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Comptes rendus des sorties VVV 2018 (Reynald Lahanque)

(du plus récent au plus ancien)

Compte rendu du JM 2 (Gérardmer, 3 mai)

La valse des braquets

Après la mise en jambes du Donon (le 3 avril), enfin une sortie montagne digne de ce nom (2400 m de grimpettes), sur un parcours inauguré l’an dernier, et dont j’avais dit tout le bien que j’osais penser, mais l’avis était alors partagé (je ne vais donc pas recommencer, voir le compte rendu du MM 4, 13 juin) ! Franchement, il est toujours aussi beau, ce parcours, avec même un petit charme supplémentaire : début mai, sur les hauteurs, le printemps est moins avancé, et nous avons donc pu admirer une végétation qui était encore dans sa prime jeunesse. Vous allez me dire, il doit bien y avoir une contrepartie : j’y viens, après avoir établi la liste des 17 participants.

Élisabeth ANTOINE – Gérard CHEVALLIER – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Marc DI GIANANTONIO – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Ludovic THOMAS – Pierre VALLOIS

Beaucoup d’autres m’avaient écrit, qui n’étaient pas disponibles, et qui regrettaient de ne pouvoir participer à la fête. Une fête un peu humide au départ : un soupçon de bruine, vite dissipé, de la brume sur la route des crêtes, un peu plus tenace, une fraîcheur accrue dans la descente du Platzerwasel (température ressentie : zéro ?). Avant le soleil alsacien et une poussée thermique lors de la belle montée du Collet du Linge. Ce sera le régime de l’après-midi : coup de chaud en montée, coup de frais en descente. D’où la différence par rapport à l’an dernier (il faisait très beau) : les organismes encaissent, les cuisses durcissent, les efforts usent. Et vu de l’arrière, l’élastique se tend.

Dans le brouillard et le froid demeurer groupés s’est avéré difficile ; et quand le Chti Jean-Claude, à l’arrière, se paie deux crevaisons de suite, on attend, on attend en vain, et on ne se retrouve qu’à l’auberge. Par rapport à 2017, une bonne demi-heure de retard « à la soupe ». Façon de parler : ce sont collet garni abondant et tartes aux fruits généreuses que nous servit l’Auberge Obschel. Une bonne adresse. On y reviendra, mais en été, et on profitera alors de la grande terrasse qui donne sur les bois.

Quelques anecdotes, maintenant. Gégé le vaillant, malgré ses douleurs récentes, a tenu à être de la partie, et malgré ses raccourcis, il aura beaucoup grimpé. Chapeau ! Et le Chti qui n’avait pas la frite aura lui aussi bien œuvré, après ses déboires du matin. Casquette !

Quant à Amico, il a permis à Jean-Mi de proférer le bon mot du jour : un Amico devenu « Amicol » au motif qu’il nous a rejoints en voiture à mi-pente du col de la Schlucht. Celle-là, j’aurais aimé la faire. Je me suis rattrapé (ô le vantard) à proximité des Basses et des Hautes Huttes, en refaisant un peu de Mélenchon (voir mon CR du 1ermai sur le site des Randos) : les VVV ont réussi, eux, « la convergence des Huttes ».

On a revu pour la première fois cette année Jack la relance et le jeune Ludovic : quand je dis « revu », c’est une façon de parler… moi, je les ai parfois aperçus, mon allure n’étant pas la leur, ni celle de la majorité du groupe. Mais la prochaine fois, je prendrai leur roue, pour pouvoir vous en dire plus. Hier, j’ai musardé le matin et je me suis un peu traîné l’après-midi, la faute au collet sur l’estomac et aux patates dans les mollets. Mais cela m’a permis une fois de plus, dans la longue remontée finale sur la Schlucht d’apprécier le soutien constant des bons amis : Claude, Amico, Francis et Jean-Mi, des VVV exemplaires, n’ayons pas peur des mots (d’autant qu’en matinée, les deux derniers nommés s’étaient déjà dévoués pour secourir le Chti infortuné).

