COMPTES RENDUS 2021

Compte rendu P 6 (20 juillet 2021, Pont-à-Mousson)

La Mussipontaine

Partir de la place du Paradis, c’était une première. Mais on a pu le vérifier : au Paradis, il n’y a pas de place pour tout le monde ! Il a donc fallu parfois se garer un peu plus loin, avant de s’élancer sur la piste cyclable, au bord de la Moselle, avec une vue imprenable sur les Prémontrés, en évitant le trafic routier jusqu’à Vandières. C’était bien là la raison du choix du Paradis (et de ses alentours). Ni enfer ni purgatoire pour les 26 participants:

Philippe ALBERGE – Pierre BECK – Guy et Benjamin CAYROU – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Pierrick HAAN – Jean-Claude HAZOTTE – Rémy HELFENSTEIN – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Fabien KRUGER – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Éric MASSOT – Jean-Michel NICOLAS – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Jean-Marie SALVESTRIN – Dominique SAVARY – Dominique TISSERANT – Michel VILLEMIN 

Une sortie en plaine, c’est du plat avec plus ou moins d’ondulations, et parfois quelques côtes dignes de ce nom. Mais c’est dès le premier long faux plat vers Viéville que le gruppetto se forme : Gégé et ses quatre compagnons prendront donc leur destin en main, raccourci à l’appui. Vient l’heure H, celle d’Hattonchâtel qui monte et de Henquel qui crève : il s’offre des jantes haut de gamme, notre H, mais ses pneus et ses chambres, c’est toujours du HS. Après cette halte, faut se coltiner les gravillons tout frais de la route de la Calonne, jusqu’à la bifurcation vers Hannonville, heureusement. Une bifurcation que le gruppetto ratera, pour son malheur : toujours s’épargner les Éparges quand il pleut des gravillons !

La suite, c’est de la plaine douce et du vent de face : un VAE, ça permet d’abriter les copains de l’arrière, alors j’abrite. Nous nous faisons attendre, c’est le jeu. Une autre première, ce sera le restaurant associatif (et non gastronomique) des étangs de Lachaussée. Pour des raisons de service, nous serons privés de terrasse, hélas. Une halte-repas, c’est parfois le temps des crevaisons lentes, ce dont le jeunot du groupe, le bien nommé Benjamin, ne se fait pas faute de profiter. On s’en fout, on n’est pas pressés. Enfin si, certains le sont, pressés, et ils ne prendront pas le temps d’admirer les installations à base de rebuts de Dommartin. Dommage, c’est là un exemple rare d’art populaire et de recyclage artistique. Quelques rues adjacentes valaient le détour. Au moins, tout le monde connaît désormais l’adresse.

Comme quelques-uns se sont tout de même attardés, le regroupement ne s’effectue que beaucoup plus loin, à Pagny, après les longs faux plats venteux du plateau qui relie Thiaucourt et Preny. Le genre de secteur qui use. Avant la vallée où ça dévale. Et avant l’Arry qui harasse. Ou qui s’esquive (car l’art y manque). En ralliant directement Pont-à-Mousson, le compte y est : 140 km, pour un D+ de 1330 m. De la plaine douce, ou adoucie, c’était bien le programme du jour.

Aubusson d’Auvergne, Centre FFVélo des 4 Vents (19-26 juin 2021)

L’Auvergne côté soleil levant

Le séjour dans la Drôme provençale, prévu fin mai, est à nouveau tombé à l’eau en 2021, confinement oblige, mais pas celui des 4 Vents, qui avait été lui aussi reporté d’un an. Ce qui a fait le bonheur des 13 participants : 

Élisabeth ANTOINE et Marc HENQUEL – Catherine AUBOIN et Alain COLLINET – Gabriel et Brigitte GRANDADAM – Reynald LAHANQUE – Gérard et Brigitte REGRIGNY – Philippe SCHUTZ et Marylène STEIN – Bernard SIMON – Michel VILLEMIN 

… auxquels il faut ajouter Monique et Marcel WILLEMIN venus là en indépendants et en camping-car. Une majorité de couples, donc, et trois pédaleuses, ce qui a permis pour la première fois dans l’histoire des VVV qu’un quart du peloton soit, à plusieurs reprises, féminin. Une date ! De même pour la proportion de VAE, la sagesse et l’âge venant.

