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Première sortie 2014 (5 janvier) : Comme en 14

Oui, c’est reparti, « comme en 14 », c’est le moment ou jamais de le dire (en 2114, les rangs se seront raréfiés) ! Mais c’est une façon de parler : je ne prévois pour le club ni affrontements sanglants, ni guerre de tranchée, pas plus que de lâchers de gaz moutarde ou de fusillés pour l’exemple – enfin, tout ce cauchemar dont on va beaucoup reparler en 2014.

Soleil et relative douceur, plaisir de commencer une nouvelle saison, vœux à échanger, tout était réuni pour faire sortir du lit pas moins d’une trentaine de rouleurs (record de l’an dernier d’ores et déjà battu), dont quelques non-licenciés et néanmoins amis.

Fait remarquable, malgré ce grand nombre, on réussit à rester groupés pendant une bonne quinzaine de kms. Jusqu’à la première crevaison, bientôt suivie d’une deuxième (sur le même pneu de la même victime : bravo Didier, le gros lot). Double facteur de dispersion.

Encouragé par ce bel exemple, je n’ai rien trouvé de mieux que d’en faire autant : la troisième crevaison a été pour moi, ce qui m’a définitivement assuré le titre envié de « vélo-balai ». Je m’étais porté volontaire, histoire de fêter mon retour (après deux mois de non-participation forcée aux sorties du club), il fallait bien que j’assume.

Le peloton s’était reconstitué au sortir de Liverdun, à quelques unités près, quelques étourdis qui avaient dû oublier de regarder dans le rétro ; je l’ai invité, le peloton, à rouler sans moi, au vu du retard déjà pris, mais le président et ses deux gardes du corps attitrés, ainsi que Didier (compréhensif) et Jean-Michel, n’ont pas eu le cœur de m’abandonner à mon triste sort. Merci à eux. C’est d’ailleurs un groupe-balai qu’on a formé, qui a pu amicalement secourir Amico, l’infortuné qui avait donné sa chambre à air de rechange à Didier et qui avait crevé à son tour. On n’est pas toujours récompensé. Sauf que là, il l’a été, le bien nommé « Amico ». On a aussi récupéré Jo le Grognon sur la fin : ses pneus étaient bien gonflés, mais c’était lui qui l’était, crevé !

La crevaison d’Amico était donc la quatrième. Et la quatrième occasion de faire preuve de solidarité. C’est ce que je retiendrai de cette première sortie, avec le soleil du matin, et le plaisir retrouvé de la sortie en groupe du dimanche.

Ce qui s’est passé à l’avant, je ne sais, c’est l’inconvénient des crevaisons multiples, associées ce jour à la fonction de vélo-balai.

Quant à ceux qui n’ont pas crevé, est-ce qu’ils ont vraiment roulé, s’est demandé Jean-Michel ? De fait, 100% de ceux qui ne roulent pas ne crèvent pas. N’est-ce pas Jean-Luc ou Oncle Picsou ? Faut dire que ce dernier n’avait pas reçu sa nouvelle cassette : il ne pouvait donc pas rouler, sont inséparables, sa cassette et lui. Pour info, notre cher trésorier en change chaque année, de cassette : son espoir, c’est un jour de rouler sur l’or. Ne le détrompez pas, il serait trop déçu.

Une remarque sur le parcours : comme l’a rappelé Gérard lors de l’AG, « le parcours, c’est sacré » ! On le respecte ! Sauf cas de force majeure. Et ce fut le cas. A l’arrière, on a dû raccourcir et renoncer au double passage par Fontenoy et par le haut de Villers-saint-Etienne, ce qui nous a privés des quelques montées sérieuses du jour – un crève-cœur, mais on s’en remettra. Et de même renoncer à la boucle par Pierre-la-Treiche et Chaudeney. Comme ce parcours bien raccourci a tout de même été de 67 kms (en ce qui me concerne), je me dis que le parcours prévu aurait été bien long, bien trop long… et difficilement faisable en 3 heures : témoignage de ceux qui l’auraient fait intégralement ?

Donc, ne pas faire tout ce sacré parcours s’imposait peut-être doublement aujourd’hui. Mais ce n’est pas une raison pour récidiver à la moindre occasion.

Bonne semaine (et pensez à rouler avec des pneus qui ne crèvent pas).

Le secrétaire,

Reynald

PS : Yves nous a transmis des nouvelles rassurantes de François Rollet, notre ancien président bien-aimé ; je me permets en votre nom de lui adresser nos meilleurs vœux de complet rétablissement. Et si tu passes par la Lorraine au cours de cette année, François, fais-nous signe !

Deuxième sortie 2014 (12 janvier) : Dans la brume

« Dans la brume », ce sera l’expression du jour, puisque toute la sortie s’est faite dans ce décor de saison. Une petite touche d’hiver, enfin, après des semaines très douces et ensoleillées. Faut l’admettre : l’hiver est devant nous, on ne sait pas encore ce qu’il nous réserve.

En tous cas, la brume n’a dissuadé personne d’enfourcher la bécane : 25 enthousiastes étaient de la partie, les mangeurs de galette et ceux qui avaient préféré hier profiter des soldes – on dit « les soldes suprêmes » maintenant, je vous demande un peu. Pas une raison, pourtant, pour manquer la galette, qui n’était peut-être pas suprême, mais tout à fait conviviale. D’autant que de nombreuses épouses nous avaient à nouveau fait le plaisir de se déplacer (comme lors du repas de l’AG). L’étape suivante, ce sera de les voir sur des bicyclettes, n’est-ce pas mesdames ?

Malgré la brume, on ne perd personne jusqu’à la pause, on roule groupés, la bonne humeur est au rendez-vous.

J’en profite pour souhaiter, au nom de tous, la bienvenue aux trois nouveaux licenciés, qui étaient présents, et que certains ne connaissent peut-être pas encore : Amico Di Ciano, l’Ami des Randos (forcément), Didier Wernert, le toujours vert (et tout en nerfs), Jean-Christophe Arnautou, Isol 2014 de son nom de code (il dirige l’antenne lorraine de « Ouest Isol », où se prépare un beau défi vélo qui sera tout à l’honneur de notre sympathique Electrik Nono… petits curieux, vous voudriez en savoir plus, je le sens, mais je vais vous faire languir).

Je me réjouis aussi, comme ceux qui l’ont connu il y a quelques années, d’avoir revu parmi nous Philippe Beurey (dit « Petit-Beurre », mais ça je ne devrais pas le dire). Il prépare ses vacances de ski, mais n’exclut pas, je crois, de revenir parfois faire quelques tours de roue.

La péripétie du jour, c’est celle de la pause : intercalés entre le groupe de devant, qui avait escaladé la dernière côte en frôlant l’excès de vitesse, et le petit groupe de derrière qui crachait ses poumons, Franck et moi n’avons vu personne à l’entrée ni à la sortie de Drouville, où était prévu l’arrêt. Nous avons donc poussé jusqu’à Courbesseaux, des fois que, avec toute cette brume… Personne non plus. On s’arrête, on se ravitaille, personne ne nous rejoint. On en conclut donc que, soit le gros peloton ne s’est pas arrêté du tout, soit il a coupé directement sur Haraucourt, comme l’a fait le petit groupe de ceux qui souhaitaient rentrer plus tôt. Nous sommes alors convaincus, Franck et moi, de nous trouver derrière tout le monde. On maudit le peloton, on vote à l’unanimité un blâme collectif, et on rentre seuls. Pour une sortie de groupe, on l’a un peu mauvaise, mais on met ça sur le dos de la brume. Circonstance atténuante, donc.

Mais, la vérité était tout autre, je l’ai su un peu plus tard : grâce à Nono, que j’ai retrouvé à hauteur de Nancy, j’ai appris que la pause de Drouville avait bien eu lieu. Très bien. Mais pas sur l’itinéraire le plus logique. A l’écart, sur la route d’Haraucourt. Ce qui est moins bien. Comme si la brume n’avait pas suffi pour compromettre la visibilité ! Entre nous, camarades cyclos, qu’est-ce qui vous a pris d’aller vous planquer ainsi ?

Bien envie, donc, de maintenir le blâme collectif. Faites gaffe, la prochaine fois, c’est la radiation. Avec l’autorisation du préfet et du ministre de l’Intérieur, bien sûr. Vous allez « dans le mur », camarades, et ce n’est pas le moment ! Vous aurez bonne mine quand vous en serez réduits à rouler en scooter…

Bref, nous qui croyions rouler derrière tout le monde, Franck et moi, nous avons dû en réalité rouler en tête. Le mystère, c’est : pourquoi le gros peloton ne nous a-t-il pas rattrapés, puisque, toujours selon Nono (que je promeus reporter adjoint pour mes petites chroniques), il a repris l’itinéraire prévu après la pause farfelue de Drouville. Serait-ce que devant nous avons particulièrement bien roulé, en costauds. Oui, ça doit être l’explication. Nous avons roulé en costauds. Et derrière, tout le monde a tiré la langue. On peut rêver, non ?

Conclusion : il faut bien que chaque sortie ait sa petite péripétie. N’empêche, la prochaine fois, inutile d’aller jouer les planqués au moment de la pause, personne ne viendra vous piquer vos précieuses barres de céréales.

