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Comptes rendus des sorties VVV 2018 (Reynald Lahanque)

(du plus récent au plus ancien)

Compte rendu du JP 9 (Château-Salins, 16 octobre)

Baisser de rideau

On ne voit pas le temps passer, à peine la saison a-t-elle commencé que déjà elle s’achève. Et comme l’an dernier, on a tiré le rideau avec le rendez-vous de Château-Salins, par un temps tout aussi clément. Vérification faite, déjà en 2017 on l’avait avancé du jeudi au mardi, ce dont on aurait pu finalement se dispenser cette année, puisque décidément l’été fait de la résistance, malgré des prévisions météo qui prétendaient le contraire. Je note aussi que sur les 20 participants d’hier, 13 étaient présents l’an dernier. Mais comme j’avais modifié le parcours, ils ont eu droit à quelque chose de différent, et de qualité supérieure, si j’en crois les commentaires.  Les 20 Castelsalinois du jour :

Philippe CHARDIN – Alain DAUCH – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Pierrick HAAN – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Philippe MIDON – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB

À noter que le rôle du petit nouveau a été joué par Pierrick. Une certitude, c’est qu’on ne le reverra pas cette année, et pour cause. Mais à l’avenir ? Alain Orditz, par exemple, est devenu en quelques mois un habitué des sorties VVV.

J’ai déjà dit l’an dernier (CR du JP 9, 17 octobre, Épilogue), tout le bien que j’avais pensé de ce parcours (tracé d’après la carte, et que je découvrais moi-même) : jolies petites routes, en parfait état, assez peu de trafic, des vallonnements très doux, quelques belles forêts, de grands étangs, de charmants villages … Un parcours très roulant, le plus plat de nos parcours en plaine. Encore plus roulant et plus agréable avec les modifications de cette année. La pause restaurant fut aussi de meilleur aloi, à défaut qu’on ait pu goûter aux charmes de l’Auberge du Stock, fermée le mardi. Mais on retient l’adresse, bien sympathique, au bord de l’étang.

J’ai plaidé coupable pour l’erreur de parcours qui a eu pour effet de scinder en plusieurs groupes un peloton qui ne demandait qu’à rester compact (ceci n’est plus à démontrer). Je ne l’ai pas fait exprès, mais j’avoue que je n’ai pas été mécontent de pouvoir ainsi savourer à petite allure la magnifique voie forestière qui relie Harskirchen à la route de Fénétrange. L’an dernier, la tête dans le guidon, on n’avait guère eu le loisir d’admirer le spectacle de cette forêt baignée d’ombre et de lumière dans la splendeur des couleurs d’automne. Une erreur a parfois du bon. Mais si, mais si.

J’ai aussi à me faire pardonner une crevaison lente, pendant le temps du repas, et une réparation tout aussi lente (la faute à une première chambre à air neuve et pourtant défectueuse). Le vent favorable nous a aidés à rattraper « le temps perdu ». Encore que je ne voie pas qu’on puisse perdre du temps par une journée aussi plaisante : au contraire, rien que du temps gagné.

En revanche, je ne plaide pas coupable pour ma fin de sortie laborieuse, encore plus laborieuse que d’habitude : bronches encrassées, oxygénation réduite, surcroit de lactique, moyenne cardiaque très élevée (plus que lors des sorties montagne, c’est dire). J’ai terminé et je demeure bien décalqué ; et fiévreux avec ça. Y’ de la bronchite dans l’air. Faudrait que je songe à consulter, des fois que ça dégénère. Vieux et tubard, un vrai débris ! À ce train-là, les VVV vont devoir se trouver un nouveau « président », du costaud, du pétant de santé !

Allez, on baisse le rideau, mais en nous projetant déjà sur la prochaine saison …

Reynald

 

 

Compte rendu du JP 8 (Haroué, 4 octobre)

Vaches et moutons

Cette fois, c’est sûr : la sortie dite de « La Pucelle », puisqu’elle passe par la vallée et les contreforts de Domrémy, va devenir une classique des VVV, tant est vif le plaisir qu’on y prend. Spécialement quand en octobre l’été joue les prolongations. Un parcours gentiment vallonné, des routes peu fréquentées, une alternance de prairies et de forêts, et une pause-restaurant comme on les aime. Heureux, les 20 pédaleurs du jour !

Élisabeth ANTOINE – Philippe CHARDIN – Gérard CHEVALLIER – Gérard CONRAUX – Alain DAUCH – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Alain ORDITZ – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Dominique TISSERAND – Ludovic THOMAS – Pierre VALLOIS

L’an dernier, le mauvais temps avait été dissuasif, seuls six valeureux avaient bravé la pluie et le vent, pour une journée qui au bout du compte ne fut humide qu’au début. Mais il fallait bien commencer par le début … Ce jeudi, le froid du matin n’a refroidi personne, sauf un certain brasseur, nostalgique des geysers d’Islande. Sûr qu’au départ il ne fallait pas être petit de manches (!), et bien se couvrir. Ce que nous fîmes, en nous élançant dans la lumière rasante de l’automne, une lumière tamisée qui adoucit les paysages et pacifie les esprits. Le soleil s’est imposé après un bref épisode de brume opaque.

Un constat s’impose : la Lorraine se repeuple, la natalité est en hausse, la reproduction bat son plein. La preuve : le nombre considérable de vaches et de moutons que nous avons aperçus dans les prés. J’en avais rarement vu autant en une seule sortie. On dit que les campagnes se désertifient : c’est faux ! Les « êtres sensibles non humains », comme l’on dit maintenant, sont en train de sauver la mise, ils mettent de la vie là où « le progrès » sème la mort. Le pays revit sous le signe de la laine et du lait. Tout n’est pas perdu. C’est Jeanne qui doit être contente…

Dans le même ordre d’idées : à Xirocourt, réunis sur l’herbe, entre la route et le Madon, sereins et majestueux, des cygnes nous regardent passer … point d’orgue d’une journée où l’on aura eu le sentiment de toujours rouler en bonne compagnie.

D’autant que les drôles d’animaux ne manquent pas non plus dans le peloton : on a nos cyclistes un peu vaches, ceux qui ne ralentissent pas quand ça monte, et qui obligent les autres à jouer les moutons, s’échinant à suivre un tempo trop élevé. Des vaches produisant des moutons, en soi ce n’est pas banal, mais c’est bien ce qui se passe quand le berger s’assoupit. C’est une brebis égarée qui vous le dit !

Reynald

 

Compte rendu du MM 8 (Le Thillot, 18 septembre)

Apothéose estivale

Pour la dernière sortie vosgienne de l’année, on ne pouvait rêver mieux : grand soleil, routes en excellent état, paysages pleins de charme, peu de nuisances sonores, parcours pour partie inédit, belles ascensions aux profils variés … une sortie montagne comme on les aime chez les VVV, et comme ont pu la vivre 19 d’entre eux :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Gérard CHEVALLIER – Amico DI CIANNO – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS

Au départ, il ne fait même pas frisquet. Et la première montée du Ballon d’Alsace se fait dans l’ombre des arbres et sous un ciel légèrement voilé de nuages, ce qui retarde l’arrivée de la grosse chaleur. Une pente très régulière à 7%, même les Tranquillous et les Tamalous y évoluent comme des cabris (ou peu s’en faut). Au sommet, un coup d’œil sur le vaste panorama, et sur la statue représentant « L’homme projeté », qui fut érigée en 1952 en hommage aux démineurs morts pour la France. Ensuite, longue et jouissive descente jusqu’à Weigscheid, pour la surprise du jour : une excursion toute nouvelle jusqu’au lac du Lachtelweiher, une montée bien raide, mais assez courte, pour le pur plaisir de la découverte, celle d’un joli petit lac, de forme circulaire, où il ferait bon pique-niquer. Mais ce n’est pas l’heure, il faut redescendre, et réparer une crevaison (qui ne s’imposait pas), avant de se lancer dans le col du Hundsruck.

Une montée elle aussi inédite pour beaucoup (par ce côté), une montée très irrégulière, plus éprouvante qu’il n’y paraît, et qu’évitent sagement les trois Tamalous du jour (Gégé, JMS et JC Cafougnette), qui préfèrent rejoindre directement le restaurant. Ils y perdront de ne pas profiter du grand moment de la journée : la descente vers la vallée de Thann sur un billard tout neuf, tout lisse, où le vélo devient un sport de glisse. Et de plus, un ruban qui sinue sous les arbres d’une superbe forêt. En bas, on évite le trafic intense de la route de Mulhouse en empruntant la jolie voie verte, le long de la Thur.

La route d’Aspach se dérobe, mais une petite voie réservée aux vélos nous y ramène, en ajoutant quelque km à cette matinée plus longue que prévue : on arrivera tard à la Seigneurie, un restaurant situé dans un lieu très charmant, au bord de l’étang d’Heliquay (où d’énormes carpes se régalent des restes des repas). Une cuisine goûteuse et abondante, qui invite à la sieste et au calme, mais surtout pas à une relance du pédalage ! Une belle adresse, à apprécier hors du vélo.

Mais le fait est qu’il faut remonter en selle, sous la chaleur, en pleine digestion, ce qui conduit l’organisateur à réclamer une allure adaptée aux circonstances. Ô miracle, il est entendu ! Il est entendu, pendant … disons un quart d’heure. Ensuite, le naturel revenant au galop, les rétroviseurs étant fort embués, les petits braquets devenus introuvables, des écarts se creusent, inévitablement. Un gruppetto se forme (grâce à la bonne volonté de Pierre et de Francis) : nous n’attaquerons donc pas ensemble la seconde ascension du Ballon d’Alsace, la dernière montée du jour, très longue, irrégulière, coriace en bas, plus avenante en haut.

Au moins, après les Magny, le petit, le gros et le giro, a-t-on le temps à l’arrière d’apprécier les passages entre les Gouttes, celle du lys, celle des œillets, celle de Boileau, après avoir franchi la suave Savoureuse (sans pouvoir s’y attarder, quel dommage). Là, faut trouver le rythme approprié, oublier la fatigue accumulée, s’installer dans un tempo tranquille. Et secourir l’infortuné Patou des Corbières, pris de crampes, vidé de ses forces. Pierre, à nouveau, joue les bons Samaritains, et moi j’en profite pour ne surtout pas aller trop vite !

Regroupement au sommet, qui culmine toujours à 1171 m : c’est gentil d’attendre, mieux vaut tard que jamais. Un jour, peut-être, quand tous seront bien vieux … Mais pour l’heure, le paradoxe demeure : le vélo est un sport individuel qui se pratique en groupe. À moins que ce soit un sport collectif où chacun roule pour soi ? Le fait est qu’on aime pourtant se retrouver, en toute amitié, pour rouler ensemble. Ensemble, mais pas trop. Les exceptions sont d’autant plus remarquables, et appréciées (de ceux qui galèrent à l’arrière, ou dans le vent).

La belle balade aura été plus longue et plus pentue (136 km, + 2430 m) que ce que mon logiciel indiquait. Mais elle aura couronné une série de MM quasi parfaite. La météo aura rarement été aussi bienveillante qu’en cette année 2018 : plus bienveillante encore que la déesse Athéna guidant le retour d’Ulysse en sa patrie, mais sans lui épargner les plus dures épreuves. Il est vrai qu’elle lui a permis aussi de passer sept ans dans les bras de la sublime Calypso, avant qu’il s’en aille retrouver sa fidèle Pénélope. Après 20 ans d’absence. Nous, nous n’avons hier soir fait patienter nos chères compagnes, très compréhensives, que pendant quelques heures. Et sans avoir passé une minute dans les bras de Calypso, ou de la Savoureuse de Malvaux.

Reynald

 

Un séjour en altitude (1er– 8 septembre 2018)

Douze VVV et deux accompagnatrices (Brigitte et Marylène) ont eu le bonheur de séjourner au centre de vacances de Lou Riouclar, dans le département des Alpes de Haute-Provence, aux confins de celui des Hautes-Alpes. Jean-Michel ayant dû déclarer forfait au dernier moment, restaient en lice :

Philippe Alberge, Édith Angel, Alain Collinet, Bernard Guérard, Reynald Lahanque, Jérôme Minatel, Dominique Perret, Gérard Regrigny, Francis Roch, Jean-Marie Salvestrin, Philippe Schutz, Bernard Simon.

