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Compte rendu P 8 (30 octobre 2025, Bayon)
La lumière de l’été indien
Les reports ont parfois du bon, jamais nous n’avions roulé aussi tard lors de nos années VVV, et voici que fin octobre nous est octroyée une fenêtre de très beau temps, inespérée mais ô combien appréciée. Et, lien de cause à effet ou non, nous battons in extremis le record de participation 2025 : 37 cyclopathes ont effectué tout ou partie de l’escapade, Gilles et François s’ajoutant aux 35 convives du « Chamagon ». C’est peu dire que ce fut une belle journée : mon compte rendu de notre toute première sortie s’intitulait « La lumière des retrouvailles », la toute dernière mérite bien de figurer dans nos archives comme celle de « La lumière de l’été indien », les heureux participants du jour ne me démentiront pas :
Michel ANDRÉ – Édith ANGEL – Fabien et Marie Hélène BOTHIEN – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Bernard CUNY – Gilles DELABARRE – Patrick DESCHARNES – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Jean-Louis GILLARD – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Guy HUSSON – Smaïl IDRI – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Jean-Michel NICOLAS – Alain ORDITZ – Dominique PERRET – Claude et Colette PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Gérard REGRIGNY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – François SAGNARD – Dominique TISSERANT – Alain VALTA – Jean-Pierre VALTER – Michel VILLEMIN
Saluons le retour d’Alain Valta et de deux de nos convalescents (Gérard R. et Jean-Louis M.), celui du toujours jeune athlète du marathon, Michel V. (qui vient de battre son record personnel sur la distance, à Amsterdam – à son âge, comment fait-il ?), et la présence renouvelée de Smaïl et Erwin, en passe de devenir des fidèles de notre confrérie. Et saluons par-dessus tout l’organisateur du jour, Claude Dietmann, qui nous a offert deux parcours, le petit et le grand, de toute beauté. Le grand parcours a permis au capitaine Bernard G. de nous faire à son tour une Pogačar, en se portant à l’avant très tôt et en roulant seul ensuite jusqu’à la pause. Mais si Bernard a ainsi imité Jean-Luc C. (lors de la sortie précédente), relevons que Claude D. a hier imité Bernard (lors de la sortie de Domrémy l’an dernier), à savoir qu’il nous a dessiné des parcours en plaine avec des dénivelés de parcours en montagne (autour de 1500 m pour le PP et de 1700 m pour le GP). Il semble sage, à l’avenir, de ne pas imiter ces imitations.
Il reste que des côtes nombreuses, et même un col, celui des Trois Fontaines, voici qui a contribué largement à la qualité de ces parcours, mais aussi réclamé des efforts répétés, que les Valeureux ne détestent pas, ça se saurait, mais qui n’en sont pas moins exigeants. Mon petit doigt me dit que la vaillante Balnéolaise du peloton s’en souviendra (c’est qui, c’est qui, que vous vous me demandez – eh bien, cherchez, mes amis). Des profils très vallonnés, voici qui favorise aussi un certain éparpillement et rend souhaitable des regroupements réguliers. On m’a rapporté que les très nombreux adeptes du petit parcours avaient réussi, tant bien que mal, à observer cette alternance. Ils seraient arrivés tous ensemble à la table du « Chamagon » (une bonne table, soit dit en passant), si une infortunée n’avait pas subi une crevaison qu’elle n’avait nullement appelée de ses vœux. Quant aux rares adeptes du grand parcours, quand ils étaient quatre, ils n’ont pas dédaigné de former quatre « groupes », puis à cinq de passer à cinq (il faut ce qu’il faut), et plus tard de n’en former plus que deux, c’est à n’y pas croire. Toujours est-il qu’à l’arrière de cette avant-garde, j’ai souvent roulé seul, jusqu’à ce que Jean-Claude H. fasse le geste de m’attendre, si bien que j’ai pu longuement être accompagné, non pas dans ma détresse (oh que non), mais dans la liesse procurée par la splendeur des paysages d’automne, par le festival des couleurs réhaussées par le soleil.
Si l’aventure des VVV se poursuit l’an prochain (de quoi, de quoi, elle pourrait s’interrompre ? Murmures, protestations sur les bancs de l’Assemblée), un grand défi pourrait être lancé : une fois, un beau jour, rouler tous ensemble, pendant la totalité de la sortie ! Un beau jour, dis-je, mais lequel ? La réponse s’impose : le jour où les poules auront des dents, où il pleuvra des grenouilles, où les alouettes nous tomberont toutes rôties dans le bec, lors de la semaine des quatre jeudis, quand l’écrevisse sifflera sur la montagne (version russe), quand les cochons voleront (version anglaise), le jour de la Saint-Glinglin, en somme. J’ajoute : le jour où nos plus vaillants cadors rouleront avec une jambe dans le plâtre, une attelle à chaque doigt, et le moral dans les chaussettes. Il ne reste plus qu’à fixer la date.
Ce qui est tout aussi rare et pourtant réel, c’est le spectacle d’un arbre vélovore, un vélo abandonné là ayant été au fil des ans enserré et proprement dévoré par cet arbre : j’ai su que certains l’ont découvert hier au sommet des Trois Fontaines, un prodige qui donne à réfléchir, la nature s’emparant de nos inventions, les absorbant, à l’image de la végétation s’infiltrant dans les ruines et descellant les murs. La nature reprenant ses droits … Avant que la banquise et les glaciers ne fondent, que les littoraux ne soient submergés, que les mégafeux ne ravagent les forêts, que les tempêtes et les cyclones ne se renforcent, que la canicule ne nous accable de plus en plus souvent … prenons nos vélos, mes amis, avant qu’ils ne soient végétalisés, noyés ou calcinés, et savourons la nature préservée et la campagne humanisée. Chevauchons nos montures préférées, dans la nostalgie de l’été indien, ce petit miracle, et dans l’espoir que reviennent les jours heureux de la pédalée confraternelle.
Reynald, le 31 octobre 2025
Compte rendu P5 (14 octobre 2025, Châtenois)
L’automne en Bassigny
Beaucoup de nos amis étaient éloignés de Nancy la semaine dernière, les uns en quête de rocs d’azur, les autres de breloques en laiton, si bien que la billetterie a tardé à s’animer, avant de faire un bond prodigieux qui a permis à la rustique escapade imaginée par l’Alain de Gye d’être honorée par quelques 25 vigoureux cyclopathes :
Michel ANDRÉ – Jean-Marie CAEL – Jean-Luc et Joëlle CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Bernard CUNY – Patrick DESCHARNES – Christian DROUOT – Francis DUVAL – Jean-Louis GILLARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Smaïl IDRI – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Sylvain MEURANT – Philippe MIDON – Jean-Michel NICOLAS – Alain ORDITZ – Colette et Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Jean-Luc ROUYER – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT
Un Châtenois peut en cacher un autre, n’est-ce pas Smaïl ? Si notre émérite moniteur d’auto-école manque le départ, ce n’est pas qu’il a oublié son code, mais qu’il a fait une confiance aveugle à son ami Gépéesse, qui lui a joué le vilain tour de l’envoyer vers le Châtenois d’Alsace au lieu du Châtenois des Vosges … Pour autant, il n’a pas perdu de points sur son permis vélo, si bien qu’il nous a fait la surprise d’apparaître sur les routes du retour, après avoir manqué, l’infortuné, l’escale au restaurant.
Le départ a été différé d’un quart d’heure, car Châtenois c’est tout près de Nancy mais travaux sur l’autoroute aidant, un brin trop loin pour que tout le monde soit à l’heure. Les plus éruptifs s’empresseront de rattraper ce retard, les premières côtes font la sélection, et spécialement le raidard de Beaufremont (le mont des beaufs ?) : Dominique, réjoui, me confie qu’il lui fallait ça pour se débloquer les gambettes, un bon 18%, rien de moins, alors que d’autres auront à tâter en pleine pente le plancher des vaches. Ce qui facilitera la formation de deux sous-groupes sur le petit parcours du matin. Mais personne ne se retrouvera esseulé, c’est bien l’essentiel. Pas même le petit nouveau, JL Gillard – qu’il soit le bienvenu.
Le plus fort en cette circonstance abrupte, c’est l’arracheur de dents, qui va planter là tous ses camarades grimpeurs et accomplir en solitaire une « Pogačar » de derrière les fagots : 20’ d’avance à la pause ! On aura beau, à table, le soumettre à la question, pas moyen de savoir quels produits il s’envoie derrière la cravate, ou dans les veines, pour accomplir pareil exploit. Il jure être nickel, ce qu’ils disent tous, ceux qui « s’alimentent » à proportion de leurs efforts monstrueux. Mais faisons-lui crédit, il est sincère l’ami Jean-Luc, et il est costaud, il se passe même de l’alibi viral (et virenqual) que c’était « à l’insu de son plein gré ». L’après-midi, loin de jouer les héros à l’avant, il ira rechercher les égarés à l’arrière, si bien qu’il retrouvera le plus perdu de tous, notre Smail tout juste revenu d’Alsace. Un champion peut aussi se muer en bon samaritain et cordial compagnon.
Alain nous a fait découvrir une partie de l’antique région du Bassigny, qui coïncide avec la partie méridionale de la Haute-Marne et le bassin supérieur de la Meuse. Une région très agricole, située dans « la diagonale des orages » qui relie le Golfe de Gascogne et la Rhénanie, ce qui est fort dépaysant. Des orages nous fûmes épargnés, mais du soleil aussi en matinée, si bien que le gris du ciel ternissait les couleurs de saison au lieu qu’elles fussent avivées et ravissantes, les belles filles de l’automne. Toutefois, avec le retour de la lumière, au sortir du restaurant, nous avons pu les admirer dans tous les dégradés de leurs parures, les subtiles nuances du jaune et du violet, du pourpre et de l’orangé, du vermeil et du cuivré, tandis que nous musardions (je parle de mon sous-groupe) au gré des côteaux riants, des vallons velours, des prairies émeraude et des bois flamboyants. Peu de personnes humaines en cette contrée, mais nos amis de toujours, vaches méditatives, moutons laineux, biches en cavale, ânes solitaires, chevaux élégants.
Au vrai, le Bassigny se révèle prodigue en ondulations douces, en aimables panoramas, et en agencements singuliers du forestier et du champêtre. Ma prédilection va aux petites routes bordées d’un côté par des bois et de l’autre par des prairies, quand semble se dessiner une composition picturale où contraste la verticale des arbres et l’horizontale des pâturages. Je ne sais d’où me vient ce plaisir (de l’enfance, je le soupçonne), et hier je l’ai retrouvé maintes fois, ce qui forme une bonne raison, à mes yeux, de remercier Alain pour ses choix. Sans compter qu’on a pu prendre un autre plaisir, comme souvent, celui procuré par les noms des villages : Graffigny-Chemin, Breuvannes-en-Bassigny, Serécourt et Morizécourt, La Vacheresse et Saint-Ouen-lès-Parey, toute une poésie spontanée, parfois délicieusement évocatoire, quand l’abbaye de la Mothe voisine avec le bourg de Serqueux …
Quant à Martigny-les-Bains, comme son nom l’indique, ce fut une éphémère bourgade thermale, entre le Second Empire et la Seconde Guerre Mondiale. Le restaurant du lieu, on l’aura remarqué, voisine avec le toujours nommé « Parc thermal ». Cette modeste gargotte nous a dispensé d’autres soins que ceux du thermalisme, en sollicitant notre patience. Le repas fut long, le prix modique et les assiettes légères, du moins eu égard aux efforts requis par l’escapade du jour. Que se serait-il passé si ce jour avait coïncidé avec le grand événement de la cité, la foire aux escargots ? Une course de lenteur ou une indigestion carabinée ? Je vous laisse juges. Ou vous demandez leurs impressions à Sylvain et Erwin qui se sont fait tirer le portrait en gastéropodes à coquille.