Je me la ferai raconter, la sortie de dimanche prochain, car, c’est la nouvelle dramatique qu’il faut vous infliger, je serai absent. Privés de chronique, que vous serez. Ce n’est pas que je sois fâché, mais je serai retenu, à Poitiers, par une obligation post-professionnelle.

Bonne semaine, les embrumés !

Reynald

PS : Vous l’aurez remarqué, en 2014, nous avons effectué 100% de nos sorties sans pluie ; pourvu que ça dure. Et félicitations à Christophe, qui a accompli au mieux sa tâche de vélo-balai (il n’est pour rien, lui, dans l’embrouille de la pause).

 

Sortie du 4e dimanche de l’an 2014 (26 janvier) : Au beau fixe

Le temps aidant, les rendez-vous de janvier continuent de faire recette : pas moins de 20 « forçats de la route » (oui, j’exagère) ont fait tourner les manivelles, lors d’une sortie à nouveau ensoleillée et bien agréable. « Il n’y a plus de saison », et pour l’instant personne ne s’en plaint. Vous l’aurez remarqué, la Lorraine devient une région de plus en plus clémente, pas comme la côte d’azur ou le sud-ouest, ou la Bretagne, les pauvres, avec toutes ces inondations !

Georges le vénérable est venu, en voisin, donner le départ : qu’il sache que nous avons hâte de le revoir sur son biclou et que tous lui souhaitent de se rétablir vite et bien. C’est en roulant (mais pas seulement) que nous fêterons bientôt ses quatre-vingts printemps !

Par une si belle matinée, nous aurions pu ne pas subir de crevaison, mais Marco de Bel Effort et Jean-Claude le Rouleur ont tenu à respecter la moyenne de janvier en matière de pneus percés. Pour ce faire, ils n’avaient pas hésité à proscrire les pneus neufs. A moins qu’ils attendent qu’on se cotise ?

Malgré ces deux péripéties, le peloton a réussi à chaque fois à se reconstituer. Le vélo-balai du jour veillait au grain : que Patrick en soit remercié. Une remarque à ce sujet : cette initiative récente semble entrer dans les mœurs, chacun s’y colle tour à tour, et on ne perd personne en route.

Un petit bémol : quand on décide, comme aujourd’hui, de ne pas faire deux groupes après la pause, il faudrait que quelqu’un d’autre prenne la relève. Dans le flou du jour, on n’a pas su s’il convenait d’attendre un éventuel attardé. Mais comme, dans le doute, un groupe a eu la sagesse d’attendre après la première bosse du retour, Joseph et ses accompagnateurs ont pu recoller. Ce qui fait qu’on est tout de même rentrés en deux groupes, la faute à ces petites grimpettes où tout le monde n’a pas les mains sur les freins … Mais rentrer selon deux rythmes différents, ce n’est pas plus mal, vu l’état de forme que connaissent déjà les costauds.

Mais qu’ils se méfient, les costauds, ceux de l’arrière montent doucement en puissance, ils ne brûlent pas les étapes, eux, ils seront en pleine bourre quand la saison sera vraiment lancée. Et on verra ce qu’on verra ! Et tant pis s’il faut ajouter : Grimpera bien qui grimpera le dernier !

Comme le disait René Fallet, qui fait partie de la cohorte des écrivains amoureux de la petite Reine :

« Ceux qui font du vélo savent que dans la vie, rien n’est jamais plat« . Les petits grimpeurs n’en ont que plus de mérite.

Et puisque j’y suis, je vous en cite un autre, d’écrivain, Alfred Jarry, contemporain des toutes premières années de la bicyclette, auteur très irrévérencieux, l’inventeur du père Ubu et de cette science farfelue et encore très prisée de quelques grands esprits qu’est la « Pataphysique ». Jarry, donc, est aussi l’auteur d’un texte intitulé « La passion considérée comme course de côte » – et c’est de la Passion du Christ qu’il parle (que les catholiques pratiquants le lui pardonnent, et à moi, de le citer, par la même occasion) :

« Dans la côte assez dure du Golgotha, il y a quatorze virages. C’est au troisième que Jésus ramassa la première pelle« .

Bonne semaine à tous (soignez votre forme, mais n’abusez pas de la « potion magique »).

Votre dévoué secrétaire et chroniqueur du dimanche

 

Sortie du 2 février, 5e dimanche de l’an 2014 : Soleil de février

Toujours pas de pluie, toujours pas de froid glacial, les Dieux du Cycle sont avec nous.

Une bonne vingtaine de passionnés ont donc enfourché la bécane, pour une sortie tonique, un peu plus bosselée que les précédentes (dans les 700 m de dénivelé), un plus mouvementée également : les petites grimpettes du début ont fait du tort à la cohésion du peloton, ceux de devant ont eu beau ralentir et attendre pas mal de fois, tout le monde n’était pas dans le rythme. Quand je dis « petites grimpettes », celle de Cerville comporte tout de même du 11% – Cerville qui s’appelait autrefois « Cercueil », mais je ne suis pas sûr que c’était à cause de cette mortelle montée. Et celle de Laître-sous-Amance n’est pas mal non plus (ce qui n’a pas empêché les costauds de Bouxières et quelques autres d’ajouter au programme le mur d’Amance, je vous demande un peu, et plus tard celui de Frouard pour rejoindre la route forestière).

Disons que le vélo-balai du jour, le fringant Marco de Bel Effort, a eu du boulot à l’arrière, et il a fait ce qu’il a pu : c’est qu’il y en avait de la poussière à épousseter sur les vieilles machines, de la rouille sur les rotules, du vert-de-gris sur les cuisses, et je ne vous parle pas de la calamine dans les bronches, du dépôt sur les bedons ou du tartre sur les mollets. C’est une entreprise de nettoyage qu’il aurait fallu !

Blague à part, à défaut d’une solution-miracle, redisons que pour accorder les violons la bonne volonté des uns (à l’avant) doit se conjuguer avec les petits efforts des autres (à l’arrière). Et réciproquement.

Rouler à 27 km/h pendant la première heure et demie serait trop demander, je le sens bien : faut laisser ça aux jeunes tiges de 102 ans, vous savez ce Robert Marchand qui vient à cette allure-là (26,9 km/h pour être précis) de battre son propre record de l’heure sur une piste de vélodrome. Il est vrai que personne d’entre nous n’a cet âge-là et que chacun a donc encore une marge de progression.

Faute de mieux, la décision d’avancer la pause aura au moins permis un bref regroupement général, avant de passer à la formule homologuée (celle-ci) des deux groupes pour la 2e moitié du parcours. Décision peut-être à retenir (avancer le moment de la pause) lors de débuts de sortie un peu « compliqués ». Impossible de faire autrement : faut organiser « la diversité ».

Retenons surtout que tout le monde a pu profiter du soleil et de la douceur, et qu’une seule crevaison fut à déplorer. Et si février est aussi clément que janvier, le comité offre une tournée générale !

Bonne semaine à tous

Sortie du 9 février (la n°6 de 2014) : Assistance et non-assistance éolienne

La pluie a failli s’inviter, elle a un peu crachoté sur le peloton, mais devant l’ardeur et l’enthousiasme déployés par la joyeuse troupe, elle a rapidement renoncé à faire parler d’elle. Les quelques 25 participants ont donc pu consacrer leurs efforts à résister à l’adversaire du jour, le vent parfois violent qui soufflait sur la plaine. Mais à la différence de la pluie, qui ne sait que tremper tout ce qu’elle touche, le vent a toujours le bon goût, au détour de la route, de se mettre à souffler dans le dos. S’il est le pire ennemi du cycliste, il faut pourtant lui reconnaître cet insigne mérite : il n’a pas son pareil pour se changer en son meilleur ami. Donc, ils en ont bavé, les virtuoses du braquet, mais bien profité aussi.

Et somme toute, le non-hiver continue, ce qui contribue au succès sans précédent de toutes les sorties de ce début d’année.

Question : est-ce que la pratique du vélo-balai, associée à une attention plus grande de ceux qui conduisent le peloton, est aussi pour quelque chose dans cet engouement qui ne se dément pas ? Je ne sais, mais en tout cas, il faut souligner que la gestion de la sortie a été presque parfaite, et le titulaire du balai s’est, à son tour, acquitté à merveille de sa tâche : on m’a proposé d’attribuer à Jean-Michel un triple A ! On ne saurait le lui refuser, d’autant qu’il a continué de veiller sur l’arrière du peloton après la pause de Manoncourt.

Une pause bizarrement éparpillée, chacun ayant, semble-t-il, sa préférence d’arbre contre lequel appuyer son vélo, ou à l’abri duquel faire une petite vidange : peuplier, frêne, chêne, bouleau, il est vrai que c’est une question délicate. A cette heure-ci, il doit y avoir un ou deux compagnons qui sont encore à la recherche de l’arbre idéal, puisqu’on ne les a pas repris ni revus…

Si j’avais le temps, je vous parlerai d’un formidable bouquin que je viens de lire : c’est le récit de l’incroyable odyssée réalisée à vélo par un jeune sportif russe, Gleb Travine, à la fin des années vingt, un tour complet de l’immense Russie (devenue alors l’URSS), un périple de pas moins de trois ans, plusieurs dizaines de milliers de kilomètres, dans des conditions parfois extrêmes – de moins 50° à plus 50°, sur des pistes pas toujours praticables, sur la banquise souvent, ou sur des rivières gelées, sans vivres autres que les animaux chassés, les poissons capturés, les fruits et les plantes cueillies, etc., etc.…

Et tout cela, sur une bicyclette (une Remington américaine) qui pesait une vingtaine de kilos, augmentée d’une cinquantaine de kilos de bagages, un engin sans dérailleur, bien sûr (avec un développement équivalent à 46×16), avec freinage dans le moyeu (rétropédalage).