Bonus : à l’occasion du retour en montagne, où il faut savoir jouer du braquet (même Amicol, hier, n’est pas resté tout le temps sur la plaque) je vous ai concocté une petite valse à ma façon. Une valse à trois temps d’abord (dans les trois quatrains) : des alexandrins sur le rythme 4/4/4 ; puis à quatre temps dans les deux tercets, sur un rythme 3/3/3/3. Du grand art, je vous l’accorde. Voici donc (prière de lire en respectant les rythmes, ce qui permet de se passer de ponctuation) …

La valse des braquets

Au pied du col interminable gare au braquet

Que tu adoptes si tu ne veux gros paltoquet

Voir le sommet que tu convoites se dérober

À tes efforts ainsi bien mal récompensés.

 

Si tu moulines comme un damné mon pauvre ami

Ton cœur battra comme un tambour un tsunami

T’emportera sans oxygène tu t’affaisseras

Le bas-côté sera ton lot mon pauvre gars.

 

Si tu prétends trop gros braquet privilégier

Lactique acide te piégera Pour te hisser

Jusqu’au sommet tu peineras tu souffriras

Au GPM défait fourbu tu échoueras.

 

Cliquetis cliqueta c’est le chant des braquets

Une deux trois c’est la valse quatre cinq six c’est la fête

Sept huit neuf c’est la danse la polka des jarrets.

 

Entends-tu la musique le refrain de ta quête

En danseuse tu progresses sur la selle tu régresses

Apprends donc à danser, respire et lève les fesses !

Reynald

 

Compte rendu du JP 3 (19 avril 2018, Dommartin-les-Toul)

Une sortie parfaite

          Il y a des jours comme ça, où tout va bien, très bien… Les planètes s’alignent, l’anticyclone nous protège, le printemps et l’été se marient, le vent fait une pause, et tout se conjugue pour exaucer le vœu le plus cher des fondus de vélo : vivre la sortie parfaite. La sortie à ne surtout pas rater, tant on pressent qu’elle sera exceptionnelle. Pas surprenant, donc, qu’au départ du JP 3 des VVV le peloton s’élève à 28 unités, record battu (du moins depuis que je suis aux commandes), 28 dont deux petits nouveaux, Alain Orditz et Daniel (à préciser) :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Christian BAUQUEL – Guy CAYROU – Gérard CHEVALLIER – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Claude DIETMANN – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB – Dominique TISSERAND – Marcel WILLEMIN + Alain ORDITZ et Daniel

Une journée parfaite, sauf pour Claude D., qui avait eu la mauvaise idée d’enfourcher un biclou vétuste, aux pneus poreux et à la cassette branlante, ce qui l’a obligé à s’en retourner prématurément. Mais il a tenu à nous rejoindre au restaurant, si bien que nous fûmes 27 autour de la table, Marcel, de son côté, ne souhaitant pas rompre son jeûne : lui, c’est l’ascète, nous c’est l’assiette… Guy et Gégé, qui travaillent à leur retour en forme, se sont privés, eux, de quelques kilomètres, grâce à deux raccourcis, mais en effectuant tout de même 137 km, contre 165 km pour le gros du peloton et 1550 m de dénivelé, si j’en crois le compteur de Francis – moi, j’avais oublié le mien, ce qui m’a obligé à ne me fier qu’à mes sensations (au moins, j’ai pu vérifier que je me connais par cœur et que c’était donc parfaitement possible).

Il semble aussi que nous ayons roulé à une vitesse moindre que celle de l’an dernier, ce dont il faut nous réjouir. Dans le cas contraire, la journée n’aurait pas été aussi parfaite. Car c’était le jour ou jamais de lever les yeux et de prendre le temps de savourer. Savourer, c’est bien le mot, en ne gardant surtout pas la tête dans le guidon : s’imprégner des paysages, s’émerveiller de l’éclosion du printemps, de la splendeur des arbres en fleurs et des couleurs revenues, ressentir la douceur des premières heures, goûter le charme des petites routes forestières, apercevoir l’éclat des ruisseaux dans les prés… En résumé, rien pour la performance et tout pour la promenade, même s’il s’agit d’une promenade sportive. Le vélo comme je l’aime, et comme les VVV savent parfois l’apprécier pour peu que les circonstances invitent au plaisir de rouler plus qu’à l’envie de se hâter.