Dès le premier jour, consacré au tour du Grand Parpaillon, s’opère la distinction habituelle chez les VVV entre Morfalous, Tamalous et Tranquillous. Autrement dit, entre les Voraces, les mangeurs de bitume, gros rouleurs et grimpeurs insatiables, les Handicapés, les gênés du genou, de la hanche ou du dos, et les Hédonistes, les adeptes du qui va piano va sano. Donc, les quatre montagnards patentés (suivez mon regard) se tapent d’abord le col raide de Pontis, tandis que les autres préfèrent longer le lac de Serre-Ponçon, Gérard jouant pour sa part, et à son corps défendant, le rôle du Tamalou du jour, contraint de se limiter à un bref aller-retour. Hélas pour lui, son dos dolent le contraindra à plusieurs reprises à jouer ce rôle ingrat.

Lors de la longue ascension du vache col de Vars, Morfalous et Tranquillous s’ignoreront donc. Le pli sera pris, et le scénario se reproduira de jour en jour. Mais la grande affaire, heureusement, ce sera à chaque fois la splendeur du décor. Une beauté telle qu’on aimerait s’attarder plus encore, même quand on a déjà pris le temps d’admirer, le temps que ne prennent pas souvent les pressés de la pédale.

Avec le deuxième jour commence l’alternance entre sorties longues et sorties limitées à la matinée, sauf évidemment pour les Morfalous. Tranquillous et Tamalous se contentent du col des Fillys et de ses passages bien casse-pattes, puis du col St-Jean, avant de longer le lac, comme à l’aller, depuis les hauteurs : panorama exceptionnel sur les eaux vertes et les montagnes qui s’y reflètent. À noter que Fifi le Foufou a pris sur lui de remplacer Bernard G. parmi les costauds, en prétendant s’attaquer avec eux au terrifiant Mont Colombis : au pied du mur, il préfèrera s’affaler sur un banc plutôt que de pédaler à la verticale. Quant au retour au bercail, là aussi, le scénario VVV bien rodé l’emporte : plus l’écurie approche, plus la dispersion règne.

Mais pour tous une même punition finale, comme la veille et comme les jours suivants : le centre de Lou Riouclar aurait toutes les qualités du monde s’il ne se situait pas à quelques 200 mètres au-dessus de la route de la vallée de l’Ubaye … donc, avec des jambes plus ou moins fatiguées, faut se taper deux bons km à environ 10% avant de toucher au port. Cruel. C’est ce qui m’a donné l’idée, après trois expériences, d’essayer une autre formule : descendre en voiture, et donc remonter tout pareillement. La différence … je ne vous dis pas …

Le troisième jour est consacré à l’éprouvante sortie des trois cols : Allos, les Champs, la Cayolle. Cette fois, c’est le jeune Jérôme qui entend jouer dans la cour des grands, et qui se prendra un éclat dans la troisième ascension. Gérard et le Filou se contentent d’un seul col, de même qu’Édith, tandis que les autres font la balançoire : monter et redescendre Allos, puis de même pour la Cayolle, et tout cela sans se détruire la carcasse, en profitant à plein de la beauté grandiose du défilé du Bachelard et des sommets rocailleux. Grisé par tant de merveilles et s’arrêtant souvent pour prendre des photos, Philippe A. en oubliera son sac à dos sur un parapet, un Camelbak orange, qu’il n’a pu retrouver. Il se raconte qu’une marmotte espiègle s’en est emparé, et qu’elle a fait bien des jalouses. Pensez donc, un Camelbak, ce n’est pas tous les jours que les fouisseuses rencontrent un touriste aussi complaisant.
On apprendra le soir que les Morfalous auront tiré la langue pour parvenir à suivre une jeune Américaine dans leurs ascensions. Dur, dur, pour les machos pédalos.

« La Bonnette, nous voilà ! », tel est le programme du lendemain, sauf pour Gégé qui se contentera d’aller grimper seul le col d’Allos, qu’il affectionne. Quant à Édith et moi, nous trouvons judicieux de nous rendre en voiture à Jausiers, au pied de l’interminable montée, histoire d’en profiter plus purement. Nous monterons ainsi calmement, sans douleur, en levant la tête, en faisant de courtes pauses, découvrant peu à peu le décor lunaire des sommets, et cela jusqu’à la très convoitée cime de la Bonnette (2802 mètres) et ses panoramas vertigineux. Le bémol aura été le trafic des voitures et des motos rugissantes et polluantes …. Mais du moins peut-on sourire du spectacle quelque peu burlesque de ces motorisés se prenant en photo au sommet, tellement fiers de s’être hissés jusque-là.

Longue et jouissive descente, où Édith brille par sa technique, alors que le Filou joue les fers à repasser. Puis moment délicieux sur la route du retour, lors du pique-nique au bord du plan d’eau de Jausiers. Simon, le fils d’Édith, un grand sportif spécialiste de trail, s’était joint à nous pour cette ascension, comme pour les deux sorties suivantes. Un jeune homme aussi costaud que modeste, et plus attentif aux autres que le premier VVV venu, soit dit en passant.

Le cinquième jour, la météo annonçant des pluies orageuses pour la fin de la matinée, la sagesse est de renoncer au programme prévu : le grand tour du lac de Serre-Ponçon. Les sages se contentent donc d’une sortie réduite, mais superbe, sous une lumière mêlée d’ombres, qui confère de tout autres nuances aux couleurs émeraude du lac et aux parois tourmentées des montagnes environnantes. Les autres, bien sûr, bravent la pluie et finissent par la trouver. Les mangeurs de bitume se sont bu la tasse. Il en aurait fallu beaucoup plus pour les décourager. La neige, peut-être. Mais le fait est qu’à part cet après-midi arrosé, ce sont le grand soleil et la douceur qui ont régné pendant notre séjour.

Le dernier jour, il y a une quasi-unanimité pour ne rouler que le matin, certains projetant d’aller randonner à pied l’après-midi – ce qu’ils feront, sur les crêtes de la Cayolle, en allant à la rencontre de bouquetins peu farouches et de moelleuses marmottes. Seul le cabri des Alpes, grand moulineur devant l’Éternel, s’offrira une ultime goinfrée de cols. Je me suis alors posé la question : à nourrir ainsi une addiction, finit-on par payer l’addition ? Et combien faut-il absorber de « compléments alimentaires » (du genre qui rime avec « col ») pour tenir le coup jour après jour ?

Tous les autres ont donc opté pour une remontée de la vallée de l’Ubaye et une grimpette vers le pont du Châtelet, un vieux pont de pierre suspendu au-dessus de l’abîme, et de là jusqu’au village de Fouillouse (qui fut cher à l’abbé Pierre). Rude montée, mais extatique beauté des vues qu’elle permet. Le retour, comme il se doit, s’effectue à grande vitesse et en ordre dispersé. Cette fois, c’est Bernard G. qui se retrouve esseulé à l’arrière pour avoir eu la mauvaise idée d’attendre son Édith au point culminant, je vous demande un peu. Même sanction pour Jérôme, qui ne déteste pas musarder, au risque de devoir affronter seul le vent de face, tant il est vrai que se retourner et attendre ne sont pas dans les habitudes de ses petits amis.

Petites conclusions personnelles :

Je ne connaissais de cette région que le col de la Cayolle, grimpé à l’occasion de la traversée des Alpes en 2014 (avec escale à Lou Riouclar). Je suis donc allé de découverte en découverte, chaque jour émerveillé par les paysages grandioses où nous avons évolué. Plus que jamais, je me suis senti conforté dans ma conception du vélo : ouvrir les yeux, prendre le temps, bannir la performance.

Cette conception demeure, hélas, minoritaire chez les VVV : à table, on entend peu parler des beautés du jour, des impressions ressenties, des surprises de la route ; en revanche, on fait assaut de chiffres, on compare les vitesses réalisées, les quantités de km et de dénivelé effectués, et chacun brandit ses totaux en fin de semaine. Cette façon-là de faire du vélo est parfaitement défendable, elle est profondément ancrée dans les mœurs, et je n’entends pas la changer, même si elle m’agace parfois, quand elle ne me fait pas sourire.

Mais pour ma part, je vais désormais privilégier les séjours entre cyclistes qui partagent peu ou prou une conception du vélo proche de la mienne. Ou qui acceptent de la partager, de façon circonstancielle, pendant la durée des escapades en commun : une sorte de contrat tacite entre personnes de bonne volonté.

« Le vélo, c’est chacun pour soi », ai-je entendu de la bouche d’un participant (il se reconnaitra) … Désolé, camarade, mais pour moi c’est tout le contraire ! Sinon, mieux vaut faire du vélo en solitaire et ne pas compter sur le dévouement de quelques-uns pour organiser des sorties qui se veulent collectives. A la réflexion, je crois mieux comprendre ce qui m’anime : à partir du moment où je me suis mis, sur le tard, à rouler en club et en groupe, j’ai spontanément conçu le vélo comme un sport collectif. Faute également d’avoir connu le monde de la compétition. Je suis donc étranger aux usages individuels, pour ne pas dire individualistes, des sorties collectives.

Je plaide donc pour que les bons moments partagés ne soient pas seulement ceux des repas pris en commun, aussi agréables et chaleureux soient-ils.

Reynald
11 septembre 2018

 

Compte rendu du MM 7 (Moyenmoutier, 21 août)

La sortie des mille-feuilles

Les peuples heureux n’ont pas d’histoire : rien à raconter. Et les VVV heureux, qu’en dire au terme d’une sortie parfaite, d’une balade baignée de soleil et de lumière, pleine de saveurs, au gré de verts paysages et de villages pittoresques, et sans le moindre incident ? Rien à redire, et donc rien à dire ! Mais rien, c’est bien peu … alors quelques mots tout de même, au nom des 22 pas malheureux d’avoir participé à cette nouvelle escapade dans les Vraies Vertes Vosges (et la riante Alsace) :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Jean-Claude BOUILLON – Gérard CHEVALLIER – Alain DAUCH – Maurice DOPP – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Dominique TISSERANT

Au départ on fait dans le comique de répétition, car le couple infernal est à nouveau en retard, pour avoir fait un détour par Blamont : blâmons-les, le Francis sans boussole et le Jean-Mi sans remède. D’autres étaient arrivés très en avance, et c’est un peu de ma faute, j’avais sous-estimé la rapidité du trajet entre le parking Boulanger et celui de Moyenmoutier. Mais l’air est doux et l’humeur au beau fixe, on patiente. Puis l’on s’ébroue. Lent réveil musculaire sur les faibles pentes du Hantz, via Belval, puis tranquille descente vers la vallée de la Bruche, avant la longue et raisonnable montée vers le Champ du feu. Par Belmont, et non par la Charbonnière : quelques têtes dans le sac s’y trompent, et ratent ce secteur du parcours qu’il ne fallait pas rater. Une route qui est un pur billard, à flanc de montagne, ouverte sur de vastes panoramas. Pourquoi charbonner dans le noir quand s’offre à vous la belle montée lumineuse de Belmont ? Et puis, Belmont après Belval, n’était-ce pas un bon résumé de notre journée par monts et par vaux ?

Au sommet un journaliste de L’ami hebdoqui passait par là nous propose de faire un crochet par le monument et le rond-point du Champ du feu, pour les besoins d’un article en préparation sur le prochain Tour d’Alsace. Nous jouons les figurants, fiers et têtes hautes (aura-t-on l’air de coureurs ?), ce qui nous permet aussi de retrouver les charbonniers égarés. Sauf JC Bouillon, convalescent, qui aura filé direct sur Villé. Puis, ô miracle (en ce qui me concerne), on dégringole sur Hohwald sans être frigorifiés, loin s’en faut. Et on continue de descendre (quel pied !) jusqu’au très typique village alsacien d’Andlau – sauf Gégé qui aura choisi de raccourcir en passant par le col de Kreuzweg. Nous, nous nous coltinerons quelques longues côtes, mais avec vent favorable. À l’arrière, quelques anges gardiens veilleront sur le ci-devant maire de Gye, parfois adepte d’un train de sénateur. Comme quoi un âgé de Gye peut agir, et se pousser du col. À l’avant, pas de sentiment, les gourmands ont senti de loin, non l’odeur du foin, mais celle des mille-feuilles.