Une anecdote parmi beaucoup d’autres, celle du jour où il coule avec sa machine dans une faille de la glace – voici comment il fait face :

« J’ai eu toutes les peines du monde à sortir de mon trou d’eau, les bords s’effritaient sous mon poids. Quand enfin je me suis senti porté par une glace assez ferme, je me suis étendu de tout mon long, bras et jambes écartées. Je ne suis pas prêt d’oublier ce jour. Mes habits étaient pétrifiés à cause du gel. J’ai trouvé la volonté de bouger un peu. Prudemment comme un phoque avec ses nageoires, j’ai rampé sur la glace jusqu’à mon vélo que j’ai réussi à tirer de là. »

« Je me disais : je n’ai pas le droit de renoncer, j’arriverai avec mon ami à deux roues coûte que coûte, même si je dois pédaler à genoux… Pas un instant je n’ai regretté d’avoir entrepris ce voyage. Mes pieds me faisaient horriblement souffrir, je n’ai rien eu à manger pendant des journées entières, mais il y avait des moments où j’oubliais tout, par exemple devant la beauté incomparable des glaces. C’était cela qui m’insufflait la force de continuer. »

Vous trouverez un long et bon résumé de ce livre ce site : http://www.lepetitbraquet.fr (aller à Gleb Travine, résumé en 2 parties)

Sortie du 16 février (la 7e de 2014) : La Bonne étoile

Il se confirme que l’année se présente sous les meilleurs auspices pour les amateurs de plein air : toujours pas d’hiver, de la douceur, très peu de pluie… on en redemande. Bon, il y a bien eu quelques moments de crachin ce matin, mais rien de sérieux, une pissée de moineau, une larme de jeune fille, un embrun d’eau douce. Et à nouveau, aucune crevaison, cela en devient intrigant.

Vous vous demandez d’où vient cette bonne étoile, et si quelque bonne fée nous protège. Vous y êtes presque. Je vais vous faire une révélation : nous étions quelques-uns à porter autour du cou une sorte d’amulette, un gri-gri qui éloigne les esprits malins et les démons de la route. Qu’est-ce à dire ? Eh bien, oui, il faut l’avouer, quelques initiés portaient une médaille apotropaïque… J’ai bien dit « apotropaïque » (ceci est un clin d’œil aux sorciers Jean-Claude et Pierre V.).

Si tout va bien, cet efficace stratagème devrait aussi nous préserver des pépins au cours de cette année bénie des Dieux du Cycle. Vous avez, nous avons vraiment de la chance.

L’autre fait du jour est que certains ont brillé par leur absence, alors qu’au contraire le Roi Merlin était à nouveau venu faire baisser la moyenne d’âge, que Michel Web avait troqué son VTT pour une plus noble monture et Hervé aux grands pieds troqué ses chaussures de footing pour des cylco-godasses. Absents, les costauds de Bouxières, fatigués qu’ils sont par un début de saison tonitruant (prière de les aider dans les côtes quand ils reviendront) ; absents, les Collard Brothers, à court de forme (les frères Coaltar, en somme) ; absent le Président, qui présidait la réunion des vieux et des très vieux de son quartier ; absent le père Joseph, absent le pénitent Nono (il n’était toujours pas sorti de table depuis hier soir), absent le Doigteur fou, absent le Laxou-ça-roule-pas, absent Gaby GPS (qui n’avait pas trouvé le lieu du rendez-vous), absent Cri-cri six-cylindres… et quelques autres, absents parce qu’ils n’étaient pas là, ce qui est tout de même la meilleure raison pour n’être pas présent.

En revanche, il était au rendez-vous, et avec son vélo, le Vénérable, l’Inoxydable Georges, qui nous a fait le plaisir de sa compagnie au début de la sortie. D’ici six à huit semaines, il donnera le tempo, à n’en pas douter. Un geste à souligner : Max le Bienveillant a pris sur lui de le raccompagner, quand il a choisi, à Méréville, de rentrer au bercail. Chapeau !

Cette double défection bien compréhensible a été compensée par les arrivées plus tardives du Flingueur de pancartes et du parachutiste d’Azelot, si bien que l’essentiel de la balade s’est faite à quinze (puisque les absents ne comptent pas, vous l’aurez compris). Ce nombre de participants, plus modeste que ces dernières semaines, n’a pas rendu nécessaire le recours au vélo-balai. Mais j’observe que l’attention de ceux qui se trouvent à l’avant est devenue, de sortie en sortie, nettement plus grande, ce qui évite que certains soient durablement abandonnés à leur solitude (et au vent de face). On s’améliore, y a pas à dire. On s’autorégule.

J’en viens au seul sujet d’affliction du moment : vous allez me manquer, et réciproquement (je l’espère), lors des trois prochaines sorties, puisque, beaucoup le savent, je m’envole pour l’Inde vendredi prochain, retour le dimanche 9 mars au soir. Pas de vélo pour moi, pas de chronique pour vous (sauf si quelqu’un prend le relais).

A moins que je me convertisse là-bas au vélo utilitaire (voir ci-dessous).

Bonnes semaines (au pluriel), et jouissives parties de manivelles !

Reynald

Vélo utilitaire (Inde)

 

 

16 mars 2014 : Chronique parallèle

Chers amis Randos,

Il fait très beau, vous vous êtes levés du bon pied, et vous vous êtes retrouvés nombreux au Parc des Expositions : en route pour Heillecourt, Fléville, la côte qui mène vers Ludres (déjà des lâchés, mais vous n’avez pas oublié de vous donner un vélo-balai, n’est-ce-pas ?)… Pierre, en tous cas, n’en fera pas office, puisque lui aussi est obligé de rouler par procuration en cette belle matinée de printemps précoce.  Gare plus loin, à la grosse bosse d’Ormes-la-ville, à celle plus modeste d’Affracourt, à la grimpée d’Houdelmont également, avant la remontée sur Brabois. Mais la campagne est déjà si riante, colorée, enjôleuse, que votre plaisir culmine même quand la route est plate.

Donc, vous roulez et moi je raconte : cherchez l’erreur.

C’est qu’après trois semaines d’absence pour une excellente raison (mon voyage en Inde), me voici contraint d’en ajouter une quatrième, pour une raison beaucoup moins plaisante : une récidive de mon vieux mal de dos, qui me rend douloureuse la simple position assise, et plus encore quand elle se confond avec celle du cycliste qui tourne les jambes. J’ai fait une tentative jeudi, qui m’a permis de croiser Christian et Marcel, puis Jean-Marie et les « Pont fleuri » (moi, je me traînais, ils m’ont semblé rouler à vive allure), mais j’ai dû bien vite renoncer.

Pour le cas où vous auriez connaissance d’un excellent kiné, je précise : dans ces cas-là, je souffre d’un micro-déplacement au niveau des lombaires ; ça se remet soit de façon douce, parfois, soit de façon plus violente, par une manipulation des vertèbres. J’ai déjà eu droit à pas mal de variantes de ces méthodes, j’attends la formule-miracle. Merci de vos conseils éventuels.

Un mot sur l’Inde, à défaut que je puisse vous faire un compte rendu détaillé de la sortie en cours (Gaby, retourne-toi, ralentis ; Marco, mutualise tes efforts) : un pays fascinant, coloré, bruyant, contrasté … pour moi, qui n’avais jamais voyagé dans cette région du monde, un univers totalement différent du nôtre, où il faut laisser de côté ses jugements et ses repères. On observe, on essaie de comprendre, mais on bute sur bien des énigmes. Comme l’on se déplaçait presque chaque jour en autocar, j’ai découvert le grand délire qu’est là-bas la circulation : avec dépassements sans visibilité, véhicules à contre-sens (sur des 2×2 voies), ou arrêtés en pleine chaussée, piétons traversant n’importe où, dromadaires attelés, vaches en grand nombre (même sur les autoroutes), motos à passagers multiples (une famille de 5 membres aperçue le dernier jour) ; tracteurs, camions, tricycles, tous véhicules plus que surchargés, aucune règle de priorité, mais un art consommé de la confrontation et de l’esquive : je klaxonne, je m’impose, je frôle, et le plus souvent ça passe… Renseignements pris, l’Inde compte tout de même 130 000 à 140 000 victimes de la circulation lors de chacune de ces dernières années, les piétons et les deux-roues en représentant une bonne moitié.

