et leur fils Wolfgang : le père n’est autre que le grand romancier allemand auteur de Berlin Alexanderplatz (1929) et le fils un mathématicien génial, naturalisé français (sous le nom de Vincent Doblin) après avoir fui le nazisme, combattant français en 39-40, amené à mettre fin à ses jours pour ne pas tomber aux mains de l’armée allemande, après avoir été encerclé avec son unité près de cette commune[1]. Comme je l’ai déjà écrit, tourner les jambes c’est aussi tourner des pages d’histoire et de géographie.
Il y aurait à dire sur d’autres noms : monter à Padoux ce n’est pas dur, mais loin encore de l’Italie ; passer à Vallois ou à Lachapelle, c’est très VVV ; mais s’il faut voir en « Belvitte », le féminin de Beau-vit, je me garde d’y songer. Quant au bac à rats, ignorons-le, c’est de bonne manière, ce qui sert en ville. Si, pédalant, je mate excès (de vitesse), c’est probable, alors que d’aucuns prétendent qu’il faut qu’on coure, histoire de ne pas faire attendre les Rambuvetais. Mes gros jeux de mots vous font tiquer ? Je vous comprends, mais s’il vous plaît, ne chipotez pas !
Un mot encore : était présent parmi nous un certain JP Massenez, un ancien champion cycliste régional. Merci à lui, car je lui dois de n’avoir pas été le plus vieux du peloton : il est né en 1944, 82 balais dans l’année. Et il file encore comme un avion ! C’est ainsi, y a pas de justice dans ce pauvre monde, les uns caressent les pédales, les autres pédalent avec les oreilles.
Reynald, le 19 avril 2026
[1] C’est notre ami VVV Pierre Vallois, lui-même mathématicien, qui m’a mis sur cette piste ; pour en savoir plus, vous pourrez le solliciter, vous saurez tout sur l’équation de Chapman-Kolmogorov. Quant à moi, je ne peux que vous recommander la lecture des romans de Döblin père. Les chiffres et les lettres.
Compte rendu P2 (7 avril 2026, Toul)
Confidentielle dépense
Report d’une semaine de notre sortie P2, lendemain du long week-end pascal, petits-enfants à garder, convenances personnelles, états de forme précaires, accidents domestiques, douleurs chroniques, trouble métaphysique, incertitude existentielle, bouffée mélancolique, nonchaloir inopportun, bouderie inexpliquée … les raisons n’ont pas manqué pour que les pédaleurs du 7 avril s’en viennent à dépenser leurs forces en petit comité, une rareté chez les VVV. En somme, une sortie confidentielle pour les 17 acteurs du jour :
Édith ANGEL – Patrick BÉCHAMP – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Patrick DESCHARNES – Claude DIETMANN – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Reynald LAHANQUE – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Jean-Paul PEZEL – Jean-Luc ROUYER – Jean-Marie SALVESTRIN – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS
Les absents n’ont pas toujours tort, mais ils seront malheureux d’apprendre qu’elle fut très belle la journée qu’ils ont manquée, et c’est même peu dire qu’elle fut savoureuse et délectable, et plus que printanière, tant le soleil et une douceur tout estivale nous ont escortés, une fois dissipée la fraicheur du petit matin. Elle fut très belle aussi grâce au parcours proposé par Meister Komoot, un expert ès tracés. La plaine meusienne ne fait pas dans le pittoresque ostentatoire, mais elle n’est pas dénuée de charme pour qui se laisse imprégner de ses paysages paisibles et sages.
Les côtes de Toul, pour commencer, certes on les connaît, mais le moment de la floraison fugitive des fruitiers est incomparable. On emprunte plus rarement la route forestière, bordée d’étangs qui mène ensuite à Raulecourt, l’une de ces petites routes sans trafic qui contribueront à la qualité de notre journée. Le monument américain du Montsec se voit de loin, l’atteindre mérite un effort, après quoi, là-haut, les conversations vont bon train. Le couarail se prolonge, tandis que le signataire de ces lignes, qui s’est dispensé de la grimpette (pour cause de mollet gauche douloureux), musarde vers Woinville, un œil dans le rétro. Ce qui lui permet de flâner dans la longue côte qui prend là son élan, le petit col du jour, qui mènerait à Saint-Mihiel si nous n’avions pas opté, à main droite, pour la longue descente qui s’ensuit vers la très séduisante vallée de Savonnières et de Varvinay. L’un de ces endroits discrets et silencieux où le choix de rouler à vélo prend tout son sens.
C’est au moment de la séparation des parcours que je revois enfin ceux qui ont opté pour le plus grand des deux : nous passerons nous aussi par Lacroix-sur-Meuse, mais au terme d’une longue boucle vallonnée. La montée qui va s’accentuant vers Deuxnouds-aux-Bois et au-delà vers la tranchée de la Calonne, évitée de justesse, opère la sélection entre les quatre qui envoient du bois à l’avant et les six qui s’attardent aux paysages, tout en ayant un œil sur la montre, histoire d’arriver à une heure décente au restaurant. La petite route à flanc de colline qui conduit à Seuzey, avec son église remarquable et ses vieilles maisons de pierre, offre, elle aussi, de quoi s’enchanter, dans la lumière et la quiétude. Il ne restera plus qu’à poursuivre la pédalée, dans la vallée de la Meuse, vers l’antique Saint-Mihiel et ses demeures à restaurer, puis vers la très attendue « Table des Bons Pères ».
L’accueil y est sympathique, le service rapide et le menu estimable. Une bonne adresse de plus pour la confrérie. Le nombre restreint de convives confère un côté familial à notre tablée. C’est le bon côté des petits cénacles, avec celui de la gestion simplifiée du groupe et des sous-groupes.