Reynald, le 15 octobre 2025
Compte rendu P 7 (30 septembre 2025, Haroué)
Brume du matin passe son chemin
Une première sortie d’automne, bien fraîche au départ, brumeuse toute la matinée, discrètement ensoleillée l’après-midi ; une escapade plein sud, vers la plaine des Vosges, tantôt plate et tantôt vallonnée, tel était le programme agencé par un grand connaisseur de cette contrée : Jean-Luc avait bien préparé son affaire, nombreux sont celles et ceux qui ont profité de l’aubaine (34), et de la lumière finalement revenue:
Michel ANDRÉ – Édith ANGEL – Serge et Sylvie AUDINOT – Pierre BECK – Marie-Hélène BOTHIEN – Jean-Luc et Joëlle CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Bernard CUNY – Patrick DESCHARNES – Christian DROUOT – Philippe DUPONT – Francis DUVAL – Gilles FLOQUART – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Smail IDRI – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Sylvain MEURANT – Philippe MIDON – Jean-Michel NICOLAS – Pascal NOUE – Colette et Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Bernard SAINT-AYES – Dominique TISSERANT
Le peloton aurait été encore plus dense sans quelques forfaits, celui annoncé de Jean-Pierre Valter et ceux de dernière minute d’Alain Orditz (une panne de réveil) et d’Yves Becker (une panne de VAE). En revanche, ont été accueillies trois paires de jambes nouvelles, celles de Sylvie Audinot (une grande première pour elle sur une telle distance), de Philippe Dupont et de Pascal Noue – tous invités à revenir quand ils le voudront, bien sûr. Saluons aussi le retour de Michel André, de Philippe Midon et de Francis Roch – un Francis remis en forme par les bons soins et les bains doux d’Amélie (vous n’en saurez pas plus). Quant à l’inusable Denis Leonet, il nous a fait la surprise de nous rejoindre au restaurant de Gironcourt : le docteur Beck venait de me dire un mot de ses récents ennuis de santé, suffisamment sérieux pour expliquer son absence, et voici qu’il apparaît comme si de rien n’était … Une embellie pulmonaire, en somme.
J’en profite pour adresser nos meilleures pensées aux amis affligés de maux divers, Fabien, Patrice, Pierrick, Éric, Jean-Louis, j’en oublie peut-être, mais je songe aussi à notre vénérable Gérard R., le fondateur de notre confrérie. Puissent-ils revenir tour à tour parmi nous !
Partir d’Haroué, au plus près du très remarquable château des Beauvau-Craon, c’est le gage d’un accueil princier, celui de la maison Clément-Rouyer : le café est servi et les parts de cake offertes à volonté. Nous voici réchauffés et disposés à braver la brume. Car on n’y voit goutte, les paysages s’absentent, on les devine à peine, mais on se souvient parfois que sous le soleil ils sont tout à fait charmants. Se souvenir ou imaginer, deux autres manières de percevoir. Et après tout, rouler dans la ouate ne manque pas de douceur, d’autant que les routes, elles, demeurent suffisamment visibles et que les nombreux feux rouges des vélos sont un guide précieux pour ceux qui s’exposeraient à faire fausse route. Entre amis, on navigue à l’estime, et le risque est faible de s’égarer.
La tendance se confirme, le petit parcours rallie des suffrages croissants, les deux tiers du peloton lors de cette sortie, l’autre tiers se divisant en une poignée d’échappés vaillants et une phalange de modérés bienveillants. Ces derniers arrivent les derniers au restaurant, c’est logique, mais ce n’est pas si mal pour de vieilles guiboles, après 97 km et 1000 m de dénivelé. Et parmi eux, plusieurs se taperont la rallonge du chef après le repas, l’ascension de « la colline inspirée » chère à Maurice Barrès. Les modestes ont aussi leur côté glouton.
Nous vieillissons, ce n’est pas une « fake news », mais différemment : Michel a évoqué à table son test d’âge dit « biologique », test qui lui accorde un âge de 54 ans alors qu’il vient d’atteindre les 70 ! Ce n’est pas la seule pratique régulière du vélo qui lui vaut ce privilège, puisqu’une foule de facteurs contribuent à façonner notre « état de marche » (si je puis dire). Mais il est probable que cette pratique n’y est pas pour rien, même si elle ne peut parer à toutes les avanies. Il est réconfortant de le penser, et plus encore de l’éprouver au quotidien. Alors, persévérons, pédalons à l’unisson, fût-ce dans la brume.
Reynald, le 1er octobre 2025
Compte rendu P 6 (16 septembre 2025, Fresnes-en-Woëvre)
Les routes du souvenir
Alain Collinet nous a quittés voici un an bientôt, à l’âge de 64 ans. À l’égard de cet ami estimé de tous, nous avons contracté une dette, celle du souvenir. Revenir rouler sur les routes qui lui étaient familières s’imposait, des routes qu’il nous avait lui-même fait connaître en nous accueillant à plusieurs reprises au départ de Verdun. Sa vitalité, sa sympathie et sa générosité étaient communicatives, tous ceux qui ont eu la chance de le connaître s’en souviennent, et à jamais s’en souviendront. Les participants à la sortie organisée par Jean-Pierre Valter en ont porté témoignage :
Édith ANGEL – Catherine AUBOIN – Pierre BECK – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU Francis DUVAL – Gérard FAVIER – Gilles FLOQUART – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Smail IDRI – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Sylvain MEURANT – Jean-Michel NICOLAS – Dominique PERRET – Colette et Claude PETITDEMANGE – Jean-Luc ROUYER – Dominique TISSERANT – Jean-Pierre VALTER
Un regret : beaucoup de ceux qui auraient aimé participer à cette sortie du souvenir et de l’amitié ont en été empêchés, pour diverses raisons personnelles. Nul doute qu’ils s’y sont associés en pensée. En revanche, la présence de Catherine, la compagne d’Alain, a rendu palpable le lien avec l’ami disparu, au côté duquel elle s’était mise à la pratique du vélo, sans renoncer à son sport de prédilection, la marche nordique. Nous avons eu le plaisir de côtoyer le couple lors de nos sorties dans le nord-meusien et de certains séjours en montagne (Auvergne, Alpes, Drôme provençale). Catherine nous a accueillis de belle façon à Fresnes, comme le faisait Alain, et elle est venue partager notre repas à Marville, en regrettant de n’avoir pu rouler avec nous, la faute à un vélo récalcitrant.
L’autre façon de rendre à l’absent une forme de présence a été d’aller nous recueillir sur sa tombe, dans le petit village de Crépion, où Alain avait sa ferme. Merci à Jean-Pierre d’y avoir songé lors de son élaboration de cette « sortie du souvenir ». Et c’est sur un tout autre plan qu’elle a mérité cette appellation, puisque nous sommes passés par le mémorial et par l’ossuaire de Douaumont. Les morts y sont anonymes et innombrables. Des héros, peut-être, des victimes, c’est certain. D’innocentes victimes de la grande tuerie de 14-18 que des dirigeants « somnambules » n’ont pas su empêcher, qu’ils ont même voulue, en arguant qu’elle serait la der des ders. On connaît la suite.
Soyons justes, notre sortie n’a pas contenu que des « villages détruits », des villages fantômes, en fait, puisqu’il n’en reste rien, et que des paysages pour toujours modelés par les bombardements. Elle nous a permis aussi de découvrir nombre de petites routes éloignées du trafic, riches en ondulations modestes, en pâturages paisibles, en plaines resserrées. Rien de prétentieux, mais un bel échantillon de terroir familier. Qu’on aurait plus calmement apprécié si l’ami qui ne nous veut pas que du bien n’avait été de la partie : je parle du vent, du Vent majuscule, du vent qui bouscule à tout-va, surtout quand il est latéral, du vent qui use et épuise, lors même que les côtes ne se poussent pas du col. En matinée, il eut le bon goût d’être parfois favorable, et très brièvement l’après-midi, un répit trop bref avant la grande soufflerie.
L’un de ceux qui ne vont pas l’oublier de sitôt, c’est le néophyte d’hier, Gérard Favier, peu habitué aux longues randonnées. On s’est efforcé de l’abriter à l’arrière, sans résultat probant. Au sortir du restaurant, il n’était que légèrement snacké, un peu plus loin il était semi- cuit, avant d’être cuit à point, et comme le vent soufflait fort sur les braises il en devint vite carbonisé. Il est quand même rentré à bon port avec ses trois assistants. On ne laisse personne en route, foi de VVV ! L’autre nouveau (ou presque), Gilles Floquart, n’a pas eu besoin d’aide, à ce qu’il m’a semblé. Tous deux seront les bienvenus lors de nos prochaines escapades.
Un dernier compliment à l’organisateur de la sortie : le choix du restaurant, « Le bel air » de Marville. Du foie gras truffé en entrée, mazette, c’est une première. Et comme la suite se défendait bien, l’escale a été un bon moment, qu’elle fut suivie ou non de l’achat des truffes cultivées par le maître des lieux. Si les acheteurs ont besoin de conseil de préparation ou d’aide à la dégustation, qu’ils le fassent savoir, les bonnes volontés ne manqueront pas.
Et un vœu pour terminer : que « les routes du souvenir » demeurent aussi longtemps que possible celles de l’appétit de vivre, les routes de la VVV, de la Vraie Vie Vive, dont nous avons fait notre hymne de ralliement.
Reynald, le 17 septembre 2025
Compte rendu M 8 (19 août 2025, Remiremont)
Une question de bon sens
Le double report de la sortie du Thillot a eu pour conséquence de concentrer nos trois dernières sorties Montagne en 13 jours, et ils sont 17 ceux qui se sont rendus disponibles pour réussir le triplé. Sous le soleil et dans l’allégresse, la dernière manche a eu pour théâtre quelques voies vertes ou verdoyantes des Vosges, mais aussi la Haute-Saône des Mille Étangs. Au rendez-vous de Saint-Étienne-lès-Remiremont ils sont 28, les amoureux de la Vraie Vie Vive :
Édith ANGEL – Marie-Hélène et Fabien BOTHIEN – Joëlle et Jean-Luc CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Gilles DELABARRE – Francis DUVAL – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Smail IDRI – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Jean MARC – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Dominique PERRET – Colette et Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Nadine ROESCH – Jean-Luc ROUYER – François SAGNARD – Bernard SAINT-AYES – Pierre VALLOIS -Jean-Pierre VALTER
Hélas, Marie-Hélène doit se contenter de nous suivre en voiture, son dérailleur électrique déraillant tout à fait – comme quoi, je récidive, les innovations auxquelles il est devenu difficile d’échapper apportent leur lot de contrariétés, et si l’on pouvait s’en passer on ne s’en porterait que mieux, hugh ! Quant au p’tit nouveau du jour, il s’agit de Jean Marc, qui s’est récemment rendu célèbre en se rendant de Nancy à Porto à vélo, plus de 2000 km en autonomie complète, à 70 piges, et en solitaire, waouh ! François Sagnard, lui, est réapparu, brièvement, puisqu’il a choisi de faire sa propre tambouille, sur la route et hors du restaurant. Un peu dommage, on eût aimé tailler une bavette avec lui. Et pas de dernière manche sans Petitdemange, ils sont donc revenus parmi nous, les vacanciers au long cours.