La société indienne pourrait bien être à l’image de la circulation (en campagne comme à la ville) : un apparent chaos et des règles cachées qui organisent la vie quotidienne, des règles complexes, souvent fondées sur les traditions, et qui permettent que tout cela tienne mais au prix d’inégalités criantes et d’affrontements feutrés. Mais je n’ai pas une seule fois vu, dans les rues ou sur les routes, quelqu’un s’en prendre à quelqu’un d’autre, là où chez nous les injures et les coups auraient jailli à jets continus. Chacun joue le jeu qu’il sait devoir jouer. Y compris parfois celui de la malheureuse victime.

Vous l’aurez compris, faire du vélo en Inde relève d’un exercice on ne peut plus périlleux (outre que les routes de campagne peuvent être défoncées et très sinueuses). Sachez pourtant que posséder un vélo, à défaut d’une moto ou d’une voiture (réservées aux classes aisées), révèle qu’on ne fait pas partie des plus pauvres ; et que pour favoriser l’alphabétisation des filles (encore très discriminées par rapport aux garçons), certains Etats les récompensent d’une bicyclette si elles persévèrent à l’école pendant plusieurs années.

Le vélo ou le tricycle demeurent là-bas utilitaires. Ils ont en commun de ne pas être dotés de dérailleurs. Quand il s’agit de transporter de lourdes charges (marchandises ou passagers), un enfer, on marche à côté de la bécane. Si vous connaissez un jeune homme (ou une jeune fille) très dynamique et qui rêve de créer son entreprise, voici une idée en or : introduire en Inde le dérailleur, ne serait-ce qu’un petit dérailleur trois vitesses ! Bien des peines en seraient soulagées.
Je n’ai rien dit de la grande gentillesse de ceux que nous avons croisés ou rencontrés, ni de la beauté des temples, des palais, des anciens forts… Ce sera pour une autre fois, j’ai déjà été anormalement long pour une petite chronique du dimanche.

Tiens, c’est pour vous l’heure de la pause : vous allez vous séparer en deux groupes, les costauds et les contemplatifs ?
Bonne fin de balade, heureux pédaleurs (munis de dérailleurs 30 vitesses et d’engins ultra-légers).
A dimanche prochain, je l’espère, si j’ai trouvé le sorcier du dos qui fait des miracles,
Reynald

Inde 0

 

Sortie du 23 mars (12e dimanche de 2014) : Retour (du printemps)

Le retour, enfin, en ce qui me concerne, débarrassé du mal de dos qui avait prolongé mon absence (merci à ceux qui m’ont donné des noms de spécialistes, même si pour cette fois les choses sont rentrées dans l’ordre d’elles-mêmes, médicaments et petites séances de marche aidant).

Une vingtaine d’amateurs a participé au scrutin cycliste du jour, d’autres se sont abstenus ou ont pédalé blanc, parmi lesquels notre marcheur céleste, le grand Isol Nono, Gérard, pris par coupe de Lorraine de VTT, Christian, victime d’un mauvais calcul (bon rétablissement à lui), outre quelques assesseurs dévoués et quelques pêcheurs à la ligne. Ce qui fait tout de même une majorité de sortants, qui ont tantôt mis tout à droite et tantôt tout à gauche. A vélo, impossible de choisir, faut sans cesse jouer l’alternance.

Parmi les pédaleurs de cette première sortie printanière, un peu fraîche, une surprise : un étrange étranger, rien moins que l’Homme invisible. La première fois que je le voyais, je dois dire, le célèbre héros qui voit sans être vu. Mais impossible de deviner l’identité de l’être qui se cachait sous ces étonnantes bandelettes blanches. Au demeurant, pas mauvais dans l’exercice du pédalage, l’Homme invisible. La prochaine fois, qui nous fera l’honneur de participer à notre escapade : Tarzan, Obélix, d’Artagnan ?

Péripéties :
On a perdu en route les Coaltar Brothers, du côté de Saffais, là où ça fait mal, faut dire, même si on a évité de justesse la fameuse grimpette. Je parle de ceux qui comme moi se sont plantés à Vigneulles et ont bien failli se la faire, la montée de trop.
La cassure qui s’en est suivie, ceux de devant n’ont pas eu l’air de la remarquer, ce qui m’oblige à observer que l’absence de vélo-balai a été préjudiciable. Le procédé a fait ses preuves en janvier et février : pourquoi ne pas persévérer ?
Plus loin, la pause a été prolongée grâce à une opportune crevaison. Et comme on n’avait pas décidé de faire deux groupes, ce sont les côtes de la sortie de Lunéville qui ont fait le tri. Le trio, en fait : les maboules de devant (pressés peut-être de déposer leur bulletin dans l’urne), ceux de derrière qui ont coupé au court, échappant ainsi aux bosses bien pentues de la route de Sommerviller, et les valeureux solitaires qui ne voulaient à aucun prix échapper à ces escalades, Jean-Yves et moi-même… qui avons donc formé un groupe de deux jusqu’à Nancy, avant la séparation finale. Ce qui fait une grosse réduction du peloton par rapport au départ.

Il est vrai qu’on est condamné à terminer seul, au bout de la course, qu’on soit parti à 10, 20 ou 30… C’était ma réflexion philosophique du jour.
Bonne semaine,
Reynald
PS : un petit mot vous livrera bientôt les précisions utiles sur la randonnée « Monts et jardins » organisée par « Laxou ça roule » dimanche prochain.

Sempé A deux

Sortie du 30 mars (13e dimanche 2014) : Monts et Jardins

Une sortie sous le signe du passage à l’heure d’été : il faisait donc très beau. Il est vrai que cela devient une heureuse habitude en 2014.
Et une sortie tout en « monts et jardins », grâce à notre hôte, « Laxou ça roule », qui avait une nouvelle fois bien fait les choses : quelques monts (la grimpée de Laxou pour commencer et finir, le toboggan de Sexey, le mur de Maron) et beaucoup de jardins, sans compter la campagne lorraine, semblable déjà à un vaste et beau jardin fleuri.

Une bonne vingtaine de Randos ont tenu à en être, ce qui fait un très honorable taux de participation. D’autant, sur le plan qualitatif, que plusieurs convalescents étaient présents, plus un VVF en piètre état (un valeureux vétéran fêtard, n’est-ce pas Gégé) et un VVM fatigué (M comme marcheur) qui avait, la veille, usé ses semelles en Alsace et abusé de la tartiflette.
En revanche, ni M. Hénart ni M. Klein ne s’étaient déplacés pour nous expliquer comment ils vont transformer Nancy et ses environs en fabuleux domaine cyclable. Dommage.

Le coup de pédale était vif, l’élan était pris, jusqu’à ce qu’une crevaison le brise, l’élan. Entre nous, crever avec un pneu neuf, c’est du vice, vous ne croyez pas ? Ou de la pure malchance ? Mais tout le monde attend et ça repart. Puis ça se sépare : plusieurs ayant déploré, dès la semaine dernière, la modestie de la distance, l’idée d’ajouter une petite boucle avait fait son chemin. Un tout petit bout de chemin, faut croire, puisque nous ne fûmes que six à rallonger le parcours… Ils étaient passés où, les volontaires, les dévoreurs de bitume, les affamés ? Il est vrai que ceux qui avaient à haute voix clamé leur souhait d’un parcours plus long avaient réglé le problème en ne venant pas… Bulletin blanc, en somme. Ce qui est bien une façon de s’exprimer. Ouais, une façon…

Je peux donc vous dire que la rallongette de Foug fut fort agréable, la végétation y était encore plus avancée, les foules s’étaient massées dans les villages pour nous acclamer, les barrières de la piste du canal avaient été ouvertes, le vent était favorable dans les deux sens. Le rêve, quoi.
Du gros peloton qui n’en a pas profité, je ne peux, en revanche, rien dire. Sauf que ses membres avaient tout englouti du buffet de Chaudeney, ne nous laissant que des miettes. Moralité : ce sont ceux qui pédalent le moins qui mangent le plus. Tout s’explique.

Attention, la semaine prochaine le rendez-vous est à 8h. A la passerelle de Champ-le-Boeuf. Passerelle dont j’ai appris grâce au descriptif de « Laxou ça roule » qu’elle s’appelait « la passerelle Mickaël ». Recherche faite, cela renvoie au nom d’un enfant tué en 1992 en voulant traverser l’autoroute A 31. Ce qui m’a rappelé qu’avant que la route elle-même qui longe l’autoroute ne soit construite (jusqu’au niveau de la zone de loisirs de la forêt de Haye), on sortait à vélo de Nancy et on y rentrait en empruntant les bandes d’arrêt d’urgence, frôlés par les voitures et les camions. Une folie !

Bonne semaine,
Reynald
PS : en pièces jointes, deux autre photos ramenées du voyage en Inde. Deux usages singuliers des machines à pédales.

Inde 1

Inde 2

 

Sortie du 6 avril (14e dimanche 2014) : Une matinée de printemps

Il se confirme que l’année 2014 se déroule sous une bonne étoile pour les amateurs de vélo : soleil, douceur, printemps précoce, vent faible. Certes, il a fallu traverser le redouté réfrigérateur des fonds de Toul en tout début de parcours, mais l’effet de tiédeur n’en a été ensuite que plus appréciable. Je suis bien d’accord avec vous : ça commence à manquer sérieusement de pluie.

