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Comptes rendus des sorties VVV 2019 (Reynald Lahanque)

(du plus récent au plus ancien)

Compte rendu du M 8 (Moyenmoutier, 19 septembre)

Terminer en beauté

Heureux les VVV présents lors de la dernière sortie montagne de l’année : un temps certes bien frais au départ, mais un franc soleil, de belles routes, des paysages changeants, des millefeuilles de rêve, et pas le moindre incident. Sur les 22 protagonistes de l’an dernier, 13 ont récidivé, tandis que 11 ont eu le bonheur de découvrir ce parcours aussi ravissant que bosselé :

Les 13 récidivistes : Élisabeth ANTOINE – Gérard CHEVALLIER – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Dominique TISSERANT …

Les 11 nouveaux : Guy CAYROU – Gérard CONREAUX – Michel GEORGEON – Denis GROSDIDIER – Rémy HELFENSTEIN – Gérard MARCHAND – Claude PETITDEMANGE – Patrice ROCH – Jean-Luc ROUYER – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN  

Remarque : hier, j’ai vérifié au départ que les 23 inscrits étaient tous présents. Sans voir qu’un 24es’ajoutait à cette liste (Rémy H., qui, par mégarde, avait envoyé sa réponse à Guy, et non à moi). Et j’ai fait diviser la note globale du restaurant par 23 … si bien que le 24ea réglé le pourboire, en somme. Mais comme l’accueil et le repas étaient excellents, personne n’y trouvera à redire. N’empêche, il va falloir m’adjoindre un commissaire au comptage ! Il pourra vérifier qu’abstraction faite du M 2, plusieurs fois déplacé pour cause de mauvais temps et que seuls 12 d’entre nous avaient pu honorer, la moyenne des sorties montagne en 2019 s’élève (c’est le cas de le dire) à 24 participants. VVV, les Vieux en Veulent Vachement : CQFD.

Hier, sans avoir l’air d’y toucher, ils se sont encore bâfré leur 2000 mètres de grimpette. Les uns en se frisant la moustache, les autres en se démontant la carcasse.

Comme j’ai déjà décrit cette balade par le passé et dit tout le bien que j’en pense, je me contente d’ajouter quelques mots. Manifestement, le parcours fait l’unanimité, pour ses longues montées, jamais décourageantes, mais aussi pour ses longues descentes, jamais dangereuses (sauf la toute dernière, qui dégringole sur Moyenmoutier, avec ses virages serrés et mal revêtus). C’est aussi un parcours bien équilibré, en ce qu’il respecte la proportion 2/3 le matin (de la distance et du dénivelé), 1/3 l’après-midi. Proportion qui suppose de trouver à chaque fois un restaurant idéalement situé. Parfois, ça va tout seul, parfois c’est coton. D’autant que connaissant de mieux en mieux les VVV, j’ai observé qu’ils attachaient une importance certaine à la qualité de la restauration. Fast food, kebabs ou cornets de frites, ce n’est pas leur genre. Je les comprends.

Cette année, personne n’a raté la route de Belmont, et tous ont donc profité du vaste paysage lumineux qu’offre cette option, à la différence du passage par le col de la Charbonnière. Gégé s’est à nouveau offert le petit raccourci par le col du Kreuzweg, Guy l’électrique l’a accompagné, et tous deux ont récupéré « le gamin » (Patrice), qui ne perd jamais une occasion de folâtrer. Après le repas, pas de vraie trêve digestive, les VVV ne sont pas là pour roupiller. Mais le vent se montre complaisant : assistance éolienne pour tout le monde, même pour ceux qui pourraient s’en passer. C’est ainsi : le vent est une offrande pour les uns, et presque une offense pour les autres. Moi, j’aime bien les offrandes. De toute nature. Et sous peu, on verra ce qu’on verra.

Élevons le débat pour finir : la France ce n’est pas le Pérou (heureusement), les Vosges ce ne sont ni les Alpes ni les Pyrénées (restons modestes), mais nous sommes tout de même de sacrés veinards : imaginons une seconde que nous soyons privés de faire du vélo dans les vertes Vosges … Non, il vaut mieux ne pas y penser, ce serait trop horrible. Songeons plutôt à la très avisée recommandation du regretté Pierre Dac : « Cyclistes, fortifiez vos jambes en mangeant des œufs mollets ».

Reynald

 

 

 

 

Compte rendu du M 7 (Le Thillot, 5 septembre)

Ballon d’Alsace : docu-fiction

Je n’y étais pas, je peux donc broder, fabuler, élucubrer, imaginer. En puisant tout de même dans les infos reçues, et me souvenant de l’édition de l’an dernier. Premier constat : nous étions 19, ils furent 17, dont 9 ont récidivé :

Philippe ALBERGE – Amico DI CIANNO – Bernard GUERARD – Jean-Claude HURET – Patrick NICOLAS – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ … les petits nouveaux étant :

Guy CAYROU – Michel GEORGEON – Denis GROSDIDIER – Jean-Claude HAZOTTE – Denis LEONET – Claude PETITDEMANGE – Patrice ROCH – et Cécile, invitée d’honneur (dont j’ignore le nom)

Autres constats : en 2018, il avait rapidement fait très chaud (un 18 septembre), tandis que cette fois il leur a fallu s’habiller chaudement, sous des nuages menaçants qui les ont finalement épargnés. Nous avions procédé en 2018 à la montée inédite vers le lac du Lachtelweiher : ils en ont été dispensés afin de ne pas arriver trop en retard au restaurant. Ce qu’ils ont pourtant réussi à faire, Cécile ayant frôlé de trop près une barrière dans la descente du Hundsruck, cassé une pédale et déchiré son cuissard – ce qui imposa une réparation et un achat chez un vélociste de Roderen, et entraîna un retard certain. Mais l’essentiel est bien que notre néophyte et courageuse pédaleuse ait pu remonter en selle sans grave bobo. Chuter à vélo, ça arrive, pour mille et une raisons, je connais bien le sujet. Parfois ça fait mal, et parfois pas.

Mais déguster un délicieux et abondant repas à La Seigneurie, au bord de l’étang d’Heliquay, ils ne s’en sont pas privés, les petits veinards, et c’est bien ce que je regrette le plus d’avoir manqué, du buffet pantagruélique au dessert ébouriffant. Mais je regrette aussi de n’avoir pas pu profiter de ma forme pyrénéenne dans les trois belles montées du jour. Même sans user d’un VAE, je me serais promené, et les costauds n’auraient vu que ma roue arrière. De même, j’aurais aimé effectuer la boucle, évitée l’an dernier, reliant Rougemont, Saint-Nicolas et Etueffont, que Francis qualifie de « très sympathique ».

Pour le reste, c’est facile à imaginer : sur les secteurs de piste cyclable les VVV ont bien sûr respecté la limitation à 20 km/h ; aux feux rouges, ils se sont arrêtés ; en file indienne ils se sont rangés quand le trafic s’intensifiait ; bien groupés ils ont roulé, et à allure raisonnable, sauf dans le dernier km des cols, c’est bien normal. Ils n’ont pas manqué d’admirer au sommet du Ballon d’Alsace, par deux fois, la statue représentant « L’homme projeté ». Ils ont adoré passer entre les Gouttes et franchir la Savoureuse de Malvaux … car ils ont mis un point d’honneur à progresser tranquillement, en levant la tête, et sans aucun souci de performance. Aller vite, faire un chrono ou un podium, ce n’est vraiment pas leur genre, ils ont passé l’âge. Ils n’ont pas crevé, sauf à deux reprises, ce qui a allongé un peu plus la journée. Une réparation, ça prend du temps, deux réparations deux fois plus de temps.

Ceux qui revenaient des Pyrénées ont trouvé les Vosges un peu trop basses, et un peu fraîches. Ceux qui ne bénéficiaient pas de l’assistance électrique ont pris leur mal en patience. Tous ont réussi à rouler plus vite en descente qu’en montée (sauf le vicomte de Belleray).  Personne n’a abusé du Tramadol, ni de l’assistance pharmaceutique en général, mais la plupart ont quand même pris ce qu’il fallait. Le peloton a vibré en croisant un cheval fougueux à la sortie de Thann et des vaches errantes du côté de Sewen : je précise pour les incrédules que ça, c’est authentique, même si le phénomène est plus rare en Lorraine que sur les sommets pyrénéens. Authentiques aussi le mouton à cinq pattes de Masevaux et le dahu du Hundsruck, si j’en crois les témoignages. Mais on ne sait pas qui a pris la mouche (Claude ?), qui a fait le singe (Patrice ?), qui a hurlé avec les loups à Lauw (Jean-Marie ?), qui a sauté du coq à l’âne à Thann (Amico ?), qui a levé un lièvre à Leval (un Philippe ?), qui a ramené au sommet la brebis égarée (un Denis ?), qui a pris d’emblée le taureau par les cornes (Francis ?), qui a fait l’autruche (un Jean-Claude ?) et qui le pied de grue (Bernard ?), qui eut un mal de chien dans la dernière montée (Michel ou Patrick ?) … Mais il n’y eut personne pour casser trois pattes à un canard, pour désigner un bouc émissaire ou se regarder en chiens de faïence, pour être le dindon de la farce ou gueuler comme un putois, pour souffler comme un phoque ou noyer le poisson. Et tous, à la fin, titillant le Thillot, sont revenus à leurs moutons, sans devenir chèvres, troquant leurs montures pour leurs moteurs.

Bref, nos amis ont vécu une belle journée, longue comme un jour sans freins, riche en péripéties, heureuses ou malvenues. Quant à ceux qui, comme moi, n’en étaient pas, ils ont n’en ont rien vécu. Étonnant, non ?

Mais les absents se rattraperont le 19 septembre, pour l’ultime sortie en montagne de l’année. Une apothéose, que personne pour rien au monde ne voudra manquer. Pas plus que les deux dernières sorties en plaine des 1eret 15 octobre.

Reynald

Notre séjour dans les Pyrénées (24-31 août 2019)

Une légende revisitée

Le Tourmalet, le Soulor, l’Aubisque, les montées d’Hautacam et de Luz Ardiden … Luz-Saint-Sauveur, Barèges, La Mongie, Ste-Marie de Campan, Bagnères-de-Bigorre, Cauterets … Autant de noms mythiques, qui fleurent bon la légende du Tour de France. Des noms qui n’étaient que des noms pour la moitié du groupe, la venue dans les Pyrénées étant pour eux une grande première. Nous étions en tout quatorze résidents dans le village de vacances de Clairevie, à Argelès-Gazost, dont onze cyclistes, les trois compagnes se consacrant à la marche :

Philippe ALBERGE – Édith ANGEL – Alain COLLINET – Bernard GUERARD – Janine HENGÉ – Reynald LAHANQUE – Dominique PERRET – Francis ROCH – Patrice ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Bernard SIMON – Marylène STEIN – Joël TOUSSAINT

Le dernier nommé était un invité, un ami de nos amis de Verdun, et un fameux montagnard qui complétait donc le sous-groupe des costauds : il était convenu dès le départ que les parcours retenus seraient modulables, en fonction des forces et des envies de chacun. Ce qui s’est traduit par une assez grande diversité d’options, et je dirai même par un fonctionnement à la carte. Fort contraste sur ce plan avec le séjour dans la Drôme, où le groupe était très homogène, ce qui permettait de rouler tous ensemble.