L’organisateur du jour, Jean-Luc Chapelle, révèle avant qu’on ne s’élance que les dénivelés des trois options ont été surestimés, si bien que presque tous se rabattent sur le moyen parcours, ça va dans le bon sens. La petite phalange des grands gloutons fait exception, ils ne seront que cinq à se taper la longue approche montante du col de Servance, et le col lui-même, bien entendu. Mais autant le dire tout de suite, il y eut dissidence chez les Cinq du côté de La Mer, Denis et Bernard SA filant vers Servance sur le plateau, ce n’est pas le bon sens, au lieu de dégringoler vers Mélisey. Et pour aggraver leur cas, au lieu d’aller ensuite rechercher la route de Fresse et du col de la Chevestraye, qui les eût remis sur le grand parcours, ils ont « coupé », en se coltinant le très redoutable col des Chevrères, qui les a conduits à Belfahy …
Où ils ont bel et bien failli, les malheureux, pied à terre il a mis l’infortuné Denis, et longtemps attendus ils ont été au « Farfadet gourmand ». Un retard qui aurait pu être aggravé s’ils avaient eu le mauvais goût d’ajouter à leur palmarès la séduisante Planche des Belles Filles. Car quand passe au pied d’icelle, on résiste mal à la tentation, n’est-ce pas ? Mais Denis médite désormais, sa philosophie du vélo est en voie de mutation, il va réduire la voilure, il nous fera la conversation au sein du gruppetto, il épargnera son vieux cœur, il n’abusera plus de ses forces, il aura compris que la sagesse vient avec l’âge et que nécessité fait loi. Pour le convaincre, je cite ici le mot du jour proféré par son ami Claude en pleine ascension : « La vie passe vite, mais pas les montées ». Denis, écoute ton ami, et souviens-toi de Descartes : « Le bon sens est la chose du monde la mieux partagée ». Tu vas me dire, ce serait trop beau, qu’il le soit, partagé, le bon sens … Oui, tellement beau, ce serait !
Quelques mots du parcours majoritaire. Jean-Luc nous a aménagé un réveil musculaire pas piqué des hannetons, c’est du brutal, cette mal nommée « route des Flèches », vu qu’on y compte plus de scotchés sur la bitume que de bolides qui fendraient l’air. Mais il y fait bon frais, la forêt, les fleurs, les fougères font follement frémir les fêlés et les fringantes. Et puis viendra bientôt la longue vallée descendante du Val d’Ajol, ça rigole. On passe à Larrière alors qu’on va de l’avant, on se radine à Raddon, on s’afflige au passage du Chapendu (pauvre bête), on suit le cours du menu Breuchin, avant que d’apercevoir nos premiers étangs. Aujourd’hui, les grenouilles ne nous font pas fête, alors qu’elles aiment les cuisses des cyclistes autant que les cyclistes aiment les cuisses de grenouilles. La sécheresse les attristent, et les eaux sont saumâtres, même celles de La Mer, c’est probable.
De Mélisey au col des Croix, c’est une longue ligne droite montante, sur ladite « Route du Tour », quel honneur ; et quel regret, alors que tant de belles côtes et de cols durs, à tribord et à bâbord, nous tendent en vain leurs lacets. Mais faut pas pousser, on laisse ça aux trois gloutons et aux deux égarés, et on a hâte de savourer la descente du col cruciforme, puis de filer au Farfadet de Saint-Maurice, en remontant la voie verte de la Moselle. On y mange sur la « terrasse des retraités », et sous une verrière qui nous empêche de prendre froid … Mais le plat de résistance, Jean-Luc nous le sert au sortir de table : le col du Page, c’est pas de la tarte, il n’est pas « aux pommes » le théâtre des hauteurs de Bussang, le peuple des cyclistes n’y est pas au spectacle, vu qu’il est composé d’acteurs non professionnels. Le pauvre Smaïl peine a gardé son sourire, il est pris de crampes, il a besoin d’aide. Mon conseil : faut s’hydrater, Idri !
La suite, c’est du nanan, la voie verte de la Moselotte est descendante, et elle est bien jolie avec ses falaises creusées jadis pour le passage d’un petit train. On se réjouit à l’avance de la halte bistrotière promise par l’organisateur, mais comme le mardi c’est jour de fermeture, on ne peut que se promettre d’y repasser un autre jour. La compensation viendra plus tard, une fois revenus aux voitures, avec l’escapade du côté du plan d’eau, où faute de se baigner on prendra le verre de la cordialité chère à la Confrérie.
Reynald, le 20 août 2025
Compte rendu M 7 (14 août 2025, Provenchères)
La fraîcheur et la fournaise
La menace orageuse s’était dissipée, il ne restait plus qu’à se presser au rendez-vous, non pas celui préparé par l’ami Patrice (opéré et convalescent, nous pensons bien à lui en attendant de le revoir), mais par le comité des Sages, qui a opté pour l’une de nos grandes classiques, avec son escale réputée au restaurant-pâtisserie Pfister de Villé. Ils sont trente au jour J à s’élancer vers le chapelet de cols au programme :
Édith ANGEL – Marie-Hélène et Fabien BOTHIEN – Joëlle et Jean-Luc CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Laurent DEFRANG – Gilles DELABARRE – Gabriel GRANDADAM – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Guy HUSSON – Smail IDRI – Erwin L’HUILLIER – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Dominique PERRET – Jean-Paul PEZEL – Nadyne POIROT – Gérard RÉGRIGNY – Francis ROCH – Nadine ROESCH – Jean-Luc ROUYER – Bertrand SCHOUMACHER – Dominique TISSERANT – Jean-Pierre VALTER – Michel VILLEMIN – Didier WERNERT
Saluons le retour en deuxième semaine de Didier et de Bertrand, la réapparition du souriant Smaïl (oui, il a le smile) et celle du Toulois Laurent, l’or en barre, peut-être, chez un jeunot, 27 ans de moins que notre doyen, c’est pas demain la veille qu’il sera retraité, le gamin. Sont à nouveau de la partie (si je puis dire) six vaillantes pédaleuses, et pas moins de huit veinards assistés, dont notre astronome, le Sylvain qui ne s’égare pas dans la forêt mais sur les parkings, c’est moins sylvestre.
Nous mettons le pied à l’étrier – vraiment ? Tu nous prends pour des bourricots, le scribe ? – bref, nous partons dans la fraîcheur matutinale vers le débonnaire Hermanpaire, un doux collet, avant le petit Las pas lassant, où pas fatigués nous nous regroupons, avant de débarouler dans la Grande Fosse, sans nous y enliser, on ne fait que passer. Puis nous dégringolons proprement vers Saales, ça rigole, c’est un plaisir. Jean-Paul nous a dégotté ensuite une alternative à la grand-route de la vallée de la Bruche, à l’écart du trafic, pour aller chercher la route du troisième col court, celui de la Salcée, on n’y danse pas la salsa, ça se saurait, mais on s’y prépare à faire valser le dérailleur, vu que la Charbonnière s’annonce et qu’au charbon va falloir aller.
Mais ne boudons pas notre plaisir, ce long col est propice à de longues méditations, à des coups d’œil sur les vallées qui s’éloignent, à la recherche du meilleur tempo, et à quelques surprises. À celle, par exemple, pour les modestes pédaleurs dont je suis, de se retrouver aux basques d’un Denis de retour de vacances, en manque d’entraînement, accablé d’au moins deux kilos en trop, pensez donc, et qui a siroté du rosé sans compter, c’est fou ce qu’on le plaint. Et dans les cols suivants, même topo, il sera à fond mais presque à l’arrêt, notre héros du Paris-Nice. Allez, le temps de savourer ce rare compagnonnage, et l’on parvient déjà au Champ du feu, un chant de fraîcheur, en réalité, à 1100 m d’altitude, on respire, on s’enchante, avant la longue, très longue et très savoureuse descente vers le Mont-Saint-Odile et la plaine d’Alsace. Une large et belle et pas piégeuse route ombragée, plus qu’une récompense, en soi un objectif. Ceux qui ont opté pour le petit parcours auront eu le plaisir semblable de faire de la roue libre jusqu’à Hohwald, sous le parasol de la forêt.
Ce n’est pas rare, une descente qui prélude à une montée, et elle est un peu raide celle qui nous mènera nous aussi à Hohwald. Mais les ombrages et un moral encore intact rendent supportables l’effort, de même que dans le dernier col de la matinée, le mal nommé « Kreuzweg », qui n’est pas un « chemin de croix » à destination du Golgotha, mais une assez modeste ascension qui débouche sur une nouvelle descente jouissive. Ce n’est qu’à l’approche du restaurant, dans la plaine surchauffée, que l’on passera d’une fraîcheur devenue relative à un avant-goût de la fournaise de l’après-midi. Après la halte très attendue dans la maison Pfister, où Stéphanie l’avisée nous a réservé une salle climatisée plutôt qu’une terrasse peu protégée des ardeurs solaires. Accueil, plats, pâtisseries, un triple régal.
On le savait, on s’y préparait mentalement, on ne doutait pas qu’il faudrait s’hydrater et s’asperger sans cesse au sortir du restaurant, en s’échinant sur la longue route montante, et à découvert, conduisant au col l’Urbeis, fort peu urbain sous le cagnard. Du faux-plat se muant en une vraie montée, rien d’excessif, mais dans la fournaise il est difficile d’être à la fois au four (du pédalage) et au moulin (de la ventilation). Ils sont quelques-uns à passer plus de temps qu’il ne le faudrait dans cette étuve, ce dont ils se consoleront en imaginant qu’elle leur aura apporté autant de bienfaits qu’un sauna véritable. Car qui va piano va sauna, c’est bien connu. En revanche, les Domi qui n’en ont jamais assez, auront été suffisamment givrés pour rajouter des km et des mètres à monter dans l’enfer caniculaire : des adeptes, il faut croire, de la salsa du démon.
Le meilleur pour la fin : à entendre les propos tenus sur le parking de l’arrivée, aucun traumatisme, aucun regret, que des sourires et une pleine satisfaction d’avoir effectué ce bien beau parcours, entre les Vosges dignes d’éloge et le Bas-Rhin du « haut les cœurs ! » Si c’était à refaire, nul doute que tous le referaient !
J’allais oublier : Nadyne nous a encore régalés de ses pâtisseries maison à l’arrivée. Je redis donc qu’ « il faut qu’elle revienne », Nadyne, comme l’Aline de la chanson de Christophe (je le précise, l’allusion n’était pas claire pour tout le monde).
Reynald, le 15 août 2025
Compte rendu M 6 (7 août 2025, Le Thillot)
Le grand théâtre des Vosges
La météo estivale est capricieuse, il aura fallu attendre quatre semaines pour passer de la sortie de Badonviller à celle du Thillot, une longue attente bien récompensée : grand beau temps, excellent parcours, vallonné, forestier, contrasté, au gré des crêtes et des vallées. Les reports successifs ont semé le trouble dans les inscriptions, mais au bout du compte, aux quatorze rescapés de la sortie précédente se sont joints seize cycloptères impatients de s’envoler dans les reliefs vosgiens. Ce sont donc trente artistes du pédalage qui honorent le rendez-vous :
Édith ANGEL – Serge AUDINOT – Patrick BECHAMP – Pierre BECK – Marie-Hélène et Fabien BOTHIEN – Joëlle et Jean-Luc CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Gilles DELABARRE – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Reynald LAHANQUE – Christine LEGALL – Sylvain MEURANT – Éric MEVEL – Jean-Louis MOREAU – Dominique PERRET – Jean-Paul PEZEL – Nadyne POIROT – Gérard RÉGRIGNY – Francis ROCH – Nadine ROESCH – Jean-Luc ROUYER – Bernard SAINT-AYES – Bertrand SCHOUMACHER – Dominique TISSERANT – Jean-Pierre VALTER – Michel VILLEMIN – Didier WERNERT
Déploration : Sylvain a volontiers la tête dans les étoiles, mais sur le plancher des vaches il n’échappe pas aux tracas qui accablent parfois les humbles créatures. En clair, le capteur de puissance de son formidable vélo assisté tombe en carafe dès le départ, et ne captant plus que l’impuissance de son pilote, il le condamne à déclarer forfait (mais, stoïque et souriant, l’ami Sylvain se met à notre service en nous suivant en voiture). Quant à Serge, c’est après avoir parcouru une douzaine de kilomètres que son engin assisté se met en vrille, et comme ça monte très fort sur la route des Rosiers, il se voit contraint de faire machine arrière. Deux VAE en panne, ce n’est pas banal, mais somme toute moins fréquent que les pannes de jambes.