Il faut croire que le repas a revigoré les organismes, la séparation entre GP et PP s’opère bien vite, dès les routes buissonnières d’Ailly, de Brasseitte et de Mécrin, suivies des pistes cyclables de la Meuse et du canal. Il ne fait pas bon musarder à l’arrière, les grosses cuisses n’ont pas de rétro, les vieilles nuques sont bloquées vers l’avant, pédaler fort et se compter ne sont pas compatibles. Bref, mon petit doigt me dit que de pauvres hères ont erré solitaires. Ce qui ne les aura pas empêché, bien au contraire, d’apprécier à sa juste valeur la voie peu fréquentée et vallonnée qui mène de Void à Saint-Germain-sur-Meuse (ou à Ourches, c’est plus direct). Non, ce n’était pas là pour eux une partie de chasse-patate, mais un doux moment de solitude méditative. Et postprandiale, alors que la matinée avait vu les dix-sept participants parvenir ensemble à l’étape du Montsec, il faut le noter.
La citation du jour : « Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèle » (Victor Hugo)
La blague du jour : « Ne lui mets pas la pression, il va t’offrir une bière » (Nadine)
Reynald, le 8 avril 2026
Compte rendu P1 (17 mars 2026, Lay-St-Christophe)
Comme on se retrouve …
Enfin, enfin, les retrouvailles
Toujours partantes les vieilles canailles
Kilos en trop moral intact
Le plus précieux c’est le contact !
Les souvenirs et les promesses
Sont le ciment de l’allégresse.
Il y a un plaisir propre à se retrouver, après les quatre mois de suspension de nos escapades VVV. Et cela d’autant plus quand le soleil est de la partie : c’était le cas l’an dernier, ce fut encore le cas hier, et c’est un nombre semblable de participants qui a honoré le rendez-vous de la passerelle sur la Meurthe. Une bonne pensée au passage à tous ceux qui auraient aimé être là mais qui en ont été empêchés par leurs ennuis de santé. Disons qu’ils ont roulé pour eux, les 29 cyclophiles présents :
Édith ANGEL – Élisabeth ANTOINE – AUDINOT Serge – Fabien et Marie Hélène BOTHIEN – Jean-Marie CAEL – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Jean-Louis GILLARD – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Marc HENQUEL – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Dominique PERRET – Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT – Francis ROCH – Patrice ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN
J’observe que 19 d’entre nous avions déjà participé aux retrouvailles de l’an dernier. La rotation qui nous est familière se perpétue d’emblée. D’ailleurs, en regardant dans le rétro, je m’aperçois que sur les 25 présents lors de la première sortie de 2018, seuls 5 d’entre eux le sont à nouveau en 2026, ce qui confirme que notre confrérie conjugue permanence et renouvellement. Un éternel printemps, en somme ! Je note aussi (et je m’en réjouis) le retour parmi nous d’un néo-retraité, Jacques Pierrat, de Patrice Roch (dit « l’électron libre »), et d’un couple de VVV historiques, Élisabeth et Marc (alias M. « Combien ça coûte »). Quant à JL Gillard, il était apparu lors de deux de nos dernières sorties 2025 : le voici donc intronisé.
J’avais choisi pour nos retrouvailles un parcours vers le nord-est, avec trois variantes, car c’est le secteur le moins fréquenté par les habitués de nos excursions, au point que certains ont en découvert plusieurs segments. Il en est ainsi, à partir de Bioncourt, de la montée sur le plateau de Grémecey, des petites routes forestières menant à Fresnes-en-Saulnois ; puis de la montée au nord vers Lucy ou Baudrecourt, avant le retour vers Delme, qu’on enchaîne depuis Puzieux avec la descente, non dénuée de rebiquettes, vers Craincourt. Le reste était mieux connu de tous, mais, pour l’essentiel, il s’est agi de routes sans trafic, dans une campagne verdoyante, piquetée de quelques taches de couleurs.
Comme convenu au départ, nous avons réussi à rouler ensemble, moyennant quelques regroupements, jusqu’à Oron, la commune où ceux qui optaient pour le GP + étaient autorisés à s’émanciper. Ils ont été 13 à s’offrir cette petite rallonge, mais il faut croire qu’ils l’ont rondement avalée, puisqu’ils nous ont devancés lors du retour sur le parcours commun. Nous ne les avons donc pas revus, nous les modestes et les peu entraînés, parfois en difficulté. Et comme les rapides se sont eux-mêmes dégroupés, à ce qu’on m’a rapporté, la pause casse-croûte s’est effectuée à trois endroits différents (Craincourt, Nomény, Rouves) au lieu de l’unique lieu envisagé. Une occasion de perdue pour mieux renouer, comme y invite une sortie dite des « retrouvailles ». Dommage. On se consolera en se disant qu’il n’y aura lors des sorties suivantes qu’un seul lieu de restauration …
Comme beaucoup étaient venus à vélo au rendez-vous de la passerelle, même en choisissant le PP la distance et le dénivelé du jour ont atteint d’honnêtes proportions, pour une sortie qui fut d’assez loin la plus longue de cette nouvelle année pour certains d’entre nous (dont je suis). Pour d’autres, je sais, qui affichent déjà des chiffres mirobolants au compteur, elle n’a été qu’une modeste partie de campagne. C’est ainsi, les VVV font de leur diversité liste commune, ce qui leur permet d’être tous élus (ce n’est pas la néo-conseillère de Bagneux qui me démentira).
L’avenir dira quelle est la durée de leur mandat, mais mon petit doigt me dit que cet avenir ne manque pas de futur !
Reynald, le 18 mars 2026