Comment décrire notre expérience des Pyrénées ? Je faisais partie des novices, je ne peux prétendre parler pour tout le monde, mais la bonne question serait selon moi : comment dire notre émerveillement ? Les reliefs des Pyrénées semblent allier le grandiose des Alpes et la douceur des Vosges, la roche âpre des sommets (grise, blanche ou ocre) se conjuguant à la couleur verte partout présente. Le vert est parfois celui des arbres, mais le plus souvent celui de l’herbe rase qui tapisse les parois rocheuses. Aussi élevée et impressionnante soit-elle, la montagne a là-bas quelque chose d’hospitalier et d’amical. La longue montée du Tourmalet depuis Luz-Saint-Sauveur, par exemple, est un régal sur ce plan : on progresse dans un paysage ouvert, riche en points de vue changeants sur ces hauts reliefs qui semblent recouverts d’une verte pelouse, douce et agréable à l’œil. À progresser lentement, lacet après lacet, on éprouve le plaisir de s’immerger dans un vaste paysage, à la fois hors de mesure et accueillant. Depuis le sommet, la vue sur le cirque des hauteurs ou sur la profondeur de la vallée nous rend à notre petitesse, mais elle nous emplit d’une calme euphorie. Je confesse que c’est à pied, sur le sentier qui mène au Pic du Midi de Bigorre, que lors d’une promenade très méditative je l’ai davantage encore ressentie. La splendeur de la montagne appelle d’ailleurs cette complémentarité de la marche et du déplacement à vélo ; et elle appelle aussi, pour ma part, un éloge de la lenteur … Une telle beauté mérite qu’on s’y attarde. 

Je crois, en effet, avoir un peu mieux compris à travers cette nouvelle expérience de la haute montagne que mon goût personnel du vélo engage, sinon une philosophie (pas de grand mot), du moins un certain rapport au monde, un type de relation aux paysages, et une propension à l’émerveillement. Plus que les kilomètres à parcourir, plus que les mètres à gravir, m’importent les surprises de la route, les richesses offertes, les découvertes successives … l’accès à la beauté des choses, tout simplement. Ce qui engage aussi un certain rapport à l’effort : à côté du plaisir propre que l’on prend à exercer ses forces, à vaincre les obstacles, à conquérir les sommets (comme on le dit de façon bien immodeste), il y a le sentiment incomparable, à mesure qu’on s’élève, de se sentir habitant d’un monde par lui-même étranger, naturel, sauvage, un monde qui se passe fort bien de nous, mais qui est notre monde. Faire du vélo en montagne peut se vivre comme une participation et une réconciliation, sur le mode d’une contemplation active. « Prendre de la hauteur » est une expression qui se comprend diversement.

Je sais bien que nous sommes tous plus ou moins contaminés par l’esprit du temps : vitesse, compétition, performance … Bien des cyclistes adhèrent à cet esprit, et bien des Valeureux Vétérans. J’ai toujours marqué ma distance d’avec une telle conception du vélo, et l’expérience inédite que je viens de faire ne peut que me conforter dans ce choix : je veux parler de l’essai d’un VAE, lors de la 4ejournée …

Monter à Hautacam ou à Luz Ardiden avec une assistance électrique, ce n’est pas un changement, c’est une révolution ! La nouveauté immédiate, et la plus importante au bout du compte, c’est de pouvoir rouler tête haute au lieu d’être absorbé par l’effort et courbé sur son guidon ; c’est de se sentir libéré et disponible, les yeux levés sur les paysages, respirant mieux, progressant aisément, sans lourde fatigue, sans essoufflement ni excès cardiaque. En étant bien entraîné, il suffit d’une assistance minimale pour que les difficultés soient, non pas supprimées, mais allégées.

Le VAE n’est donc pas une solution de facilité mais une facilitation. L’âge venant, il permet de prolonger la pratique du vélo, mais plus encore de la renouveler, de l’enrichir. Et à mes yeux c’est en montagne que son usage se justifie pleinement, du moins avant que le temps vienne où c’est sur tous les terrains que l’on en viendra à l’apprécier. J’insiste : le gain n’est pas celui de la vitesse, et dépasser les plus costauds dans les cols n’est ni le but ni un mérite. Au début, cela se fait tout naturellement, et c’est une sensation étrange. Comme quoi il faut aussi apprendre à dompter son VAE ! Le Philou, alias le vicomte de Belleray, ne me démentira pas, car lui aussi a vécu cette expérience, si enthousiasmante qu’après une première journée de location nous avons récidivé.

Je sais que beaucoup auraient l’impression de déchoir ou de tricher en faisant un tel choix. Tant pis, à chacun sa conviction. Il reste que l’assistance bien comprise n’a rien d’une tricherie, puisqu’elle est étrangère à l’esprit de performance. D’autres confondent VAE et mobylette, comme le fait la stupide législation française en bridant ces vélos à 25 km/h, seuil au-delà duquel ils sont assimilés à des véhicules à moteur. Le but n’est certes pas d’aller très vite, mais rouler en plaine comme les autres cyclistes ne serait tout de même pas un scandale ! Pour conclure sur ce point, et ménager les susceptibilités, disons que je peux désormais comparer les deux modes de pédalage, qui sont source de satisfactions très différentes, et que je suis assez disposé, pour ma part, à user tour à tour de l’un et de l’autre.

Pour tous les cyclistes présents, Argelès-Gazost a été un point de départ idéal vers quantité de sommets, fameux ou moins connus. Le Tourmalet, comme le Soulor et l’Aubisque (avec en option le col de Spandelles), s’inscrivent aisément dans des circuits, mais la topographie des montagnes est telle qu’il faut le plus souvent effectuer des allers-et-retours sur les hauteurs environnantes, quitte à les enchaîner. Les uns se sont hissés jusqu’au cirque de Gavarnie, prolongé par le col de Tentes, les autres ont choisi le non moins remarquable cirque de Troumouse, ou la montée vers le lac d’Estaing, avec un retour par le court mais très pentu col des Bordères. Formidable également la route vers Pont d’Espagne et le grand domaine des cascades ; impressionnants les lacets d’Hautacam et de Luz Ardiden ; et réjouissantes les surprises de la route : les moutons trottinant ou dormant sur le bitume, les chevaux, les chèvres, les vaches entre lesquels se frayer un chemin, ou les lamas aperçus au sommet du Tourmalet. Bénie soit une région où les animaux en liberté sont plus nombreux sur les routes que les motards pétaradants !

Mais ne me dites pas que l’illuminée de Lourdes y est pour quelque chose : elle eut des visions, Bernadette, mais elle ne faisait pas de vélo. Sinon, elle aurait opté pour le VAE, qui a quelque chose de miraculeux.

Comme j’ai déjà croqué par le passé les portraits de mes compagnons, je me contente d’ajouter que l’ambiance du groupe fut aussi ensoleillée que le temps, que les repas furent très appréciés, que l’accueil à Clairevie est excellent, et que le seul défaut de l’endroit est qu’il est très éloigné de la Lorraine.

Mais il serait dommage de faire une croix sur les Pyrénées, alors qu’on en a seulement entrevu les charmes. Il y aurait bien une solution : ménager à l’aller une étape cycliste de quelques jours, du côté du Cantal et du Puy de Sancy, par exemple … L’idée fera ou non son chemin.

Reynald

 

Compte rendu P 7 (13 août 2019, Pont-à-Mousson)

par Francis ROCH

Eh bien, en l’absence de notre rédacteur habituel, je m’y colle.

 17 unités (dont 4 de l’AL Neuves-Maisons) ont bien voulu répondre à l’appel du 13 août :

Gérard CONREAUX- Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Rémi HELFENSTEIN – Jean-Claude HURET – Jacques KEMPF – Pierre LEMOINE – Denis LEONET – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Philippe SCHUTZ – Alain DAUCH – Gérard MARCHAND – Gérard CHEVALIER – Patrice ROCH

Cette randonnée, empruntée depuis plusieurs éditions déjà dans les contreforts meusiens, assez roulante et sans difficultés majeures, hormis la montée de Vigneulle-Hattonchatel en milieu de matinée et la sévère montée d’Arry en fin de parcours, s’est déroulée dans la bonne humeur et sans problème particulier.

Bernard G. / Dominique P. et D. Leonet assurant le pilotage et moi-même le balai avec les concours ponctuels de Gérard Marchand / Jean Claude H. / Claude P./ J. Kempf

A souligner tout de même : Denis Léonet, qui avait fait le déplacement à vélo, fut victime d’une banale crevaison au KM 1. 

Le départ à 8h avec une météo fraiche 12°, nous a permis de rallier la « Toque Lorraine « à une heure convenable, le moment de restauration ne se raconte pas, il est savoureux !!

A ce propos, la tenancière nous a informé que l’établissement fermait définitivement en fin d’année, nous allons devoir changer pour la prochaine édition.

Et l’après repas s’est également parfaitement déroulé, les costauds tirant les moins forts afin de ne pas ralentir la progression, car le vent n’était pas toujours favorable ; enfin 2 d’entre nous ont préféré zapper la double bosse d’Arry et rentrer cool.

Vous avez pu remarquer la concision de ce CR. Alors, désolé pour les amateurs de proses, avides de détails croustillants que ce genre d’événement ne manque pas de provoquer !

A la prochaine sortie de septembre, RV dans les Vosges.

Francis 

Compte rendu M 6 (1eraoût 2019, La Petite Pierre)

Riante Alsace

C’est bien l’un des atouts des sorties VVV que la variété des lieux parcourus. Un rendez-vous à La Petite Pierre, la montée du Grand Wintersberg, la traversée de nombreux villages alsaciens, plus typiques les uns que les autres, voilà de quoi satisfaire l’appétit de nouveauté. Et malgré une date très vacancière, un déplacement assez long et un départ vélo dès 8h, 21 pédaleurs ont répondu à l’appel :

Élisabeth ANTOINE – Gérard CONREAUX- Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Rémi HELFENSTEIN – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Pierre LEMOINE – Denis LEONET – Jérôme MINATEL – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Michel VILLEMIN

Denis Léonet ne nous avait guère gratifiés de sa présence cette année, malgré l’amendement qui porte son nom (le passage de la montagne du mardi au jeudi) : c’est chose faite. Il faut dire que ce néo-septuagénaire tient une forme de jeune homme et multiplie les exploits sur les routes de France ; en somme, il est venu se reposer auprès de nous, et il a bien fait. Par parenthèse, grâce à la pyramide des âges que je suis en train de bâtir, je m’aperçois que parmi les VVV estampillés, 9 ont 70 balais et plus ; et que l’an prochain pas moins de 5 autres rejoindront la glorieuse phalange des septuagénaires. Des Vétérans, des vrais.