Un séjour vélo d’une semaine en montagne, c’est à la fois une aventure sportive et une expérience humaine, une découverte de paysages vallonnés et une vie en communauté. Dans les deux cas, il faut s’adapter : aux grimpettes, plus ou moins sévères, et aux caractères, plus ou moins souples. Mais ceux qui font le choix de ces séjours le savent et ils sont armés pour réussir sur les deux tableaux. Ce qui s’est à nouveau vérifié : chacun a pris son pied en montant des côtes et des cols, et chacun a contribué à l’excellente ambiance de groupe !

Comme personne n’avait pédalé auparavant dans la partie orientale de l’Auvergne, entre départements du Puy-de-Dôme, de l’Allier et de la Loire, tout le monde a connu le plaisir de la découverte, y compris le vieux Grognard de la montagne, monsieur 100 000 cols, l’illustre Bernard Simon. Il a fait comme nous la connaissance des cols du Frissonnet (n’est-ce pas mignon, ce petit frisson), du Beau Louis (une pensée pour mon petit-fils), de La Dételée (on y lâche les chevaux – dans la descente), du Béal (notre point culminant, 1390 m), du Pertuis (qui n’est pas qu’un trou), de la Plantade (où, comme son nom l’indique, chacun éprouve ses limites), et de quelques autres, les Fourches, la Loge, etc. 

Nous avons aussi découvert des paysages très verdoyants, striés de ruisseaux, de rivières ou de torrents, parsemés d’étangs ou de lacs d’altitude, des vastes panoramas, une moyenne montagne qui fait parfois songer aux Vosges, c’est vrai, mais dont les formes et les reliefs sont loin d’être identiques. Le vallonnement est constant, les routes étroites, souvent forestières, sans trafic et en bon état, sont légion, si bien que chaque parcours s’offre à de multiples variantes. Et dans les prés ce ne sont pas des Vosgiennes qui paissent et nous admirent, mais de belles Limousines et des Salers sans pareilles. On ne se fait pas tous les jours de si charmantes amies. 

Les menaces de pluie ont limité le nombre des longues sorties, mais on a pu chaque jour passer à travers les gouttes, et éviter les coups de soleil. Le temps libre a permis à certains de découvrir la ville de Vichy, célèbre pour ses thermes et un épisode peu glorieux de l’histoire de France. Il a permis à d’autres de se rendre dans la pittoresque cité de Thiers ou de s’adonner à la marche. Nous avons aussi contribué à la prospérité des boulangeries, en y trouvant de quoi nous restaurer à midi, que ce fût à Chabreloche ou à Saint-Germain l’Herm. Sans oublier l’accueillante « Cave à Juliette » de Courpière. Mais le même constat s’impose que pour bien des régions : les enseignes qui ont fermé dans les villages et les bourgs sont plus nombreuses que celles qui subsistent. 

Un mot sur le Centre des 4 Vents : situé sur un petit plateau, il permet de rayonner dans toutes les directions, à la découverte du parc naturel du Livradois-Forez. Rénové récemment, l’hébergement y est de bonne qualité ; par le nombre restreint de ses chambres, il n’a rien à voir avec les grands centres de vacances que nous avons fréquentés par ailleurs. Et quand il sera raccordé à la fibre, les connectés que nous sommes seront comblés. Outre son terrain de camping, l’établissement dispose aussi de quelques cottages, spacieux et fort bien équipés. Ce qui a permis au Vicomte de Belleray et à Madame, qui avaient opté pour l’un de ces manoirs, de nous accueillir en fin de journée pour des apéros royaux. Leur contribution à la convivialité a été remarquable.

Le Vicomte (alias Philippe Schutz) a connu le bonheur, outre celui de notre compagnie, de se voir prêter par le très généreux Marcel son magique VAE Bianchi. Ce qui m’a conduit à instruire mon alter ego (n’ayons pas peur des mots) dans l’art et la manière de gérer une batterie. La règle, c’est « économiser d’abord, dépenser ensuite ». Du muscle pour commencer (en moulinant), du confort pour terminer. Catherine la néophyte, quant à elle, chevauchait un très élégant Moustache assisté, mais ce qui nous a frappés, c’est son aisance sur tous les terrains, alors qu’elle vient de découvrir le vélo ! Faut dire qu’elle est une grande sportive, une cavalière et une marcheuse-nordique. Mais celui qui a eu à se plaindre de l’assistance électrique, c’est le patriarche, le fondateur des VVV, dont le kit monté sur VTT fut souvent patraque. Il a donc été empêché plusieurs fois de prendre le départ avec nous. Mais chaque jour il a roulé, et pas qu’un peu, foi de Gégé !