Réjouissance : nous avons eu le plaisir d’accueillir trois p’tits nouveaux, Christine, Éric et Bertrand. Bienvenue à vous trois, et au plaisir de vous revoir ! Et de revoir aussi le revenant Didier, un membre historique de notre confrérie. Nadyne, elle, s’entraîne désormais très régulièrement, elle maîtrise de mieux en mieux sa monture – outre qu’à l’arrivée, elle nous a régalés d’un pudding aux oranges et de boissons fraîches : « Nadyne, faut qu’elle revienne ! ». Et les autres dames de même, le record de participation féminine ayant été égalé hier : sept pédaleuses, un gros quart du peloton. Colette, Élisabeth, on vous réclame.
Découvertes : une majorité d’entre nous n’avait jamais emprunté la longue et rude route forestière des Rosiers (depuis le pied de la route du Ventron), qui a servi de tremplin à la non moins jolie petite route du col de la Vierge. Un régal pour les grimpeurs, une fête pour les montagnards … Même s’il n’y a pas de rosiers sans épines, ni de répit dans l’effort (ni de Vierge sans sacrifice). Âpre découverte également (pour les volontaires du grand parcours) que celle de la route du lac de Blanchemer, du très pentu, du rugueux, du violent, qui donne ensuite un air de dessert à la route des crêtes, même quand elle se cabre, avant la longue et douce et voluptueuse descente du Markstein vers le lac de Kruth-Wildenstein. Les Vosges sont décidément un terrain de jeu aux richesses inépuisables.
Félicitations : elles s’adressent d’abord aux « cadors » du grand parcours, qui ont régulièrement attendu ceux dont l’allure était modérée dans les grimpettes, en haut du col de la Vierge, au carrefour de la Bresse, à celui de la route des crêtes, en haut et en bas du Markstein. Le groupe 1bis (grand parcours, petite vitesse) a donc pu se fondre dans le groupe 1, et rallier sans retard le restaurant. Une initiative à reconduire, camarades ! Pareillement, l’après-midi, une longue pause au sommet du col d’Oderen a permis un regroupement général, avant la dernière épreuve du jour, l’escalade du col du Page, brève mais musclée. Félicitations donc à tous, qui se sont entraidés, qui ont beaucoup gravi (près de 2000 m pour le PP et 2300 m pour le GP), dans la bonne humeur et le partage, le partage d’un plaisir intense mais qui se mérite.
Excursions : on roule, on s’imprègne des paysages, on admire les vastes panoramas et les moindres beautés (torrents, fleurs, chalets, lacs, forêts …) mais, et pas mèche de faire autrement, on passe à côté de bien des trésors qui mériteraient une pause et un détour. Il en va ainsi du remarquable lac des Corbeaux (que Jean-Luc et Joëlle ont pris le temps d’aller contempler, et que nous n’avons fait que frôler), ou de bien des lieux qui appellent une exploration calme et lente. Je me permets d’ajouter que le fameux Théâtre du peuple de Bussang, près duquel nous sommes passés, vous ouvre ses portes chaque été, pour une expérience qui ne ressemble à aucune autre sur le plan théâtral. Au programme cette année, une grosse farce colorée et pleine de personnages (Le Roi nu) et, à l’inverse, une seule actrice en scène, parlant et se déplaçant dans une quasi-obscurité, évoquant l’étrange destinée d’une enfant sauvage (Je suis la bête) [1].
Remerciements, pour finir, à Francis, le dramaturge du jour, qui a donné le sourire et épargné les larmes aux spectateurs et acteurs que nous fûmes de la pièce cyclo-vosgienne par lui concoctée et mise en scène.
Reynald, le 8 août 2025
[1] J’avais fortement recommandé l’an dernier la pièce hilarante Les Gros patinent bien – que Gilles a pu voir et qui l’a enthousiasmé. Je signale que ce spectacle est visible en ce moment sur le site de France TV, à travers une captation réalisée à Bussang. Une séance de rattrapage gratuite !
Compte rendu M 5 (10 juillet 2025, Badonviller)
Des monts, des vaux et des variantes
Avec cette cinquième sortie vosgienne, la neuvième du millésime 2025, nous avons basculé dans la deuxième moitié de notre saison … déjà ! On a beau ralentir, d’année en année, le temps file, lui, de plus en plus vite, et pas moyen de le freiner, même en multipliant les grimpettes. « Ô temps suspends ton vol », disait ce cher Alphonse (de Lamartine), « Et vous heures propices / Suspendez votre cours / Laissez-nous savourer les rapides délices / Des plus beaux de nos jours ! ». Disons, pour nous consoler, que chacune de nos sorties est vécue comme une suspension du temps, une parenthèse heureuse, et que « savourer » est le mot juste. Les 26 participants du jour ne me démentiront pas :
Édith ANGEL – Serge AUDINOT – Patrick BECHAMP – Marie-Hélène et Fabien BOTHIEN – Jean-Marie CAEL – Nadine CLÉMENT – Philippe COSTES – David DANIAUD – Patrick DESCHARNES – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Denis GROSDIDIER – Bernard GUERARD – Reynald LAHANQUE – Denis LÉONET – Jean-Louis MOREAU – Alain ORDITZ – Claude et Colette PETITDEMANGE – Nadyne POIROT – Gérard RÉGRIGNY – Bruno RICHARD – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Michel VILLEMIN
Vous identifierez cinq participants récents dans cette liste, dont certains sont en passe de devenir des VVV patentés, me semble-t-il. Vous remarquerez aussi que Nadyne a fait son retour, en manque d’entraînement, mais toujours vaillante. Sachez au passage que seuls Édith et Bernard ont à ce jour réussi le score parfait de 9/9 participations, et que nous sommes cinq à nous contenter du score de 8/9. Sont attendus pour la suite ceux qui n’ont pas encore montré le bout de leurs pédales. La participation moyenne s’élève à 28,2 pour l’instant, contre 29,4 l’an dernier au même stade de la saison.
Le parcours préparé par Jean-Marie Cael n’a mérité que des éloges, outre que sa sortie a bénéficié d’un temps parfait. Une sortie par monts et par vaux, comme il se doit, et reposant sur un choix de variantes : des variantes par rapport à des routes voisines familières, ou très encombrées. Ainsi de la route de Pierre-Percée plutôt que celle du col de la Chapelotte (seul l’adepte des prologues solitaires et très matinaux, Francis Duval, l’aura aussi monté et descendu, le bougre). Ainsi de la voie verte menant à Raon-lès-Leau, et de la montée romaine et forestière vers la route du Donon ; et plus encore, de la franche découverte pour beaucoup que fut la longue, belle et escarpée route du Haut Fourneau prise à partir de Grandfontaine et nous menant jusqu’à celle du col du Hantz. Un pur régal que cette alternative à la route de la vallée de la Bruche, envahie de voitures et de camions. Moins exotique mais agréable et sûre, aura été la voie verte reliant La Petite-Raon et Moyenmoutier ; et même évitement du trafic avec la variante signalée par Denis G. au sortir du restaurant pour filer vers Raon-l’Étape.
Moins on doit compter avec les engins motorisés et mieux on se porte ; même à l’arrêt, l’engin est parfois dangereux, puisqu’une portière peut toujours s’ouvrir inopinément – j’ai failli m’en prendre une, celle d’une voiture jaune de la Poste, évitée de justesse. Je n’aurais pas aimé embrasser le postier de cette façon un peu rude, eût-il été une postière …[1]
Quand on a inventé la formule des options, grand parcours (GP) ou petit parcours (PP), ce dernier fit d’abord peu d’adeptes. Désormais, c’est lui qui tient la vedette : hier, 16 l’ont préféré, contre 10 pour le GP livré aux cycloptères (ils ont des ailes, ils volent dans les cols). De même, la proportion des VAE tend à augmenter (pas moins de 8 hier), comme quoi vieillir invite à s’adapter (même la toujours jeune Nadine vient de sauter le pas). Quant à ceux qui ne sont toujours pas équipés d’un compteur GPS, ils se font rares. Mais la vérité oblige à dire qu’en être équipé n’apporte pas toutes les garanties. C’est ainsi que 4 des 16 PP se sont égarés dans la montée du Donon, et qu’il a fallu les attendre longuement. Qu’elle soit humaine ou artificielle, « l’intelligence » est sujette à l’erreur.
Sur la route du retour, plusieurs se sont retrouvés sur un chemin plein de cailloux, pour avoir tourné trop tôt ou trop tard, victimes peut-être d’une localisation flottante via les données satellitaires. C’est un fait, nous dépendons d’une foule de satellites en orbite quand nous nous mouvons sur le plancher des vaches ! On se fait une balade tout ce qu’il y a de rustique, et on oublie qu’en réalité nous sommes devenus tributaires du « Global Positioning System » (GPS), le système mondial de positionnement. Si cela fait de nous des citoyens du monde, j’ai comme un doute ; mais des prisonniers du « progrès », c’est probable.
Au chapitre des incidents, deux crevaisons, l’une de Michel lors du GP, ce qui a permis que les cycloptères n’arrivent pas trop tôt au restaurant, et l’autre d’Édith lors du retour (théoriquement groupé), une crevaison rebelle à la réparation, si bien que les chevaliers servants de ces dames, qui accompagnaient l’infortunée, ont dû retourner en voiture sur le lieu du drame pour les secourir. Solidarité et courtoisie ne sont pas de vains mots au sein de la Confrérie. J’en connais un qui a excellé hier en ce domaine, c’est l’ami Francis Roch, qui s’est constamment soucié des âmes et des dames, non pas en détresse, mais en délicatesse parfois avec les rigueurs de la route.
Reynald le 11 juillet 2025
[1] On se souvient de cette réflexion de Paul Fournel : « Chaque cycliste, même débutant, sait qu’à un moment ou à un autre de sa vie il aura rendez-vous avec une portière de voiture. »
Compte rendu M 4 (24 juin 2025, Xonrupt-Longemer)
Jouer du dérailleur
Jean Paul PEZEL, notre gentil organisateur, avait tout prévu, le ciel bleu, le vent dans le dos pour le démarrage, une température agréable en matinée, pas de gravillons, un restaurateur aimable, un repas servi rapidement et de qualité pour un prix contenu et des parcours avec des allonges, on aurait dit un banquet !
Quelques absents de dernières minutes : Nadine Clément, Jean-Luc Rouyer, les deux étant retenus par quelques problèmes domestiques, Alain Orditz.
Dès le parking la journée s’annonçait comme étant celle où il fallait jouer du dé- railleur : avant le départ, Francis ROCH était contrarié par son dérailleur avant au- quel il manquait une pièce. Dominique PERRET plongea aussitôt les mains pour sta- biliser l’ensemble, mais, le doute s’était emparé de Francis qui limita ses change- ments de plateaux durant la sortie. Il n’avait pas de rendez-vous avant plusieurs jours chez le médecin du vélo.
Il fallut jouer du dérailleur également pour Fabien et Marie-Hélène, qu’un fâcheux bidon oublié ne leur permit point de prendre le départ officiel et les obligea à un rallye pour me dépasser sur la route des Crêtes et, enfin, rattraper les 13 partici- pants, du petit parcours au Markstein.
Groupe composé, du coté féminin, de :
Mesdames Edith ANGEL, Colette PETITDEMANGE et Marie-Hélène BOTHIEN ;
du côté masculin de :
Serge AUDINOT, Fabien BOTHIEN, Franck CORNU, Jean-Marie GUILLEMIN, Sylvain MEURANT, Claude PETITDEMANGE, Gérard REGRIGNY, Francis ROCH, Jean-Marie SALVESTRIN, Jean-Pierre VALTER.
Patrice REMY et son ami invité ont cherché la flûte à 6 Schtroumpfs ou plutôt la clé à 6 PAN pour resserrer un dérailleur arrière. Plus loin, plus tard, au pied du col du Bramont, Pierre BECK, notre Master en CLM, a occis le sien en lui brisant une rotule, peut-être une bûche avant Wildenstein, pas une chute, des travaux forestiers qui coupèrent la route. Pierre, ce chanceux, aura trouvé un automobiliste compatis- sant pour le déposer en haut du col des Feignes, il n’eût plus qu’à se laisser glisser jusqu’au parking pour arriver parmi les premiers !