C’est Francis, un Lorrain quelque peu amoureux de l’Alsace, dirait-on, qui nous a concocté un parcours dans le nord du massif vosgien et ses contreforts bas-rhénans. Les routes forestières sont bien jolies, et bien fraîches dans le petit matin ; bien bosselées également, avec des faux-plats qui tournent en côtes, et des côtes qui tournent en raidards. Ah, le Grand Wintersberg, sûr qu’il mérite le détour, et un bel effort : pas moins de 1500 m à 12%, c’est plus qu’un raidillon « ponctuel » (n’est-ce pas Francis ?). Mais les VVV adorent ça, se manger du dénivelé, et quand la pente redescend à 7-9 %, elle donne l’impression d’un faux-plat. Les VVV sont donc contents.

Et ils sont contents, je crois, d’avoir découvert à vélo ce beau coin de France. De sa germanisation « ponctuelle » (merci Francis), il reste quelques traces, bien sûr, à commencer par le slogan de la variante Gold de la bière Hirsch, inscrit sur les parasols de la terrasse du restaurant de Pfaffenhoffen : « Gold unserer Heimat ». Comprenons que cet or (Gold) est celui de « notre maison » (ou de notre patrie, puisque « Heimat » a ce double sens). Quant au restaurant, son nom « Au Cerf » est la traduction française de « Hirsch », le cerf étant l’image de marque de cette bière couleur d’or.  Pour le reste, la touche allemande demeure inscrite dans certains noms de village, Niederbronn, Wildenguth et autres Langensoultzbach ; mais c’est Liebfrauenthal qui a ma préférence : quelque chose comme « la vallée des femmes chéries » … Quand je pense que nous n’avons fait que frôler ce village, quel dommage ! Précision indispensable : Jérôme me l’a fait remarquer, en allemand pas de h à Tal, mais en vieil alsacien on en met un, comme dans Baerenthal ou Jaegerthal, où nous sommes aussi passés. Tant il est vrai que le parcours franciscain allait de Berg en Thal, de monts en vallées.

Mais il y en a un, de nom, dont je vais me souvenir, celui de Reichshoffen, un nom de sinistre mémoire puisqu’il est celui d’une très cuisante défaite des armées françaises le 6 août 1870, l’une de ces batailles qui préludent à la grande Débâcle (voir le roman d’Émile Zola) et à la longue annexion de l’Alsace et d’une partie de la Lorraine. Une bataille dont le peintre nancéien Aimé Morot a fait un célèbre tableau. Mais ce qui m’inquiète un peu, c’est que cette bataille a désormais son musée, à Woerth (où nous passâmes aussi, décidément) : masochisme français ou nostalgie allemande ?

Ou mauvais esprit de ma part ? Une chicanerie ? Précisément, j’ai mes raisons : ces putains de chicanes à l’entrée du bourg de Reichshoffen, où croiser une voiture réclame du cycliste qu’il choisisse, s’emplâtrer la voiture ou taquiner la bordure de la chicane, au risque d’ajouter un mètre au dénivelé négatif de la journée (fine remarque de Marc). Un mètre et deux cochonneries de médaillons … Bonjour la déco ! Mais Reichshoffen n’est qu’un exemple entre mille de ces « aménagements urbains » destinés à compenser l’incivisme naturel des automobilistes, mais conçus sans égard aucun pour les cyclistes. Comment nous faire entendre, c’est la question que je me pose de plus en plus souvent. Voir aussi le problème des barrières sur certaines pistes cyclables. Il faut qu’on nous consulte ! On en a marre d’être les laissés-pour-compte de la voirie !

Je termine en remerciant Francis au nom de tous, pour le parcours et pour le choix du restaurant. Merci aussi au vélo-balai Jean-Claude Hazotte, qui en connaît un brin en sécurité (un brin sur selle, ça va de soi), armé de son sifflet pour nous signaler les voitures arrivant dans notre dos … et pallier l’indiscipline chronique du peloton. Et merci à Jacques, presque redevenu La Relance, pour la pastèque fraîche de l’arrivée – puisque cette fois il n’avait pas perdu ses clés. Jacques qui m’a convaincu d’ajouter un rétro sur mon guidon : à quand un avertisseur de chicanes ?

Reynald

 

Compte rendu P 6 (16 juillet 2019, Toul) 

Vélodromes et palindromes

La confrérie des VVV ressemble à une start-up qui aurait le vent en poupe : ses sorties ne désemplissent pas, la rotation va son train, les absents de la veille étant les présents du jour. C’est sur ce parcours, effectué en avril l’an dernier, que le record de participation avait été établi, avec 27 présents : même score cette année, grâce à 7 petits nouveaux qui ont pallié les absences :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Jean-Marie BOUCHÉ -Guy et Benjamin CAYROU – Amico DI CIANNO – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Rémi HELFENSTEIN – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Philippe MIDON – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB – Dominique TISSERANT

À noter, la présence de Benjamin Cayrou, le fils du baron, qui est loin d’être un vétéran (40 ans), et celle des néo-VVV qui ont pris goût à nos balades, Rémi, Jean-Paul, Jean-Luc et Jean-Marie B. Ceux qui n’avaient pas l’expérience des longues sorties s’aguerrissent peu à peu. Et comme l’an dernier un 28epédaleur nous a un temps escorté, Alain Dauch jouant le rôle de Marcel.

Sur la qualité de ce parcours, je crois qu’il y a unanimité : beaucoup de petites routes tranquilles, des routes pour vélo, c’est-à-dire à la lettre des « vélo-dromes » ; mais aussi des paysages variés, des forêts, des champs, des vaches, des moutons, des hérons, un renard (aperçu par Francis), de belles montées jamais très difficiles, de longs faux plats descendants ou montants, une escale agréable à Gondrecourt (service rapide et prix modique). Et en prime cette année, une petite réception rafraîchissante offerte au retour par l’ancien édile de Gye (Alain Orditz).

Un regret pour ma part : n’avoir pas proposé un départ dès 8h, étant donné la longueur de l’étape du matin (104 km), afin de disposer d’un peu de marge en cas de crevaison. Ce qui n’a pas manqué de survenir avec le coup double de Jean-Marie S., la diva des transats étant plus soucieuse de sa mise que de l’état de ses pneus.

Une satisfaction de l’organisateur : se donner un capitaine de route et un vélo-balai est une pratique désormais acquise chez les VVV. Ce qui a permis de ne laisser personne en route, Francis se chargeant d’accompagner les retardés le matin et moi-même de veiller sur les attardés l’après-midi. L’an dernier, cette pratique n’était pas acquise, elle semble être enfin entrée dans les mœurs.

En revanche, ce qui aurait dû en bonne logique être respecté, c’est le fait de ne pas devancer notre dévoué capitaine de route (Bernard G.) : patienter et attendre le regroupement général (après la deuxième crevaison) s’imposait. Gégé, qui avait annoncé qu’il s’offrirait un raccourci, a donc entraîné dans son sillage quelques têtes de mules. Leur punition est de s’être privé du même coup de la belle boucle par les routes forestières et ondulantes qui relient Montiers-sur-Saulx, Ribeaucourt et Houdelaincourt, où ils n’ont pas pu admirer la remarquable fontaine-lavoir (ils auraient pu apercevoir un semblable édifice à Mauvages, mais avec la tête dans le guidon, ça ne le fait pas).

Dans le même ordre d’idées, un paradoxe : les VVV aiment les sorties de groupe, et les repas pris en commun, mais sur la route ils fuient la promiscuité. Même en plaine, ils s’éparpillent, ils s’isolent, les uns parce qu’ils accélèrent, les autres parce qu’ils prennent du vent à l’arrière. Ce qui n’est pas encore entré dans les mœurs, c’est le souci d’abriter les copains et de prendre des relais. Un jour, peut-être, sait-on jamais, le temps viendra des Socrate à vélo …

Message codé, pour terminer, que déchiffreront plus aisément les VVV du séjour à Rémuzat, comme ils le feraient d’un palimpseste : je viens de formuler le souhait d’un nouveau paradigme, en fustigeant les anachorètes du vélo (qui trop s’isolent), en les invitant à prendre parfois la route, non pour un vélodrome, mais pour un palindrome (on revient sur ses pas, quand c’est ici que ça se passe, sinon à Serres ou à Laval) – n’empêche, qu’il se dit, le VVV vantard : à l’étape, épate-la !

Mais j’y pense, VVV est aussi un palindrome : sûr que vieillissants nous rêvons sur nos selles de faire la route dans l’autre sens, non… ?

Reynald

PS : Jacques ayant trop bien caché sa clé de voiture dans le gravier, nous avons été privés de pastèque fraîche à l’arrivée. Quand il l’a enfin retrouvée, après ¾ d’heure de jardinage, c’était trop tard pour la dégustation.

Compte rendu M 5 (4 juillet 2019, Thiéfosse)

Ô temps ! suspends ton vol …

Jacques la Relance remet le couvert : après la plaine, la montagne, et après le repas des Hollandaises, celui tiré de la Norvégienne, avec la complicité d’un traiteur de la Bresse et de Martine, son épouse (celle de Jacques, pas celle du traiteur). Qu’elle soit ici vivement remerciée, à l’égal de son homme, qui nous a concocté une sortie originale, comme il en a le secret. Et ceci pour pas moins de 24 vieux garnements :

Jean-Marie BOUCHÉ -Gérard CHEVALLIER – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH -Amico DI CIANNO – Gabriel GRANDADAM – Denis GROSDIDIER – Bernard GUERARD – Pierrick HAAN – Rémi HELFENSTEIN – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Gérard REGRIGNY – Patrice ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS

À noter, la présence en guest star de Denis Grosdidier, cycliste et chirurgien émérite, aussi habile à traiter les hernies inguinales (souvenir) qu’à effacer les cols durs. À noter aussi que plusieurs nouveaux ont récidivé, Jean Marie B., Rémi H., Jean-Paul P. Ainsi, quand pas mal d’habitués sont absents, ils ont des remplaçants, et la participation demeure élevée (près de 22 en moyenne). Pour info, après 10 sorties en 2019, ce sont 49 cyclistes différents qui ont été présents au moins une fois. Mais seul le Vicomte de Belleray fait un carton plein.