Nous les avons retrouvés semblables à eux-mêmes : notre omniscient docteur Gaby (qui a tout de même réussi une opération sur le pied mycosé de Gégé en se servant non d’un bistouri mais de son Opinel !), et notre Marc toujours soucieux du « combien ça coûte ? ». Quant à la vaillante Zabeth, elle a reçu le prix Churchill pour son ralliement à la célèbre devise « Never explain, never complain ». Même quand l’envie lui vient, plus jamais ne grogne ni ne couine, Élisabeth (facile, je sais). Michel V., de son côté, découvrait les séjours vélo, et il en a été fort content, ce champion de la montagne, car c’est bien lui qui a mérité le maillot à pois (en même temps que, pour moi, celui du parfait copilote). Le prix de la patience est allé aux épouses qui ne font pas de vélo, bien sûr.  Mais nous avons décerné le prix du Traquenard à Alain le polymusclé, qui a osé pour terminer le séjour en beauté (selon son point de vue) nous faire passer par un raidard infernal (jusqu’à 21 % de pente). Cela dit, vive le VAE, qui permettrait de grimper aux murs, alors qu’Alain, tout allant qu’il est, mettrait pied à terre – sauf à s’envoyer une bonne lampée de collinette derrière la cravate ! 

(Précision pour ceux qui l’ignorent encore et qui n’ont pas eu le plaisir de la déguster, la « collinette », c’est la délicieuse mirabelle distillée par Alain).

Une riche expérience humaine, disais-je, en même temps qu’une émoustillante aventure sportive : c’est bien la leçon livrée par le Livradois et désormais inscrite dans le livre d’or des VVV. 

Reynald (le 28 juin 2021)

P 5 – 15 juin (Neuves-Maisons)

La néodomienne (Gérard Marchand, in memoriam)

Après la première de Denis Grosdidier, la première de Jean-Luc Rouyer ; après la basse montagne, la plaine vallonnée : un D+ dans les 1600 m dans les deux cas, mais 32 km de plus hier (163 km au total, un record, qu’on ne cherchera pas à battre). Jean-Luc a tenu, au départ, a salué la mémoire de Gérard Marchand, membre de son club et néo-VVV qui s’était promis de participer à toutes nos sorties : un terrible accident de la route, en décembre dernier, a brisé cette attente, en même temps qu’il nous a privés de sa présence. Les 23 participants lui ont dédié la sortie du jour :

Serge AUDINOT – Pierre BECK – Yves BECKER – Gérard CHEVALLIER – Maurice DOPP – Michel GEORGEON – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Pierrick HAAN – Jean-Claude HAZOTTE – Guy HUSSON – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Éric MASSOT – Jean-Michel NICOLAS – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Philippe SCHUTZ – Jean-Pierre VALTER 

Le 24e inscrit, Guy Cayrou, a dû renoncer : la rumeur prétend que l’infortuné, alias ci-devant marquis de Pomerol, a mal supporté la dégustation de vins bouchonnés. À noter, la présence de trois « revenants » : Jean-Claude Ha., Maurice D. et Guy H. ; et la 2e participation de JP Valter et de Y. Becker, et la 1re d’un ami du club néodomien, Serge Audinot. Pour info, ce sont 46 cyclistes différents qui ont participé à au moins une des 8 premières sorties de cette année. Les p’tits jeunes se portent bien. 

Quelques faits marquants : le très beau temps, devenu caniculaire après le repas, la chasse aux fontaines subséquente, des côtes rarement difficiles mais nombreuses, de très belles petites routes, en particulier du côté de Valfroicourt et Esley, une halte très appréciée au bord des Lacs de la Folie (on l’aura frôlée, mais pas de délire à déplorer), et des arbres remarquables : on s’arrête pour admirer l’antique chêne de Tramont-st-André (réputé vieux de 600-700 ans), puis au sommet du col des Trois Fontaines, le très étrange arbre vélovore (voir photo). Ceux qui n’avaient pas la tête dans le guidon ont pu apercevoir aussi le château médiéval de Saint-Balesmont, et ceux qui ont eu la chance d’entrer dans Contrexéville avec Jean-Luc ont pu admirer les mosaïques des Thermes.