Le parcours, je ne suis pas mécontent de l’avoir ainsi tracé, en l’inversant par rapport à l’an dernier et en introduisant quelques modifications. Et je crois que je ne suis pas le seul à l’avoir savouré. L’expérience d’hier confirme que la bonne proportion, pour ce qui est de la distance et du dénivelé, c’est deux tiers le matin, et un tiers l’après-midi. Et si possible du plat au moment de la digestion ; mais trouver un restaurant bien situé, qui réponde à ces deux critères, ce n’est pas toujours évident, surtout dans le massif vosgien. Quant au lieu des agapes, le  « Central » de Gondrecourt, je ne le connaissais pas, et je l’ai trouvé bien agréable, avec sa grande salle vitrée donnant sur l’Ornain. À défaut d’avoir pu faire escale à l’Auberge du Père Louis, nous avons eu droit à une halte de qualité. Menu convenable, prix modique et service rapide.

Se trouvera-t-il quelqu’un pour mettre un bémol à mon enthousiasme ? En pensant à la chaleur un peu forte de l’après-midi ? Il est vrai qu’une première chaleur estivale au début du printemps, c’est un peu éprouvant, mais qui va s’en plaindre ? Ou quelqu’un va-t-il se demander qui était le capitaine de route, au lieu de féliciter Amico pour sa grande discrétion dans l’exercice de la fonction ? Ou se plaindre d’un vélo-balai qui a balayé un peu n’importe où, et pas toujours à l’arrière du peloton ? Je le concède (puisque je m’étais proposé pour cette tâche), mais il m’a fallu parfois me porter à l’avant pour remettre dans le droit chemin les étourdis qui oublient d’examiner le tracé que je leur envoie et qui vont où leur fantaisie les porte. À moins qu’ils aient la mémoire qui flanche : avec l’âge, ce sont des choses qui arrivent.

Ce que la météo nous réserve lors des prochaines sorties, nous ne le savons pas, mais ce dont on ne peut guère douter, c’est que le moral des VVV est désormais au beau fixe.

 

Compte rendu du MM 1 (Maixe, 3 avril)

Le vent souffle où il veut

     Le big chief des VVV, c’est un pote à moi. Alors, il m’avait filé un coup de bigo comme quoi, si je voulais, je pourrais me mêler à la bande de vieux pédalos qui allaient se taper une grimpette du côté du Donon, histoire de se refaire une jeunesse. Comme je n’avais pas tricoté des gambettes depuis un bout de temps, j’avais le trouillomètre à zéro, mais ça m’a travaillé … alors je m’y suis pointé, à leur rencard. La vache, pour des croulants, ils ont de la gueule, les accros du vélo, ça grisonne ferme mais pas un poil de graisse, et plutôt sympas. Ils ne se sont même pas foutus de ma tronche en voyant que ma bécane, c’était pas du dernier cri, alors que les leurs, de biclous, c’est de l’ultraléger, du profilé nickel chrome. Pas moins de vingt qu’ils étaient, les ancêtres, plus deux qu’avaient pris de l’avance, le fondateur de la secte, le grand Gégé, et le Guitou, un Africain de la Drôme, un type hyper exotique, quoi. Donc, la liste :

Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Gérard CHEVALLIER – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Marc DI GIANANTONIO – Claude DIETMANN – Michel GEORGEON – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques KEMPF – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Dominique PERRET – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ

Faut ajouter le gars Marcel (Villemin), qui s’est tiré avant la pause, vu qu’il n’avait pas envie de croûter dans un restal. Plus moi qui vous cause, l’homme invisible, mais je compte pour du beurre. Le vrai compte c’est 21 (22 avec l’abstinent).

Au début, c’est bonnard, que du plat sur une piste faite toute exprès, et du zef dans le dos … le pied, ça mouline tranquillos, on enfile les bornes jusqu’à Lagarde (passez-moi l’expression). Mais à chaque fois qu’on pique au sud, on sent que le vent, qui « souffle où il veut », ne sera pas toujours du genre complaisant. Pour l’instant, on pédale modeste, on s’économise, on en garde. Et Domi le Moulineur (promu capitaine de route) veille à ce qu’il n’y ait ni échappés ni lâchés. Ça gaze, jusqu’à la petite pause qui précède la grimpette du jour : on se mange une barre, on se désape, on s’allège. On va voir ce qu’on va voir.