Pas moins de 25 pédaleurs alertes étaient de la partie, une fois rattrapés le roi des pancartes et la paire de frangins (qui n’étaient pas encore dans le coaltar). Il ne manquait presque personne, même si l’absence des Kostos de Bouxières a été très remarquée : espérons qu’ils ne sont pas retournés à leurs dangereux travaux, le Tronçonneur des forêts, le Couvreur des dimanches et le Tailleur de pierres. En revanche, l’Homme invisible était de retour, même si tout le monde ne s’en est pas aperçu, puisque cette fois, sans ses bandelettes,  visible il était. Même qu’il s’appelle Maurice, le Visible, membre de La Espétété, mais en grand danger de randonnisation. De même, Francis-ça-roule est venu nous rendre la politesse, histoire de goûter à nos monts et jardins maison.

Une sortie classique dans son déroulement : menu unique jusqu’à la pause, service à la carte ensuite. Gaby, sur ma proposition, a découvert la fonction de vélo-balai, ce dont il s’est remarquablement acquitté, veillant en particulier à la gestion des arrêts-pipi inopinés. Je crois qu’il ne va pas tarder à repiquer, il a compris que le rôle est gratifiant. Et comme les meneurs du peloton ont entendu la voix de la sagesse, on a pu rouler remarquablement groupés jusqu’à Chaudeney (où aucun buffet ne nous attendait : que fait le comité ?) – même si Pierre s’est attardé à Dommartin, en prétendant trouver une route pourvue de toutes les qualités, à ceci près qu’elle n’existe pas (ni sur la carte ni sur le territoire). A chacun sa lubie.

Ensuite, le toboggan de Sexey s’est chargé de faire le tri, trois groupes (au moins) se sont formés : les frénétiques montent à un train d’enfer, je cesse de les suivre, par suite d’un début d’incendie dans mes petits poumons et d’une menace de tsunami dans mes vieilles veines. Si bien que j’accroche le second wagon, celui des VVV (je l’avoue, on s’en est payé une bonne tranche mardi dernier dans les cols des Vosges et dans les vignes d’Alsace), Jean-Marie S., Patrick N., Guy C. et bien sûr le grand Gégé (le GGG, en somme). On monte moins vite que les dingos de devant, mais plus vite que les escargots de l’arrière. On ne reverra donc ni les uns ni les autres. Ou presque, puisque tout invitait à rallonger ce trop court parcours et qu’il faisait si bon rouler, ce qui a eu pour effet qu’on a croisé sur la fin quelques échappés de devant et un Azelotien de l’arrière.

A la carte, vous dis-je.

Conclusion : je n’en démordrai pas, la vraie star du jour c’est le printemps naissant, le vert tendre des arbres, les fruitiers en fleurs, la douceur de l’air – tout ce qui fait qu’une sortie à vélo peut être un plaisir incomparable. D’ailleurs, c’est l’un de nos grands écrivains, Marcel Proust, qui n’a pas craint de l’écrire : « cette merveille inconnue : une matinée de printemps »…
Reynald

PS :
– Chiffres du jour sur mon compteur : 100 km (grâce aux rallonges), 856 m de dénivelé (tout de même), 25 de moyenne (on s’en fiche un peu, sauf que ça confirme qu’on peut se faire nos 100 bornes désormais et rentrer pour midi (en partant à 8h).
– La construction du nouveau site avance, on revoit Michel cette semaine pour accélérer les choses.
– Rappel : dimanche prochain, c’est la Seichanaise : 7h15 pour le grand parcours (118 km), 8h pour le petit (78 km)

 

Sortie du 13 avril : Seichamps ça roule

Petits veinards, vous avez déjà reçu le compte rendu de Max, forcément partiel, comme va l’être le mien, puisque nous avons roulé dans deux groupes différents.

Je dirais : lui, dans le groupe 2, et moi dans le groupe 1, ce qui m’amène tout de suite à dissiper ses doutes sur « le groupe des rouleurs », réduit à la portion congrue. Explication : le premier rendez-vous était à 7h15, plusieurs postulants, dont je suis, sont arrivés un peu en retard, au moment où certains qui étaient à l’heure s’apprêtaient à partir. Et la plupart de ces derniers ont été assez sympas pour attendre les retardataires… Comme le grand parcours avait été réduit de 10 kms, ainsi que cela apparaissait lors des inscriptions, c’était en même temps un réflexe de bon sens : 10 km de moins, ça permettait de partir un quart d’heure plus tard, tout en étant de retour avant midi.

Disons que le bon sens ne fut pas unanimement partagé (à moins que les impatients aient eu d’autres raisons de partir sans attendre, mais je ne les connais pas).
Donc, un tout petit groupe (3 unités, puis 2, l’un rejoignant le groupe qui suivait) a formé « le groupe 0 », pas vraiment un groupe, et s’est élancé vers 7h15.
Le groupe 1, composé de 12 unités, est parti à 7h30.
Et le groupe 2 vers 8h, j’imagine, lui aussi composé de 12 unités.

Et comme Jean-Yves était parti avant tout le monde, ce sont en tout 28 Randos qui ont honoré de leur présence la Seichanaise, par un temps à nouveau on ne peut plus clément. Manquait vraiment pas grand monde, mis à part Gaby pour la raison que l’on sait, et qu’on espère tous revoir bientôt, en bon état.

J’ai parlé de bon sens : je dois dire, j’en prends le risque, qu’à mes yeux, le groupe 1 en a un peu manqué lui aussi, en imposant à de vieilles jambes (comme les miennes) un réveil musculaire des plus toniques : rouler calmement pendant une 1/2 heure ou 3 quarts d’heure, ça semble s’imposer, c’est observer un temps d’échauffement on ne peut plus normal. Hélas, je dois en conclure qu’on est censé s’être échauffé avant de commencer…

Le bon sens, c’est aussi de ne pas confondre une sortie comme la Seichanaise  avec une cyclosportive. Bernique, pas moyen de le faire entendre, un genre de propos qui ne passe pas. Comme, il est vrai, je n’étais pas personnellement dans un grand jour, je me suis dit : « Ecrase-toi et pédale, il y a là des gaillards qui ne sont même pas retraités, des petits jeunes pleins de sève qui ont besoin d’évacuer le stress de la semaine, et les autres, les retraités, sont tous des anciens champions qui pédalent dans l’huile quand toi tu pédales avec les oreilles. Et puis, songe à ne pas confondre le dimanche des Rameaux avec celui des ramiers ».

Certes. Mais en constatant à l’arrivée, que même moi, qui ai retardé le groupe à plusieurs reprises et qui ai musardé vers la fin, j’avais roulé à près de 27 de moyenne, pour 110 km et 1100 mètres de dénivelé, j’en ai tout de même conclu qu’on n’avait pas amusé le bitume. Et pas très souvent levé la tête. Dommage, la campagne était très belle.

Ceci dit, les gros rouleurs ont été bienveillants : à chaque fois qu’un petit trou s’est formé, pour diverses raisons d’ailleurs (et pas seulement à cause de pannes de jambes), ils ont attendu, ralenti, veillé sur les infortunés. Merci à ces gaillards, qui peuvent manquer de bon sens (promis, je ne le dirai plus) mais pas de solidarité. La palme, pour moi qui en fut le bénéficiaire, revient au grand Nono, qui m’a aidé, soutenu, poussé plus souvent qu’à son tour, spécialement dans le final, plein de vent et de coups de cul. Une ola pour Nono, une médaille du travail cycliste, et si c’était que de moi, je lui décernerai la légion d’honneur, ou du moins la légion de Nonneur !
Avec tout ça, pas un secteur pavé sur les routes de Lorraine, un jour comme aujourd’hui, c’est presque dommage.

Bonne semaine, les rouleurs (les grands, les moyens et les petits) !
Reynald

 

 

Sortie du 20 avril 2014 : la sortie pascale

Une vingtaine de pèlerins pour la sortie pascale, une sortie paisible et fraternelle, comme il se doit en cette sainte journée.
Ils se sont mis en route, ils ont cherché la juste voie. Mais, ils ont pu le vérifier, tous les chemins ne mènent pas à Rome : ni l’église de Faulx (faut pas se leurrer) ni celle de Dieulouard (Dieu soit loué) ne ressemblent à celle de la capitale de la chrétienté. Ils n’ont pas non plus entendu la bénédiction urbi et orbi, ce qui me pousse à leur donner des nouvelles du Vatican sous le rapport de la pratique du vélo.

J’ai découvert qu’il n’avait jadis, le Vatican, autorisé les prêtres à enfourcher la bécane qu’avec réticence, et après un délai de réflexion:  c’est seulement en 1893 (la bicyclette avait déjà, en une dizaine d’années, conquis les esprits) que les ministres du Seigneur purent s’y essayer, au risque de se prendre la soutane dans les rayons.