Malgré la longueur du parcours, personne n’a pris de raccourci, si ce n’est JPV qui a loupé le départ et nous a rejoints au restaurant en s’accordant des routes plus directes. Ceux qui relancent fort, qui cognent à coups de Massot (!), ont en été quittes pour attendre l’arrière-garde des contemplatifs aussi souvent que nécessaire. Le VVV oublie rarement que le mot « vélo » n’est pas sans rapport avec « vélocité », alors, il aime rouler vite, le vélocipédard (le terme est attesté, il désignait le jeune prolo sportif qui faisait la nique aux bourgeois s’essayant à la pratique de la bicyclette aux temps héroïques).  Mais le devoir du vélocipédard, dans notre confrérie, est de ne pas perdre en route le vélocipeinard. Il est aussi de veiller à la sécurité du groupe : Jacques a commencé de nous démontrer les bienfaits du radar-feu rouge embarqué, qui à la fois alerte les cyclistes sur l’approche des engins motorisés et les rend plus visibles (grâce au feu rouge puissant et clignotant). Il y reviendra, mais qu’il soit dit tout de suite qu’il a été aussi frappé hier par notre sale manie de rouler parfois à plus de deux de front. Il a raison, nous sommes suffisamment exposés sur nos fragiles machines pour ne pas en rajouter.

Jacques prend soin de nous, on va l’engager à prendre soin de lui : la Relance, devenu la Ramasse, est en passe de devenir la Détresse, sa méforme actuelle et la chaleur l’ayant condamné à l’abandon au pied du col final. Je vous rassure, il va bien, et sous peu nous l’appellerons Jacques le Rebond ! Il a devant lui, comme nous tous, 9 grandes et belles sorties à déguster (et non pas « où déguster », ça, c’est déjà fait). 5 parcours en montagne, avec des crêtes, des vraies, à escalader, et 4 parcours en plaine. Cette année, la fête ne fait que commencer ! 

(du plus récent au plus ancien)

M 2 – 10 juin (Étival-Clairefontaine)

Les nœuds du Neuné

Il avait été reporté tant de fois que « le 8 du Neuné » avait tout l’air d’une chimère. Eh bien, non, malgré la menace orageuse qui planait à nouveau sur le secteur, il a pu enfin se dérouler, ce beau parcours concocté par un enfant du pays, avec une précision toute chirurgicale (évidemment), Denis Grosdidier. Ce sont en tout 26 pédaleurs qui ont franchi et refranchi le modeste ruisseau du Neuné : 

Michel ANDRÉ – Élisabeth ANTOINE – Pierre BECK – Guy CAYROU – Gérard CHEVALLIER – Denis GROSDIDIER – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Rémi HELFENSTEIN – Marc HENQUEL – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Cécile LAURENSOT – Denis LEONET – Éric MASSOT – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Jacques PIERRAT – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Philippe SCHUTZ – Jean SEVERIN 

À noter le retour parmi nous d’Éric Massot, qui fut un Valeureux, mais certes pas encore un Vétéran, du temps du fondateur des VVV, Gérard Regrigny ; et la présence d’un local, ami de l’organisateur, Jean Séverin, qui nous a guidés l’après-midi, Denis ayant dû rentrer dare-dare à Nancy pour une urgence. À relever également que Pierre Beck n’a pas réussi, cette fois, à être vraiment en retard, si bien que le peloton s’est élancé à l’heure, dans la douceur et bientôt sous le soleil. 

 Marc s’est distingué une première fois, à la faveur d’une crevaison, en exhibant sa collection de chambres à air ornées de rustines, et en perçant l’une d’elles au remontage. Un artiste quelque peu vintage, Marc l’hédoniste – voir l’inscription sur son cadre. Il en a été quitte pour prendre un raccourci et nous retrouver à Granges-sur-Vologne (une charmante cité dont la réputation n’est plus à faire). Mais il nous a quittés une deuxième fois, et ce fut tout à son honneur, puisqu’il a secouru l’infortuné Gérard Chevallier, victime d’une panne de son dérailleur électrique – ce qui me confirme dans l’idée que les accessoires électriques sur un vélo, il importe de bien les choisir ! Hélas, nous ne sommes pas aperçus de l’absence des deux attardés avant la pause restauratrice : inquiétude, coups de fil, guidage à distance et épilogue heureux au bout d’une heure.

Un mot sur la halte à l’Auberge de la Cholotte : le cadre, l’accueil, la cuisine à base de produits locaux, les petites tables à l’extérieur, le beau temps … Une halte parfaite, et plus encore pour des gens qui n’auraient pas à remonter sur un vélo ! Disons que nous avons vécu là une exception gastronomique. Avant le retour à des habitudes un peu plus frugales et des haltes moins paresseuses. Mais pour fêter le retour à une vie presque normale, c’était l’occasion ou jamais.