Ce n’est pas que ce soit duraille, le Donon, mais c’est long : 12 km de faux-plat, puis 8 de vraie montée, du 5% le plus souvent, pas de quoi broyer du noir. N’empêche, c’est long, 20 bornes sans roue libre. D’un autre côté, comme premier col de la saison, on ne peut guère trouver mieux. Et puis, c’est bath, le torrent, les sapins, la quiétude (pas de sociopathes au volant, ni même de gros connards de motards). Mais, je m’en doutais un peu, dès que ça grimpe, la troupe s’éparpille. Les plus fortiches, on dirait que c’est le vélo qui les propulse, et pas l’inverse. Dès le faux-plat, adieu l’ami, ils embrayent, on ne les reverra plus. Plus de deux bornes dans la vue qu’ils mettront aux infra-véloces : ceux-ci, faut pas croire qu’ils musardent, pépères, je crois même que c’est l’inverse, ils ont le palpitant qui cogne, les bronches qui saturent, les cuisses qui couinent, la vue qui se brouille, le mollet qui mollit… bref, les vrais méritants, c’est à l’arrière qu’ils se tiennent. Ceux de l’avant avancent, ceux de l’arrière ne reculent pas, c’est toute la différence. Mais, tant bien que mal, les voici tous au sommet, entre les deux Donon (le petit et le grand), qu’on m’explique, et aussi que le col routier où qu’on arrive, c’est le col de l’Engin qu’il s’appelle (je vous  demande un peu, l’Engin…).

Ensuite, il n’y plus qu’à descendre et à se mettre à table. Une sortie VVV qui se respecte, c’est pédalage plus bectance. Et qui dit convive dit convivialité. Papoter, blaguer, chambrer sont aussi au menu. Certes, le restau de la Poste, ce n’est pas Bocuse, mais c’est convenable, pas cher, et rapide. Cela dit, j’ai remarqué que parmi les maillots distinctifs du peloton, il y avait celui du Crédit mutuel : Marco, pour un banquier, c’est un gars hyper sympa, alors je l’ai branché, le contrat est presque signé. L’idée est simple : il nous sponsoriserait, et comme ça on pourrait s’en mettre plein la lampe, du meilleur, de l’étoilé ! Et au lieu de boire de la flotte, on se siroterait du rouquin millésimé (et pas du brouille-ménage à quatre sous). La fête, quoi, la vraie ! Vous allez me dire, remonter ensuite sur nos engins (tiens, ça colle), quelle galère… Certes.

Mais revenir à Maixe avec un vent dans la tronche à décorner les bœufs, c’est quoi ? Jusqu’au pied du col de la Chapelotte, ça va, ça descend, on se frise la moustache. Le col, pas long, pas très pentu, ça va encore, même si, en pleine digestion, on pourrait se le monter plus cool. Ensuite, cap à l’ouest, et là, bonjour les dégâts ! On s’est promis de s’organiser, et pendant quelques bornes, ça marche, à coup d’éventails. Et de cassures. Les rafales de côté, c’est mortel. Façon de parler, mais n’empêche, au sortir d’un bois ou en croisant un camion, quelle soufflante on se prend ! C’est miracle qu’on ne se vautre pas sur le bitume, ou dans le fossé. Mais ce qui ajoute à la difficulté, c’est le tempérament VVV lui-même, il faut le dire… V comme Valeureux plus que V comme Vétéran. Car plus c’est dur, et plus il en remet, le vieux qui ne veut pas vieillir. Il appuie, il écrase, il lutte. Il profite de la grande soufflerie pour peaufiner son aérodynamisme, quand d’autres succombent sous l’aérophagie. Que d’air, que d’air ! Je ne vous fais pas un dessin : le retour, c’est la course à l’élastique. S’organiser, qu’ils disaient… ouais, mais au rythme des malabars du braquet. Sinon, t’es dans le vent, dans le trou, dans le trou d’air : tu erres à l’arrière, tu te demandes ce que tu fais là. Et puis, tu les revois, ils t’attendent. Avant de repartir de plus belle.

     Allez, faut conclure : comme dit un ami à moi qui a des lettres, le masochisme est un hédonisme. Par définition. Fais-toi mal pour te faire du bien : la devise des VVV ?
Reynald (par délégation)

Compte rendu du JP 2 (29 mars 2018, Void-Vacon)

Une fenêtre sur la Meuse

     Soyons clairs, il fait moche depuis le début de l’année. Mais parfois s’ouvre une petite fenêtre de temps acceptable, ou une simple lucarne, ou un médiocre vasistas, mais qu’importe, c’est toujours mieux que rien : alors le cycliste sevré de sorties s’y engouffre ! Après avoir patienté une semaine durant, c’est ce que firent hier 17 pédaleurs en mal de kilomètres, au départ de Void, pour la désormais classique « Petite Meusienne » :

Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Michel JACQUOT – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB

Dans le contexte météo actuel, et au vu du peu de préparation d’un certain nombre de protagonistes, c’est là un succès. Pour presque tout le monde, je crois, c’est pour l’instant la sortie la plus longue (152 km) et la plus pentue (+ 1370 m) effectuée en 2018. En attendant des jours meilleurs et des escapades beaucoup plus escarpées.