Le problème fut en partie semblable s’agissant des dames, si bien qu’on inventa pour elles des robes bouffantes. En réalité, la réprobation était d’ordre moral : de bons esprits voyaient dans le bicycle un partenaire des plus suspects. Je n’invente rien, je vous reproduis les propos d’un très savant docteur, datés de l’année 1900 :

« La cylomanie, en dehors de ses périls ordinaires, comporte pour les femmes les mêmes inconvénients que la machine à coudre. Elle amène les mêmes effervescences, les mêmes excitations lubriques, les mêmes accès de folie sensuelle. »

Vous n’y aviez pas pensé, moi non plus. Mais je m’instruis tous les jours : j’en ai déjà dit un mot, je vous en reparlerai, je suis en train de sélectionner des textes de divers auteurs qui ont écrit sur le vélo, pour une lecture publique qui se  déroulera fin mai. La chose ne devrait pas être triste. Et promis, je vous en dirai plus sur ce qu’on a appelé « le syndrome de la machine à coudre ». En attendant, je vous en prie, arrêtez d’interdire à vos compagnes la pratique du vélo, c’est très rétrograde !

Je cause, je cause, va falloir que je résume maintenant. Le Roi Pierre, l’enchanteur des petites cassettes, s’est prêté avec efficacité à l’exercice du vélo-balai. Michel le Vélibest a multiplié les rencontres. Les costauds de Bouxières sont allés devant après la pause, belote, sont revenus en arrière, rebelote, avant de se taper leur mur final, dix de der. Gégé était moins vaillant que de coutume, il avait dû manger de la soupe à la grimace (tout le monde peut se tromper). Jean-Yves, on l’a aperçu, perdu de vue, revu, reperdu. Normal. La garde présidentielle s’est morfondue, vu que le Président leur a posé un lapin. Nono marchait bien, sur ses deux roues ; demain, ce sera sur ses deux pieds. Marche tout le temps, le pèlerin. Et tout le peloton a pédalé dans l’huile, la forme est là, tous en ont d’ailleurs redemandé, vu que le parcours était trop court. On a tous failli rentrer pour 11h, une misère.

Et demain, on re-roule, on fête la fin de la Semaine Sainte, et on met le cap sur l’Ascension, non sans audace… (ouais, c’est très drôle, vu que ce sera le jour du 200 Audax). Demain, donc, ce sera rattrapage pour les absents du jour, décrassage pour les récidivistes.
Vous avez remarqué : ça fait au moins trois sorties de suite qu’on ne crève plus. Une vraie bénédiction !
A demain, ou à dimanche prochain,
Reynald

 

Lundi de Pâques (21 avril 2014) : la fête de la pluie

Ecrire une chronique, même brève, un jour férié, est-ce bien raisonnable ? Ni plus ni moins que de faire du vélo ? Certes, mais la preuve a été apportée ce matin que, pour la plupart des Randos, il était plus raisonnable de s’abstenir. Un jour « férié » étant un jour de fête, et vu que ce ne sont pas les choses à fêter qui manquent, une majorité de gens raisonnables a préféré fêter n’importe quoi plutôt que la Petite Reine : la grasse matinée, la partie de belote, la potée lorraine, les oeufs de Pâques, le départ des cloches, le muguet précoce… que sais-je ?

Donc, je devrais m’arrêter là. M’abstenir moi aussi.
Hélas, ça me démange de chambrer un peu les Randos « raisonnables ».

En effet, ce premier jour férié de l’année 2014 (le deuxième, si l’on compte le 1er janvier, mais aucun parcours ne fut prévu ce jour-là) a débuté de façon exceptionnelle : après une longue attente, une trop longue attente, on a assisté à cet événement remarquable, le retour de la pluie. La pluie douce, la pluie bienfaisante, on n’y croyait plus, on désespérait, et voilà qu’elle fut enfin au rendez-vous ! Une vraie fête pour les Randos « déraisonnables » ! A peine racontable. Le petit bémol à cette réjouissance, c’est qu’elle a duré à peine trois quarts d’heure. Espérons qu’elle nous escortera plus longuement la prochaine fois.

Ceux qui se sont (un peu, trop peu) mouillés ? Les habituels RTT, les Randos Tous temps, Georges le Vénérable, bien sûr, GGG le VVV, JMB le gardien de l’ordre cyclotouriste, escortés du fringant PP (le Petit Pierre, et non le pépé, puisqu’il est le benjamin du club) et de moi-même qui vous en cause. Un quintette royal, je ne vous le fais pas dire. Qui aurait pu comporter quatre unités de plus, vu qu’elles étaient venues au rendez-vous, ces quatre unités, bientôt désunies. Eh oui, elles ont tourné casaque au bout d’une douzaine de kilomètres, alors même que le ciel s’éclaircissait déjà.

Oui, je vous entends, vous avez raison : une honte ! Un déshonneur majeur pour le club. Etant ennemi de la délation, je vais me garder de les nommer, ce ne serait vraiment pas charitable. Donc, sachez que je n’ai pas aperçu du côté du Parc des Expositions ni JC (pourtant ressuscité depuis hier), ni DD (qui toujours s’isole), ni FD pour qui ça ne roule pas tous les jours, ni le bien-gardé Y… Non, non, même si j’ai cru les voir, je ne les ai pas vus, juré. La bruine est propice aux mirages.

Sachez, enfin, que le parcours court fut vite avalé, que le mur de Bayon fut une rigolade et que la vitesse du groupe a eu tôt fait de sécher le bitume. Et toujours pas de crevaison. La pluie aidant, nous fumes donc doublement bénis.

Dimanche prochain (rappel) : RV au Gymnase Bellefontaine de Champigneulles pour « Les Timbrés de la petite Reine »,  départ à 8h pour le parcours de 80 km (c’est presque vexant), à 7h30 pour celui de 106 km (sans groupe zéro). Venez nombreux, surtout si la pluie est de la fête.
Reynald, le secrétaire qui se mouille pour vous.

 

Sortie du 28 avril : Les Timbrés de la Petite Reine

Chez les Randos, on en a compté 20, des timbrés, tous sur le grand parcours (104 km), sauf un, peu moins timbré peut-être, l’illustre Gégé qui avait sagement préféré se reposer de ses efforts sportifs considérables de la semaine.

Au fait, pourquoi dit-on « timbré » ? Vu que l’organisateur est l’ASPTT, la piste s’impose : on pense au timbre cher aux postiers – cette Association sportive, comme son nom l’indique, ayant été jadis fondée par des employés des Postes et Télégraphes. Renseignements pris, ce sont des postiers de la Gironde désireux de pratiquer ensemble le cyclisme qui ont fondé la première association en 1898. C’est donc le vélo, à tout seigneur tout honneur, qui est à l’origine de l’aventure séculaire et multisports de l’ASPTT.

Que nos amis de Nancy (et de Champigneulles) aient baptisé leur randonnée annuelle « les Timbrés de la Petite Reine » est donc un trait d’humour approprié. Mais c’est bien un jeu de mots, puisque « timbré » n’a pas de rapport avec le truc qu’on colle sur les enveloppes, mais avec le son émis par les cloches, avec leur timbre : quand la cloche est cassée, on dit qu’elle est « timbrée », c’est-à-dire que son timbre est fêlé, la cloche se mettant à sonner faux.

Donc, les timbrés de la pédale sont des espèces de cloches, des cloches endommagées, qui plus est, des têtes fêlées qui sonnent faux… Inquiétant ? Vous vous en doutiez ? Vous saviez que dans la pratique du vélo, ce n’est pas la tête qui tourne rond, mais les roues. Et qu’il y a quelque chose qui cloche dans le fait de se faire mal pour se faire du bien.

Admettons. L’essentiel c’est qu’on ne soit pas obligé. Et on peut se faire plus ou moins mal. Moi, je me dorlote quand je suis à l’arrière, et je me fais mal (un peu, beaucoup, ça dépend) quand je suis à l’avant, avec les gros moteurs du peloton. Après le premier ravito d’hier, on devait continuer à ne faire qu’un groupe, on se l’est dit, à haute voix, l’idée semblait acquise, on aurait trouvé un rythme acceptable pour les moteurs plus modestes. Du moins, on aurait essayé. N’empêche que la moitié des timbrés a fait ce qu’il faut à Ville-auVal pour retarder le moment de remonter en selle, si bien que l’autre moitié s’est retrouvée à l’avant, sans l’avoir voulu. Les gros moteurs, comme par hasard. Plus moi, qui ai dû compter une nouvelle fois sur la bienveillance des amis pour ne pas me faire larguer et me retrouver la tête dans le vent. L’entreprise Isol a été remarquable dans cet exercice, le Crédit Mutuel également (ça me fait deux sponsors personnels, désormais) mais aussi Jacques, Jean-Luc, Christophe et ceux que j’oublie.

A l’arrière, comment s’est-on organisé chez les modérément timbrés, avec toutes ces bosses, ces faux plats, le vent défavorable, les 1000 m environ de dénivelé ? Au mieux, c’est probable, mais n’ayant revu personne au gymnase de l’arrivée, je n’en sais trop rien.