Tous ont apprécié le parcours assez gentiment vallonné, sans grosses difficultés, les petites routes forestières, les longues descentes voluptueuses, l’air pur et les oiseaux chanteurs, tout au long des boucles formées par le grand 8, nœud après nœud, suture après suture (un truc de chirurgien, c’est sûr, puisque Denis va nous proposer un autre grand 8). Ce genre de tracé offre plein de possibilités de raccourcis, ce dont a profité la bande à Gégé (le marquis de Pomerol, le Patou des Corbières, l’abbé Jean-Mi, entre autres illustres vérolés et francs buveurs – du moins au temps de leur jeunesse folle).

Mais le vicomte de Belleray, lui, a avalé tous les km, sûr de sa force, et de mon soutien – j’ai révélé à mes compagnons de table l’origine de ce sobriquet, dont Philippe Schutz s’honore : membre du club de Belleray, près de Verdun, il possède un cuissard dont le fessier est orné par cette appellation évocatrice ; mais n’allez pas l’écrire « Belle raie », ce serait de mauvais goût, d’autant que le vicomte est un fameux pétomane. C’est dans les descentes qu’il ne pète toujours pas la forme, lui qui reçut naguère le prix du Fer à repasser.

JPP (Jean-Paul Pezel, le nouveau secrétaire du club des Randos, je le précise pour ceux qui n’auraient pas encore tilté) n’a pas non plus rabioté, mais il est de ceux à qui convient un tempo raisonnable. Il n’est pas le seul, et un jour nous mettrons au point la bonne formule, propre à satisfaire ceux qui sont dans son cas, les amateurs de raccourcis, et du même coup les plus ardents. C’est affaire d’organisation.  Et même sans oreillettes ni voitures suiveuses, on devrait y parvenir. 

Avec, en votre nom à tous, nos remerciements renouvelés à Denis.

M 3 – 3 juin 2021 (Xertigny)

Mille étangs, mille grenouilles

Quand je pense que certains d’entre vous se sont laissé intoxiquer par l’odieuse propagande de Météo-France, je m’attriste et je compatis : la journée fut royalement belle ! Ciel voilé au départ, température douce, avant que le soleil et la chaleur ne s’imposent. Si bien que le nouveau parcours au pays des Mille étangs fut un régal pour les 17 privilégiés du jour : 

Michel ANDRÉ – Pierre BECK – Guy CAYROU – Jean-Marie GUILLEMIN – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Gérard REGRIGNY – Jean-Paul PEZEL – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Jean-Marie SALVESTRIN – Jean-Michel SCHWOB – Ludovic THOMAS – Michel VILLEMIN 

Mais à table nous étions 18 puisque Jacques PIERRAT nous a rejoints à nouveau au moment-clé (mais en se trompant derechef de deux-roues. Jacques, VELO = LOVE, tandis que MOTO = TOMO, ce qui ne veut rien dire. Alors, fais un effort, mon petit Jacquou). Autant le dire tout de suite, la table, une trouvaille de Francis, ce fut aussi un moment parfait : cuisine soignée, belle terrasse (loin de tout trafic), accueil très aimable. Et pour beaucoup, après des moins de confinement, un retour aux sources, si bien que La Cabotte gourmande de Mélisey va devenir mémorable. Une bonne adresse pour des virées du côté des étangs ou des Belles filles. 

Il y a deux ans, nous étions 29, dont beaucoup avaient alors découvert avec bonheur le charme des Mille étangs. Ce qui fut aussi le cas de certains d’entre les présents d’hier. Je me permets de vous renvoyer, sur le site des Randos, à mon compte rendu (très informé) du M 4 du 19 juin 2019, en ce qui concerne plusieurs singularités du lieu : la diversité de la flore, puisqu’y prospèrent la canneberge, la linaigrette, l’andromède, la scheuzeria des marais, le carex, le drosera ; la variété des oiseaux, puisqu’y évoluent le grèbe huppé, le martin-pêcheur, le balbuzard, le héron cendré, la bergeronnette des ruisseaux, ou encore le bruant des roseaux ; et de même pour ce qui est de l’histoire de ces Mille étangs (vieux de 12000 ans). 