Comme le fit remarqué Francis ROCH, 13 participants pour le petit parcours, soit 3 de plus que pour les Grands Parcours qui ont rassemblé Pierre BECK, Gilles FLO- QUART, Bernard GUERARD, Denis LEONET, Jean-Louis MOREAU, Dominique PERRET, Jean-Paul PEZEL, Patrice REMY, Dominique TISSERANT et Michel VILLEMIN.
Ainsi, 23 participantes et participants ont profité, avec raison, de ces beaux par- cours puisque les absents ont toujours …
Il m’est difficile de conter les aventures du groupe Vite Vite Vite, mais je crois savoir que Vite Vite Vite ça peut faire aussi 3 groupes : le groupe des cadors qui avala le GP+ (grand parcours plus) à la moyenne de 23 km/h, puis, un groupe de trois, ce- lui des dérailleurs accablés de Patrice, de son invité et de Pierre Beck et enfin, un groupe de 1 (est-ce bien un groupe ?), celui de JPP qui fut le seul à parcourir le GP (grand parcours).
Des traces subsistent sur Strava. De 120 à 155 km, vous avez bien lu, il y en a qui ont fait du rab, pour 2300 à 3000 m de D+. Des traces, il y en avait aussi sur les visages à l’arrivée, certains confirmèrent « ça a roulé vite ! ».
La compagnie des Vite Vite Vite arriva en petits groupes au restaurant, une demi- heure après le petit parcours et plus pour les infortunés du dérailleur.
C’est Au Pont Rouge à HUSSEREN que nous rechargeâmes les batteries des vélos et des cyclos, dans la bonne humeur qui nous caractérise en partageant une bière et nos impressions.
Après un repas digeste, il fallut avaler le col de Bramont. Notre GO avait certaine- ment prévu qu’à cette heure là, il serait à l’ombre, ce qui nous aida bien, surtout moi. Au sommet, la tarte aux pommes n’était plus qu’un souvenir. Le col des Feignes était un peu plus exposé mais il nous ramenait à notre point de départ.
Cette journée M4 fut un bon Cru et le panorama en haut du Grand Ballon valait bien la montée.
Faire du vélo c’est aussi être confronté à quelques soucis liés au partage de la chaussée, comme celui du chauffard à la matraque, des motards pétaradants, des bûcherons agacés, et des bus un peu trop collants. Mais comme dans les belles histoires, tout est bien qui finit bien,
Il se murmure que ces « patates » cherchaient Reynald !
J’ai trouvé Gérard très en forme lors de cette sortie et, plus généralement, tout le monde ! Même les manivelles et les dérailleurs…
Comme le chantait Alain BARRIÈRE (devant) Elle était si jolie… cette journée !
Rédigé par Jean-Pierre VALTER le 26 juin 2025
Compte rendu M 3 (12 juin 2025, Rupt-sur-Moselle)
Un ballon et des étangs
Après les menaces de pluie de la sortie précédente, un ciel serein, un doux soleil, et un léger soupçon de chaleur à venir, mais rien qui puisse décourager les 24 présents au rendez-vous de Rupt, tout au contraire. Un nombre relativement modeste que ce 24 par rapport à ce qui est devenu l’ordinaire de nos escapades, et qui s’explique, j’imagine, par l’abondance des sollicitations dont les retraités oisifs sont l’objet. Les bienheureux du jour :
Édith ANGEL – Serge AUDINOT – Patrick BECHAMP – Marie-Hélène et Fabien BOTHIEN – Joëlle et Jean-Luc CHAPELLE – Bernard CUNY – Gilles DELABARRE – Gérard GOESSEN – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE – Denis LÉONET – Dominique PERRET – Jean-Paul PEZEL – Gérard RÉGRIGNY – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Jean-Pierre VALTER
Bernard Cuny, qui connaît manifestement très bien les lieux, nous a servi un mélange de classique et d’inédit, de routes familières et de voies rares, de montées faciles et d’âpres pentes, et toute une palette de verts paysages, de panoramas profonds et d’étangs calmes. Il a soigné notre mise en jambes, grâce à la piste cyclable qui remonte le cours de la Moselle naissante, suivie du court col des Croix, qui n’a rien d’un calvaire. Puis le Ballon de Servance se monte d’abord avec aisance, tant il répugne à ressembler à un col, avec ses fréquents replats et ses pentes timides. Il a aussi le bon goût d’être ombragé, on ne fait pas plus hospitalier. Seuls les trois derniers km se poussent du col, mais je l’avoue, les parcourir en papotant, quelques watts additionnels aidant, est pour Joëlle et moi un jeu d’enfants. Un Servance à notre service, et sans sévices.
La descente sera moins plaisante pour ceux, dont je suis, qui redoublent de prudence et qui ne font pas chanter la plaque mais grincer les plaquettes. Une descente très longue, qui se termine dans une chambre froide, avant de frôler la fameuse Planche, où nous accueilleraient en leur royaume les non moins célèbres Belles Filles, pour peu que nous consentions à faire l’effort de les honorer. Mais nous passons notre chemin, sur le plancher des vaches et des mines. Le collet mignon de la chouette Chevestraye offre une montée sans frais et une descente avec Fresse, puis une franche surprise, sur route minuscule et raidard majuscule. Ça sent bon le sapin, les gravillons chantonnent parfois sous les roues, les descentes se font de préférence au frein, les sauts de la Haute-Saône nous saluent.
Vous fatiguez, vous décrochez, à présent ? Mais lisez, lisez donc, Mélisey approche, mêlez ou non vos destinées : montez vers Melay et la Mer ou filez droit vers la cité de Servance et son « restaurant du tourisme » d’antan, en empruntant « la route du Tour » (une bonne pensée pour le néo-retraité local). Dans les deux cas, repos et repas vous attendent, avant que repus et raplaplas vous soyez. Car la gastronomie locale combat certes l’anémie, mais à coup de frites grasses et de poulets augmentés. En Haute-Saône, on appelle cela un menu minceur, et dans les Vosges un menu enfant … Pour nous, c’est une menace de remontées gastriques, puisqu’au sortir de table se profile un remontant du genre sévère. Et du raidard sous le cagnard, en pleine digestion, ça reste un peu sur l’estomac. De fait, on observe quelques coups de chaud et quelques coups de buis lors de la reprise d’activité.
Mais bientôt, la beauté des sites, la quiétude des étangs, le charme des petites routes sinueuses, tout invite à colorer la langueur postprandiale de salubres regains d’énergie. La magie singulière de la « Petite Finlande » opère à nouveau. Et à la fin, il n’y aura plus qu’à se laisser glisser dans la vallée.
À l’arrivée, on se sera refait la cerise. Et comme le capitaine Guérard ne manque pas d’à-propos, c’est un plein panier de cerises, précisément, de cerises fraîches, qui plus est, qu’il fait circuler parmi les pédaleurs du jour : une récompense, et un régal !
Jambes fatiguées, mais cœurs contents, c’est là le sort des VVV. La sortie Cuny n’aura pas dérogé à la règle. Merci à l’organisateur. Et aux participants, tous rentrés à bon port, sans incident ni égarement.
Reynald, le 13 juin 2025
Rémuzat 2025 (31 mai-7 juin)
Une histoire d’amour
Mon coup de cœur de 2017 pour la Drôme provençale s’est mué en une affection de longue durée. Je n’ai eu de cesse d’y retourner, et au terme de mon sixième séjour je ne peux que redire mon enthousiasme pour la beauté de cette région, qui a l’heureux privilège d’être aussi un paradis du vélo. « La Drôme, plus on la découvre, plus on l’aime », disait un slogan affiché ici et là par le passé : comment ne pas lui donner raison ? Venir à Rémuzat, à la croisée des vallées de l’Eygues et de l’Oule, c’est la promesse d’y revenir. De fait, une majorité des participants de cette année avait déjà goûté aux charmes du lieu et désiré les retrouver : Jean-Paul Pezel, Jean-Pierre Valter, Élisabeth Antoine, Marc Henquel, Francis Roch ; Anne et Franck Cornu s’en étaient donné un aperçu en séjournant naguère à Sainte-Jalle, tandis que seuls Catherine et Jean-Marie Guillemin ont connu le plaisir de la découverte (lui à vélo, elle à pied ou en voiture).
Et puisque nous nous déplaçons calmement sur nos deux-roues silencieux (et non sur des engins motorisés pétaradants et polluants), en prenant le temps de nous imprégner des paysages, il convient de redire que la situation géographique du centre de vacances des Lavandes est idéale pour rayonner dans toutes les directions, et pour faire alterner les sorties brèves ou longues, les plus rudes ou les plus douces. Cet emplacement permet d’éviter les redites et de varier les points de vue sur la richesse des lieux : cols avenants et vallées ombreuses, barres rocheuses et vertes forêts, étroits défilés et larges cirques montagneux, champs de lavande, vergers, vignobles, pâturages, genêts en fleurs et palette de couleurs, villages perchés et maisons de pierre, châteaux anciens et églises romanes, sans oublier l’alliance fréquente de la roche et de la végétation, des hautes falaises et des côteaux arborés. Des Dolomites en mode mineur, m’étais-je dit dès mon premier séjour, moins grandioses mais moins intimidantes que les originales italiennes. Un havre de moyenne montagne, paisible et accueillant, où il fait bon vivre, pédaler et contempler.
Comment caractériser l’édition 2025 ? Une météo clémente, ni fraîche ni torride, sans vents pénibles ni fortes pluies – qu’on a évitées en nous limitant par deux fois à des sorties en matinée – et un beau collier de cols de toute nature, synonyme d’une grande variété d’efforts et de plaisirs conquis, de descentes délicieuses et de vastes panoramas ; une gamme de courts collets mignons et de longs cols parfois durs, à l’image de ceux du premier jour. Car après la mise en bouche de la Motte (Chalancon), se farcir le col des Roustans, c’est pas de la tarte, mais poursuivre avec ceux de Vache, du Portail, des Guillens et de Tavard, c’est une amusette ; celui de Pennes réclame qu’on s’en donne (mais oui) et celui de Prémol qu’on y ramène sa fraise sans s’y casser les dents (comme le suggère le dentiste du groupe).
Lors de la matinée du lendemain, on se laisse glisser dans l’étroite et impressionnante vallée de l’Eygues, un premier défilé clair et sinueux avant celui plus sombre et plus austère de Trente-Pas que l’on arpentera plus loin, après s’être affronté à la montée raide vers Eyrolles, sur une petite route bordée de vergers et de fleurs sauvages. Au sortir du second défilé, on musarde dans les lacets ni pimentés ni amers du col de la Sausse, et après l’escale de Bouvières, on monte à l’assaut du Lescou, avant de chantonner dans le Pré Guittard (électrique pour certains d’entre nous) puis de débarouler vers l’Oule, malgré un vent pour une fois un peu vif. Une excursion assez brève mais consistante et vivifiante, autant que remarquable par la diversité de ses décors.
Pour le troisième jour, Jean-Paul, alias Meister Komoot, nous a concocté un parcours plus riche encore en paysages dissemblables, escarpés ou gentiment vallonnés, depuis l’âpre montée matinale du col de Soubeyrand jusqu’aux soubresauts des riantes collines du sud drômois – une petite Toscane, avec ses côteaux plantés de vignes et d’arbres fruitiers, ses villages perchés, ses maisons de pierre et ses cyprès effilés. Les petites routes pleines de charme se succèdent, entre les aimables cols de Propiac et de la Croix-Rouge, et au-delà, vers les Pilles et Curnier, avant la remontée fluide vers Les Lavandes au bord du lit de l’Eygues. Mais auparavant, la merveille aura été de découvrir, en descendant du Soubeyrand puis en montant le col d’Ey, la grande plaine de Sainte-Jalle et de Saint-Sauveur cernée de monts et de barres rocheuses, un cirque splendide où cultiver est un métier et un art de vivre.