Prochaine sortie, non pas dimanche, mais jeudi, 1er mai :
tous à la manif des fous du vélo !
RV à 8h Portes Désilles, pour une sortie de dingues. Y’aura des bosses, on va pouvoir bien se faire mal aux pattes !
Reynald

 

Sortie du 1er mai : La manif des cyclards

 Muguet

Une vingtaine de cyclards ont uni leurs forces pour la grande manif du jour. Il faut dire que le Syndicat du Gros Braquet et la Confédération de la Roue Libre avaient réussi à surmonter leurs traditionnelles dissensions. Et c’est tous unis qu’ils ont accompli l’intégralité du parcours prévu. L’idée d’une séparation en deux défilés a bien été esquissée lors de la pause de Vulmont, mais c’est l’esprit de solidarité qui l’a emporté. Au prix de quelques concessions sur le tempo, tous ont pu garder le contact, ou le retrouver sans tarder une fois les obstacles surmontés (il y avait quelques grimpettes au programme). Un premier mai exemplaire, donc, d’autant que les justes revendications du peloton en matière de météo ont été entendues (pas de pluie), de même que celles touchant à la prévention des incidents (pas de crevaison, pas de chute, tout au plus un petit saut de chaîne).

Cette belle unité cyclo-syndicale n’a pas été entamée par le retard du Flingueur de pancartes, grâce au raccourci qui l’a mené directement à Nomeny, ni par l’étrange survenue du Doigteur fou qui nous attendait au coin du champ dans le secteur de Foville. Ce dernier, selon mes informations, n’a pas réussi à accrocher l’arrière-train du peloton, ce qui tendrait à prouver que c’est bien avec les jambes et non avec les doigts qu’on fait avancer la machine. Et que les exercices digitaux les plus experts ne sauraient remplacer les parties assidues de manivelles. On me dit que le Flingueur et le Doigteur ont fini par unir leurs forces à l’arrière, ce qui fait honneur à l’esprit du 1er mai, même si leurs retards respectifs les auront privés, au bout du compte, de la bienfaisante compagnie des pédalistes du 1er mai.

Question : y-avait-il des adeptes de la bicyclette dans la toute première manifestation du 1er mai en France, puisqu’on vivait alors, en 1890, les belles heures de son essor ? Je n’ai pas la réponse. Mais c’est le moment de vous donner des nouvelles des deux cyclistes lorrains de Maurice Barrès, qui en 1889 ont remonté la vallée de la Moselle, de Bussang à Coblence, c’est-à-dire depuis la source du fleuve jusqu’à son confluent du Rhin. C’est bien le moment, puisque la randonnée du jour nous a conduits en Lorraine occupée, occupée entre 1870 et 1918, cela va sans dire.

On avait laissé nos deux pionniers à l’étape de Pont-à-Mousson, si bien que dès le lendemain il leur faut franchir la frontière allemande, au prix de longues formalités. Très patriotes, ils guettent à Metz les signes de « résistance à la germanisation », ils se réjouissent d’entendre parfois parler le français (qu’on n’apprend plus à l’école), spécialement quand ils se mettent en quête d’un mécanicien pour faire réviser leurs vélos. Les étapes suivantes les mènent à Sierck, puis à Trèves en passant par Remich, par de belles routes plates bordées de poiriers et de pommiers, et dans une atmosphère de vacances – d’où cette remarque pleine de bon sens : « A quoi bon pédaler si vite ? ».

A Trèves, ils admirent la « Porta nigra » romaine, tout comme l’ont fait des VVV de ma connaissance qui ont eu le plaisir de déjeuner à ses pieds, en terrasse et au soleil (j’y étais, ce fut un bon moment, comme la randonnée à vélo peut en procurer).

Puis de Trèves à Coblence, nos deux vélocipédistes prennent d’abord le bateau, admirant les châteaux, dissertant sur les ruines, avant d’accomplir les 50 derniers kilomètres en reprenant leurs bicyclettes. Ils notent l’étonnement et le plaisir qu’éprouvent les enfants à découvrir de pareils engins, dotés de « sonnettes d’avertissement ». Mais ils spéculent surtout sur  ce qu’ils appellent « la diminution de la France dans la vallée de la Moselle » et appellent de leurs vœux la reprise de Metz et Strasbourg… Ce qui a fini par advenir, mais à quel prix, on nous le rappelle tous les jours en cette année du centenaire de 1914.

Un dernier mot sur la balade du jour : on aura remarqué le retour de Gaby Malto, handicapé du côté de l’épaule, mais pas des gambettes ; la forme déjà excellente retrouvée par Georges le Vénérable ; la touche bleue que Marco Credito avait ajoutée à sa tenue trop noire ; l’absence suspecte du Marcheur de grand chemin (je m’inquiète à nouveau pour son salut, j’ai mes raisons) ; la vélocité de Vélibest, et, ça se confirme, le bon niveau de forme acquis par l’ensemble du peloton. Après ce 1er mai réussi, on va donc vers des lendemains qui chantent, au moins pour ce qui concerne les conditions de vie cyclistes.

Je n’oublie pas de souligner que le vélo-balai du jour, notre Jean-Claude membre du syndicat du Gros Braquet, s’est acquitté de sa tâche aussi bien que ses prédécesseurs. J’avoue que c’est moi, à nouveau et à l’unanimité, qui ait élevé à ce grade envié le titulaire du jour.

Dimanche prochain, c’est la Malzévilloise : hélas, je n’en serai pas, pour cause de petite fête familiale à Bruxelles (deux de mes enfants y vivent et y travaillent). Je délègue donc la tâche du compte rendu, et celle de la nomination du vélo-balai.
Reynald

PS 1 : c’est dans mes chroniques des 17 et 30 mars 2013 que j’avais parlé des cyclistes de Barrès. Vous avez jeté tout cela à la corbeille ? Veinards, vous aurez le plaisir de les retrouver (toutes) sur le nouveau site du club très bientôt. On a été retardé par des problèmes de nom de domaine posés par la FFCT, mais Michel Vélibest est en train de régler l’affaire, et on vous communique la nouvelle adresse du site au plus vite.

PS 2 : les manifestants du 1er mai ont longtemps arboré un triangle rouge, qui représentait cette revendication de base : les trois 8, 8h de travail, 8 heures de sommeil, 8h de loisir. En voici une étonnante représentation :

1ermaiGrandjouan

Sortie du 8 mai 2014 : La Victoire

Vous allez me dire : quelle victoire ? Une victoire sur le vent contraire ? Certes, mais pas de quoi se vanter. Une victoire sur la pluie, puisque nous avons à nouveau résisté à ses menaces ? Une victoire sur les incidents familiers qui nous guettent, mis à part un saut de chaîne (que je revendique), puis une crevaison présidentielle sur la fin ? De bien modestes victoires, en vérité.

Ah si, tout de même, n’oublions pas la victoire sur les « grosses cuisses » remportée par tous ceux qui ont eu le bonheur de faire la sortie VVV de ce dernier mardi et de se taper plusieurs grimpettes à 15%, outre plusieurs routes à 2 chevrons Michelin du massif vosgien. Jouissif sur le moment (mais si mais si), un peu moins deux jours après. J’avais oublié cette incomparable sensation des cuisses qui enflent et qui brûlent, et plus ça monte pire c’est. Je vous la recommande, petits cyclards de la plaine. Ceci dit, je me demande si l’exercice est vraiment profitable. Qui roulera verra.

Donc, en ce 8 mai, des victoires sans prétention, obtenues par 19 Randos, 15 au départ, les échappés JMB, l’as d’Azelot, et JCA, le boss d’Isol, ayant été repris sur la route venteuse de Thuilley-aux-Groseilles, avant que Georges le Vénérable condescende à venir à notre rencontre (puisque nous nous faisions attendre) sur la route de Colombey-les-Belles.  Vous le remarquez au passage : les villages lorrains portent parfois de jolis noms.

Vous venez de compter : 15 + 3, ça fait 18. Où est passé le n° 19 ? Je peux me tromper, mais je crois que Guy n’était pas au départ et qu’il nous a rejoint ensuite, en descendeur expert qu’il est. Si ce n’est pas lui, que le dossard 19 se dénonce ! Ce qui est sûr, c’est que ce n’étaient pas les frères Coaltar (ça aurait fait 20), ni les beloteux de Bouxières (ça aurait fait 21), ni Marco (partir quérir le pardon papal sur la terre de ses ancêtres), ni le Doigteur ni le Flingueur ni les autres non-rouleurs du 8 mai.

Le fait majeur du jour ? Nono le Marcheur, Nono l’Haltérophile, Nono le sportif XXL a brillé pendant les 4 heures de la sortie, mais pas sur le plan musculaire : il a brillé par son art de raconter sa vie sans interruption, de jouer les moulins à paroles sur tous les terrains (même quand ça monte et que le Rando moyen est au bord de l’asphyxie). J’estime à pas moins de 15000 mots prononcés sa performance verbale. Que voulez-vous, même au sein du peloton, faut qu’il se confesse, tant il a à craindre pour son salut.

Ajoutons que le peloton a roulé groupé de bout en bout, sur les conseils des sages de la roue libre et malgré les offensives des forçats du braquet, tout cela au prix de quelques parties d’élastique. Mais jouer à l’élastique, c’est comme de faire du vélo : c’est un jeu d’enfants, qui dure longtemps.