J’y ajoute une considération : si les cyclistes aiment les cuisses de grenouilles, les grenouilles aiment tout autant les cuisses de cyclistes. La preuve, c’est qu’à plusieurs reprises les jolies nymphes des nénuphars ont salué notre passage par un prodigieux concert de coassements.  En plein air et sans jauge. Quand je repense à ceux qui n’en ont pas profité … n’est-ce pas Rémy, n’est-ce pas Marc, et le Vicomte, et bien d’autres ?

Partir de Xertigny, et non plus du Thillot, a permis plusieurs découvertes : la petite route forestière des Forts (au-dessus de Remiremont), la montée intégrale vers Esmoulières (rude), la route agréable d’Écromagny au retour, et surtout la très raide montée vers les hauteurs du Val d’Ajol, puis celle, plus douce, de la sortie de Plombières. Un parcours en rodage, qui m’a permis de repérer les petites retouches à apporter pour en diminuer un peu la longueur et le dénivelé.  Car l’addition d’hier, ce fut tout de même 138 km et 2200 m de D+. Mais on refera ce circuit dans ce sens, afin de faire étape à nouveau à la Cabotte. La journée fut un peu moins chargée pour les quatre qui ont pris le raccourci du matin – une initiative à reconduire, car il faut bien que chacun trouve son compte dans nos grandes sorties VVV.

M 1- 28 mai, Xures – La glissière bleue des Vosges

L’an dernier, le confinement avait fait démarrer notre saison VVV en juin, et pour la première sortie montagne, il avait fallu attendre le 23 juin. Nous avons donc eu de l’avance dans le retard cette année, avec le retour à Xures ce 28 mai pour un petit tour du Donon. Mais quand même, qu’est-ce que ça patine cette année, avec les contraintes sanitaires et la météo pourrie ! Et devoir passer du jeudi au vendredi n’a pas arrangé les choses (encore que … voir plus loin) : 13 au départ (puis 12 avec l’abandon précoce de Jean-Mi, pour cause de souffle court et de pneu endommagé). Une misère par rapport aux 27 de l’an dernier. Donc, étaient présents : 

Élisabeth ANTOINE – Pierre BECK – Gérard CHEVALLIER – Denis GROSDIDIER – Bernard GUERARD – Rémy HELFENSTEIN – Marc HENQUEL – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – (Jean-Michel NICOLAS) – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Philippe SCHUTZ 

Comme l’an dernier, La mise en route s’est faite calmement, sur la piste cyclable du canal désormais prolongée jusqu’à Moussey (et au-delà). Et comme l’an dernier, sur cette piste très agréable mais rarement balayée, une crevaison freine les ardeurs. Mais certains ont la chance de voir un chevreuil, et non pas un canard, traverser le canal à la nage. La suite, c’est du classique, jusqu’à la superbe et douce montée du col de l’Engin, puis la longue descente vers Turquestein. Le lieu programmé pour la pause … mais le capitaine Guérard a roulé la tête dans le guidon à toute vapeur, et il faut bien qu’on revienne sur lui avant de songer à s’arrêter. 

Et là pour la première fois dans l’histoire des VVV, c’est assis sur une glissière de sécurité que nous mangerons notre casse-croûte, faute d’avoir trouvé un havre plus confortable. Un moment rare, dégusté comme tel, mais non sans une pensée pour l’Auberge de la forêt d’Abreschviller si appréciée par le passé, et si proche de notre originale terrasse, la glissière bleue des Vosges. 

Ensuite, dûment mis en garde, les cyclistes rassasiés réussiront à ne pas s’éparpiller, évitant ainsi la joyeuse débandade de l’an dernier ; et grâce au conseil que m’avait donné Jean-Paul Pezel, on prendra à Blâmont la route d’Autrepierre, beaucoup moins passante que celle de Repaix et Igney. Les absents n’ont pas toujours tort. Admettons …

N’empêche, notre surprise aura été grande de croiser dans la montée du Donon une petite bande de VVV, qui n’avaient donc pas honoré le rendez-vous de Xures. On apprendra que Gégé avait prévu de longue date une sortie hors programme, et que de report en report c’est le même vendredi qu’elle a été effectuée. Dommage ? Peut-être. 