Jacques, on ne peut pas dire qu’il ait lésiné sur la grimpette en matinée (pas loin de 1800 m de D+). Il savait que nous ne serions pas attendus dans un restaurant, il en a profité. En nous faisant frôler la fringale. Quant à son parcours, je le remercie là aussi d’avoir fait découvrir à beaucoup d’entre nous des petites routes forestières, sauvages et ombragées, dont le seul tort est qu’en descente elles transforment les vélos en marteaux-piqueurs. Bon dieu ce que ça secoue ! Le prix à payer pour goûter du Morbieux et tâter du Grand Ventron. Gaby s’est offert en prime une petite glissade sur gravillons, mais ça, c’est du luxe.

Personnellement, j’ai redécouvert le col du Page, et dans les deux sens, un col que j’avais pratiqué lors de mes débuts cyclistes (tardifs). De même pour celui, bien raide, du Brabant, que je ne regrette pas d’avoir revu sans avoir à l’escalader : c’était facultatif, 12 l’ont snobé, 12 l’ont gravi, dont 2 ou 3 qui auraient gagné à l’éviter.
Mais quand on aime souffrir, pourquoi se priver …

Ce qui invite à une remarque plus générale : il est clair que les capacités et les états de forme sont très dissemblables, et que les plus costauds se paient de bonnes tranches d’attente aux sommets. Il faut les remercier de leur patience. Et souhaiter que les souffreteux retrouvent bientôt la forme de leurs vingt ans… ou de leurs cinquante ans, ce ne serait déjà pas si mal. En revanche, j’observe que les Toulois, Alain et Jean-Marie, ont une frite d’enfer : leur secret, c’est la bière ou le gris de Toul ?

S’agissant des breuvages, Jacques m’indique qu’ont été avalés les 30 litres d’eau et les 48 canettes de bière mis à la disposition des pédaleurs. Des chiffres qui parlent. Quant à l’abondant buffet, il n’a pas dû en rester grand-chose. Le buffet du Lac des corbeaux … enfin presque, puisque mes petits camarades ont préféré le confort des tables et des sièges avec vue imprenable sur le parking (ô les belles autos) à l’inconfort relatif des rives du lac. Une merveille, une perle, ce lac circulaire bordé de très grands arbres, un havre de quiétude, une invitation au carpe diem et à la méditation. Vous ne l’avez peut-être pas oublié, c’est un lac qui a inspiré à Lamartine ces vers célèbres :

Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

S’il y a bien une vérité profonde qui devrait aller droit au cœur de ceux qui n’ont plus vingt ans, c’est celle-ci, non ?

Reynald

Notre nouveau séjour dans la Drôme provençale (22-29 juin 2019)

À Rémuzat on se réamusa

Soyons clairs : si je n’habitais pas la Lorraine, j’habiterais la Drôme. Pour la troisième année consécutive, la magie de la région a opéré : pour moi, mais aussi pour les dix déjà présents l’an dernier, dont les huit qui étaient aussi du séjour d’il y a deux ans, et pour les quatre qui la découvraient. Car aux habitués …

Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Gabriel GRANDADAM – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ

… s’étaient joints cette année trois néophytes (les plus jeunes du groupe) : Philippe ALBERGE, Jérôme MINATEL, Patrice ROCH, trois grands gamins auxquels il faut ajouter Marylène, la compagne de Philippe S, qui a été, elle aussi, enchantée par sa découverte de la région (à pied ou en voiture).

Comme j’ai déjà décrit abondamment ce qui nous séduit tous à Rémuzat, au carrefour des vallées de l’Eygues et de l’Oule, au cœur de massifs montagneux prodigues en cols sympathiques et en petites routes tranquilles bordées d’abricotiers, de cerisiers, et de champs de lavande (voir l’onglet VVV du site des Randos), je vais me contenter d’évoquer quelques-unes des originalités de cette année.

La principale, c’est évidemment, la forte chaleur, qui a tourné à la canicule. Il a fallu s’adapter : après deux journées avec pique-nique, quatre sorties limitées à la matinée. Avec un départ de plus en plus tôt : 8h30, puis 8h, puis, en sautant le petit-déjeuner (remplacé par un arrêt dans un café), un départ à 7h, et même à 6h le dernier jour ! Une petite révolution chez les VVV, pour un gain de fraîcheur inestimable, et un retour avant la crémation menaçante. Mais nous avons pu aussi compter sur un atout local très précieux en cette circonstance : l’abondance des fontaines, l’eau fraîche et potable à volonté.

Conséquence : des après-midis tranquilles, avec siestes, farniente au bord de la piscine ou sur les berges du lac de Cornillon. Moins de km parcourus que prévus, bien sûr, mais davantage de bon temps, et de repos. De vraies vacances, en somme. En auraient-ils fait plus malgré le cagnard, les forçats du braquet de ma connaissance, les boulimiques du bitume, les jamais rassasiés du dénivelé ? Peut-être, qui sait, mais nous, un peu plus de 500 km et de 7000 m de D+ en six jours, ça nous a suffi.

Autre conséquence : le Ventoux tant vanté, le Mont chauve, le Géant de Provence, on en a fait le tour, au lieu d’y grimper – à l’exception de Jérôme, le benjamin, qui tenait à le découvrir. Ce qu’il fit, en gérant tranquillement ses efforts depuis Malaucène, tandis que nous enchaînions par Bédouin, puis Sault (où nous l’avons retrouvé) … une façon douce de passer par les trois points de départ fameux des trois montées mythiques. N’empêche qu’on l’aura vu sous tous les angles, le monstre lunaire, on l’aura admiré comme jamais, mais sans suer sang et eau.

Autre initiative de circonstance : Francis et moi veillons à programmer du facile, du descendant en fin de parcours, et avec un peu de chance du vent favorable. Ainsi de la tournée des six cols le premier jour, cols des Roustans, de Vache, du Portail, des Guillens, de Pennes – le plus dur, avec ses 4 kms à 10% – et de Prémol. Ainsi du retour de Sault, par les aimables cols des Aires et de Fontaube, ou de l’après-col des Tourettes, par le très joli village perché de Montmorin, parmi les genêts en fleur et les rochers remarquables. Ce fut vrai aussi de la balade vers le défilé de Trente pas (hélas fermé ce matin-là à la circulation) grâce à la longue descente qui succède aux cols Lescou et de Pré Guittard. Et vrai aussi du parcours est-ouest du dernier jour, celui du beau et assez difficile col du Reychasset, de la pause au café-bar d’Orpierre (où Gégé jadis logea), et du retour par l’insignifiant col de la Flachière. Bref, les VVV ont su s’adapter, plus soucieux de fraîcheur que de performance.

Ce nouveau séjour de groupe a permis aussi de parfaire l’entente cordiale qui règne au sein de la confrérie. On a roulé, mangé, siroté dans la joie et la bonne humeur. Quelques mots sur le sujet, et sur les sujets, puisque la vie de la tribu appelle l’observation ethnologique.

Notre moine rabelaisien (Jean-Michel) a retrouvé toute sa verve, à défaut d’avoir récupéré ses jambes (la faute à une cure d’amaigrissement trop rapide). Expert en pilules, bleues ou blanches, il prodigue ses conseils, il nous aide à ne pas vieillir avant l’heure. D’une exquise courtoisie, il est allé jusqu’à anticiper son départ, pour complaire à son coloc qui recevait sa belle. C’est ainsi que sous nos yeux émus les danseurs de Riouclar ont pu se retrouver (Janine et Francis) : le charme des séjours VVV, ce sont aussi les rencontres.

Philou, qu’on ne présente plus, a bénéficié d’une surprenante promotion : le voici désormais Vicomte de Belleray, grâce au cuissard suggestif qu’il a parfois porté. Eh oui, il a le fessier aussi aristocratique que sonore, le fantasque Verdunois. Le titre dont il s’honore à présent est un juste réconfort pour la douce et très patiente Marylène. Ajoutons qu’il a parfois brillé, le bougre, dans les jeux culturels proposés aux vacanciers à l’heure de l’apéro. Les monnaies du Venezuela ou de l’Islande, il connaît, les chanteurs inconnus, il les connaît. Mais c’est toute l’équipe des VVV qui a écrasé la concurrence : si vous voulez tout savoir des palindromes, des paradigmes, des anachorètes ou des callipyges, de tel ou tel plat exotique ou des chefs d’œuvre de la sculpture, il suffit de le leur demander. La tête et les jambes, les VVV !

Hélas, celui qui monte tous les cols sur le grand plateau, et sans peine aucune même dans le costaud col de Pennes, grâce au fameux moteur Henquel, il n’a eu droit qu’au titre de maréchal des logis-chef, on se demande pourquoi : une sombre histoire d’image de Marc ? En tous cas, le Baron Guy de Pomerol, l’ami de l’Afrique, le natif de la Drôme, l’amateur de rosé, le pilote du Bianchi VAE, a été formel : c’est là son bâton de maréchal à cette vieille ganache, du moins pour cette année. Quand je pense qu’en plus Marc a paumé sa CB et son téléphone au sommet du col d’Ey, que la chaleur lui a souvent dilaté le crâne, je me dis que le sort s’acharne sur lui et qu’on devrait se montrer un peu plus charitable.

Son Élisabeth, en revanche, on ne l’a jamais vu aussi guillerette, joueuse, légère, libre, dansante, malicieuse … sa gaîté faisait plaisir à voir. C’est le vélo qui la rend si virevoltante ? Ou une envie nouvelle de s’affirmer ?

Gaby, on commence à le connaître, il a été fidèle à sa réputation : il semble tout savoir sur tout, il observe à la lettre le régime alimentaire qu’il estime indispensable, chaque repas est pour lui une source de stress puisqu’il est hanté par la peur du manque nutritionnel. Ses talents de coach sportif méritent le respect, mais pas son sens de l’orientation : il roule à l’avant et s’égare volontiers, pour un peu il nous « dérouterait ».

Jean-Claude, le paisible et amical Chti Cafougnette, il s’est accroché, il est retourné à la mine, l’ancien galibot, la faute au souci de santé que cette force de la nature endure depuis quelque temps. Moi, j’ai eu le plaisir de souvent l’escorter dans les grimpettes, ce qui m’arrangeait bien. Quand on veut s’économiser, rien de tel que de faire le vélo-balai.

La diva des transats a été également à la hauteur de sa réputation : Jean-Marie a passé plus d’heures à lézarder au bord de la piscine qu’à s’échiner sur les routes. Mais il a roulé autant que les autres, sauf le premier jour, où il s’est évité un surcroît de Pennes.