De passage par Buis-les-Baronnies, il aura fallu compter avec un double incident mécanique, Francis pétant un câble (de dérailleur) et Marc restant en rade sur le bas-côté, pour cause de fond de jante défectueux et fauteur de crevaisons. La chance a voulu qu’un mécano du lieu, compétent et courtois, s’acquitte des réparations et permette ainsi à la petite troupe de reprendre sa route.
Le lendemain, les menaces d’orage invitent à se contenter d’une nouvelle sortie brève en matinée : le couple Cornu et Élisabeth s’abstiennent, les six autres s’offrent la longue et goûteuse ascension d’un col de proximité, celui de la Pertie, une pente assez douce encore qu’agrémentée d’un rude raidard et d’une dernière partie exigeante. Mais le propre des ascensions c’est qu’à la faveur des descentes « la joie vient toujours après la peine » (merci à Guillaume Apollinaire).
Au cinquième jour, l’heure est venue de rendre visite à notre célèbre voisin du Vaucluse, le mont Ventoux, le « Géant de Provence », dit encore « le Mont chauve », tant la végétation se fait rare en son sommet. Un mont qui n’est pas un col, même si désormais il s’affiche comme tel, car « posé sur la plaine, il ne fait passer nulle part », si bien qu’il « ne sert à rien qu’à être grimpé », comme le dit un connaisseur, l’écrivain Paul Fournel. Alors grimpons, se sont dit Anne, Franck et Jean-Marie, qui ne l’ont encore jamais escaladé, et pour une première contentons-nous de la longue montée par Sault (24 km), la moins rébarbative ! Jean-Paul et moi les escortons, tandis que les autres optent à l’inverse pour les gorges remarquables et profondes de la Nesque. Un léger vent favorable et une température douce favorisent la progression, du moins avant l’aride arête qui sépare le Chalet Reynard (un mien cousin) du sommet convoité. La tentation était forte, la satisfaction est entière. On l’avait d’abord frôlé par sa face nord, au gré des cols tendres de Fontaube, des Aires et d’Aurel, on doutait pouvoir se hisser à une telle hauteur, et pourtant cet apogée n’est interdit à personne, les cyclistes s’y pressent en foule, ils y souffrent parfois et en sont ravis toujours. Quand je pense qu’il reste à nos néophytes à découvrir les montées par Bédouin et Malaucène, j’imagine leur envie et leur impatience.
Au matin du dernier jour, les jambes sont plus ou moins lourdes, et il est raisonnable d’envisager deux options, l’une plus légère et l’autre plus substantielle. La séparation se fait peu après le très long col du Reychasset (18 km dont seuls les 5 derniers se cabrent) : la majorité se laisse nonchalamment glisser vers Orpierre et ses plaines fruitières, avant de revenir par le fort peu farouche col de la Flachière ; le trio dont je suis, avec les fringants Francis et Jean-Paul, se coltine le court casse-patte du col de Pierre Vesce, avant l’ascension du col le plus haut de la Drôme provençale, le col de Perty (1302 m). C’est là une autre merveille que cette escalade où se dessinent peu à peu des aperçus lointains sur la chaîne des Alpes, tandis que les genêts en fleurs jettent une douce lumière sur les paysages du premier plan. Au sommet, puis au gré d’une très longue et voluptueuse descente vers les plaines étagées, c’est une succession de panoramas très colorés qui s’offre au regard. Le modeste col de Peyruergue n’interrompt que pour un temps le glissando en cours qui nous reconduit à Sainte-Jalle puis dans la vallée de l’Eygues. Nous nous serons transportés dans la splendeur et la quiétude.
Un mot pour finir : mes remerciements et ceux de Jean-Paul, qui a pris en main cette année l’organisation du séjour, vont à chacun des participants pour leur contribution à l’ambiance amicale et à l’esprit d’entraide qui ont présidé à notre séjour, lors des sorties et pendant le temps passé ensemble. Les apéros et les dîners ont permis de parfaire les relations et d’un peu mieux nous connaître. Ne comptez pas sur moi pour révéler quelque secret, mais ceci est désormais de notoriété publique :
Elle ne pédale pas, mais elle aime chanter et danser, Catherine.
Anne ne mange pas le matin, mais à vélo elle ne donne pas sa part au chien.
Heureuse est Elisabeth, elle a découvert les bienfaits de l’assistance électrique.
Il a tantôt chaud et tantôt froid, il aime être dorloté : tel est Jean-Marie.
Marc a toujours su compter, il compte désormais sur nous.
Organisé et tatillon, Franck franchit les obstacles et parle franc.
L’art du pédalage n’a pas de secrets pour lui : Jean-Pierre est le coach qu’il nous faut.
Toujours vaillant et souriant, Francis apprend, au fil des ans, à s’abriter.
Il n’a pas son pareil, Jipépé, pour tracer de jolis parcours inédits.
Quant à l’auteur de ces lignes, le moment est venu qu’il se taise …
En prime tout de même, un tautogramme en R comme Rémuzat qui sent le réchauffé, je l’avoue, mais qui à l’image des Lavandes a un goût de reviens-y :
Rémuzat, rendez-vous réussi ! Randonneurs ravis, réjouis, rajeunis, reposés, rassérénés, restaurés : retournons-y rassemblés, rapidement, roule Raoul ! Repartons, rebondissons, revivons, rions, rêvons royalement. Randonneurs rouleurs, regardez : reliefs remarquables, raretés rupestres, rochers ruiniformes, réalités ravissantes, remontées raides, rampes réputées, rivières rarement remplies, rives rocailleuses, routes rurales … Revoilà Rémuzat, rustique ritournelle, respectable répétition, riantes retrouvailles !
(Redit Reynald)
Le 10 juin 2025
Compte rendu M 2 (22 mai 2025, Arches)
À vélo, la douceur de vivre
Après le rodage de Rhodes, qui a permis la transition entre plaine et montagne, l’occasion nous a été offerte par Gilles de prendre de la hauteur, en attendant des crêtes plus élevées encore, et de goûter à « la douceur de vivre » en Vosges, comme l’a suggéré l’enseigne du restaurant de Plombières où nous avons fait halte. La veille de cette étape de montagne, nous comptions 31 inscrits : la menace de pluie, mais non la pluie effective, nous a privés de la présence de 5 d’entre eux, des êtres de sucre, il faut croire, qui craignaient de fondre sous quelques gouttes. Ni faits de sucre, ni affligés d’un sang de navet, les 26 qui ont honoré les variantes de la sortie verdoyante, vallonnée et fleurie, concoctée par l’organisateur :
Édith ANGEL – Serge AUDINOT – Patrick BECHAMP – Marie-Hélène et Fabien BOTHIEN – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Bernard CUNY – Gilles DELABARRE – Francis DUVAL – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Reynald LAHANQUE – Sylvain MEURANT – Dominique PERRET -Jean-Paul PEZEL – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Jean-Pierre VALTER – Michel VILLEMIN
Un mot d’abord sur les abstentionnistes de la dernière heure. Bien sûr, c’est leur choix, et chacun est libre ; à ceci près qu’une inscription doublée d’une réservation au restaurant vaut engagement. J’ai donc demandé aux quatre qui avaient leur couvert à « La douceur de vivre » de s’acquitter de leur quote-part, afin de ne pas léser la restauratrice, d’autant que celle-ci avait accédé à la demande de Gilles de nous accueillir un jeudi, son jour habituel de fermeture. Quant au cinquième (François), il avait précisé qu’il s’abstiendrait de cette halte. Denis, Pierre, Michel et Fabrice m’ont déjà confirmé qu’ils comprenaient parfaitement la demande qui leur a été faite. Qu’ils en soient remerciés, au nom de la restauratrice. Mais aussi au nom de la confrérie des VVV, dont la cohésion et la bonne entente sont ainsi préservées. Et merci également à Jean-Pierre et Jean-Claude qui se sont rendus au restaurant en voiture, faute que leur beau vélo supporte l’humide.
J’ai tout de même bien envie, en toute amitié, de chambrer l’un de nos plus acharnés pratiquants du vélo, un bigorexique de première – la bigorexie désignant le besoin irrépressible de pratiquer intensément une activité sportive, quelque chose comme une addiction compulsive. Nous en connaissons quelques heureux spécimens. La surprise, c’est qu’un bigorexique rompu aux épreuves les plus exigeantes puisse imaginer qu’il s’expose à se dissoudre sous la pluie ou que le fragile équilibre propre aux athlètes de haut niveau soit menacé par le soupçon d’une ondée. Le plus piquant, c’est qu’il en avait redemandé, de la grimpette et des kilomètres, même que Gilles s’était fendu d’un GP Plus pour lui faire plaisir. Sans aller jusqu’à faire de sa sortie un petit Paris-Nice, pour prendre un exemple au hasard … Disons que ce lion ne fut pas très léonin, puisqu’il dénia prendre le départ (vous me suivez ?). Mais personne ne doute qu’une fois soignés ses rhumatismes il nous reviendra plus fringant que jamais. Au fait, nos espions Strava ont révélé que ceux qui nous ont fait faux bond n’ont pas manqué de pédaler ailleurs le jour même. Comme quoi, vélo quand tu nous tiens, à toi on ne fait pas défaut.
Un mot maintenant sur les états d’âme des autres inscrits, présents au rendez-vous d’Arches. À l’évidence, la vidéo de Gilles en témoigne, la pluie menaçait, et un grand trouble s’est emparé de pas mal d’entre nous. J’observe, toutefois, n’avoir pas entendu beaucoup de « Qu’est-ce que nous décidons, qu’en pense l’organisateur ? », mais davantage de « Moi, je … , moi je plie les gaules, je rentre au sec, je n’ai pas envie de me faire rincer, etc. » Il a donc fallu argumenter contre les chafouins et les grognons, imposer une concertation, et faire valoir que le risque que nous prenions était somme toute très faible – outre que notre réservation au restaurant nous contraignait. Si bien qu’après un temps de flottement et sous un temps de flotte, d’Arches on s’arracha.
Et on fit bien, sans amphibie, puisque la menace s’est réduite à une bruine si légère qu’elle fut à peine sensible, un effet de brumisateur qui nous a évité d’être en surchauffe sur les premières pentes, soyons reconnaissants. Des routes mouillées, mais pas de pluie digne de ce nom, rien que de l’humide, de la fraîcheur, de la brume sur les hauteurs, avant qu’on aille vers le mieux dès la matinée et sous le soleil l’après-midi. Comme quoi, les abstentionnistes, comme les absents, ont toujours tort. Et les présents toujours raison, qui ont hier admiré les verts paysages piquetés du jaune des genêts et des fines couleurs des fleurs des bois et des champs, qui ont apprécié le voisinage des étangs, le charme des petites routes et des villages perchés sur les hauteurs. Dont le bien nommé « La Montagne », aux rampes d’accès redoutables, ou celui plus enjôleur des « Dessus de la Rosière », un village voisin, on l’imagine à défaut de l’avoir vu, de celui des « Dessous de la fermière ».
Sur les routes mouillées, il a fallu être très prudents, et nous l’avons été. Nous n’avons eu à déplorer qu’une crevaison, celle de Patrick Béchamp, dont je salue le retour ; et un incident sans gravité, Fabien s’étant autorisé une touchette avec la roue arrière d’Anne, et par voie de conséquence un flirt du genou avec le bitume. À l’arrivée, certains ont pris le temps d’un joyeux debriefing sur la terrasse du bistrot du coin (c’est dire que le soleil y brillait), et c’est Jean-Luc R. qui nous a régalés : un chaleureux merci à lui et à la Force verte !
Reynald, le 23 mais 2025
Et pour rappel, mon tautogramme en A de l’an dernier : Ah, allons à Arches, amis associés, accordés, altruistes ! Avançons, amateurs agiles, ambijambistes ardents, aérodynamiques, attachés aux activités alléchantes, athlètes atypiques, aux allures apparemment assez aériennes … Adonnons-nous aux ascensions authentiques, abordons aux alentours attrayants, allégrement. Avanti ! Allons arpenter assidûment abords aimables, avers admirables, amples amphithéâtres, aperçus apaisants ! Alléluia !