Mais cette péripétie m’a confirmé dans l’idée qui me trotte dans la tête depuis quelque temps : étant donné qu’il est difficile pour certains, et même impossible quand ça monte, de suivre le tempo des plus costauds, il sera peut-être judicieux à l’avenir (dès cette année ou l’an prochain) de mettre au point une solution. Par exemple, prévoir un raccourci le matin, qui permettrait à ceux qui le souhaitent de rouler sur un tempo moins rapide et de retrouver néanmoins ceux de devant lors de la pause-restaurant ? Et au besoin prévoir un autre raccourci l’après-midi, encore que, selon moi, c’est le tempo qui est en cause plus que la distance. Je soumets cette idée à votre réflexion. Et n’hésitez pas à me faire part de votre avis. 

Reynald 

P 4 – 20 mai, Gye (Alain Orditz) – « Quand Jeanne vint à Vaucouleurs »

Entre deux jours de pluie, une fenêtre de temps sec : la sortie conçue par Alain Orditz au départ de la commune de Gye (dont il fut longtemps le maire) a pu se dérouler ! Non pas dans la chaleur, certes, mais pour le bonheur des quelques 18 présents (plus un l’après-midi, JL Rouyer nous ayant rejoints à Vaucouleurs) :Francis, Jean-Mi, Marc, Elisabeth, Bernard G., Denis L., Pierre B., JM Guillemin, Rémy H., JPP, Domi P., Le Vicomte, Claude P., Michel V.,  Alain O., Gérard Chevallier + son pote Yves Becker (le p’tit nouveau du jour), et moi-même.

Pour une première, Alain a réussi son coup : un maximum de petites routes tranquilles, des faux plats, des côtes, de longs toboggans pour éviter la monotonie, du vent souvent défavorable pour réveiller les  vieux muscles confinés, une belle gamme de paysages, des ânes dans les prés (mais pas sur la route), les méandres de la Meuse, un arrêt devant le remarquable château de Montbras, une incursion dans les Vosges. Et un lieu d’étape parfait : l’amphithéâtre du site Jeanne d’Arc de Vaucouleurs, avec ses gradins, au soleil et à l’abri du vent. Même sans la bière et le café habituels, un excellent moment. D’ailleurs, Jacques Pierrat nous y a retrouvés – mais dommage que cet étourdi ait par mégarde enfourché sa moto et non son vélo …

À signaler aussi que l’absence d’un vrai repas a failli tourner au drame : la fringale frôlée par notre super-costaud capitaine (Bernard Guérard). Il a fallu secourir (de quelques sucreries) ce grand brûleur de calories. Merci encore à Alain, au nom de tous (présents et absents) ; et une bonne pensée pour les affligés convalescents (Philippe Midon, Dominique Tisserand, Jean-Claude Huret).

P 3 – 8 mai (Void-Vacon) – La Nouvelle Meusienne

Ce fut improvisé, et néanmoins très plaisant pour les 9 privilégiés qui ont découvert hier (8 mai) le parcours de la « Nouvelle Meusienne » : Jacques Lafond (à tout seigneur tout honneur, c’était son anniversaire, le 65e), Francis Roch, Pierrick Haan, Pierre Beck, Rémy Helfenstein, Jean-Luc Rouyer, Gérard Chevallier, Jean-Paul Pezel et moi-même. Vous remarquerez que presque tous étaient habillés-en-court, comme on disait chez Renault (celle-là, fallait que je la place). 
Temps un peu frais au départ, ciel voilé, le soleil s’imposant peu à peu, vent favorable en début et en fin de sortie, routes désertes, une pause en terrasse avec mobilier rustique, pas de côtes sévères mais suffisamment de portions montantes pour donner un D+ dans les 1500 m, pour un kilométrage enfin respectable (146 bornes), la plus longue distance cette année pour chacun des acteurs présents. Mais plus qu’avec un long baratin vous allez retrouver le goût de nos grandes sorties grâce à la vidéo tournée et montée par notre vidéaste préféré, décidément à l’honneur, le Jacques qui ne relance plus guère mais qui ramasse à la pelle les choses vues et les impressions revigorantes. Allez en bas de la page : https://www.youtube.com/playlist?list=PLfr6WkfRWkoiaA90A7ATic9065ZbTJtDS

P 2 – 23 mars (Nancy, Kinepolis) – En dansant la Clézentaine

Le retour du beau temps pour notre deuxième sortie, quel pied ! un printemps encore timide, mais une vraie promesse, et un pur plaisir pour les 25 pédaleurs du jour. Nous étions 17 lors de la sortie des retrouvailles, nous montons en gamme, la saison 2021 est lancée. Et nous sommes 13 à avoir profité des deux premières sorties. C’est donc bien parti, et pour peu que nous échappions à un nouveau confinement (aménagé ou pas), le cap est mis sur la grande régalade – même sans restaurant ! Les 25 participants :