Quant aux trois gamins, on connaissait bien l’autre Philippe, celui qui parfois passe sur l’alberge opposée, à l’écart du groupe. Ce n’est pas qu’il nous snobe, il est même un exemple de convivialité, et il a parfaitement supporté de partager sa chambre avec les deux autres marmousets. Mais se passer de petit-déjeuner, non, il ne le pouvait pas. Ce qui ne l’a pas empêché d’effectuer les mêmes parcours que nous. Après nous.

Il a aussi préféré le lac de Cornillon à la piscine, comme ses deux colocs, avec la complicité de leur chauffeur, le Baron de Pomerol, attentif à procurer aux plus jeunes les joies de la plage. Il a en commun avec son ancien collègue en électricité un rire tonitruant, mais Patrice, lui, on l’a découvert en garnement espiègle, en gosse facétieux, toujours prêt à jouer des tours pendables. Ceci dit, se faire arroser quand il fait si chaud, par exemple, ça tient du service rendu.

Et cela ne pouvait guère déplaire à notre spécialiste des eaux, pluviales ou torrentielles, notre jeune hydrologue, qui a fort bien supporté la compagnie de ses aînés, en plus de la montée du Ventoux. Jérôme m’a confié ne pas trop aimer la solitude : il a été servi. Mais sa spécialité c’est la chasse aux tampons, dans les communes agréées par la FFCT : il a donc fait des crochets par Montbrun-les-Bains et Brantes, en plus des villages où nous passions.

Vous l’avez compris, canicule ou pas canicule, les beautés de la Drôme provençale, le plaisir pris chaque jour à découvrir de nouveaux paysages, l’entente très joyeuse au sein du groupe, c’est là ce qu’il faut retenir de cette nouvelle édition. En attendant la prochaine ?

Reynald

Compte rendu P 5 (18 juin 2019, Xertigny)

Une randonnée singulière

Après le franc succès de la découverte des Mille étangs, une autre randonnée aux confins des Vosges et de la Haute-Saône, non moins réussie. Une variante originale de « la Jacques Lafond » dont le point commun avec l’édition 2018 a été la halte dans les jardins fleuris du B&B hollandais d’Ormoy. Et c’est là que, fort à propos, Bernard et Édith ont rejoint les 23 VVV partis de Xertigny :

Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Gérard CHEVALLIER – Maurice DOPP – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Jean-Claude HAZOTTE – Rémi HELFENSTEIN – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Pierre LEMOINE – Jérôme MINATEL – Jean-Michel NICOLAS – Alain ORDITZ – Francis ROCH – Patrice ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Pierre VALLOIS

À noter, la présence de deux néophytes : Pierre Lemoine, licencié au club des Randos, et Rémi Helfenstein, un Toulois ami d’Alain Orditz. Le cercle des VVV ne cesse de s’agrandir (un effet de sa bonne réputation ? Ou du vieillissement auquel nul n’échappe ?). On a assisté aussi au retour de l’un de nos Tamalous, Jean-Claude Hazotte. Il va mieux, c’est certain. Jean-Mi aussi, c’est rassurant.

Je commence d’abord par remercier au nom de tous maître Jacques, qui a réussi à tracer un parcours riche en petites routes buissonnières, souvent forestières (et donc ombragées), parfumées à l’odeur des sapins, parsemées de jolis points de vue. Je sais qu’il a longuement exploré la région, à vélo et en voiture, pour peaufiner dans les détails cette randonnée sinueuse (je mets au défi quiconque d’en avoir mémorisé les tours et détours). Effet collatéral de ces intenses efforts de préparation : Jacques la Relance a terminé la sortie dans la peau de Jacques la Ramasse … Que celui qui n’a pas connu un tel déboire lui jette la première pierre !

Si c’est là une singularité de notre sortie de Xertigny, il y en a bien d’autres, à commencer par le lieu de départ. Facile d’accès depuis Nancy, il est à retenir pour de prochaines aventures. Ce fut d’abord Schutz le Philou qui s’est illustré, en s’offrant un incident rare : un pneu qui déjante. Et cela alors que je l’avais promu à la dignité de vélo-balai, ce qui fait que personne ne s’est aperçu de sa disparition, pas même son associé (Jean-Marie), ou du moins pas avant que le peloton n’ait atteint la chapelle de la Miséricorde (ça ne s’invente pas), à 6 ou 7 km du lieu de son infortune. Bilan de l’avanie : une bonne demi-heure de perdue. On a donc hésité à faire la boucle de l’Ourche prévue par l’organisateur, mais comme on aurait eu tort de s’en priver, on n’y a pas renoncé, ce qui ne nous a pas empêché d’arriver à Ormoy à une heure décente. Le Philou nous a aussi gratifiés de l’une de ses spécialités, s’asseoir sur des coussins péteurs : c’est fou ce qu’il peut déjanter, ce grand garçon qui progresse à vélo mais qui régresse plein pot. On lui vote un blâme à l’unanimité ?

Un autre qui s’est distingué, en allongeant de même la durée de l’escapade, c’est Chti Cafougnette, qui a réussi l’exploit d’écraser ses deux pneus sur le même caillou. S’ensuit une double réparation, qui devient même triple, la faute à une chambre défectueuse. Contrepartie heureuse : à l’heure de la digestion, on ne pédale pas. Merci Jean-Claude.

Autre singularité : arrivés dans les très paisibles jardins d’Ormoy, nous sommes salués par la patrouille de France (la base de Luxeuil est proche). Leurs engins volants sont évidemment très bruyants, mais nous sommes sensibles à l’insigne honneur dont nous sommes gratifiés. Merci maître Jacques.

En outre, après le repas, notre hôte hollandais monte sur son vélo et fait un bout de chemin avec nous. J’ai même cru comprendre qu’il a introduit une variante dans le parcours prévu, tout en très petites routes, elles aussi forestières, et pentues. Toujours est-il que notre peloton devient ainsi international, en même temps que mixte, puisqu’à Élisabeth s’est ajoutée Édith. À quand un Africain et une Chinoise dans notre confrérie ? À Guy et Jérôme d’y pourvoir. Plus qu’Européens, mondiaux, les VVV !

Un mot encore : nous sommes passés à Charmois l’Orgueilleux (c’est là que le Philou a fait le malin en déjantant), et la dénomination m’a intrigué. Petite recherche : attestée depuis 1504, l’appellation pourrait traduire la situation avantageuse d’un poste de guet des Templiers à la Chalumelle, hauteur dominant le village à l’ouest et protégée par un boqueteau de charmes. Des verreries ont fait jadis la fortune de cette contrée, ce dont nous avons vu hier plusieurs vestiges. De même, on a aperçu des traces d’implantation industrielle dont il ne reste guère que des friches. Sic transit gloria mundi.

Tout passe, les VVV demeurent.

Reynald

Compte rendu M 4 (13 juin 2019, Le Thillot)

Un conte des mille et un étangs

Lors des deux éditions précédentes, cette sortie avait dû être reportée, pour cause de mauvais temps, et à chaque fois seuls 12 privilégiés avaient pu en apprécier les charmes. Cette fois, à la bonne date, ce fut tout le contraire : 29 participants, du jamais vu, record battu ! Ce qui me réjouit, c’est que beaucoup de VVV ont pu enfin découvrir cette randonnée à la fois exigeante et très belle. Du sport et de l’enchantement. Les heureux valeureux :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Christian BAUQUEL – Jean-Marie BOUCHÉ -Guy CAYROU – Gérard CHEVALLIER – Gérard CONREAUX – Amico DI CIANNO – Maurice DOPP – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Pierrick HAAN – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Patrick PAGEOT – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Jacques PIERRAT – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Patrice ROCH – Philippe SCHUTZ – Pierre VALLOIS

À noter, la présence de deux néophytes : JM Bouché, un Toulois ami de Bernard G., et Patrick Pageot, très peu habitué quant à lui aux longues distances et à la montagne … et donc, grosse fatigue et crampes douloureuses dans les grimpettes finales. C’est le métier qui rentre, dès la prochaine fois, ça ira déjà mieux !

La question s’était posée pour moi de savoir comment on allait gérer au mieux le très grand nombre de participants. Pour ce qui est d’éviter de rouler en un seul paquet, pas de problème : connaissant le terrain, tout en bosses et en descentes, je savais que cela se ferait tout seul. Mais il fallait ne laisser personne en route et favoriser les regroupements : le capitaine de route, Bernard Guérard, a fait merveille, en veillant régulièrement à attendre les vélos-balais (Jean-Mi et Pierre V, le matin, le même et moi, l’après-midi). C’était indispensable, et cela le sera encore, même avec un peloton moins fourni. Je peux bien ajouter qu’on progresse de ce point de vue chez les VVV, on se discipline … la sagesse qui vient avec l’âge ?

Je note toutefois que la sagesse entre parfois en conflit avec la fierté du Valeureux : quand je propose d’éviter le raidard à 18% expérimenté l’an dernier, seuls trois membres du peloton m’accompagnent. Non mais, quand on rêve du 22% de la Planche des belles filles, on ne se dégonfle pas devant un tout petit 18 ! Quitte à mettre pied à terre ? Ceci dit, les 4 dissidents ont découvert que le raccourci débutait par un petit 16%, une différence à la fois légère et appréciable, d’autant que la pente était moins longue que le raidard prisé par les plus valeureux des Valeureux. Deux d’entre nous qui ne se sentent nullement déshonorés par une autre forme de dissidence, ce sont les adeptes du VAE, Jacques P. et Guy : moi, je les approuve, et je ne cache pas que je commence à les envier sérieusement, l’âge venant.

Quant aux charmes et à l’histoire des Mille étangs, j’en avais déjà donné un aperçu il y a deux ans, dans un compte rendu qui n’a pas été mis en ligne. Je me permets donc d’en citer quelques passages, sur le mode du « Il était une fois » qui convient aux contes et aux belles histoires d’enchantement :

Magnifique, la petite route sinueuse et très vallonnée qui mène à Beulotte-St-Laurent puis à Servance : que d’étangs, de bruyères, de tourbières, et de genêts en fleur ; et si l’on a de bons yeux, on admire la flore remarquable des lieux : la canneberge, la linaigrette, l’andromède, la scheuzeria des marais, le carex et le drosera. Que d’oiseaux, également, le grèbe huppé, le martin-pêcheur, le balbuzard, le héron cendré, la bergeronnette des ruisseaux ou le bruant des roseaux ! Quelques vaches, aussi, des poules et des lapins, mais c’est plus commun.

(Commentaire 2019 : vous aurez compris que ma science venait d’une petite recherche sur le web, et non d’un simple constat visuel. De même pour la suite, évidemment).

Sur les origines des Mille étangs : celles-ci sont d’abord naturelles : les étangs se sont formés à la fin de la dernière ère glaciaire, il y a 12 000 ans, par le retrait du glacier de la Moselle débordant vers les Vosges saônoises au-delà de la ligne des crêtes. Le surcreusement du plateau et l’accumulation de matériel morainique, en gênant les écoulements, ont favorisé l’apparition d’étangs, de marécages et de tourbières.