Car pour la plupart des pédaleurs, faut bien le dire, le grand moment de la journée c’est la halte dans la maison Pfister et la dégustation de ses délicieuses pâtisseries, parmi lesquelles le millefeuille (les deux orthographes sont admises) l’emporte haut la main. Pour ne rien gâter, les pâtissières ont le sens de l’accueil et un certain goût, dirait-on, pour les vieux sportifs toujours jeunes. Une bonne maison. Mille mercis aux Alsaciennes acidulées.

Le retour se fait sous la chaleur, la longue montée d’Urbeis est d’abord assez digeste, puis contrariante pour la digestion. Une raison de plus pour s’en tenir au mode éco-vieillesse durable pour les sénateurs de l’arrière, dont je m’honore de faire partie. Entre nous, que dans l’Urbeis, l’allure baisse, rien d’anormal. Tiens, on aura évité le fichu col de Fouchy, c’est toujours ça de pas pris. Mais celui d’Hermanpaire, de part et d’autre de la Petite Fosse (une fausse fosse, une vraie pente), on n’y coupera pas, non plus qu’à la raide côte d’Hurbache, la vache ! Ceci dit, on aura au total à peine atteint les 2000 m de dénivelé (pour 118 km). Une aimable promenade, en somme. Et un pur bonheur. On voudrait que ça recommence.

 

Compte rendu du JP 7 (Pont-à-Mousson, 9 août)

(rédigé par Francis Roch)

Notre « plume » VVV étant retenue par des obligations familiales d’été , en bon « nègre » je m’y colle, inutile de vous dire, ce sera bref !

7 VVV étaient donc au RV pour la JP 7 du 9 août de la ST Amour ; GG / JC Huret / P Schutz / J. Laffont / J. Kempf / JM. Nicolas et ma pomme

La matinée défile à un train d’enfer avec un fort vent de dos sur les 2/3 des 107 kms  ; 12h 40 arrivée à la « Toque Lorraine », à Ville-sur-Yron  ( à 10 minutes prés nous évitions l’orage).

A signaler juste avant , dans la traversée de Conflans le ciel trés menaçant a contraint le binôme Jacques la relance / JC H (en tenue light mode été) à prendre les devants afin de se mettre à l’abri. Or, à Friauville point de salut ! Mais malgré un tel hors d’eau dans la poche, une couverture réseau limitée, tout rentrera bientôt dans l’ordre. Faut dire que l’un n’avait pas de pompe, et l’autre pas de chambre à air !

Anecdotique, car l’accueil et l’ambiance de l’établissement méritaient le détour ! Adresse à retenir ! J’en connais un qui se souviendra de la « soubrette » qui lui a intimé l’ordre de finir sa glace à 2 boules ! 

14h30 : l’après-midi la progression avec vent de face était plus difficile mais la distance 42 kms plus digeste (sauf pour ceux qui ont saucé leur plat !). 

Francis

 

Compte rendu du JM 6 (Ventron, 26 juillet)

La fournaise vosgienne

L’enthousiasme des VVV ne faiblit pas, le désir de rouler l’a emporté sur la crainte de la canicule : pas moins de 21 d’entre eux au départ de Ventron pour une ventrée d’ascensions. Dont quelques V non V (des Valeureux non Vétérans, des jeunes actifs en RTT) ; et quelques-uns pour éviter le parcours complet : les sages GG, Gérard et Guy, les majorettes dépressives de service (le pur Vosgien Jacques P., quel scandale, et le Patou tout mou), un Amico nauséeux après le repas, un toubib affligé du genou, et la diva des transats, le Jean-Marie Salve-restreinte, qui ne refuse jamais un petit somme en voiture. Mais 21 tout de même à l’échauffement :

Guy CAYROU – Amico DI CIANNO – Maurice DOPP – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jérôme MINATEL – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Claude PETITDEMANGE – Dominique PERRET – Jacques PIERRAT – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Pierre VALLOIS

Au début, la montée d’Oderen et celle du Markstein (malgré ses 14 km) se vivent dans une fraîcheur encore sensible. Un pur plaisir, en vérité, que de se hisser en douceur sur les crêtes. Premières grosses bouffées de chaleur dans le bas de la descente sur Guebwiller. Il faut déjà rechercher des fontaines, mais la première trouvée n’offre qu’un misérable débit (un point d’eau, en somme). Celle du camping au bord de la route vers le col Amic sera beaucoup plus généreuse, mais peu en profiteront, lancés qu’ils sont déjà, les plus nombreux, dans la seconde grande escalade du jour (une vingtaine de bornes). Sur cette route forestière, dite des « malgré nous », la chaleur est encore tempérée, et le décor un régal pour les yeux (et nous, ce n’est pas « malgré nous » que nous nous lançons à l’assaut des hauteurs, nous l’avons voulu). Le dur de dur, tout le monde le sait, c’est après le col Amic, les 7 bornes pentues et presque sans ombre qui mènent au Grand Ballon.

L’an dernier, on avait évolué sur une rivière de gravillons, cette année on a tenté d’éviter le goudron fondu. Arrive-t-il que cette grimpette soit rendue presque facile ? L’ascension s’est faite à des rythmes sensiblement différents … Les balèzes à l’aise dans la fournaise, les trainards en retard sous le cagnard.  Et entre les deux, les tout feu tout flamme étouffant dans la touffeur. Mais personne n’aura canné sous la canicule, sinon par évitement (n’est-ce pas les majorettes ?). Jean-Mi s’est fait attendre, on s’est inquiété, on a spéculé : en fait, le toubib s’était prélassé dans l’herbe, sous un arbre, tranquille, insoucieux. Et il s’est passé de repas (comme l’an dernier) : jamais dans son assiette en ce lieu, le carabin ! Un repas qui n’est d’ailleurs pas très bien passé pour plusieurs d’entre nous. On changera de crémerie, si jamais on repasse par là un jour… D’ailleurs, on pourrait innover : descendre vers le col Amic, et au-delà, pour une fois ! Et rejoindre ensuite le lac de Kruth-Wildenstein, où on aurait laissé les voitures et nos maillots de bain, au cas où le réchauffement climatique se confirmerait. Punaise, qu’est-ce que cela faisait envie, cette plage au pied du Markstein !

Quelques autres faits marquants : le jeune Jérôme s’est offert une sortie de route, mais il a eu la bonne idée de se vautrer dans l’herbe ; un peu de frayeur mais pas de bobo. Guy a réussi à faire de l’auto-stop dans la montée du Big Balloon, en expliquant à des touristes allemands qu’il était sehr müde : trois km de chauds efforts en moins, ce n’est pas négligeable. On m’a dit que Gégé avait grimpé comme un avion : la chaleur, peu lui chaut ! Moi qui ne l’aime vraiment pas, la chaleur, j’avais encore plus de raisons que d’habitude pour rouler en mode éco-vieillesse durable : ça ne va pas vite, mais on arrive au bout ! Et sans grosse fatigue. Le jour où je ferai attendre les autres un peu trop longuement, j’arrêterai. Où je passerai à l’assistance électrique.

Cette sortie torride était la 12ede l’année, déjà. N’en reste plus que 5, hélas. La prochaine sera prise en mains par Francis, puisque je serai loin de Nancy : une sortie en plaine, au départ de PAM, une quasi-classique, avec repas à Jarny. Et les deux suivantes permettront de retrouver l’air des cimes, un air probablement moins chaud.

 

Compte rendu du JP 6 (Tollaincourt, 18 juillet)

À la relance !

De l’inédit, grâce à Jacques « la Relance », rien que du neuf pour ce qui est du parcours et du rendez-vous, plus lointain qu’à l’ordinaire s’agissant des sorties en plaine, mais très facilement accessible (moins d’une heure d’autoroute et quelques km de campagne). Ce qui est plus rapide que nos rendez-vous dans les Vosges. Il n’y avait donc aucune raison de s’en priver, comme l’ont pensé les 15 pédaleurs du jour :

Philippe ALBERGE – Philippe CHARDIN – Gérard CONRAUX – Maurice DOPP – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Dominique PERRET – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ

Le parcours a été finement pensé : une grande boucle comprenant un maximum de petites routes tranquilles, les unes à travers champs et prairies, les autres dans les bois, où se trouvaient les plus longues côtes, ce qui a rendu les efforts moins éprouvants que sous la chaleur. Une pause-repas aux 2/3 du parcours et du dénivelé : fort bien vu, maître Jacques ! Et des chiffres annoncés concordants, un peu plus de 151 km et 1570 m de grimpette (à mon compteur). On a vérifié une nouvelle fois qu’un parcours plaine ce n’est pas plat. Mais ce fut relativement roulant, à part quelques brefs passages au-dessus de 10%. Le petit vent, même défavorable, fut le bienvenu, surtout dans la forte chaleur de l’après-midi. Quant à la pause-repas d’Ormoy, dans un jardin et sous les arbres, elle fut aussi originale qu’agréable. Les Hollandaises sont d’aimables hôtesses.

Les villages de Haute-Marne et de Haute-Saône ont souvent bien du charme, mais comme ailleurs il est manifeste qu’ils subissent le contrecoup de l’exode rural : beaucoup de maisons à vendre, peu de commerces, une léthargie souvent sensible. Avec quelques exceptions toutefois, quelques preuves d’une résistance à la désertification : des villages pimpants, des bâtiments restaurés, ou encore la grande piscine découverte de Blondefontaine … On aurait aimé pouvoir dire : « À la blonde fontaine / M’en allant promener /J’ai trouvé l’eau si belle / Que je m’y suis baigné ». Au lieu de cela, on a eu l’ironique raidard d’Aisey et la fournaise de Chauffour !

Des signes d’une prospérité passée, on en a aperçu à Damblain, avec ses beaux édifices et sa grande église (de 1000 habitants en 1800, la commune est passée à 250), ou encore à Montheureux-sur-Saône, avec ses ponts anciens, ses ruelles, son couvent, ses vestiges gallo-romains ou médiévaux. Mais c’est une cité qui résiste mieux que d’autres (avec sa fabrique de cubes de bois, en particulier).

Quant au tempo observé dans ce décor nouveau, qui invitait à lever la tête, et sous une chaleur certaine, il fut le plus souvent raisonnable. Les éclaireurs Domi et Gaby n’ont guère éclairé qu’eux-mêmes, tant il faisait bon ne pas trop en faire. Quant à moi, adoptant mon désormais breveté régime économique, j’ai aimé musarder à l’arrière : à développement modeste, vieillesse durable ! Mais l’honneur des VVV est sauf : à l’approche de l’écurie et comme il se doit, ça s’est emballé … J’imagine que seule une température supérieure à 40° aurait réfréné les ardeurs. Mais ce n’est même pas sûr. Quand le cerveau reptilien prend les commandes…

Je n’oublie pas que maître Jacques a encore mérité son prix spécial, celui de la pastèque fraîche à l’arrivée.
Reynald

Compte rendu du MM 5 (Anould, 10 juillet)

À nous Anould !

Le charme d’un parcours inversé, et modifié, c’est ce que ce n’est pas le même parcours que l’original : on repart d’Anould, mais on commence par le doux défilé de Straiture ; le méchant col du Calvaire, on le descend ; et pour finir on monte, vent dans le dos, le modeste Mandray. Les 2200 m de dénivelé deviennent ainsi une aimable partie de campagne. Les dix-huit participants peuvent en témoigner :

Philippe ALBERGE – Guy CAYROU – Philippe CHARDIN – Gérard CHEVALLIER- Gérard CONRAUX – Amico DI CIANNO – Gérard FAVIER – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Claude PETITDEMANGE – Jacques PIERRAT – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ

Précisions : Gérard Favier, un ami de Jean-Claude Hazotte, a été le bizuth de service, le néo-VVV du jour (on a un novice presque à chaque fois cette année : la confrérie fait des émules). On aurait dû aussi faire la connaissance de Philippe Zabée, un ami de Philippe Chardin, mais il s’est fracturé la clavicule ce dimanche (lors d’une course, à 65 balais, je vous demande un peu). De même notre Gaby GPS avait-il dû renoncer à cause d’une chute, douloureuse, mais sans gravité. N’empêche : à vélo, faut pas tomber (c’est un tombé qui vous le dit). Bref, nous aurions pu être 20, et célébrer la fête des Philippe (ils auraient été 4) ; mais la fête des Gérard, on l’a eue, avec ses 4 représentants. Et de même la fête des maires, puisqu’Alain Orditz et Jean-Claude Hazotte ont été les édiles de leur commune respective (Gye et Brin).