J’avais remis le parcours à l’endroit, c’est-à-dire dans le sens où les pentes sont plus douces, car la particularité de la plupart des onze côtes répertoriées c’est leur asymétrie ; et prises comme l’an dernier dans le sens opposé, ça faisait nettement plus mal aux pattes. Dans les deux cas, on peut prendre le temps d’admirer les beaux édifices d’Euville : l’église aux deux clochers, construite fin XIXe dans un style éclectique, qui mêle du roman et du gothique ; et l’hôtel de ville de style art nouveau, à la conception de laquelle a participé l’architecte Eugène Vallin, et qui renferme de splendides vitraux de Gruber. Un autre attrait d’Euville, c’est le site remarquable des anciennes carrières, qui peut se visiter à pied et qui comporte une exposition permanente sur la célèbre pierre qui en était extraite. Mais nous n’en avons aperçu que la pancarte, à la sortie du village.

On a pu, en revanche, prendre le temps d’admirer quelques paysages, dont celui qui domine la vallée de la Meuse au-dessus d’Ailly, non loin de la célèbre et funeste « tranchée de la soif ». Les petites routes, fort peu fréquentées, forestières ou non, contribuent aussi au charme de ce parcours, même si les intempéries récentes et les travaux des champs y ont laissé quelques traces, en provoquant deux crevaisons avant la pause. Pas de quoi gâcher le plaisir de retrouver « Le Nid de la mirabelle », un petit restaurant comme on les aime lors de nos sorties VVV : un repas complet de qualité, un service aimable et rapide, pour une somme modique, bière et café compris. Notre Africain des Baronnies, l’ami Guy Cayrou, a tenu à nous y rejoindre après avoir effectué le début de la balade avec nous, pas mécontent de concilier les tours de roue et la fin de sa convalescence. Sa chance, c’est de n’avoir pas eu ensuite à concilier digestion et pédalage…

Car en ce qui me concerne, la première heure de la reprise, c’est vraiment ce qui demeure de plus dur à digérer. Je ne dois pas être le seul dans ce cas, mais les autres cachent bien leur jeu : ils en bavent mais ils s’accrochent. Ce qui me console, c’est que Bernard G. m’a dit éprouver les mêmes sensations : j’ai donc un point commun avec l’un des cadors du peloton ! Moi qui suis devenu, j’ose à peine l’écrire, le doyen de la confrérie… dur, dur. Gégé, reviens ! J’ai parfois l’impression de rouler avec une bande de jeunes. Des jeunes quelque peu sur le retour, à dire vrai, sur le retour même à l’aller. J’observe que notre sprinter déglingué, le Phi-phi de Verdun, n’a guère disputé de pancartes, que les pousseurs en chef (Marc l’hédoniste et Claude aux blancs pieds) ont été avares de poussettes, que les costauds n’ont pas cassé la baraque, que les grimpeurs modestes ont modestement grimpé, et que beaucoup ont préféré l’abri au relais. Mais ce qui demeure la signature VVV, c’est que quand ça sent l’écurie, un vent de folie se lève, ça trépigne, ça s’emballe, ça fonce ! Comme s’ils étaient pressés d’en finir, je vous demande un peu … Faut savourer, les amis, moulinez, profitez de chaque tour de pédale, avant que tout s’arrête. Jusqu’à la fois suivante. La météo aidant, on grimpera le premier col de la saison. Le pied !

JP 1 (8 mars 2018, Lay-saint-Christophe)

Les rafales de mars

     C’est la rentrée des VVV, sous un frais soleil et dans le plaisir des retrouvailles. Ils sont nombreux, les garnements qui ont répondu présents, les bons élèves, les cancres et les chahuteurs. Les premiers de cordée et les sherpas, les seigneurs de la route et les humbles serviteurs. Et pour la première fois (du moins depuis que je fréquente la confrérie), deux dames dans le peloton, Élisabeth la chevronnée et Anne la novice : en cette journée des droits des femmes, c’était bien le moins. Il y a là aussi le nouveau président des Cyclos Randos Nancéiens, Jean-Michel Schwob, un néo-retraité qu’on reverra tout au long de l’année. En tout, 25 pédaleurs, record 2017 égalé ! Voici qui promet.