Compte rendu M 1 (7 mai 2025, Rhodes)
En rodage
L’an dernier, il avait fallu reporter fin juin la sortie de Rhodes, ce qui en avait faussé l’esprit. Cette année, elle est venue à son heure, et c’est heureux, puisqu’elle a été conçue par Patrice Rémy, son organisateur, comme une transition entre la plaine de mars-avril et la montagne des quatre mois suivants – « à Rhodes on se rode », avant les escalades vosgiennes, me souffle Sylvain. De fait, on ne grimpe pas bien haut, on n’y éprouve pas le frisson des sommets, mais on ne chôme pas, on bosse, de bosse en bosse, et on cumule les mètres de grimpette. Ce qui use les gambettes. Plus ou moins, c’est selon, les 29 participants pourraient en témoigner diversement :
Édith ANGEL – Jean-Marie CAEL – Joelle et Jean-Luc CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Bernard CUNY – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Guy HUSSON – Smail IDRI – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET- Fabrice MENZIN – Sylvain MEURANT – Philippe MIDON – Jean-Louis MOREAU – Dominique PERRET – Colette et Claude PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Gérard RÉGRIGNY – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Michel VILLEMIN
Une bonne pensée d’abord, pour ceux qui en dernière minute ont dû renoncer, Pierre Beck, Nadyne et Guy, et pour ceux que le léger décalage du mardi au mercredi a empêché d’honorer le rendez-vous de l’étang du Stock. Et une observation : 16 des présents ont eu hier le plaisir de retrouver les charmes des Vosges du nord et des confins de l’Alsace aperçus l’an dernier, tandis que les 13 autres les ont découverts, et en ont, manifestement, été ravis à leur tour. D’autant qu’ils ont échappé à la forte chaleur et à la grosse averse de l’édition précédente. Ils ont dû, comme tout le monde, faire avec la fraîcheur et le vent de face du matin, ce qui n’a empêché personne de savourer la riche diversité des paysages, l’humble beauté des villages, la paix des étangs et des bois.
Autre motif de comparaison, la halte au restaurant : l’an dernier, ce fut boissons à volonté, pour le grand bonheur des buveurs de bière. Une offre très rare, et peut-être fatale puisque cet établissement est désormais en liquidation ! Cette année, ce fut rôtisserie en plein air et courant d’air, hors d’œuvre, et non boissons, à volonté, comme quoi on écluse moins aux « Éclusiers », mais on s’y réchauffe à grand renfort de calories.
Nos trois groupes se sont à nouveau organisés au mieux, en trois tiers : grand parcours, le même à allure plus modeste, petit parcours. Au retour, il a fallu, comme l’an dernier, remorqué le fondateur des VVV en panne de batterie ; et attendre l’arrivée du journaliste, qui s’était égaré, se retrouvant seul et ne disposant pas du parcours. Ce qui nous conduit, au passage, à promulguer cette nouvelle règle (après celle concernant la sortie du restaurant) : avant le départ, faire le point sur ceux qui ne disposent pas du tracé sur leur compteur, et qui n’ont pas non plus noté par écrit, ou appris par cœur (on peut rêver), le détail des routes et des communes. L’an passé c’était maître Jacques, notre vidéaste patenté, qui avait subi cette avanie.
J’en profite pour préciser que, pour des raisons diverses, celui-ci s’accorde en 2025 une année sabbatique s’agissant de la pratique du vélo. Nous serons donc privés de ses prises de vue, mais pas forcément de ses réalisations pour peu qu’on lui fournisse de la matière : photos, vidéos, images des tracés, etc. Qu’on se le dise !
Un petit jeu pour terminer : dans le texte ci-dessous, j’ai glissé 22 mots français venus d’une même langue étrangère, parfaitement acclimatés, mais dont on oublie parfois l’origine. À vous de trouver de quelle langue il s’agit (de préférence sans vous aider au préalable de Google et consorts, soyez sport) :
À la Brasserie des Éclusiers, pas d’alcool ni de sirop ou d’élixir dans les verres, mais de l’eau dans les carafes, et du sucre avec le café. Dans la salade de fruits, des morceaux d’abricot, d’orange et de banane, de quoi se flatter la bedaine. Sur la route, quelques cadors, emmenés par un caïd, qui ont fait fissa pour l’atteindre les premiers, cette halte, et faire une razzia sur les hors d’œuvre, pour le même tarif, du kif-kif, quoi. Un peu grisés par l’azur de Moselle, ces mabouls, ces zouaves : ils ont prétendu avoir vu des gazelles et des girafes dans la campagne, mais pas de cigognes, un comble. Ne les croyez pas, leur témoignage, c’est zéro !
Reynald, le 8 mai 2025
Compte rendu P 4 (22 avril 2025, Charmes)
La Ronde des Vosges
Pas de Paterberg ni de Koppenberg dans cette Ronde qui n’était pas « van Vlaanderen », mais au menu : le raidard de Circourt qui n’était pas si court et une côte de Thunimont que tu regrettes si tu n’y montes – deux murs auxquels ont échappé ceux qui avaient choisi le petit parcours, et qu’ils ne manqueront pas de venir arpenter en une autre occasion. Mais ils ont, comme les autres, savouré les hauts et les bas du parcours commun, délicieusement vallonné, que nous avait concocté le flahute local, Jean-Marie Cael. Gloire lui soit rendu, à défaut du petit cochon jadis offert au vainqueur, pour ce parcours remarquable qui a fait l’unanimité des 32 présents :
Édith ANGEL – Serge AUDINOT – Jean-Marie CAEL –Nadine CLÉMENT – Franck CORNU – Philippe COSTES – Bernard CUNY – Gilles DELABARRE – Patrick DESCHARNES – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Denis GROSDIDIER – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Jean-Claude HURET – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Sylvain MEURANT – Philippe MIDON – Jean-Louis MOREAU – Alain ORDITZ – Claude et Colette PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Gérard REGRIGNY – Bruno RICHARD – Nadine ROESCH – Jean-Luc ROUYER – François SAGNARD – Jean-Pierre VALTER – Michel VILLEMIN
À noter : une bonne trentaine de participants, voici qui est devenu l’ordinaire de nos sorties, la rotation aidant (24 étaient présents lors de la précédente) ; la phalange féminine demeure modeste, mais pas celle des pilotes de VAE (on vieillit, on s’adapte) ; aux 32 nommés, il convient d’ajouter Michel Maddens, qui a effectué le petit parcours solitairement, faute de tenir la forme (il espère nous rejoindre bientôt, et félicite, lui aussi, l’organisateur). Il faut de même noter que la formation d’un groupe 1bis (GP à allure modérée) entre dans les mœurs, y compris pour les parcours en plaine, que ceux-ci flirtent ou non avec la montagne (près de 1600 m de dénivelé hier). Ce qui permet de découvrir plus en se pressant moins.
Reportée d’une semaine, la ronde caelienne des Vosges a bénéficié d’un temps clément, doux et ensoleillé, et d’un moment privilégié, celui du début du printemps, quand la végétation renaissante offre toutes les nuances du vert, mêlées aux couleurs des arbres en fleurs et des premières cultures, où domine le soleil éclatant des colzas. Au gré de petites routes sans trafic, tout en courbes et en pentes, l’enchantement est de tous les instants. Les villages perchés sur de modestes collines ou nichés au creux des vallons, baignés dans la douce lumière d’avril, et comme endormis dans la quiétude : ne cherchons pas ailleurs l’image même de notre patrimoine. C’est là que bat le cœur de notre vieille civilisation, et non dans les cirques à fric fabriqués par l’industrie du tourisme. Il n’y a rien là qu’il « faut avoir vu » parce que tout est à voir, pour qui lève les yeux et consent à cette beauté simple et sage qui ne dit pas son nom.
Notre excursion dans la plaine des Vosges a donc bénéficié d’un double « miracle », celui du retour du renouveau et de la permanence de ce qu’on appelle parfois la « France éternelle ». J’ose le terme de « miracle » à dessein, pour défaire l’illusion de l’évidence et la paresse de l’habitude. Et plus l’époque s’assombrit, plus elle nous invite à redécouvrir la saveur de ce qui nous est offert, en toute gratuité, et le prix inestimable de ce qui nous est légué. Vive le vélo, qui nous relie ainsi au monde naturel, aux œuvres humaines, aux autres et à nous-mêmes.
Pour nous cyclistes, même à un âge avancé, il y a un plaisir de la vitesse (le mot vélo a été forgé sur celui de vélocité), et la « Ronde des Vosges » fut naguère une course où lambiner était bien sûr exclu. Mais il y a aussi un plaisir de la lenteur : le plaisir de la découverte et de l’émerveillement. Un plaisir à la fois personnel et collectif. Et c’est tout un art que d’à la fois prendre le temps de contempler et de veiller à ne pas s’isoler. La bienveillance du groupe est parfois requise, mais à la clé le gain est aussi celui d’une solidarité qui ne se dément pas. D’une cordialité qui demeure le propre de notre confrérie.
Cette cordialité se ressent en roulant, mais aussi à table et dans les conversations du parking. La halte au restaurant de Lerrain a été sur ce plan (mais aussi sur celui du rapport qualité/prix) un bon moment ; et l’occasion fournie, je récidive, de la vaseuse du jour : les cyclistes quelque peu éprouvés, il était bien normal qu’ils aient, en ce lieu, « mal les reins » (comme on dit en Lorraine). Une halte qui ne manquait pas de charmes, cela va sans dire. Tout comme le couarail du parking (de Charmes) : s’il y a bien un motif de profonde satisfaction pour ceux qui organisent ou supervisent les sorties, c’est de voir les mines réjouies des participants à l’arrivée. C’est fou ce qu’ils avaient l’air heureux, les valeureuses et les valeureux, au terme de cette ronde si ronde qu’elle aurait arrondi les angles s’il en avait été besoin !
Reynald, le 23 avril 2025
Compte rendu P 3 (1er avril 2025, Ligny-en-Barrois)
La pêche miraculeuse
Troisième sortie de l’année, toujours pas de report, pas de pluie, fraîcheur le matin, du soleil, du vent vif et glacial à volonté. Un parcours excellement conçu par David et Claude, qui ont été assez malins pour nous faire passer par Poissons en ce 1er avril. Et la pêche a été bonne, puisque leur filet a ramené pas moins de 36 créatures frétillantes au départ de la ligneuse « Ligny », soit dit sans langue de bois – je vous laisse méditer sur cette blague bien vaseuse, la vase de Poissons, en somme – ce qui fait deux contributions d’un coup au concours en cours du paludoludiverbisme, la fête !). Bref, on aurait dû être 41 au départ, mais des défections de dernière minute ont ramené la jauge à 36, une belle prise tout de même :
Édith ANGEL – Serge AUDINOT – Pierre BECK – Francis BERTHIER – Fabien BOTHIEN – Jean-Marie CAEL –Nadine CLÉMENT – Bernard CUNY – David DANIAUD – Gilles DELABARRE – Patrick DESCHARNES – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Jean-Claude HAZOTTE – Jean-Claude HURET – Smail IDRI – Reynald LAHANQUE – Denis LEONET – Sylvain MEURANT – Dominique PERRET – Claude et Colette PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Gérard REGRIGNY – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – François SAGNARD – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Marie-Caroline TRIOT – Pierre VALLOIS – Jean-Pierre VALTER – Michel VILLEMIN
Outre la participation exceptionnelle de David et Marie (les locaux ligneux, qui envoient du bois), vous relevez le retour de Smail (le moniteur de vélo-école), apparu lors de la dernière sortie 2024, et celle d’un invité, Francis Berthier, le petit nouveau que nous avons hélas perdu en route. Par ailleurs, vous ne comptez que 4 dames (contre 7 lors des Retrouvailles) – certes, tout ce qui est rare est précieux, mais faut recruter, les filles ! Quant aux pilotes de VAE, ils ont répondu présents, trop contents d’une assistance spécialement bien venue par vent fort et montées nombreuses, ce qui tombait bien, le très beau parcours du jour étant vallonné à souhait et exposé à merveille au mistral lorrain.