Mais les hommes les ont en partie refaçonnés : dès le Moyen Âge, les moines ont incité à l’aménagement des étangs en vue de leur exploitation piscicole. On y élevait carpes, tanches, brochets et truites. En outre, dès cette lointaine époque on y a pratiqué l’extraction de la tourbe, ce dont il demeure quelques vestiges.

J’ai relevé aussi qu’on rencontre fréquemment en forêt ou dans les pâturages de gros blocs erratiques, reliques des glaciers disparus. On a pu, en effet, en apercevoir un spécimen remarquable en repartant de Faucogney sur le terrain d’une modeste maison : manifestement, le propriétaire ne pouvait pas l’avoir fait transporter là !

(Ajout 2019 : on m’a dit que l’enfant du pays, Thibault Pinot, dont on a pu voir le nom sur la chaussée du côté de la redoutable côte d’Esmoulières, possédait un des étangs et qu’il adorait y venir pêcher : voici un terrain sur lequel certains pourraient l’affronter sans complexe).

Conclusion : il était une fois le VVV, le Vrai Visage du Vélo. Un heureux mélange de découverte, de plaisir et de convivialité !

Reynald

Compte rendu M 2 (6 juin 2019, Anould) 

Le commando kiffeur

Une sortie reportée à une date non prévue dans notre calendrier, des indisponibilités nombreuses, une liste de Tamalous en hausse, une météo incertaine : autant de raisons pour que ne débarque à Anould qu’un escadron léger de Valeureux Vétérans en ce 6 juin de l’an de grâce 2019. Une troupe d’élite, vous en conviendrez, des durs au mal, des vaillants, un commando kiffeur de cols :

Élisabeth ANTOINE – Gérard CONREAUX – Maurice DOPP – Michel GEORGEON – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ

Mais grimper six cols (pour un D+ de 2200 m) ne suffisait pas, la stratégie invitait à faire de l’adversité une alliée : au lieu de les tétaniser, la fraîcheur les a dynamisés, et s’il faisait 10 petits degrés au départ, et à peine 4° sur la Route des crêtes, ils se reposèrent ainsi de l’effroyable canicule de ces derniers jours. Un bain de fraîcheur en ces temps de réchauffement climatique, on aurait tort de s’en priver. Il n’a manqué qu’un peu de pluie. Pas une goutte à Germaingoutte, pas de larmes amères sur le Calvaire.

Midi venu, c’est donc la peau sèche qu’à la Calèche ils se pourlèchent. Une bonne table, dont on appréciera une autre fois la terrasse.

Pour ceux que n’effraient pas les messages de plus de quatre lignes, et pour mes 11 compagnons du 6 juin, ces petits croquis (en alexandrins) :

Sur son bleu destrier, Bernard ouvre la route,
Impérial, jamais il ne connait la déroute.

Élisabeth est un poids plume, elle file, elle vole,
Elle appuie, l’air de rien, elle enroule, elle décolle.

Gégé gémit, sans jamais qu’il se décourage,
Il s’accroche, c’est son défi qu’oublier son âge.

L’autre Gérard souffre en silence, ses jeunes années
S’en sont allées, le voici désillusionné.

Quant à Momo, n’écoutez pas les mauvaises langues,
S’il se dope, c’est avec des oranges et des mangues.

Jack la Relance saute à la corde, fait du pilate
Sur son vélo, à sa façon il nous épate.

Michel est un Vosgien pure souche, il se souvient
De tous les cols qu’il a franchis étant gamin.

Jean-Mi souvent minaude et médite à l’arrière
Tel un ermite : la solitude est sa manière.

C’est vrai qu’il est efficace, le moteur Henquel,
À ses compagnons mêmes il donne parfois des ailes.

Après la Cividin, qu’il n’a pas terminée,
Philou foufou était calmé, et tout miné.

Quant à Francis, depuis qu’il danse plus qu’il ne roule,
Disons-le tout net : notre homme a perdu la boule.

Reynald

Compte rendu M 3 (23 mai 2019, Gérardmer)

Le vélo est une fête

Quand la « perle des Vosges » est baignée de soleil, quand les longues ascensions sont aussi savoureuses que les descentes (dans les deux cas, il y a de quoi déguster), quand depuis la route des crêtes on peut apercevoir les vallées et les lacs en contrebas, quand aucun incident ne survient, quand une bonne auberge nous attend à l’orée du bois … oui, le vélo est une fête. Heureux les 26 pédaleurs qui firent la fête jeudi dernier :

Philippe ALBERGE – Michel ANDRÉ – Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Amico DI CIANNO – Marc DI GIANNANTONIO – Maurice DOPP – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Patrice ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Jean-Michel SCHWOB – Philippe SCHUTZ – Dominique TISSERAND – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN

Forte affluence donc, complétée au départ par le couple WILLEMIN, Monique (l’électrique) et Marcel (l’éclectique), mais privée de la présence de Christian BAUQUEL, accablé la veille par une crise de colique néphrétique (une horreur ; nos meilleures pensées pour lui). Et un petit nouveau parmi nous, qui m’a dit s’être régalé, Michel André, qui se partage entre Nancy et Cagnes-sur-Mer.

Mais qui ne s’est pas régalé, chacun à sa manière et à son rythme, par une si belle journée ? Et sur un tel parcours, qui est en passe de prendre rang parmi nos classiques. Avec ou sans la variante de cette année : pas de col du Wettstein … mais un col du Calvaire intégral, via les Basses Huttes, histoire d’adoucir un peu la pente. Ceci dit, un aller et retour du côté du Wettstein, ça ne peut pas faire de mal : on y apprend à lire les paysages, quand d’autres se contentent de lire les messages …

De toute façon, en montagne on se perd de vue, de lacet en lacet, l’essentiel étant qu’on finisse par se retrouver. À chacun sa façon de faire le plein de sensations, pourvu qu’on garde un œil sur l’intégrité du peloton. Ainsi, on a pu retrouver notre savant Cosinus (Pierre le matheux) qui s’en était allé vers Colmar en arrivant à Munster. On peut le comprendre, c’est très joli, Colmar, avec ses maisons médiévales, les berges fleuries de la petite Venise, son musée Unterlinden (et son ébouriffant retable d’Issenheim), ça vaut vraiment le détour (un peu comme le Wettstein). Inversement, c’est Pierre qui s’est dévoué pour veiller sur les derniers de cordée, au plus dur des ascensions.

Que la fête continue ! De col en col, de vallée en vallée, de collet du Linge en collet dans l’assiette, de paysage en paysage et de page en page.

Reynald

Compte rendu P 4 (14 mai 2019, Verdun)

Des côtes qui ont la cote

Nanard le Montagnard nous avait proposé l’an dernier un vrai parcours plaine, du genre roulant et sans vilaines bosses (Dieu sait pourtant qu’il les aime). On le lui avait fait remarquer : il n’en fallait pas plus pour qu’il le prît de haut et que, cette année, il nous fasse des côtes de Meuse une montagne. Une montagne qui a accouché, non pas d’une souris, mais d’un sourire … sur sa face de vieux grognard, et de quelques soucis dans les vieilles gambettes. Merci Bernard. Ceci dit, les côtes de Meuse, ça change de l’ordinaire, et ils furent 22 à les apprécier, ces côtes dont la cote a soudainement monté :

Guy CAYROU – Alain COLLINET – GERARD CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Maurice DOPP – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Gérard REGRIGNY – Patrice ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Bernard SIMON – Dominique TISSERAND – Pierre VALLOIS

Température frisquette au départ, impression de froid accentuée par un fort vent de nord-est, mais du soleil. Et de la lumière. Ceux qui lèvent la tête (il y en a) en ont apprécié les effets : sur les prairies d’un beau vert tendre, sur les champs de colza éclatants, sur les villages nichés au pied des côtes, sur le cours de la Meuse et celui du Longeau. Il faisait plus sombre dans les belles forêts traversées, mais on y était abrités du vent.

Comme le vieux grognard de Verdun avait voulu multiplier les ascensions, la solution s’imposait : aller et venir, monter et de descendre, de part et d’autre de la tranchée de la Calonne (tristement fameuse depuis 14-18). Car la Calonne est la colonne vertébrale de ce petit massif des Côtes de Meuse. Résultat : un parcours tout à fait baroque (voir pièce jointe), exigeant, mais varié à souhait et riche en découvertes.

Une matinée très réussie, malgré quelques aléas, deux crevaisons et un peu de dispersion, entre ceux que l’enragé montagnard entraîne dans son sillage et ceux que guide calmement Alain le raisonnable. Bernard, je lui ai accordé un 18/20 pour cette première partie, c’est dire. Mais c’était pour mieux faire passer le 2/20 de l’après-midi ! Car pour ceux qui n’ont pas eu la chance de se trouver à nouveau dans son sillage, ce fut la soupe à la grimace.

Comme il venait de nous dire, en sortant de table, qu’il allait apporter des modifications au parcours prévu, on ne s’est pas étonné au pied d’Hattonchâtel de voir ceux qui nous précédaient aller tout droit, au lieu de prendre à droite pour se taper la grimpette. Et comme le Nanard et sa bande avaient déjà disparu des radars, on a même cru qu’ils étaient devant nous. Alors qu’en réalité ils se la dégustaient, la belle montée d’Hattonchâtel. Et cela, pendant que les 12 égarés découvraient une route de plus en plus pourrie, très raide, parsemée de cailloux et de trous, et bientôt transformée en chemin des champs. Crevaison de Gégé, c’était le minimum. Mais elle a au moins permis de lorgner sur le GPS et de comprendre qu’il allait falloir s’en taper longuement, des cailloux et des ornières, avant de retomber sur la route (bien goudronnée) de la Calonne. De forestière et agreste, la balade était devenue agricole !

Bien du temps s’étant écoulé, il ne restait plus qu’à rentrer au plus court, en faisant du toboggan. Car la Calonne n’est pas seulement un grand axe forestier, c’est aussi un long toboggan, très rigolo au début, éreintant à la fin. Cerise sur le gâteau, les derniers km se font sur la grand-route, livrée aux camions et aux voitures. Merci Bernard ! Comme quoi boulimie de côtes et tête dans le guidon ne sont pas la garantie d’un plein succès.

Mais les VVV sont bons princes, ils ne sauraient lui en vouloir, ils comprennent que l’abus de Côtes-de-Meuse, qu’il s’agisse de pinard ou de raidard, nuit gravement au Nanard. Il se peut aussi que ceux de sa bande se soient à nouveau régalés l’après-midi, en remettant le couvert, de bosse en bosse. Il reste qu’Alain a sauvé l’honneur de Verdun, en nous pourvoyant en boissons fraîches à l’arrivée (merci à son épouse qui s’est chargée de les apporter). Et l’an prochain, il dira son mot lors de l’élaboration de la sortie meusienne, en veillant à ce que Bernard ne nous égare, sans mettre pour autant le montagnard au placard.