Le fait du jour : en l’absence des montagnards chevronnés, les écarts ont été limités lors des grimpettes, et donc réduites les attentes au sommet. J’ajouterais volontiers : le vent continue de tourner chez les VVV, la tendance à savourer les balades, à un rythme raisonnable, me semble l’emporter peu à peu sur le souci de performance. Qui l’eût cru ? Certes, les vieux coursiers s’agitent encore, les fondus du chrono ne peuvent pas s’empêcher de parler chiffres, quelques illusions demeurent dans les caboches, mais tout de même, nécessité faisant loi, la conversion est en bonne voie.
Pourvu que ça se confirme !

Ce qui a rendu la balade tout à fait agréable, c’est le changement de temps : au lieu de la canicule annoncée il y a 8 jours, on a eu de la fraîcheur, propice au pédalage, assez peu de soleil, certes, mais pas non plus d’intempéries. Notre bonne étoile nous a à nouveau épargné la flotte, qui s’est contentée de tomber, brièvement, pendant que nous étions à table (comme lors de la sortie des Mille étangs). Et le vent vif, on en a surtout profité. Petits veinards que nous sommes ! Faudrait vraiment avoir le moral dans les chaussettes pour trouver à redire à une telle journée, qui ne fut pas loin d’être parfaite. Quand je pense que le Vosgien de service s’est fait un raccourci et bien de la bile, qu’il a craint que son vélo ne soit mouillé, et que des nuages noirs ne crèvent derechef sur sa tête … Allons, soyons charitables, il a si peu roulé cette année, notre Jacques P., qu’on peut le lui pardonner. D’autant qu’il demeure excellent compagnon de route !

Quant à notre Africain des Baronnies, notre respecté baron de Nyons, il n’en a pas tout à fait fini avec sa longue convalescence, son lent retour à la pleine forme. Il lui a fallu écourter la sortie, mais un prochain séjour dans sa Drôme chérie va lui redonner le moral et la santé. Un Guy gaillard, que nous retrouverons ! Pour peu qu’il n’abuse pas du col de Pomerol…

Je n’oublie pas qu’à défaut de rouler notre ami Jean-Claude Bouillon est venu partager notre repas à Sainte-Marie-aux-Mines. Quand tu veux, ou quand tu le pourras : sur le vélo.

Et Francis, m’a-t-on chuchoté, il ne serait pas un brin pervers, pour avoir infligé à ses amis de remonter sur le parking de l’église par un horrible raidard qu’on pouvait contourner ? La question est posée. D’autant que le même individu nous a fait enjamber une clôture et dévaler un fossé pour atterrir sur la piste cyclable du retour. À surveiller !

Conclusions et jeux de mots laids :

D’un défilé qui n’est pas un défi laid, on ne se défie pas, c’est sûr, c’est très sûr.
Un Collet monté n’est pas fait pour nous démonter.
Un Calvaire en descente, c’est un Jésus en culotte de velours.
Dans Freland, frais et lents nous progressons, et la descente est de bonne Aubure.
Un col qu’on franchit en descendant, il en faudrait d’autres : le Haut (de Ribeauvillé) vaut bien le bas.
À Sainte-Marie, les bonnes mines boivent de bonnes mousses. Sans faux col, car remonter de la mine il faudra.
Quand, à Laveline, on ouvre le Ban, on touche presque au but : nul besoin de mandrin pour forer le Mandray. Il ne restera qu’à se ramener à Fraize, et à crier, fort à propos et non pas à genoux : à nous Anould !

 

Séjour vélo à Rémuzat (23-30 juin 2018)

Vive la Drôme provençale !

Gérard Regrigny avait organisé l’an dernier un premier séjour à Rémuzat, dans le département de la Drôme. Malgré un temps assez médiocre, ce séjour avait été très apprécié par les 13 participants, dont moi-même (qui découvrais la région), d’où mon envie de récidiver cette année. Il me suffisait de prendre en charge la seconde édition, ce qui fut fait. En résumé, et en me faisant l’interprète de tous : succès sur toute la ligne ! Une semaine vélo quasiment idéale, par un temps splendide.

De notre camp de base, le village-club « Les Lavandes », j’avais indiqué dans mon compte rendu de l’an dernier (mis en ligne sur le site des Randos[1]) qu’il s’agissait d’un endroit idéal pour rayonner dans toutes les directions, au croisement de deux vallées et à proximité de nombreux cols. J’ajoute que la quiétude du petit village et la beauté du lieu ajoutent à la qualité de l’endroit (que l’on goûte aussi quand les vélos sont au garage, ce qui arrive).

Les heureux bénéficiaires de ce second séjour :

Édith ANGEL – Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – – Bernard SIMON – Dominique TISSERANT

À ces 15 cyclistes, il faut ajouter Dominique Nicolas, l’épouse de Patrick, qui s’est gentiment mise à notre service pour certains de nos pique-niques. De même que Guy, quand il a éprouvé le besoin de souffler. Remerciements renouvelés.

Si j’avais à caractériser le séjour, je dirais : plaisir, découverte, promenade, plus que performance ! Ce qui ne peut que me réjouir, vous le devinez. Aucun souci des chiffres, des moyennes, des chronos, même s’ils s’inscrivent sur les compteurs. Mais ceux qui ont souhaité en faire un peu plus ont en eu la liberté, évidemment. Par deux fois, la plupart se sont contentés d’une sortie en matinée. Il faut dire que la piscine en plein air était également très tentante, de même que les promenades à pied dans le voisinage.

Sous le soleil, sans qu’il ne fasse jamais trop chaud, les balades ont été un pur régal dans cette très belle région qu’est la Drôme provençale, avec ses cols innombrables, ses vallées, ses champs de lavande, ses vergers, ses coteaux plantés de vignes, ses plantations de tilleuls, ses villages perchés, ses châteaux anciens, ses églises romanes… Pour ne pas vous infliger un récit détaillé au jour le jour, je ne vais relever que quelques points saillants de nos six sorties (le samedi matin du retour, on s’est contenté du retour, en voiture).

Première découverte : les petites routes plus que tranquilles menant du côté du bien nommé St-Nazaire-le-Désert, les superbes panoramas offerts par le col de Roustans et celui de Pennes (« de peine » serait plus exact, tant ses premiers km sont rudes). Je me le redirai plusieurs fois au cours de la semaine : la Drôme provençale a parfois un petit air de Dolomites par le côtoiement constant des parois rocheuses et de la végétation. Des Dolomites à échelle humaine, moins âpres, moins grandioses, certes, mais plus avenantes, moins intimidantes. Et, chose appréciable, moins fréquentées par les engins à moteurs, dont les peu supportables motos des barbares bruyants. Vive la quiétude, vive le silence des bicyclettes !

Autre découverte pour moi et quelques autres, la montée du Ventoux par Sault, tellement plus aimable, même si après le Chalet Reynard (ne pas confondre avec le Nonchalant Reynald), il faut se taper les derniers km où l’on manque d’air, tout comme ceux qui avaient choisi la montée par Bédouin (Bernard G., Dominique T., Marc et la Zabeth). Dominique N. prétend que j’étais tout gris au sommet, mais elle exagère. Disons : un peu asphyxié. Quant à la longue et sinueuse descente sur Malaucène, où l’on croise des cyclos qui poussent leur vélo, quel panard !

Rouler « sur les pas des huguenots » cela veut dire emprunter le sombre défilé de Trente Pas, et se souvenir des désastreuses guerres de religion qui opposèrent catholiques et protestants. C’est aussi passer par Dieulefit, qui fut un haut lieu de la Résistance (des écrivains que j’ai beaucoup lus s’y cachèrent, Aragon et Elsa Triolet), et emprunter le beau petit col de Valouse, après celui de Serre de Turc (joie de le franchir en tête, on s’en doute).

C’est d’ailleurs un autre charme de cette région de moyenne montagne, celui procuré par les noms de lieux, et en particulier le nom des cols. On gravira ainsi les autres jours l’enivrant Pomerol, l’aberrant Soubeyrand, les ragoûtants La Sausse et La Saulce (à ne pas mélanger), le prometteur La Motte, le royal Reychasset, l’éprouvant Pierre Vesce, le pertinent Perty, l’allant col d’Aulan, le dentu Prémol et le gentil col de Vache (l’on s’y meut à l’aise, vous l’aurez voulu). Et quelques autres que vous découvrirez un jour, à votre tour.

Quant aux protagonistes du séjour, j’ai déjà portraituré ceux qui étaient de l’édition précédente (dans le compte rendu cité plus haut) : Bernard S., Marc, Élisabeth, Jean-Mi, Francis, Philippe S., Jean-Marie. Les faits nouveaux les concernant : Bernard le Montagnard était en mode récupération, après une ventrée de cols alpestres. Jean-Marie, la diva des transats, a passé plus de temps à la piscine qu’à vélo, à reluquer les naïades en se faisant un film. Phi-phi le fou-fou s’est assagi, il sprinte un peu moins souvent à tort et à travers. Le toubib a eu des hauts et des bas, des rires tonitruants et de longs silences. Francis n’a pas bu que de l’eau, c’est un affuté du fût. Et la Zabeth ne grimpe plus, elle vole, sur son vélo plus léger que l’air.

Pour ce qui est des bizuts, allons à l’essentiel : Dominique T. et Bernard G. ont été les rois de la montagne, aussi rapides en montée qu’en descente, et néanmoins très aimables compagnons, compréhensifs envers les petites cylindrées. Le Patou des Corbières s’est senti de mieux en mieux, mais il mange un peu trop pour ce qu’il pédale (sa Domi devrait le surveiller). Jean-Claude a composé avec ses maux, et avec courage ; Guy de même, l’Africain des Baronnies (et ci-devant baron de Nyons), se remet peu à peu d’une longue abstinence forcée – je parle du vélo, non de son gosier, toujours en pente, il le confesse, d’où sa décision soudaine au pied d’un col : ne plus boire de pinard… pas de chance, on était dans le col de Pomerol, vous devinez la suite.

Gaby nous a éblouis (à table) par son expertise tout terrain, rien de ce qui est humain ne lui étant étranger. Édith avait commencé dans son registre habituel, petits développements et endurance à toute épreuve : une digne émule de Fifi Brindacier (c’est elle qui m’a suggéré le rapprochement). Dommage que des petits pépins l’aient empêchée de remonter sur son vélo en fin de semaine. Quant à moi, j’ai expérimenté plus avant ma nouvelle façon de rouler, en mode économique, le gain étant double : pas de mal aux pattes grâce à un usage systématique des petits braquets, et une fréquence cardiaque moyenne abaissée de près de dix points, ce qui est considérable. Pour la première fois de ma vie, j’ai roulé plus de trois jours de suite, six, exactement. Vu mon grand âge, 72 balais le 14 juillet prochain, j’ai tout intérêt à poursuivre en ce sens, n’est-ce pas ?

Pour l’anecdote, et à titre d’encouragement pour ceux qui vont vieillir (ils se reconnaitront), dans les dernières pentes du Ventoux on a fait la connaissance de « Pépère 82 » : c’est ainsi que l’ancêtre se désignait pour les plus jeunes qui le doublaient. Le Ventoux à 82 ans, respect ! On l’a aperçu arrivant au sommet, le vieux coriace. Et sans assistance électrique.

Soyez donc rassurés : les Tamalous de l’asphalte se portent bien, les cumulards du dénivelé ont encore de beaux jours devant eux. D’ailleurs, ils songent déjà à retourner s’amuser à Rémuzat. La pré-réservation pour 2019 a été lancée le lendemain de notre retour !