On a pu vérifier hier qu’organiser un groupe 1bis (grand parcours à allure modérée) était judicieux : j’en étais, nous étions 10, qui avons réussi à demeurer ensemble, en ménageant des regroupements réguliers au terme des grimpettes. J’ai appris que les deux autres groupes s’étaient semblablement auto-gérés au mieux, celui du petit parcours et celui des Vite-Vite-Vite. Faut que ça dure, les amis ! Seule ombre au tableau, outre la perte du néophyte Berthier, la sortie du restaurant : il est et il sera impératif de vérifier, avant la reprise, que tout le monde est prêt à remonter sur les biclous. Hier, il semble bien que les premiers coups de pédale ont été donnés alors que certains n’en avaient pas fini avec les formalités de départ. Faire ensuite du chasse-patate avec le ventre plein, ce n’est pas bon pour la digestion.
Un mot sur la découverte du jour : « le col des lacets de Mélaire » (une pancarte le précise, 356 m). Il fallait le « mélériter », a dit Jean-Paul : telle est sa remarquable contribution au concours des jeux de mots vaseux. C’est vrai qu’il ressemble à l’Alpe d’Huez, ce col de la Petite Suisse poissonneuse, mais en format réduit, très réduit, minuscule, quoi. Mais il est bien joli, il invite à la promenade, il a, comme l’ensemble du parcours d’hier, un goût de reviens-y : on y reviendra, par temps très doux, un jour où le vent se fera oublier !
Pour ne pas terminer ce compte-rendu du 1er avril en queue de poisson, partons à la pêche aux expressions de circonstance, histoire également de conjurer la poisse – ben oui, la poisse poisseuse qui nous a accablés l’an dernier (année du record des reports). Allez, ne marinons pas (surtout pas, pédaler avec un bracelet électronique, ce ne serait pas commode), et s’il vous plaît, pas de queue de poisson lors des prochaines sorties, c’est visqueux, c’est dangereux. Le mieux serait d’être heureux comme des poissons dans l’eau, mais sans la flotte ! Et heureux d’être toujours guidés par notre poisson-pilote (une pensée pour le capitaine Bernard), abrités par le poisson volant (une pensée pour le juvénile Denis), escortés par les gentils poissons-chats, mâles et femelles (suivez mon regard), mais préservés des requins-marteaux, des poissons-scies, des maquereaux et des maquerelles (au choix, parmi les non-VVV, cela va sans dire).
Ne me dites pas que j’ai noyé le poisson : je me suis contenté d’appâter, pour que la pêche aux participants soit plus fructueuse encore, et que vous l’ayez toujours, la pêche, hommes et femmes de caractère, qui n’avez rien à voir avec celles et ceux qui ne sont ni chair ni poisson. Je le pressens, et je m’en réjouis : vous me recevez cinq sur cinq, vous êtes tout ouïe, vous mordez à l’hameçon, votre moral n’est pas près de s’écailler, vous nagez dans le bonheur … Et comme l’a dit Jésus à Simon, après la pêche miraculeuse du lac de Tibériade : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras ».
Reynald, le 2 avril 2025
Compte rendu P 2 (18 mars 2025, Nomény)
VVV : Une Ventrée de Vent Vif
Oui, le vent : l’acteur principal de la deuxième sortie en plaine, ce fut sans conteste le vent, le Vent majuscule. On dit prendre un « bol d’air », mais un bol c’est trop peu dire quand il faut s’en manger une pleine barrique de ce vent éreintant qui a freiné, le matin, les ardeurs des 26 valeureux, avant de les propulser à grande vitesse l’après-midi – une véritable leçon d’énergie éolienne :
Michel ANDRÉ – Édith ANGEL – Jean-Marie CAEL – Jean-Luc CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – CUNY Bernard – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Gilles FLOQUART – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Reynald LAHANQUE – LEONET Denis – Sylvain MEURANT – Jean-Louis MOREAU – Dominique PERRET – Jean-Paul PEZEL – Gérard REGRIGNY – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Jean-Luc ROUYER – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Jean-Pierre VALTER
La plupart des couples présents lors de la première sortie n’étant pas disponibles, c’est à la fois le nombre des participants et celui des dames qui s’en sont trouvés diminués. Mais deux invités ont été de la partie, qu’on salue et qu’on reverra peut-être (Gilles Floquart, venu une fois l’an dernier, et le Toulois Jean-Louis Moreau). Le fondateur, Gérard R., en était aussi, mais il a été contraint d’abréger sa peine (et son plaisir), pour s’être retrouvé esseulé et quelque peu égaré. J’en profite pour ajouter que nous n’avons pas été parfaits pour ce qui est de la formation des sous-groupes : se retourner et attendre demeurent difficiles, semble-t-il, les nuques sont raides et les jambes impatientes. Mais il incombe aussi à chacun d’éviter de rouler seul, en chasse-patate et au risque de sortir du droit chemin qui mène au restaurant, puis aux voitures. Bref, évitons l’éparpillement.
Il faisait bien frisquet au départ, le soleil brillait, la campagne était riante, le vent s’était levé de bonne heure … et le moins qu’on puisse dire est qu’il était en pleine forme, sûr de lui dans les montées comme dans les descentes, puisqu’on ne cessait pas de le prendre en pleine poire. Pour corser l’affaire, le parcours était aussi riche en faux-plats et en bosses que pauvre en moments de répit. Du plat, oui, on en a eu tout de même, pendant un gros kilomètre, entre Beux et Aube, autant dire entre ça fume et ça se lève (ma contribution du jour au concours du paludoludiverbisme – pour rappel, l’art des jeux de mots vaseux). Il reste que ce parcours, tout en petites routes sans trafic, en larges points de vue, en ondulations généreuses, méritait bien qu’on y produise quelques efforts. Félicitations et remerciements à celui qui l’a conçu, Bernard Cuny.
Moi, je sais que je le referais volontiers, par une journée très douce et un vent très faible, ou par un vent amical qui se renforcerait sur la route du retour, tant il est jouissif de l’avoir dans le dos, le vent vif qui raccourcit les distances et aplanit les montées. Pour peu qu’on ait la chance de ne pas appartenir au groupe des furieux qui, à l’avant, se tirent une bourre monumentale (comme ce fut le cas hier), on goûte alors le pur plaisir de la souveraine balade. La sensation incomparable de faire corps avec les paysages aperçus et traversés à l’allure appropriée qu’ils attendent de nous, humbles et hédonistes pédaleurs.
Deux pages d’histoire pour finir. À peine sur nos vélos, on frôle sur les hauteurs de Nomény les ruines du château de Jeanne de Lorraine, qui fut la malheureuse épouse du roi Henri III, plus attaché à la compagnie de ses célèbres « mignons » qu’aux charmes des dames. En passant, une pensée compatissante pour l’esseulée. Arrivés à Faulquemont, on fait halte au bien-nommé restaurant « Le Faucon », puisqu’à l’origine la cité s’est appelée « Falco », par référence au faucon, un rapace mythologique souvent traité en symbole de pouvoir. Nous avons donc déjeuné sur le mont du faucon, sur les hauteurs de l’ancienne cité minière, tout près du lieu-dit « le carreau de la mine ». Pour autant, nous ne nous sommes pas sentis pourvus, au sortir de table, d’un super-pouvoir, sinon de celui du vent devenu prodigieusement favorable, le dieu Éole nous accordant enfin ses faveurs.
Reynald, le 19 mars 2025
Compte rendu P1 (4 mars 2025 – Maxéville)
La lumière des retrouvailles
L’an dernier, le record de participation pour la sortie des Retrouvailles avait été porté à 30 ; c’est un cycliste de plus cette année, si je compte la présence en matinée de Philippe Costes, un invité de Pierre Beck, et celle en éclaireurs de Nadine R. et de Gilles D., inaperçus mais non pas virtuels. Mais seuls 18 des présents avaient participé à la première sortie de 2024, les autres ont trouvé de dignes remplaçants, sachant que Sylvain M. s’est remplacé lui-même, en étant obligé de troquer son vélo pour sa voiture, qui s’est faite suiveuse, la faute à une épaule endolorie, impropre à la tenue d’un guidon. Les 31 participants :
Édith ANGEL – Pierre BECK – Fabien et Marie Hélène BOTHIEN – Jean-Marie CAEL – Jean-Luc et Joelle CHAPELLE – Nadine CLÉMENT – Anne et Franck CORNU – Philippe COSTES – Gilles DELABARRE – Claude DIETMANN – Francis DUVAL – Bernard GUERARD – Jean-Marie GUILLEMIN – Pierrick HAAN – Reynald LAHANQUE – Dominique PERRET – Claude et Colette PETITDEMANGE – Jean-Paul PEZEL – Patrice RÉMY – Francis ROCH – Nadine ROESCH – Jean-Luc ROUYER – Daniel SMALCERZ – Dominique TISSERANT – Pierre VALLOIS – Jean-Pierre VALTER – Michel VILLEMIN
Le soleil était de la partie, l’enthousiasme était au rendez-vous, les gros rouleurs du début d’année (et de l’hiver) n’ont pas snobé les pantouflards, les arrêts-regroupements ont été respectés, la pause casse-croûte a été d’un excellent rapport qualité-prix, même si son décor minimaliste aurait pu être avantageusement remplacé par l’ère de pique-nique aperçue le long de la piste cyclable (bien jolie) avant le franchissement de la Moselle, qui s’est effectué sur une sympathique passerelle flambant neuf. Au moins, nous saurons que cet emplacement existe.
Vous aurez noté que la participation féminine a été remarquable : 7 dames sur 31 ; et que les pilotes de VAE n’ont pas donné leur part au chien, puisqu’ils étaient 8. Une double tendance qui devrait se confirmer. Mais la palme de la participation revient à la douce lumière qui nous a accompagné tout au long de notre balade inaugurale.
Comme, pour une raison qui m’échappe, j’ai eu envie d’agrémenter ce bref compte rendu d’une évocation de notre sortie sous la forme d’un abécédaire, doublé d’assonances en écho à chacune des 26 lettres initiales, je me sens tenu de vous en faire profiter ((voir ci-dessous).
PS : il semble que Denis Leonet ait effectué également cette sortie, sans nous trouver, pour avoir raté le départ.
Abécédaire des Retrouvailles
Allez, aérez-vous, aéro-dynamisez-vous, athlètes ailés,
Bougez-vous, bannissez bricolage et bonne bouffe,
Cédez au cycle, convergez au Pont fleuri, calez la cadence
Dérouillez en chœur vos dures guiboles.
En avant, c’est parti, prenez votre envol, envoyez les watts,
Filez, les forçats, mais sans forcer, sans vous fatiguer, Gérez vos efforts, ça grimpe à Griscourt et à Gézoncourt, Hâtez-vous lentement vers les hauteurs,
Inspirez, inhalez l’air inimitable de la Petite Suisse,
Jouissez de l’instant, la joie vient toujours après la peine.
Kilomètre après kilomètre, kif-kif la kermesse,
La lettre L est déjà là, elle prélude au M de la montée, lourde ou légère,
Martincourt, Mamey, monts menus mais pas minables,
Non, ne les négligez pas, soyez au niveau, noblement,
Observez, ouvrez les yeux, oyez les oiseaux,
Paix sur la terre aux patients pédaleurs !
Quand vient la pause, on se sustente, sans quiche ni quignon
Rapide repos avant la reprise, rude rampe d’Arry ou riant retour
Sacrée grimpette ou sage sauve-qui-peut,
Tout à gauche pour les uns, tempo tranquille pour les autres,
Utile séparation avant l’unanime union finale des vélocipédistes,
Valeureux Vétérans, vifs et vénérables, véloces et virevoltants.
Watts à gogo, week-ends exclus,
X années que ça dure, sainement, sans xérodermie ni xérophtalmie,
Y a pas à dire, on fait parfois le yo-yo, mais sans pédaler dans le yaourt.
Zen, restons zen, de A à Z !
Reynald le 4 mars 2025