J’allais oublier : une mention spéciale à Marc Henquel, l’ami des Lettres, très contrarié par le fait qu’on ne marche pas jusqu’à la fosse d’Alain-Fournier, aux Éparges. Il s’est donc fâché, en disant « puisque c’est ça, maintenant je fais la course ». Et de partir comme un bolide, en faisant éclater notre petit groupe (on n’est pas à une dispersion près chez les VVV). Son motif était si noble qu’on lui pardonne son coup de sang. Et on présume qu’il se consolera vite, en relisant Le Grand Meaulnes.

Maintenant, repos et dégustation. Il n’y a que l’embarras du choix : Côtes-du-Rhône ou Côtes-de-Gascogne, Côtes de Nuits ou Côtes de Beaune … la France ne manque pas de côtes. Cyclos et poivrots, tous le savent !

Reynald

Compte rendu P 3 (23 avril 2019, Hauconcourt) 

Cyclistes sans frontières  

Einige Wochen vor der Europawahl, zeigt unser VVV-Klub wieder den Weg: Durchfahrt von Schengen, ja da wo der Abkommen 1985 unterzeichnet wurde, Mittagessen in Deutschland: grenzenlose freie Fahrt, egal was die engen nationalistischen Köpfe darüber denken. Grenzen gab es gestern auch nicht zwischen den beiden früheren Erzrivalen Metz und Nancy….

En d’autres termes :

À l’approche des élections européennes les VVV ont montré l’exemple : passage par Schengen, incursion au Luxembourg, repas en Allemagne … Libre circulation et frontières effacées. Les nationalistes obtus en seront pour leurs frais. Et pas de frontière non plus entre les deux vieilles rivales, Nancy et Metz : l’ami messin a organisé la balade (Patrick MAHEUT) et trois autres messins (Claude JACOPIN, Jean-Marc TARTARIN, Bernard VIENNOT) ont guidé les 18 VVV du jour à travers ce petit coin d’Europe :

Gérard CHEVALLIER – Alain COLLINET – GERARD CONREAUX – Maurice DOPP – Gabriel GRANDADAM – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE -Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Claude PETITDEMANGE -Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Patrice ROCH – Jean-Luc ROUYER – Philippe SCHUTZ – Bernard SIMON

Beaucoup de nos Valeureux étaient indisponibles, hélas, pour raisons de vacances, de travail (cela arrive encore) ou de prise en charge de leurs petits-enfants. Plusieurs m’avaient dit leur déception de ne pouvoir participer à cette prometteuse balade. En revanche, les deux compères verdunois ont fait le déplacement, pour eux plus court qu’à l’habitude, avant de nous accueillir à leur tour (ce sera le 14 mai). La balade fut d’abord très roulante, sur les pistes cyclables de la Moselle, puis plus vallonnée, avant et après la pause-repas à Mettlach. Rien de très difficile, à part le long raidard, à l’heure de la digestion, qui a permis de remonter sur le plateau mosellan et de gagner la route du retour, via Waldwisse, une route ponctuée de bosses, tout de même. Ce qui a donné un dénivelé d’environ 1000 m, pour 156 km (au compteur de ceux qui ont repris un bout de piste pour fuir les voitures à l’approche d’Ennery).

Comme l’on n’avait jamais roulé aussi longuement sur des pistes, un mot sur le sujet. Les avantages sont évidents : pas de voitures, et pas de chauffards, comme c’est appréciable ! De la quiétude, de jolis secteurs, en particulier le long de la Sarre. Des pentes insensibles, au fil de l’eau. Des points de vue différents (Thionville apparaît presque riante depuis les rives de la Moselle, c’est dire). Mais le revers de la médaille, je sais que certains y sont sensibles, c’est la relative monotonie, l’absence de relief (la platitude, dans tous les sens du terme), et la modération de la vitesse à laquelle on se sent invités. La promenade a ses charmes, le goût du sport réclame ses droits : un juste équilibre à trouver. Mais là aussi, pas de frontière, pas d’antagonisme entre la piste, cyclable par destination, et la route, cyclable par défaut. Et pas non plus de schisme entre les hédonistes et les sportifs, de même qu’entre les rouleurs et les grimpeurs. On s’arrange, on s’attend, on se comprend.

Une découverte, ce fut la très charmante cité médiévale de Saarburg, bâtie sur les berges du Leuk, agrémentée de maisons colorées, et d’une chute d’eau impressionnante, qui actionne encore les roues à aube du moulin. On s’est tous dit qu’il ferait bon y déjeuner : une prochaine fois ? Une autre découverte, ce fut la boucle de la Sarre empruntée à vélo et non pas vue depuis le promontoire de Cloet (à Orscholz). Là encore, l’un n’annule pas l’autre : si l’on retourne en cette contrée, on admirera d’en haut la très étonnante invention que la nature a concoctée là. Patrick nous a même appris qu’on peut désormais y emprunter une passerelle construite à la cime des arbres, et donnant sur cet ébouriffant paysage. Mais il faut abandonner les vélos.

La pause-repas fut agréable, prise en terrasse, à l’Abteibrauerei de Mettlach, le service y fut efficace et rapide, la reine de la bière n’était pas celle de la photo (désolé), mais le cuivre des alambics géants valait le coup d’œil. Le plat de brasserie y était très convenable, sans relever, bien sûr, de la haute gastronomie qui fait désormais les délices des VVV (Amico a été bien avisé d’aller se prélasser sur les rives du lac de Côme : il a évité un plat en sauce). En sortant de table on a pu apercevoir les bâtiments historiques de Villeroy et Boch, entreprise célèbre pour ses céramiques, et fondée en 1748, bel exemple de permanence.

Dans le long toboggan final, les forçats du braquet se sont régalés, d’autant que le vent favorable fouettait les ardeurs. En profitant de l’élan des descentes, c’est à peine s’ils avaient à pédaler dans les montées. À peine. Mais qu’ils n’aillent pas croire qu’à la peine ils étaient, ceux de l’arrière : non, ils ont pris le temps. Le temps de ressentir le frisson de la frontière effacée, puis d’admirer l’église Saints Pierre-et-Paul d’Halstroff, le très ancien village de Monneren, les carrières de gypse de Klang (qui servent désormais de refuge au Grand Rinolophe – non, ce n’est pas une sorte de philosophe mais une espèce de chauve-souris) … et les champs de colza en fleur, et les vaches au doux regard, et les moutons paisibles, et le vert tendre des arbres au printemps, et la luxuriance des glycines, et enfin sur la Moselle les batelières jouant à péniche lisse (contrepèterie approximative). Il y en a donc eu pour tout le monde.

Vive le vélo sans frontières, merci à Patrick et à ses amis messins !

Compte rendu M 1 (11 avril, Maixe – Donon)

La bonne auberge

Après deux journées bien glauques, le beau temps promis pour jeudi est au rendez-vous, si bien que les VVV le sont aussi : 27 participants, le record de l’an dernier presque égalé (28 lors du JP 3 de Gondrecourt). Quelques habitués étaient indisponibles, sinon, on aurait encore fait mieux. Défi 2019 : atteindre le chiffre de 30 participants ? Nous avons encore 14 occasions d’y parvenir : à vos pédales, camarades ! Parmi les 27, deux novices hier : Jean-Paul Pezel, récent licencié du club des Randos, et Jean-Luc Rouyer, un ami de Gérard Chevallier, membre du club de Neuves-Maisons. Bienvenue à eux, et au plaisir de les revoir parmi nous. Étaient donc présents :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Christian BAUQUEL – Guy CAYROU – Gérard CHEVALLIER – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE -Denis LEONET – Philippe MIDON – Jérôme MINATEL – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB – Pierre VALLOIS – Marcel WILLEMIN

Résumons : une sortie superbe, sans le moindre incident, sous le soleil, un peu de fraîcheur au départ, un vent de nord-est un peu taquin, une allure raisonnable, et de la solidarité. Les convalescents et ceux qui avaient peu roulé ont toujours bénéficié de la meilleure des assistances, l’assistance VVV. De ce point de vue, progrès sensible par rapport à la sortie précédente. Et mon petit doigt me dit que 2019 verra les VVV céder un peu de vitesse contre un peu de sagesse. Le souci des copains plutôt que la tête dans le guidon.

Inverser le sens du parcours a permis de découvrir du neuf : autres points de vue sur les paysages, et autres sensations, les descentes devenant des grimpettes (aïe, la montée du Donon par Raon / Plaine), et inversement (géniale, la longue descente sur Abreschviller, je dirais même, voluptueuse). La fin de parcours par la piste cyclable du canal a été la bienvenue pour les jambes fatiguées ; une piste en partie en travaux et dont les secteurs manquants vont être comblés. Idéal pour les promeneurs tranquilles. Les moins fatigués ont préféré la route, ses petites bosses … et le voisinage des voitures. Je leur confirme que la piste était propre, sans barrières gênantes, et toujours aussi agréable. Comme l’était celle de la sortie d’Abreschviller (alors que la route est souvent livrée aux camions qui charrient du bois).

Quelques faits notables : Guy étrenne son Bianchi à assistance électrique, par précaution il part d’Ogéviller, avec Gégé, mais il aura à la fin 110 km au compteur, et 56 km de réserve batterie. En apportant son chargeur (à brancher pendant la pause-repas), il pourra donc sans problème nous accompagner, même dans les sorties montagne. Voici qui peut donner des idées, l’âge venant. D’autant que son plaisir était visible, à notre Africain des Baronnies (vivement le séjour dans la Drôme). Mais un qui vieillit (à peine) et qui continue de ne compter que sur ses jambes, c’est Denis : lui, il en rajoute après le repas, plutôt que de se contenter de nos médiocres 154 km, une misère. Marcel, de même, a préféré se manger quelques km supplémentaires plutôt que de passer à table. Comment fait-il, le chameau ?

Voici qui m’amène à dire un mot sur ce qui fut, de l’avis général, le vrai grand moment de cette sortie : la halte à « l’Auberge de la forêt » d’Abreschviller ! Belles salles, décoration élégante, nappes sur les tables, accueil chaleureux, service rapide, mets bien cuisinés, prix raisonnable. Et une aubergiste souriante, affable, efficace … Même les très exigeants Claude et Amico ont été conquis, c’est dire ! Une adresse dont on va se souvenir. Il suffira de tracer de nouveaux parcours adaptés à cette escale de choix. Bien envie d’y retourner en été, à la bonne auberge ! Et on pourra manger en terrasse. Une petite sortie hors programme pour les amateurs ?