Reynald

[1]http://www.cyclos-nancy.org/wp-content/uploads/2018/01/Le-séjour-dans-la-Drôme.pdf

 

Compte rendu du JP 5 (Nomény, 21 juin) 

Le bouzon de Gégé

La Bibiche est devenue pour moi une classique : avant de la mettre l’an dernier au programme des VVV, on avait pris l’habitude à quelques-uns d’effectuer cette balade mosellane, aux routes et aux paysages variés, dépourvue de longues côtes et comprenant peu de passages pentus, mais au bout du compte quelque peu vallonnée (+ 1500 m). Dès 8h, pour cause de foot à 17h, ils sont 21 à s’élancer le cœur en fête ; le 22e, Philippe A., en panne de voiture, nous rejoindra à la pizzeria de Boulay, pédalant seul, en costaud :

Philippe ALBERGE – Édith ANGEL – Élisabeth ANTOINE – Christian BAUQUEL – Guy CAYROU – Amico DI CIANNO – Maurice DOPP – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Alain ORDITZ – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB – Dominique TISSERAND

À noter la première participation d’Édith Angel, habituée des longs rallyes vélo au rythme cyclotouriste, un peu moins rapide que le nôtre, et donc pour la première fois la présence de deux dames parmi le peloton des machos endurcis. Leur mérite est grand. De même, on a noté la récidive de Maurice Dopp, dit Momo, qui avait apprécié sa première fois, et la deuxième participation de l’homme de Gye, maire au long cours et organisateur de courses cyclistes, Alain Orditz. J’ajoute que nous étions 18 l’an dernier (voir CR du JP 4), dont 14 à nouveau présents – 14 qui connaissaient donc le parcours et pouvaient se passer de GPS…

Le tempo du début est tranquille, on savoure la douceur du matin, on musarde, on s’arrête même, le temps que Jean-Mi le toutib se fasse remettre le pied à l’étrier, un problème de cale chez cet être décalé. Quant à l’autre Jean-Michel, le président des Randos, il fait dans le classique, en tâtant du silex. Les secteurs roulants permettront de limiter le retard sur l’horaire prévu (midi pour le repas). Encore que la traversée de Bouzonville ait cassé le peloton en deux, Gégé se persuadant que la route de gauche valait bien celle de droite. Des savants ont découvert récemment le bozon de Higgs : nous, nous avons désormais le bouzon de Gégé.

Un peu de friture sur la ligne, donc, malgré les efforts de régulation de Claude à l’avant et de moi-même à l’arrière… sauf que j’ai dû à plusieurs reprises passer devant, face à ce constat désolant : ni les GPS tout neufs ni les mémoires un peu vieilles ne permettent de mettre à tout coup les acteurs sur le droit chemin. C’est ainsi que le gros des troupes ratera la route de Guinglange, par exemple. Claude et moi envisageons à l’avenir de nous servir d’oreillettes pour mieux réussir dans cette tâche ingrate : faire tenir ensemble des particules élémentaires (des bozons ?) qui ne demandent qu’à s’égarer dans l’espace.

Un mot sur la pause-repas : nous avions de bons souvenirs de la pizzeria de Boulay, nous en avons été moins contents cette année. Certes, les nouvelles serveuses ont de beaux sourires, l’une d’elles a même fait tourner quelques têtes (ah, ces vieux satyres, ils ne doutent de rien), mais pour ce qui est de l’assiette… Jamais mangé un hachis Parmentier aussi léger, aussi fluide, aussi évanescent, une simple allusion aux hachis de notre enfance. Un manque de substance qui a pourtant eu un immense avantage : pas de problème de digestion ! Pas de boulet-Boulay sur l’estomac ! Une ardeur immédiate à reprendre le pédalage, chose rare, du moins pour moi qui suis incapable de pédaler et de digérer en même temps. Allez, consolons-nous, vive les repas légers, vive les hachis digestes. Quant à la bière du deuxième fût, un peu chaude elle fut : Claude, l’émérite brasseur, n’a pas apprécié la plaisanterie. Malgré les sourires rafraîchissants des accortes serveuses.

Une autre découverte, presque aussi importante que celle du bouzon, est que la carte ment quand le territoire dit vrai : la carte (une simple image) permet de calculer un raccourci d’une dizaine de km à partir de Morville-sur-Nied, quand le territoire emprunté (du concret, du réel) ne nous octroie que quatre km en moins par rapport au tracé historique de la Bibiche. Étrange … m’est avis qu’on a dû se faufiler dans une faille de l’espace-temps. Einstein faisait du vélo, dommage qu’il ne soit pas parmi nous pour nous remettre à niveau en matière de relativité. La distance, le tempo, l’orientation, la régulation, les cales, la bière, le hachis : tout est relatif !

La Bibiche a été notre 9esortie de l’année, déjà ! Elle avait été avancée pour cause de séjour vélo dans la Drôme la semaine prochaine pour 15 d’entre nous. Nous nous reverrons le 10 juillet pour le MM 5 et dès le 19 pour le JP 6, « la Jacques Lafond » (à son sujet, un prix spécial à lui décerner, celui de la pastèque fraîche à l’arrivée : une merveille).

 

Compte rendu du JM 4 (Abreschviller, 14 juin)

Petit train et grand train

La sortie d’Abreschviller peut se résumer ainsi : trois départements, quatre belles ascensions et quatre descentes jouissives. La sortie des allures contrastées, entre petit train montant et grand train descendant, des trains plus ou moins « touristiques », l’un et l’autre. Elle avait été appréciée par 21 VVV l’an dernier, ils furent 22 cette année (dont 15 récidivistes). Et dans le rôle du petit nouveau, Maurice Dopp (en 2017, c’était Ludovic Thomas qui avait tenu ce rôle) :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Gérard CONRAUX – Alain DAUCH – Marc DI GIANANTONIO – Maurice DOPP – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Dominique PERRET – Jacques PIERRAT – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Dominique TISSERAND

Comme j’ai longuement décrit l’an dernier les charmes de cette balade verte et montagneuse, je ne vais relever que certaines différences dans la manière de l’effectuer. Le profil du parcours fait que les occasions de rouler ensemble sont rares : en montée comme en descente, les écarts se creusent tout naturellement. Pour les réduire, il faut le vouloir. Il faut le décider, et s’y tenir. C’est simple, mais sur le papier seulement.

En 2017 on avait réussi, pour commencer, à monter le Donon de manière groupée. Pas cette année. Et le peloton s’était reformé, je crois, après la dernière descente (moi, je m’étais retrouvé seul à l’arrière à cause d’une crevaison). Cette fois, pas moyen, ça fonce, ça se déchaîne et plusieurs groupes se tirent la bourre ; et moi, je me retrouve à nouveau derrière parce que je suis le seul à attendre Patrick, qui avait perdu le contact dans la descente du Donon. Comme le vent vient de face, et faute d’abri, on en profite pour prendre un bon bol d’air. Merci. Je sais, se retourner, à un âge avancé, avec toute cette arthrose dans les cervicales, ce n’est pas facile.

Comme chacun prend son plaisir là où il le trouve, j’en viens à penser que le vélo est un plaisir solitaire qui se prend volontiers en groupe. Drôle de mœurs !

Mais sur le fond, la grande affaire demeure pour moi, et pour d’autres, le plaisir de s’immerger dans des paysages, qu’ils soient grandioses ou modestes. Un plaisir pris aux paysages traversés que seul le vélo procure, pour peu que les efforts à consentir, parfois rudes, n’empêchent pas l’esprit et le corps d’en éprouver la présence. Mais manifestement, selon les cyclistes concernés, il est variable, le point d’équilibre entre promenade et performance. C’est ainsi, et c’est de cette diversité qu’il faut faire un tout. Composons, composons, se dit l’organisateur.

Comme chacun le sait, le plaisir pris aux paysages, que permettent les sorties VVV bien davantage que les trop rituelles sorties autour de Nancy, dépend parfois de la qualité des routes empruntées. Sur ce plan, ceux qui viennent de rouler au Luxembourg ont été frappés par la différence : au Grand-Duché, la moindre route est un billard… hier, nous avons eu notre lot de routes rugueuses, peu roulantes, ou en assez piètre état. Mais il y en eut aussi des tout à fait belles. Là aussi, il faut faire avec, il faut composer. Et il en faut plus pour gâcher le plaisir. Le plaisir solitaire et le plaisir collectif.

 

Week-end des 9-10 juin (Luxembourg)

Quelques mots sur notre double sortie hors programme au Luxembourg, qui a réuni six participants, Christian ayant été obligé de déclarer forfait. Tous avaient déjà goûté aux charmes incomparables de la pratique du vélo au Grand-Duché lors de l’une au moins des deux éditions précédentes. Car ceux qui y ont goûté en redemandent : 

Gabriel GRANDADAM – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ  

Je persiste et signe, et mes petits camarades vous le confirmeront : le Luxembourg est un paradis pour les cyclistes ! En particulier dans sa partie nord, à partir de la « Petite Suisse ». Abondance de pistes et de voies cyclables, de petites routes sans voitures, toutes en excellent état, alternance de vallées et de plateaux, de champs et de forêts, fréquentes montées de trois à quatre kilomètres, les unes assez douces, les autres plus exigeantes, formidables points de vue (même si l’altitude demeure modeste), châteaux remarquables, lacs, rivières… tout cela concentré sur de petits territoires qui offrent ainsi à chaque fois une grande variété de paysages.

Il n’y a de trafic routier que sur les grands axes, ceux que nous apprenons à éviter. Le réseau des routes secondaires étant très dense, il n’y a que l’embarras du choix. Certaines de ces routes sont carrément interdites aux voitures : le pied géant pour les cyclistes ! Comme j’ai déjà dit en détail tout le bien que je pense des balades au Luxembourg (voir le compte rendu du JP 5 de l’an dernier, sur le site des Randos), je ne vais mentionner que quelques nouveautés.

Une remarque rassurante d’abord : avec les récentes améliorations routières sur ce trajet, il ne faut qu’une heure trente pour rallier Berdorf depuis Nancy un samedi matin, à peine plus donc que pour atteindre Gérardmer ou Le Thillot. Seuls les derniers kilomètres ne s’effectuent pas sur une 2×2 voies. Et une confirmation : l’hôtel-restaurant Kinnen de Berdorf est un port d’attache idéal (grand garage, chambres très spacieuses, propreté impeccable, prix très raisonnables, accueil parfait) ; et un point de départ tout aussi idéal pour nos sorties.

À ceci près que cette année le violent orage du jeudi précédent avait provoqué d’énormes dégâts sur les routes des forêts environnantes. Plusieurs étaient interdites à la circulation, ce que nous avons découvert en roulant, et nous avons le pris le risque de les emprunter quand même, au départ et au retour de notre première sortie… avec un gros frisson rétrospectif (voir la photo jointe, qui est très éloquente). Nous n’avons pas récidivé le lendemain, au prix de quelques retouches apportées au programme prévu. Très gros travaux en perspective, là où la route s’est effondrée, et, semble-t-il, là où d’énormes rochers surplombants ont bougé, ces rochers de pleine forêt qui sont l’une des grandes attractions de la région.

On peut gager que les collectivités concernées vont mettre le paquet pour restaurer le potentiel touristique des communes concernées. Il faut dire qu’au Luxembourg il n’y a pas que les pluies d’orage qui ruissellent : à en juger par la beauté des maisons et des propriétés, la fréquence des voitures haut de gamme, la qualité des équipements, on se dit que c’est aussi l’argent qui ruisselle au Luxembourg … d’aucuns parlent même de paradis fiscal. Nous, nous nous contentons du paradis cycliste. En pédalant et en buvant de la bière de Diekirch, notre luxe du Luxembourg.

Sachez encore que le premier jour nous sommes montés jusqu’à Clervaux, une belle cité ancienne située dans un site remarquable, en empruntant la vallée de l’Our et en redescendant par l’une des plus belles voies cyclistes (la 22) sur Vianden, autre cité très charmante, surmontée d’un magnifique château (134 km, pour près de 2000 m de dénivelé). Une remarque à propos des pistes et des voies cyclables : jamais de barrières, on fait confiance, les véhicules motorisés pourraient passer là, mais les conducteurs s’abstiennent de le faire (un exemple non transposable chez nous, hélas). Le deuxième jour, en repassant par la commune perchée de Beaufort (et son château médiéval), puis en rejoignant Ettelbruck, nous nous sommes hissés jusqu’à Bourscheid, d’où l’on jouit d’un très vaste panorama, avant de redescendre par une autre piste superbe (la 16), puis une vallée encaissée, entre parois rocheuses et arbres ombreux (ceux qu’en France on a systématiquement supprimés du bord des routes). La suite a consisté en une alternance d’autres voies cyclables (la 15 et la 2) et de petites routes, avec de nouvelles belles grimpettes, un peu rudes parfois pour des jambes fatiguées (120 km, + 1300 m). Je ne vous dis pas le goût de la dernière Diekirch avant de reprendre la route … ni mille et une choses qui demandent à être vécues pour être pleinement appréciées. C’est à vous de voir, il n’est pas du tout exclu qu’on récidive l’an prochain, il vous suffira d’y penser.