Élisabeth ANTOINE – Christian BAUQUEL – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Anne DINQUEL – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Michel JACQUOT – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Philippe MIDON – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB – Ludovic THOMAS – Christian WESTRICH

On choisit d’éviter le secteur Bioncourt-Laneuville : trop de terre répandue sur la route (comme je l’ai constaté la veille). Je propose de rejoindre directement Lanfroicourt et Manhoué, on m’objecte que JC Hazotte nous attend chez lui, à Brin. On prend donc la piste : on ne verra pas JCH, mais Fifi le Déglingos en aura profité pour ramasser du silex. Une crevaison, trop vite réparée, et il remet le couvert, notre Fifi qui avoue avoir de « vieux pneus ». Moralité : quand on a des vieilles jambes, on ne roule pas avec des vieux pneus ! C’est à Laneuville-en-Saulnois qu’on retrouve JCH en même temps que le tracé du parcours. On aura fait quelques kilomètres en plus, mais avec un bon vent arrière.

L’allure est tranquille, sous la conduite avisée de notre capitaine de route, Claude Petitdemange, mais la différence est déjà sensible entre ceux qui ont beaucoup roulé ces dernières semaines et ceux qui ont hiberné. Anne et Michel, à court de kilomètres, ont la sagesse de nous quitter près de Delme. Plus tard, à Nomeny, ce sera au tour de Gérard C. et de Philippe M. Il n’y a pas de miracle, retrouver la forme ne se fait pas en un jour. D’autant qu’on vérifie une fois de plus que parcours-plaine ne veut pas dire parcours plat. Mais jusqu’à la pause de Baudrecourt, on a le sourire dans les gambettes. On prend le temps de lever la tête et de gober le soleil.

Ensuite, sur la route du retour, c’est une autre paire de manches : il faut se le manger, le vent de face, le vent dans la poire, le vent méchant, musclé, sournois. Le meilleur ennemi du cycliste. L’invisible. Nous voici au régime cassures, éventails et petits groupes. Aussi longtemps qu’on s’organise en conséquence, on résiste. Quelques-uns se sacrifient, les autres s’accrochent. Mais les forces s’usent vite, la dispersion menace. Bientôt, de l’arrière, j’aperçois non plus des petits groupes, mais des unités, éparpillées. Chacun pour soi, quand le bon sens serait de se réorganiser incessamment. Mais pour ce faire, il faudrait que l’idée monte jusqu’au cerveau (on s’attend, on se regroupe, on ne prend pas la tangente après avoir bien sucé les roues) : il faut croire que le vent vif provoque aussi des courants d’air dans les neurones… les fatigués de l’arrière en sont quittes pour se fatiguer encore un peu plus. Dur, le vélo dans le vent ! On aura échappé aux giboulées de mars, mais pas aux rafales. Il y a des jours où je préfère la pluie.

Le résultat est qu’il y aura bien peu de monde pour faire le parcours complet, qui impliquait de se coltiner quelques côtes de plus, et d’autres grosses rasades de rafales. A Pont-de-Mons, la majorité des époumonés choisit l’option du retour direct. J’en suis. Et je suis, mais à distance, obligé de souffler, car mon cardio s’est emballé, quelques arythmies m’ont perturbé, et je sens que mes guibolles en ont ras le bol. Retour au calme. Retour très présidentiel (on ne se refuse rien) : Jean-Michel S. et moi faisons la paire, on devise, on débriefe, on se dit que la forme va revenir. Patience. Le fait est qu’en ce qui me concerne je termine plus fatigué que lors de toutes les sorties 2017, pourtant plus longues et plus pentues. Pessimiste, je me dis qu’avec un an de plus c’est le début de la fin ; optimiste, qu’il va suffire d’engranger les kilomètres, et au besoin de s’engouffrer encore rafales et courants d’air.

Je choisis la version optimiste : pour moi comme pour d’autres, ça ira mieux la prochaine fois ! Et nul doute que cette première sortie VVV aura été profitable.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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