Philippe ALBERGE – Michel ANDRÉ – Élisabeth ANTOINE – Pierre BECK – Jean-Marie CAËL – Michel GEORGEON – Bernard GUERARD – Rémi HELFENSTEIN – Marc HENQUEL – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Philippe MIDON – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Patrick PAGEOT – Dominique PERRET – Jacques PIERRAT – Jean-Pierre PIUCCO – Francis ROCH – Patrice ROCH – Jean-Luc ROUYER – Philippe SCHUTZ – Ludovic THOMAS – Michel VILLEMIN – Marcel WUILLEMIN 

L’invité de la sortie précédente est revenu (JM Caël), accompagné d’un ami, Jean-Pierre Piucco (un cador, me souffle-t-on). Marc Henquel, malgré une cruralgie tenace, est venu faire un bout de chemin avec nous : aucune gêne pendant le pédalage, c’est avant et après que le mal revient. Mais il n’envisage pas de dormir sur son vélo. Élisabeth a fait son retour, c’est tant mieux : elle nous a évité de passer pour une réunion « racisée », comme on dit ces jours-ci, une réunion de vieux mâles blancs. 

Certains ont déjà la socquette légère, quand d’autres ont des semelles de plomb. Faut dire que si le début et la fin du parcours étaient roulants, le reste était du genre bosselé (un D+ de 1200 m à mon compteur). Et les bosses, ça use. Mais l’avantage, c’est que ça favorise la « distanciation ». De ce parcours sinueux et vallonné, dans le sud 54 et le nord 88, chacun aura pu apprécier les charmes : une abondance de petites routes peu fréquentées, des vues panoramiques sur la ligne bleue des Vosges, l’ascension d’un volcan (éteint, le volcan, celui d’Essey-la-Côte), un carillon à l’ancienne lors de notre pause à Clézentaine, des chevaux admiratifs de notre peloton, des vaches qui en ont vu d’autres, des oiseaux rares, et quelques moutons à cinq pattes.

Nous avons dansé la Clézentaine, ne vous déplaise, c’est tout de même mieux que la quarantaine.

P 1 – 9 mars, Champigneulles – Mars et ça repart !

C’est fait, on a remis ça ! Après six mois de relâche. Les retrouvailles tardives de l’an dernier avaient attiré 21 pédaleurs : cette année, ils ne furent que 17, mais 17 tout de même à se sentir plus ou moins en forme et à ne pas redouter une météo incertaine. La crainte du froid et du vent en avait dissuadé certains (qui me l’ont dit), d’autres avaient préféré le ski de fond (comme Jacques L.), un autre se dorait au soleil de la Bretagne. Le temps a été, en fait, très clément, pas très froid et peu venteux, pour les 17 présents (dont un invité, JM Caël) :

Michel ANDRÉ – Pierre BECK – Jean-Marie CAËL – Michel GEORGEON – Bernard GUERARD – Pierrick HAAN – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE – Philippe MIDON – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ – Marcel WUILLEMIN 

Sur ces 17, 12 s’étaient mouillés lors des retrouvailles 2020 (on avait eu une giboulée de juin en fin de parcours). Je note que 17, ce sera aussi le nombre de septuagénaires que comptera la confrérie au cours de l’année 2021 … Pas moyen de faire la route dans l’autre sens, comme le chante Alain Souchon.

J’avais réduit la difficulté par rapport au parcours de l’an dernier, et je suis le premier à m’en réjouir : un VAE en examen, une forme en gestation, une distance allongée (je n’avais pas dépassé les 78 km depuis janvier). Comme quoi être l’organisateur, ça a des avantages. Mais merci à Jean-Paul et à Jean-Claude d’avoir opté avec moi pour le raccourci de Cheminot. 

Même allégé, ce parcours demeure plaisant, et non dénué de pittoresque : les pancartes se font parfois rares (surtout en Moselle, faut bien le dire), le golf de Cherisey est plein de trous, la grasse de Pournoy rivalise avec la maigrichonne de Verny, à Sillegny des VVV ratent le raccourci, à Éply la pause rime avec la jauge (on y accède par petits groupes et on en repart de même – le docteur NAVRÉ et l’adjudant Casse-têtes vont être contents de nous).

Bref, une belle petite sortie, qui en appelle d’autres, avec au menu la même auberge : l’auberge espagnole, celle où l’on est prié d’apporter son casse-croûte.