 

Compte rendu du JP 4 (31 mai 2018, Verdun) 

Ceux de 18 

Une sortie placée sous le signe du canon par nos amis de Verdun : il était logique qu’on fasse un jour en cette contrée un peu de tourisme militaire (l’an dernier, on en avait eu un avant-goût avec la butte de Vauquois). Des canons, on en a vu, des gros, des moyens, des petits ; et des milliers de croix blanches, des monuments aux morts, des trous d’obus, des villages détruits. Ceux de 18 (2018), à vélo, ont honoré à leur manière « Ceux de 14 » (1914) : tel est le titre sous lequel sont rassemblés les récits de Maurice Genevoix sur son expérience de la « Grande Guerre » – une somme dans laquelle je me suis plongé récemment, histoire de me préparer à notre excursion dans le passé. Ceux de 18 furent 17 (dommage qu’Alain Orditz ait dû se désister la veille, le compte eût été bon) :

Élisabeth ANTOINE – Alain COLLINET – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques KEMPF – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Bernard SIMON

Disons d’abord que mon récent adage s’est encore vérifié : quand Météo-France annonce « risques de pluie » ou « risques d’orage », il faut traduire par « risque de beau temps ». Pas une goutte, pas un éclair, pas un coup de tonnerre : le canon céleste s’est tu. Grand soleil, et grosse chaleur l’après-midi, et une divine fontaine pour nous rafraîchir. Nous cyclistes sommes voués à rejouer sans cesse la fable fameuse : le pessimiste voit le verre à moitié vide quand l’optimiste le voit à moitié plein. Mon petit doigt me dit que quelques bilieux dépressifs sont restés hier à la maison, devant leur verre à moitié vide. Dommage, fallait se mouiller pour risquer de rouler au sec !

La sortie « canon » a commencé par une distribution de croissants et s’est terminée par une distribution de canettes (de bière) : l’hospitalité ardennaise ne se dément pas. Ce qui a changé, c’est qu’il n’y avait au programme aucun raidard, aucun casse-patte et pas même une côte vraiment pentue. Étonnant de la part de Bernard le Montagnard, l’homme aux mille cols (environ) : prenons cela pour un autre signe d’hospitalité. Mais tout de même, j’ai trouvé bien plate cette partie nord de la Meuse : des Pays-Bas, ces Hauts de Meuse ! L’an prochain, il faudra nous remettre des côtes, les amis : des côtes, mais pas de murs ! S’il y en avait, en ce cas : non ! (Désolé, fallait que je le fasse, celui-là).

Quant au repas pris à l’Auberge du caillou, il était bon, il était copieux, il tenait au corps… il a tenu un peu trop longtemps, sous le cagnard : je n’en démords pas, pédaler et digérer à la fois, c’est du boulot, c’est trop de boulot. Un repas de gala, ça passe pour une fois, un repas frugal, voilà le régal ! Ceux qui se sont tordus les boyaux (pas de nom) ne me contrediront pas.

 

Les canons, parlons-en. Je m’interroge : pourquoi les exhiber, eux, plutôt que de montrer d’autres vestiges de la guerre, des véhicules, des matériels, des outils, des uniformes, je ne sais, et pourquoi pas des vélos, puisque ce sont souvent des soldats cyclistes qui assuraient la transmission des ordres (voir les récits de Genevoix). Les canons, ça impressionne les foules, c’est de la puissance pure, ça rend fiers les militaires qui les manient. Et j’ose : on ne m’ôtera pas de l’idée que c’est, en somme, une preuve de virilité, de virilité bien militaire et toute martiale, et même, que leur forme phallique est pour quelque chose dans cette fascination. Je le crains, les gros canons font bander les foules. Car un canon, ce n’est jamais qu’un gros braquemard qui crache du feu ! Mais au lieu de répandre du plaisir, il sème la désolation. C’est toute la différence, et elle est de taille, si je puis dire.

J’enchaîne, et j’avoue : grâce à Bernard et Alain, j’ai vu pour la première le site de Douaumont. Je crois que je m’étais toujours refusé à m’y rendre, fuyant toute forme de célébration de l’héroïsme guerrier et d’exploitation de la mémoire, tout relent de chauvinisme et de patriotisme farouche. Le monde a sombré en 1914, et la « Grande Guerre » a été une immonde boucherie, probablement évitable ; puis une « revanche » en a entraîné une autre, plus monstrueuse encore en 1939-1945.  Je pense maintenant que j’irai visiter un jour l’ossuaire de Douaumont, mais sur le mode exclusif de la compassion pour les victimes et du recueillement. Non sans quelque colère préservée envers les fauteurs de guerre, hauts responsables ou sous-fifres. Et dans l’espérance que le mot « Pax » gravé au fronton de l’édifice ne soit pas un vain mot, ni le mélange des ossements français et allemands une fausse promesse. Et pourtant, les sociétés, les nations demeurent convaincues que pour vouloir la paix il faut se préparer à la guerre… Si vis pacem para bellum, c’est vieux comme le monde… Alors ?

Consolation : Ceux de 18, à vélo, ne veulent que la paix. Et boire une petite mousse, ou un petit canon, à la rigueur.

Reynald

PS : dans la soirée-lecture consacrée à Henri Calet, j’avais retenu ces lignes sur le Progrès qui semblait irrésistible à l’aube du XXesiècle : « Toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus de lumière. Nous avançâmes ainsi de monts en merveilles pendant une dizaine d’années – quatorze exactement. Jusqu’où ne serions-nous point allés de ce pas ? »

 

Compte rendu du MM 3 (Le Thillot, 22 mai)

Les douze élus des mille étangs 

Le report a été une calamité pour beaucoup d’entre vous (à qui la date d’hier ne convenait pas) mais un bonheur pour ceux qui ont eu la chance d’être présents : une grande, une belle, une magnifique journée ! Douceur, soleil, et un petit orage qui a eu le bon goût d’éclater sur une partie des routes du retour pendant que nous étions à table… C’est à n’y pas croire, mais c’est bien la vérité vraie, si bien que nous fûmes tout à fait épargnés. Si j’ajoute que le vent nous a été favorable dans la plupart des montées, que nous n’avons connu ni crevaison ni incident d’aucune sorte, et que nous avons sillonné une contrée pleine d’enchantements, la conclusion est que la journée fut bien près de ressembler à une journée de rêve… pour les douze bienheureux participants :

Philippe ALBERGE – Amico DI CIANNO – Guy CAYROU – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Reynald LAHANQUE – Jean-Michel NICOLAS – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Francis ROCH

Étrangement, la sortie des Mille étangs avait déjà dû être reportée l’an dernier (du 12 au 21 septembre) et elle avait réuni le même petit nombre de participants. Comme si un sortilège planait sur cette contrée singulière, un charme qui accueille les uns et rejette les autres… J’avais parlé dans mon compte rendu des douze apôtres qui marchèrent sur l’eau, les douze élus des mille étangs, et voici que la remarque devient prophétie. Les absents vont devoir s’interroger : ce qui leur manque encore pour mériter d’être admis dans le petit cercle des élus, il leur revient de le découvrir. Un jour peut-être, en paix avec eux-mêmes, ils savoureront les mille délices de ces vestiges de l’ère glaciaire que sont les étangs. Ils ont 12000 ans d’âge et peuvent bien attendre encore un peu la venue des futurs impétrants.

Comme j’avais décrit l’an dernier la beauté prenante des lieux, la richesse de la flore et de la faune, la majesté des hautes forêts, et livré quelques éléments d’histoire sur l’exploitation piscicole des étangs, je me permets de renvoyer à mon compte rendu (MM 7, 21 sept., dans les archives de l’onglet VVV). La nouveauté 2018 était de renoncer à passer au préalable par le Ballon de Servance, afin de parcourir plus avant le pays des étangs, le plateau, les vallées et la ligne de crête qui les surplombe. Et cela en roulant de part et d’autre de l’axe qui relie le col du Mont de Fourche, Faucogney et Mélisey. Et donc en découvrant de nouvelles routes, à travers les prairies et les bois, en franchissant des ruisseaux, et en longeant un nombre bien plus grand d’étangs, petits ou grands.

Ce qui s’est trouvé accentué du même coup, c’est le caractère sinueux et escarpé du parcours, un parcours qui présente au moins cet avantage : quand ça ne monte pas, ça descend ! Pour le plat, tu repasseras. Mais pour monter, ça monte : des raidillons courts, des faux-plats, des vraies côtes, des pentes douces et des bien raides, comme la redoutée côte d’Esmoulières, gravée au nom de l’enfant du pays (que de « Thibault Pinot » sur la route, mais guère de Jean-mi, de Bernard ou d’Amico, c’est bizarre). Mais le clou, ce fut bien la côte que personne ne connaissait, au pied de Servance en direction de La Mer : la photo ci-jointe ne ment pas, et le 18 %, c’est bien dans le sens de la montée qu’on l’a siroté, lentement, bien lentement, une vraie dégustation, mes amis. Je n’ai qu’une excuse : pas fait exprès !

Ce qui a grimpé du même coup cette année, c’est le kilométrage (133 bornes) et plus encore le dénivelé : 2200 m (dont près de 900 l’après-midi). Les grimpeurs ont eu la bonté d’attendre les promeneurs en haut des côtes, si bien que personnellement je ne les ai guère aperçus roulant, les premiers de cordée, mais le plus souvent arrêtés, patientant, à croire que la bonne fée des étangs les transportait de bosse en bosse sur son tapis volant. Mais qu’on se rassure : les bons génies qui flottent sur les eaux conseillaient sagement aux autres de prendre tout leur temps, de lever la tête et de savourer. Ce qu’ils firent, à satiété.

Et comme grande est ma bonté, je ne souhaite qu’une chose : c’est que le petit cercle des élus s’agrandisse, si la fantaisie nous prend de sillonner à nouveau, l’an prochain, le très enchanteur pays des mille étangs.
En évitant d’en passer par du 18 % ?

 

Compte rendu du JM 2 (Gérardmer, 3 mai)

La valse des braquets

Après la mise en jambes du Donon (le 3 avril), enfin une sortie montagne digne de ce nom (2400 m de grimpettes), sur un parcours inauguré l’an dernier, et dont j’avais dit tout le bien que j’osais penser, mais l’avis était alors partagé (je ne vais donc pas recommencer, voir le compte rendu du MM 4, 13 juin) ! Franchement, il est toujours aussi beau, ce parcours, avec même un petit charme supplémentaire : début mai, sur les hauteurs, le printemps est moins avancé, et nous avons donc pu admirer une végétation qui était encore dans sa prime jeunesse. Vous allez me dire, il doit bien y avoir une contrepartie : j’y viens, après avoir établi la liste des 17 participants.

Élisabeth ANTOINE – Gérard CHEVALLIER – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Marc DI GIANANTONIO – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques LAFOND – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Ludovic THOMAS – Pierre VALLOIS

Beaucoup d’autres m’avaient écrit, qui n’étaient pas disponibles, et qui regrettaient de ne pouvoir participer à la fête. Une fête un peu humide au départ : un soupçon de bruine, vite dissipé, de la brume sur la route des crêtes, un peu plus tenace, une fraîcheur accrue dans la descente du Platzerwasel (température ressentie : zéro ?). Avant le soleil alsacien et une poussée thermique lors de la belle montée du Collet du Linge. Ce sera le régime de l’après-midi : coup de chaud en montée, coup de frais en descente. D’où la différence par rapport à l’an dernier (il faisait très beau) : les organismes encaissent, les cuisses durcissent, les efforts usent. Et vu de l’arrière, l’élastique se tend.