Un mot pour terminer : j’ai l’impression que le plaisir pris à cette sortie du Donon a été partagé par tous, même si Philippe M., par exemple, en a un peu bavé, faute d’entraînement. Et il n’avait pas la chance, lui, de bénéficier comme moi de 15 jours de corticoïdes, un dopage involontaire mais appréciable, je le confesse. En revanche, mon pauvre cœur a été sollicité au-delà du raisonnable, d’où ma prudence de l’après-midi. Et aujourd’hui, même pas mal aux jambes. Plus qu’à espérer que l’effet de dopage dure quelque temps encore … avant d’envisager le dopage électrique.

Reynald

Compte rendu P 2 (26 mars 2019, Kinepolis)

Plaine, ô ma plainte

Cette fois, après un départ contrarié (P 1), c’était vraiment la rentrée des VVV : ils sont venus, ils ne sont pas tous là, mais beaucoup le sont, dans la fraîcheur et la joie, sous le soleil et dans la bonne humeur. Ils sont vingt-trois, dont le grand Marcel qui ne daignera pas se restaurer, comme à son habitude, mais nous serons bien 23 à table, avec l’organisateur venu en voiture à Vaudémont, le pauvre, l’infortuné, victime d’un dos plus que dolent. Motif personnel de plainte. Et comme l’organisateur n’est autre que l’auteur des comptes rendus, son problème est évident : comment va-t-il rendre compte d’une sortie à laquelle il n’a pas participé ? Première certitude sur laquelle il peut s’appuyer, l’identité des participants :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Christian BAUQUEL – Gérard CHEVALLIER – GERARD CONREAUX – ALAIN DAUCH – Amico DI CIANNO – Maurice DOPP – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Philippe MIDON – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Patrice ROCH -Philippe SCHUTZ – Marcel WILLEMIN

Autres certitudes : pour être allé en voiture au-delà de Vandéléville, j’ai pu apercevoir non pas un unique peloton, mais des groupes dispersés. Un trio d’abord qui avait eu la sagesse de prendre la route directe de Favières à Tramont-saint-André : ce n’est pas qu’ils volaient dans le col des Trois Fontaines (480 m), mais au moins étaient-ils satisfaits de leur raccourci forestier (même s’il était, lui aussi, du genre bosselé). Et comme il ne faisait guère chaud (6°), ils ont préféré poursuivre jusqu’au restaurant. Ils ne seront pas rattrapés. Pour une raison simple : j’ai croisé ensuite une avant-garde, suivi d’un autre groupe, et enfin d’une arrière-garde, formée de ceux qui avaient attendu la victime d’une crevaison (Maurice). Le regroupement ne s’effectuera qu’à l’approche de Dammarie-Eulmont, c’est-à-dire juste avant les deux grimpettes finales, très pentues, et donc propices à une nouvelle dispersion, bien normale celle-ci.

J’insinue que la première ne l’était pas tout à fait, normale ? Pas faux (autre plainte). Lors d’une crevaison, ne serait-il pas préférable de s’y prendre autrement : quelques-uns aident à réparer, les autres roulent pour ne pas se refroidir, mais reviennent en arrière pour que le regroupement s’opère ? Ce serait si simple … Et cela éviterait aux groupes de l’arrière de galérer pour tenter de se rapprocher de ceux qui ont pris la poudre d’escampette. Je peux témoigner qu’à l’arrière beaucoup ont effectivement galéré.

Après tous les efforts consentis, la pause-restaurant n’a fait que des heureux. Quant à moi, j’ai bien eu quelques scrupules à partager les agapes des sportifs sans l’avoir mérité, mais j’ai apprécié comme toute le monde la qualité de la cuisine, de l’accueil et du service (rondement mené). Et j’ai pu ainsi profiter de l’ambiance VVV et bavarder avec les uns et les autres. À défaut d’avoir pu profiter des charmes du parcours. Un parcours dont je savais qu’il était exigeant, bosselé à souhait, pour l’avoir effectué en août dernier avec une dizaine d’entre vous. Un parcours plaine typiquement pas très plat. Je conçois que placé fin mars, après un début d’année contrarié par une météo peu sympathique, ce parcours ait été ressenti comme éprouvant, surtout par ceux qui sont loin d’être déjà au mieux de leur forme. Entre la plaine et la plainte la différence peut être mince. Paradoxe, le premier parcours montagne aura un dénivelé moindre (hier, je crois que ce fut dans les 1700 m pour le parcours complet, bravo les braves).

On comprend donc que certains (j’avais signalé cette option) aient préféré rentrer par la vallée de la Moselle plutôt que de remonter sur l’autre versant. Mais là aussi, il y a une observation à faire, désolé … Cela commence à la sortie du restaurant, scénario classique : on n’attend pas que tout le monde soit prêt pour s’élancer, les derniers se retrouvent bien vite assez loin, et c’est parti pour une autre galère. J’ai beau (en voiture) signaler le problème, le peloton file sans attendre. Francis m’a confié hier soir qu’ils ont mis 16 km, Marc et lui, pour retrouver le gros de la troupe, entre Vaudigny et Lebeuville (l’autre Roch, Patrice, quelque peu consumé par la digestion, avait choisi à Xirocourt de rentrer plus directement). Cerise sur le gâteau pour Francis : à Velle, constatant que d’autres ne sont plus là, il prend sur lui de temporiser. En vain, car les absents avaient choisi l’option vallée de la Moselle, mais sans qu’il en soit averti ! Résultat : il s’est coltiné seul le reste de la sortie. Je ne jurerai pas qu’il en a été heureux.

Donc, éternel refrain : on pourrait mieux s’organiser. On y parvenu parfois, quand on s’est donné un capitaine de route et un ange gardien à l’arrière. Comme la saison ne fait que commencer, disons que nous allons prendre de bonnes résolutions …

Reynald

PS : ce matin le kiné m’a remis en place une lombaire qui s’était fait la valise ; et tout à l’heure je revois mon toubib pour qu’il me prescrive un anti-inflammatoire puissant. Et lundi, j’aurai droit à une infiltration dans mon épaule droite. La totale ! Si avec tout ça, je demeure impotent, j’arrête le vélo, et je me mets à boire ! Je ne serai plus un sportif de haut niveau, mais un chétif de caniveau. Plainte, ô ma plainte …

Compte rendu P 1 (12 mars 2019, Kinepolis) 

Douze en selle

Les années se suivent et ne se ressemblent pas : l’an dernier la sortie des retrouvailles (8 mars) avait réuni 25 pédaleurs, l’une de nos plus grosses affluences. Aujourd’hui, nous ne fûmes que 12 à nous présenter au rendez-vous ; 12 rescapés des circonstances contraires, 12 qui n’étaient ni vacanciers (comme Francis), ni marcheurs (avec Gégé), ni travailleurs (comme Amico), ni empêchés pour diverses raisons, heureuses ou non. Le vent vif a pu aussi en dissuader d’autres. De même que le report d’une semaine. Mais la saison a été lancée, en attendant des jours meilleurs, et ceci grâce à :

Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Michel GEORGEON – Marc HENQUEL – Jacques KEMPF – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Philippe SCHUTZ – Marcel WILLEMIN …
Soit 10 VVV brevetés auxquels se sont ajoutés les néophytes Bernard AUBERTIN et Patrice ROCH.

Relevons que nous avons tout de même parcouru plus de 100 bornes (109 à mon compteur) et grimpé dans les 1200 m. Pas si mal dans le vent et le froid du matin.

Comme prévu (le parcours a été étudié pour) on affronte d’abord la soufflante : ils souffrent et s’essoufflent, les insuffisants du jour, tandis que les fringants friment et que les vieux sages comptent les points (avec Michel, qui a encore moins roulé que moi, on a le temps de tailler des bavettes, tout va bien). Certaines côtes sont abritées, et d’autres pas, ça fait une différence. Rester dans l’abri des copains, c’est pas facile, chacun fait ce qu’il peut. Avant que ne survienne le moment magique : cap au nord nord-est, à partir de Boulaincourt, c’était prévu aussi. Après la soufflante, la grande poussette !  Que c’est bon de pédaler dans l’huile, même quand ça monte ! De grimper les doigts dans le nez et les mains sur le guidon … oui, c’est bizarre, les doigts ici, les mains ailleurs, mais c’est la vérité vraie. A l’inverse, dans le vent, on pédale avec les oreilles en même temps qu’avec les pieds … la preuve que le vélo est une drôle de gymnastique.

À la faveur du changement de cap, on perd Bernard et Jacques, une envie qu’ils avaient de pousser jusqu’à Fresnes. M’est avis que ça ne tourne pas rond dans la caboche du grand Jacques depuis que l’ASNL enchaîne les victoires : le choc est trop rude, ce changement de cap-là est trop surprenant, trop anormal. Donc, on l’a perdu, Jacques le jacteur, mais je n’exclus pas qu’il ait été berné par Bernard, qui a pris une initiative mal venue. Nous faire ça à nous, VVV, pas deux fois ! Dommage tout de même, douze c’était un bon chiffre.

Sur la fin, l’écrémage se sera poursuivi, le néophyte Patrice a regagné ses pénates (Ville-en-Vermois), Marc a crevé et n’a pas daigné qu’on l’attende, Alain est rentré directement à Méréville, les éprouvés ont évité la côte de Maron au prétexte que par Brabois ce serait plus court pour eux. Si bien que nous fûmes bien peu à nous la coltiner, la longue grimpette de Maron. Là-haut, surprise, les Gégé-marcheurs sortent du restaurant des bois, heureux et boueux. L’occasion d’un rapide échange sur nos efforts respectifs, et la promesse de nous retrouver bientôt sur nos vélos.

Quelques observations pour finir :

Alain a étrenné son beau Lapierre tout neuf, un vélo qui vole, un Lapierre qui roule, qui amasse mousse et nous ramassera tous. À en juger par les performances en côte, la forme des uns n’est pas celle des autres, vous vous en doutiez. Marcel le champion en a rajouté : 137 km et 1850 m de D+ (et un gros dodo sur son canapé en rentrant). Patrice Roch, un ancien St-Pierre, porteur d’un catogan à la Laurent Fignon, a souhaité intégrer la confrérie des VVV : il est le bienvenu. Moi, j’ai terminé dans le dur, mais très content d’avoir somme toute bien tenu le coup, avec à la fin une nuque raide et une épaule droite douloureuse (séquelles de mon accident du 6 janvier).

Et ce matin, coup au moral : mon kiné me dit que malgré les infiltrations programmées, il me faudrait renoncer aux longues sorties, que le vélo c’est pas bon pour ce que j’ai ! Je reste calme, je l’écoute, mais d’une oreille seulement, en attendant d’autres avis.

Reynald

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