Dans le brouillard et le froid demeurer groupés s’est avéré difficile ; et quand le Chti Jean-Claude, à l’arrière, se paie deux crevaisons de suite, on attend, on attend en vain, et on ne se retrouve qu’à l’auberge. Par rapport à 2017, une bonne demi-heure de retard « à la soupe ». Façon de parler : ce sont collet garni abondant et tartes aux fruits généreuses que nous servit l’Auberge Obschel. Une bonne adresse. On y reviendra, mais en été, et on profitera alors de la grande terrasse qui donne sur les bois.

Quelques anecdotes, maintenant. Gégé le vaillant, malgré ses douleurs récentes, a tenu à être de la partie, et malgré ses raccourcis, il aura beaucoup grimpé. Chapeau ! Et le Chti qui n’avait pas la frite aura lui aussi bien œuvré, après ses déboires du matin. Casquette !

Quant à Amico, il a permis à Jean-Mi de proférer le bon mot du jour : un Amico devenu « Amicol » au motif qu’il nous a rejoints en voiture à mi-pente du col de la Schlucht. Celle-là, j’aurais aimé la faire. Je me suis rattrapé (ô le vantard) à proximité des Basses et des Hautes Huttes, en refaisant un peu de Mélenchon (voir mon CR du 1ermai sur le site des Randos) : les VVV ont réussi, eux, « la convergence des Huttes ».

On a revu pour la première fois cette année Jack la relance et le jeune Ludovic : quand je dis « revu », c’est une façon de parler… moi, je les ai parfois aperçus, mon allure n’étant pas la leur, ni celle de la majorité du groupe. Mais la prochaine fois, je prendrai leur roue, pour pouvoir vous en dire plus. Hier, j’ai musardé le matin et je me suis un peu traîné l’après-midi, la faute au collet sur l’estomac et aux patates dans les mollets. Mais cela m’a permis une fois de plus, dans la longue remontée finale sur la Schlucht d’apprécier le soutien constant des bons amis : Claude, Amico, Francis et Jean-Mi, des VVV exemplaires, n’ayons pas peur des mots (d’autant qu’en matinée, les deux derniers nommés s’étaient déjà dévoués pour secourir le Chti infortuné).

Bonus : à l’occasion du retour en montagne, où il faut savoir jouer du braquet (même Amicol, hier, n’est pas resté tout le temps sur la plaque) je vous ai concocté une petite valse à ma façon. Une valse à trois temps d’abord (dans les trois quatrains) : des alexandrins sur le rythme 4/4/4 ; puis à quatre temps dans les deux tercets, sur un rythme 3/3/3/3. Du grand art, je vous l’accorde. Voici donc (prière de lire en respectant les rythmes, ce qui permet de se passer de ponctuation) …

La valse des braquets

Au pied du col interminable gare au braquet

Que tu adoptes si tu ne veux gros paltoquet

Voir le sommet que tu convoites se dérober

À tes efforts ainsi bien mal récompensés.

 

Si tu moulines comme un damné mon pauvre ami

Ton cœur battra comme un tambour un tsunami

T’emportera sans oxygène tu t’affaisseras

Le bas-côté sera ton lot mon pauvre gars.

 

Si tu prétends trop gros braquet privilégier

Lactique acide te piégera Pour te hisser

Jusqu’au sommet tu peineras tu souffriras

Au GPM défait fourbu tu échoueras.

 

Cliquetis cliqueta c’est le chant des braquets

Une deux trois c’est la valse quatre cinq six c’est la fête

Sept huit neuf c’est la danse la polka des jarrets.

 

Entends-tu la musique le refrain de ta quête

En danseuse tu progresses sur la selle tu régresses

Apprends donc à danser, respire et lève les fesses !

Reynald

 

Compte rendu du JP 3 (19 avril 2018, Dommartin-les-Toul)

Une sortie parfaite

          Il y a des jours comme ça, où tout va bien, très bien… Les planètes s’alignent, l’anticyclone nous protège, le printemps et l’été se marient, le vent fait une pause, et tout se conjugue pour exaucer le vœu le plus cher des fondus de vélo : vivre la sortie parfaite. La sortie à ne surtout pas rater, tant on pressent qu’elle sera exceptionnelle. Pas surprenant, donc, qu’au départ du JP 3 des VVV le peloton s’élève à 28 unités, record battu (du moins depuis que je suis aux commandes), 28 dont deux petits nouveaux, Alain Orditz et Daniel (à préciser) :

Philippe ALBERGE – Élisabeth ANTOINE – Christian BAUQUEL – Guy CAYROU – Gérard CHEVALLIER – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Claude DIETMANN – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Marie SALVESTRIN – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB – Dominique TISSERAND – Marcel WILLEMIN + Alain ORDITZ et Daniel

Une journée parfaite, sauf pour Claude D., qui avait eu la mauvaise idée d’enfourcher un biclou vétuste, aux pneus poreux et à la cassette branlante, ce qui l’a obligé à s’en retourner prématurément. Mais il a tenu à nous rejoindre au restaurant, si bien que nous fûmes 27 autour de la table, Marcel, de son côté, ne souhaitant pas rompre son jeûne : lui, c’est l’ascète, nous c’est l’assiette… Guy et Gégé, qui travaillent à leur retour en forme, se sont privés, eux, de quelques kilomètres, grâce à deux raccourcis, mais en effectuant tout de même 137 km, contre 165 km pour le gros du peloton et 1550 m de dénivelé, si j’en crois le compteur de Francis – moi, j’avais oublié le mien, ce qui m’a obligé à ne me fier qu’à mes sensations (au moins, j’ai pu vérifier que je me connais par cœur et que c’était donc parfaitement possible).

Il semble aussi que nous ayons roulé à une vitesse moindre que celle de l’an dernier, ce dont il faut nous réjouir. Dans le cas contraire, la journée n’aurait pas été aussi parfaite. Car c’était le jour ou jamais de lever les yeux et de prendre le temps de savourer. Savourer, c’est bien le mot, en ne gardant surtout pas la tête dans le guidon : s’imprégner des paysages, s’émerveiller de l’éclosion du printemps, de la splendeur des arbres en fleurs et des couleurs revenues, ressentir la douceur des premières heures, goûter le charme des petites routes forestières, apercevoir l’éclat des ruisseaux dans les prés… En résumé, rien pour la performance et tout pour la promenade, même s’il s’agit d’une promenade sportive. Le vélo comme je l’aime, et comme les VVV savent parfois l’apprécier pour peu que les circonstances invitent au plaisir de rouler plus qu’à l’envie de se hâter.

Le parcours, je ne suis pas mécontent de l’avoir ainsi tracé, en l’inversant par rapport à l’an dernier et en introduisant quelques modifications. Et je crois que je ne suis pas le seul à l’avoir savouré. L’expérience d’hier confirme que la bonne proportion, pour ce qui est de la distance et du dénivelé, c’est deux tiers le matin, et un tiers l’après-midi. Et si possible du plat au moment de la digestion ; mais trouver un restaurant bien situé, qui réponde à ces deux critères, ce n’est pas toujours évident, surtout dans le massif vosgien. Quant au lieu des agapes, le  « Central » de Gondrecourt, je ne le connaissais pas, et je l’ai trouvé bien agréable, avec sa grande salle vitrée donnant sur l’Ornain. À défaut d’avoir pu faire escale à l’Auberge du Père Louis, nous avons eu droit à une halte de qualité. Menu convenable, prix modique et service rapide.

Se trouvera-t-il quelqu’un pour mettre un bémol à mon enthousiasme ? En pensant à la chaleur un peu forte de l’après-midi ? Il est vrai qu’une première chaleur estivale au début du printemps, c’est un peu éprouvant, mais qui va s’en plaindre ? Ou quelqu’un va-t-il se demander qui était le capitaine de route, au lieu de féliciter Amico pour sa grande discrétion dans l’exercice de la fonction ? Ou se plaindre d’un vélo-balai qui a balayé un peu n’importe où, et pas toujours à l’arrière du peloton ? Je le concède (puisque je m’étais proposé pour cette tâche), mais il m’a fallu parfois me porter à l’avant pour remettre dans le droit chemin les étourdis qui oublient d’examiner le tracé que je leur envoie et qui vont où leur fantaisie les porte. À moins qu’ils aient la mémoire qui flanche : avec l’âge, ce sont des choses qui arrivent.

Ce que la météo nous réserve lors des prochaines sorties, nous ne le savons pas, mais ce dont on ne peut guère douter, c’est que le moral des VVV est désormais au beau fixe.

 

Compte rendu du MM 1 (Maixe, 3 avril)

Le vent souffle où il veut

     Le big chief des VVV, c’est un pote à moi. Alors, il m’avait filé un coup de bigo comme quoi, si je voulais, je pourrais me mêler à la bande de vieux pédalos qui allaient se taper une grimpette du côté du Donon, histoire de se refaire une jeunesse. Comme je n’avais pas tricoté des gambettes depuis un bout de temps, j’avais le trouillomètre à zéro, mais ça m’a travaillé … alors je m’y suis pointé, à leur rencard. La vache, pour des croulants, ils ont de la gueule, les accros du vélo, ça grisonne ferme mais pas un poil de graisse, et plutôt sympas. Ils ne se sont même pas foutus de ma tronche en voyant que ma bécane, c’était pas du dernier cri, alors que les leurs, de biclous, c’est de l’ultraléger, du profilé nickel chrome. Pas moins de vingt qu’ils étaient, les ancêtres, plus deux qu’avaient pris de l’avance, le fondateur de la secte, le grand Gégé, et le Guitou, un Africain de la Drôme, un type hyper exotique, quoi. Donc, la liste :

Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Gérard CHEVALLIER – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Marc DI GIANANTONIO – Claude DIETMANN – Michel GEORGEON – Bernard GUERARD – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Jacques KEMPF – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Dominique PERRET – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ

Faut ajouter le gars Marcel (Villemin), qui s’est tiré avant la pause, vu qu’il n’avait pas envie de croûter dans un restal. Plus moi qui vous cause, l’homme invisible, mais je compte pour du beurre. Le vrai compte c’est 21 (22 avec l’abstinent).

Au début, c’est bonnard, que du plat sur une piste faite toute exprès, et du zef dans le dos … le pied, ça mouline tranquillos, on enfile les bornes jusqu’à Lagarde (passez-moi l’expression). Mais à chaque fois qu’on pique au sud, on sent que le vent, qui « souffle où il veut », ne sera pas toujours du genre complaisant. Pour l’instant, on pédale modeste, on s’économise, on en garde. Et Domi le Moulineur (promu capitaine de route) veille à ce qu’il n’y ait ni échappés ni lâchés. Ça gaze, jusqu’à la petite pause qui précède la grimpette du jour : on se mange une barre, on se désape, on s’allège. On va voir ce qu’on va voir.

Ce n’est pas que ce soit duraille, le Donon, mais c’est long : 12 km de faux-plat, puis 8 de vraie montée, du 5% le plus souvent, pas de quoi broyer du noir. N’empêche, c’est long, 20 bornes sans roue libre. D’un autre côté, comme premier col de la saison, on ne peut guère trouver mieux. Et puis, c’est bath, le torrent, les sapins, la quiétude (pas de sociopathes au volant, ni même de gros connards de motards). Mais, je m’en doutais un peu, dès que ça grimpe, la troupe s’éparpille. Les plus fortiches, on dirait que c’est le vélo qui les propulse, et pas l’inverse. Dès le faux-plat, adieu l’ami, ils embrayent, on ne les reverra plus. Plus de deux bornes dans la vue qu’ils mettront aux infra-véloces : ceux-ci, faut pas croire qu’ils musardent, pépères, je crois même que c’est l’inverse, ils ont le palpitant qui cogne, les bronches qui saturent, les cuisses qui couinent, la vue qui se brouille, le mollet qui mollit… bref, les vrais méritants, c’est à l’arrière qu’ils se tiennent. Ceux de l’avant avancent, ceux de l’arrière ne reculent pas, c’est toute la différence. Mais, tant bien que mal, les voici tous au sommet, entre les deux Donon (le petit et le grand), qu’on m’explique, et aussi que le col routier où qu’on arrive, c’est le col de l’Engin qu’il s’appelle (je vous  demande un peu, l’Engin…).

Ensuite, il n’y plus qu’à descendre et à se mettre à table. Une sortie VVV qui se respecte, c’est pédalage plus bectance. Et qui dit convive dit convivialité. Papoter, blaguer, chambrer sont aussi au menu. Certes, le restau de la Poste, ce n’est pas Bocuse, mais c’est convenable, pas cher, et rapide. Cela dit, j’ai remarqué que parmi les maillots distinctifs du peloton, il y avait celui du Crédit mutuel : Marco, pour un banquier, c’est un gars hyper sympa, alors je l’ai branché, le contrat est presque signé. L’idée est simple : il nous sponsoriserait, et comme ça on pourrait s’en mettre plein la lampe, du meilleur, de l’étoilé ! Et au lieu de boire de la flotte, on se siroterait du rouquin millésimé (et pas du brouille-ménage à quatre sous). La fête, quoi, la vraie ! Vous allez me dire, remonter ensuite sur nos engins (tiens, ça colle), quelle galère… Certes.

Mais revenir à Maixe avec un vent dans la tronche à décorner les bœufs, c’est quoi ? Jusqu’au pied du col de la Chapelotte, ça va, ça descend, on se frise la moustache. Le col, pas long, pas très pentu, ça va encore, même si, en pleine digestion, on pourrait se le monter plus cool. Ensuite, cap à l’ouest, et là, bonjour les dégâts ! On s’est promis de s’organiser, et pendant quelques bornes, ça marche, à coup d’éventails. Et de cassures. Les rafales de côté, c’est mortel. Façon de parler, mais n’empêche, au sortir d’un bois ou en croisant un camion, quelle soufflante on se prend ! C’est miracle qu’on ne se vautre pas sur le bitume, ou dans le fossé. Mais ce qui ajoute à la difficulté, c’est le tempérament VVV lui-même, il faut le dire… V comme Valeureux plus que V comme Vétéran. Car plus c’est dur, et plus il en remet, le vieux qui ne veut pas vieillir. Il appuie, il écrase, il lutte. Il profite de la grande soufflerie pour peaufiner son aérodynamisme, quand d’autres succombent sous l’aérophagie. Que d’air, que d’air ! Je ne vous fais pas un dessin : le retour, c’est la course à l’élastique. S’organiser, qu’ils disaient… ouais, mais au rythme des malabars du braquet. Sinon, t’es dans le vent, dans le trou, dans le trou d’air : tu erres à l’arrière, tu te demandes ce que tu fais là. Et puis, tu les revois, ils t’attendent. Avant de repartir de plus belle.

     Allez, faut conclure : comme dit un ami à moi qui a des lettres, le masochisme est un hédonisme. Par définition. Fais-toi mal pour te faire du bien : la devise des VVV ?
Reynald (par délégation)

Compte rendu du JP 2 (29 mars 2018, Void-Vacon)

Une fenêtre sur la Meuse

     Soyons clairs, il fait moche depuis le début de l’année. Mais parfois s’ouvre une petite fenêtre de temps acceptable, ou une simple lucarne, ou un médiocre vasistas, mais qu’importe, c’est toujours mieux que rien : alors le cycliste sevré de sorties s’y engouffre ! Après avoir patienté une semaine durant, c’est ce que firent hier 17 pédaleurs en mal de kilomètres, au départ de Void, pour la désormais classique « Petite Meusienne » :

Élisabeth ANTOINE – Guy CAYROU – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Michel JACQUOT – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Claude PETITDEMANGE – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB

Dans le contexte météo actuel, et au vu du peu de préparation d’un certain nombre de protagonistes, c’est là un succès. Pour presque tout le monde, je crois, c’est pour l’instant la sortie la plus longue (152 km) et la plus pentue (+ 1370 m) effectuée en 2018. En attendant des jours meilleurs et des escapades beaucoup plus escarpées.

J’avais remis le parcours à l’endroit, c’est-à-dire dans le sens où les pentes sont plus douces, car la particularité de la plupart des onze côtes répertoriées c’est leur asymétrie ; et prises comme l’an dernier dans le sens opposé, ça faisait nettement plus mal aux pattes. Dans les deux cas, on peut prendre le temps d’admirer les beaux édifices d’Euville : l’église aux deux clochers, construite fin XIXe dans un style éclectique, qui mêle du roman et du gothique ; et l’hôtel de ville de style art nouveau, à la conception de laquelle a participé l’architecte Eugène Vallin, et qui renferme de splendides vitraux de Gruber. Un autre attrait d’Euville, c’est le site remarquable des anciennes carrières, qui peut se visiter à pied et qui comporte une exposition permanente sur la célèbre pierre qui en était extraite. Mais nous n’en avons aperçu que la pancarte, à la sortie du village.

On a pu, en revanche, prendre le temps d’admirer quelques paysages, dont celui qui domine la vallée de la Meuse au-dessus d’Ailly, non loin de la célèbre et funeste « tranchée de la soif ». Les petites routes, fort peu fréquentées, forestières ou non, contribuent aussi au charme de ce parcours, même si les intempéries récentes et les travaux des champs y ont laissé quelques traces, en provoquant deux crevaisons avant la pause. Pas de quoi gâcher le plaisir de retrouver « Le Nid de la mirabelle », un petit restaurant comme on les aime lors de nos sorties VVV : un repas complet de qualité, un service aimable et rapide, pour une somme modique, bière et café compris. Notre Africain des Baronnies, l’ami Guy Cayrou, a tenu à nous y rejoindre après avoir effectué le début de la balade avec nous, pas mécontent de concilier les tours de roue et la fin de sa convalescence. Sa chance, c’est de n’avoir pas eu ensuite à concilier digestion et pédalage…

Car en ce qui me concerne, la première heure de la reprise, c’est vraiment ce qui demeure de plus dur à digérer. Je ne dois pas être le seul dans ce cas, mais les autres cachent bien leur jeu : ils en bavent mais ils s’accrochent. Ce qui me console, c’est que Bernard G. m’a dit éprouver les mêmes sensations : j’ai donc un point commun avec l’un des cadors du peloton ! Moi qui suis devenu, j’ose à peine l’écrire, le doyen de la confrérie… dur, dur. Gégé, reviens ! J’ai parfois l’impression de rouler avec une bande de jeunes. Des jeunes quelque peu sur le retour, à dire vrai, sur le retour même à l’aller. J’observe que notre sprinter déglingué, le Phi-phi de Verdun, n’a guère disputé de pancartes, que les pousseurs en chef (Marc l’hédoniste et Claude aux blancs pieds) ont été avares de poussettes, que les costauds n’ont pas cassé la baraque, que les grimpeurs modestes ont modestement grimpé, et que beaucoup ont préféré l’abri au relais. Mais ce qui demeure la signature VVV, c’est que quand ça sent l’écurie, un vent de folie se lève, ça trépigne, ça s’emballe, ça fonce ! Comme s’ils étaient pressés d’en finir, je vous demande un peu … Faut savourer, les amis, moulinez, profitez de chaque tour de pédale, avant que tout s’arrête. Jusqu’à la fois suivante. La météo aidant, on grimpera le premier col de la saison. Le pied !

JP 1 (8 mars 2018, Lay-saint-Christophe)

Les rafales de mars

     C’est la rentrée des VVV, sous un frais soleil et dans le plaisir des retrouvailles. Ils sont nombreux, les garnements qui ont répondu présents, les bons élèves, les cancres et les chahuteurs. Les premiers de cordée et les sherpas, les seigneurs de la route et les humbles serviteurs. Et pour la première fois (du moins depuis que je fréquente la confrérie), deux dames dans le peloton, Élisabeth la chevronnée et Anne la novice : en cette journée des droits des femmes, c’était bien le moins. Il y a là aussi le nouveau président des Cyclos Randos Nancéiens, Jean-Michel Schwob, un néo-retraité qu’on reverra tout au long de l’année. En tout, 25 pédaleurs, record 2017 égalé ! Voici qui promet.

Élisabeth ANTOINE – Christian BAUQUEL – Gérard CONREAUX – Alain DAUCH – Amico DI CIANNO – Anne DINQUEL – Michel GEORGEON – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Jean-Claude HAZOTTE – Marc HENQUEL – Jean-Claude HURET – Michel JACQUOT – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Philippe MIDON – Jean-Michel NICOLAS – Patrick NICOLAS – Dominique PERRET – Claude PETITDEMANGE – Francis ROCH – Philippe SCHUTZ – Jean-Michel SCHWOB – Ludovic THOMAS – Christian WESTRICH

On choisit d’éviter le secteur Bioncourt-Laneuville : trop de terre répandue sur la route (comme je l’ai constaté la veille). Je propose de rejoindre directement Lanfroicourt et Manhoué, on m’objecte que JC Hazotte nous attend chez lui, à Brin. On prend donc la piste : on ne verra pas JCH, mais Fifi le Déglingos en aura profité pour ramasser du silex. Une crevaison, trop vite réparée, et il remet le couvert, notre Fifi qui avoue avoir de « vieux pneus ». Moralité : quand on a des vieilles jambes, on ne roule pas avec des vieux pneus ! C’est à Laneuville-en-Saulnois qu’on retrouve JCH en même temps que le tracé du parcours. On aura fait quelques kilomètres en plus, mais avec un bon vent arrière.

L’allure est tranquille, sous la conduite avisée de notre capitaine de route, Claude Petitdemange, mais la différence est déjà sensible entre ceux qui ont beaucoup roulé ces dernières semaines et ceux qui ont hiberné. Anne et Michel, à court de kilomètres, ont la sagesse de nous quitter près de Delme. Plus tard, à Nomeny, ce sera au tour de Gérard C. et de Philippe M. Il n’y a pas de miracle, retrouver la forme ne se fait pas en un jour. D’autant qu’on vérifie une fois de plus que parcours-plaine ne veut pas dire parcours plat. Mais jusqu’à la pause de Baudrecourt, on a le sourire dans les gambettes. On prend le temps de lever la tête et de gober le soleil.

Ensuite, sur la route du retour, c’est une autre paire de manches : il faut se le manger, le vent de face, le vent dans la poire, le vent méchant, musclé, sournois. Le meilleur ennemi du cycliste. L’invisible. Nous voici au régime cassures, éventails et petits groupes. Aussi longtemps qu’on s’organise en conséquence, on résiste. Quelques-uns se sacrifient, les autres s’accrochent. Mais les forces s’usent vite, la dispersion menace. Bientôt, de l’arrière, j’aperçois non plus des petits groupes, mais des unités, éparpillées. Chacun pour soi, quand le bon sens serait de se réorganiser incessamment. Mais pour ce faire, il faudrait que l’idée monte jusqu’au cerveau (on s’attend, on se regroupe, on ne prend pas la tangente après avoir bien sucé les roues) : il faut croire que le vent vif provoque aussi des courants d’air dans les neurones… les fatigués de l’arrière en sont quittes pour se fatiguer encore un peu plus. Dur, le vélo dans le vent ! On aura échappé aux giboulées de mars, mais pas aux rafales. Il y a des jours où je préfère la pluie.

Le résultat est qu’il y aura bien peu de monde pour faire le parcours complet, qui impliquait de se coltiner quelques côtes de plus, et d’autres grosses rasades de rafales. A Pont-de-Mons, la majorité des époumonés choisit l’option du retour direct. J’en suis. Et je suis, mais à distance, obligé de souffler, car mon cardio s’est emballé, quelques arythmies m’ont perturbé, et je sens que mes guibolles en ont ras le bol. Retour au calme. Retour très présidentiel (on ne se refuse rien) : Jean-Michel S. et moi faisons la paire, on devise, on débriefe, on se dit que la forme va revenir. Patience. Le fait est qu’en ce qui me concerne je termine plus fatigué que lors de toutes les sorties 2017, pourtant plus longues et plus pentues. Pessimiste, je me dis qu’avec un an de plus c’est le début de la fin ; optimiste, qu’il va suffire d’engranger les kilomètres, et au besoin de s’engouffrer encore rafales et courants d’air.

Je choisis la version optimiste : pour moi comme pour d’autres, ça ira mieux la prochaine fois ! Et nul doute que cette première sortie VVV aura été profitable.


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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