Et demain ? Vous le savez, ou je vous l’apprends, nous sommes plusieurs à nous absenter du 10 au 17 de ce mois, pour cause de séjour vélo en Ardèche. Une grande première pour mézigue. Jamais roulé plusieurs jours de suite. Je me dis que l’Ardèche ce n’est que de la moyenne montagne, ça me rassure. Mais si vous avez des remèdes contre les grosses cuisses, vite vite, envoyez-les moi. Le clou, le pompon, l’apothéose (ou l’apocalypse), ce sera le Ventoux, le matin du dernier jour (on rentre dans la foulée, pour ne pas manquer les Côtes de Toul le lendemain : c’est ça, les vrais pros). « Le Ventoux », rien qu’à prononcer ce nom, ça m’épouvante, ça me file une impression de vent contraire, de vent partout. Une drôle d’anomalie, le Ventoux:

« Posé sur sa plaine. Il ne commande aucune vallée, il ne fait passer nulle part. Il ne sert à rien qu’à être grimpé. » (Paul Fournel)

Le même auteur, conscient qu’on ne s’améliore pas en vieillissant, écrit aussi, et j’en ferai ma devise :

« Le Ventoux en 3h est toujours le Ventoux ».

Marco Pantani l’a monté en à peine plus de 3 quarts d’heure : voyez où ça l’a mené ! Je préfère encore la façon Poulidor (toujours vaillant à ce jour), racontée par un journaliste de France-Soir :

« Poulidor avale le Ventoux avec la voracité d’un cannibale engloutissant le mollet d’un archevêque« .

Donc, donc, vous l’aurez compris, pas de chronique dimanche prochain (et pas sûr tout de même, malgré mes vantardises, la semaine suivante). Ce qui va vous laisser tout le temps d’aller visiter le nouveau site et de faire connaître vos réactions et vos propositions (envoyez-moi idées, documents, images, on fera le tri, et on mettra en ligne le meilleur) :

http://www.cyclos-nancy.org

Salutations lorraines et ardéchoises,
Reynald
PS : Jacques a pris ce matin plusieurs photos, que je vous fais suivre (dans un autre message, car je ne suis pas sûr qu’elles passent dans celui-ci). Vous méditerez sur la belle allégorie que propose l’une d’elles : des vélos attendant l’autobus…

 

Sortie du 25 mai 2014 : L’Europe du cycle

Je serai bref, puisque je dois répéter et répéter encore mes textes pour la soirée de demain. Je précise que nous serons quatre à nous relayer pour cette vélocipédique lecture, ce qui devrait être plus plaisant pour le public. C’est ça, l’esprit d’équipe.

Nous étions 22 cyclistes européens à avoir élu cette journée pour une randonnée quasi alpestre : les cols de Bezange, de Vic et de Château-Salins étaient au programme, outre nombre de côtes de moindre catégorie. Une rigolade, en fait, pour le peloton, tant il se confirme que l’état de forme général est excellent cette année. Que l’on fût toulois ou ardéchois la semaine dernière. Pas de craintes, donc, pour la grande randonnée vosgienne de l’Ascension : tous vont pédaler dans l’huile, tous vont se pousser du col.

Ce qui ne nous a pas empêchés de procéder à la traditionnelle scission en deux groupes après la pause. L’Europe du cycle s’en remettra : au nombre de 22, nous nous sommes gardés de nous répartir en 22 groupes, d’opinions différentes, comme c’est le cas des listes proposées ce jour à nos suffrages.

Amico, l’Ami des Randos, a eu le privilège de connaître à son tour le plaisir du vélo-balai : il a scrupuleusement veillé aux arrêts-prostate et aux atermoiements de quelques indécis (lors des montées vers les urnes). Plaisir augmenté par celui de lâcher les chevaux dans la seconde partie de l’étape.

La vérité oblige à dire que le groupe de l’arrière s’est offert quelques fantaisies : une moitié ayant à rentrer tôt pour la fête des mères (qu’ils ont dit) a rapidement pris un raccourci, tandis que l’autre moitié s’est trouvée dans l’œuf dissociée, deux solitaires de grand chemin s’étant fait la belle avant même que tous aient réenfourché la petite reine. Mais comme il se doit, les échappés, ou plutôt l’échappé le plus déterminé s’est fait reprendre peu de km avant l’arrivée. Ce scénario original a permis aux poursuivants de s’offrir une longue et bonne partie de manivelles, bien huilée à coup de relais réguliers. L’esprit d’équipe, disais-je.

Cadeau : parmi les nombreux textes que je n’ai pas pu retenir pour demain (la soirée eût été trop longue), ces mots du grand Henri Pélissier (dirigés contre Henri Desgrange, inventeur et patron du Tour de France), des mots qui sont de ceux dont Albert Londres se souviendra quand il nommera les coureurs du Tour « les forçats de la route » :

« Ce que nous ferions pas faire à des mulets, nous le faisons. On n’est pas des fainéants, mais, au nom de Dieu, qu’on ne nous embête pas. Nous acceptons le tourment, mais nous ne voulons pas de vexations. Je m’appelle Pélissier et non Azor […] Un jour viendra où ils nous mettront du plomb dans les poches parce qu’ils prétendront que Dieu a fait l’homme trop léger. Si on continue comme ça, il n’y aura bientôt que des clochards, et plus d’artistes. »

Reynald

 

La randonnée du jeudi de l’Ascension (200 km) :

Ce matin, sensation de raideur et de jambes cuites. Bizarre, car je crois me souvenir que j’ai passé la journée d’hier assis. Assis dans ma voiture, assis lors du petit-déjeuner, assis lors du repas de midi, assis toujours et encore. J’en suis sûr puisque j’ai aussi les fesses en compote. Doit y avoir une explication, d’autant que le plus souvent, j’étais assis mais en mouvement. J’ai dû me mouvoir en étant assis tout en sollicitant mes guibolles. Voici que ça me revient, la lumière se fait : il n’y a guère que le vélo pour produire cet effet (jambes et fesses endolories) et permettre ce résultat : on fait tourner un pédalier sur lui-même et ça fabrique du mouvement vers l’avant. Et quand on reste assis et actif sur un vélo pendant un grand nombre d’heures, les jambes s’en souviennent.

Pour tout dire, nous étions 28 pédaleurs assis sur leur machine lors de la traditionnelle sortie dite du 200 km Audax, 22 licenciés du club et 6 invités (Marc H., Ludovic, Johann, Olivier, Laurent et Bernard S.). Assis pour la grande randonnée du jeudi de l’Ascension. Qui est le jeudi des ascensions, en général (même en Meuse l’an dernier, ça n’arrêtait pas de monter et de descendre). Et hier, le menu l’était bien, ascensionnel : beaucoup de petites côtes, des montées plus sérieuses, Défilé de Straiture, col du Collet, route des crêtes, sommet du Hohneck en prime (pour l’élite des grimpeurs), col de la Croix des Moinats. Pas moins (d’après mon compteur) de 2241 m de dénivelé.

Voici ce que ça donne en résumé, de Charmes à Charmes en passant par monts et par vaux

Capture d’écran 2014-05-30 à 10.31.22

Et on voudrait que les jambes ne s’en souviennent pas, d’avoir effectué un tel « brevet Audax » ! Qui peut le prétendre ? Qu’ils osent les audaxieux ! Je me suis dit récemment, preuves à l’appui, que le Ventoux fait le vantard (forcément, on est fier, c’est humain, même si on a pris tout son temps pour escalader cet Everest) : le brevet ferait-il le bravache ?

A propos d’Audax, on était censé réaliser l’ensemble à 22,5 km/h de moyenne : mon compteur m’indique 24,2 (et certains, qui ont grimpé plus vite, doivent l’avoir explosée, la moyenne Audax). On n’est pas sérieux, on aime enrouler le braquet, et pour peu qu’on ait pris du retard (des montées un peu molles pour les plus contemplatifs, à l’auberge une pause de 3/4 d’heure plus longue que prévu), on rentre ventre à terre. Et la chose étrange, c’est que tout le monde oublie alors la fatigue et le labeur des montées pour se mettre au diapason et rouler à 30-32 de moyenne sans discontinuer. L’impression que j’ai souvent eue en pareil cas, c’est qu’on passe à ce moment-là en pédalage automatique : on laisse faire, les jambes ont pris le pli, c’est à peine si on les remarque. On a même l’illusion que ça pourrait durer comme cela longtemps, pour peu qu’on ne s’arrête pas, tout en réalimentant régulièrement la chaudière.

Pour ce qui est du parcours, un très beau parcours, on peut remercier notre grand Noël, notre Nono randonno, qui l’avait tracé, et qui nous a fait découvrir la bonne auberge de la Cholotte et les petites routes forestières environnantes. Et partager, hélas, sa frustration, puisqu’une sale bactérie lui a mangé ses forces et l’a privé de l’essentiel de la randonnée. Y’a pas de justice ! C’est pas Noël tous les jours, on le sait bien, mais précisément ce jour-là, c’est vache ! A moins que… à moins que ce soit en toi le pécheur, le pénitent pèlerin de Compostelle, qui ait été frappé ? Avec tout ce que j’ai fait pour le salut de ton âme, je me sens moi-même désavoué. On envisagera d’autres méthodes. Les précédentes ne valaient pas des pets-de-nonne.

Au chapitre des remerciements, on n’oublie pas nos accompagnateurs de la voiture-balai, fort précieuse hier, avec les nombreux changements de température qu’il a fallu endurer et qui appelaient de fréquentes adaptations vestimentaires (fraîcheur du petit matin, réchauffement corporel lors des grimpettes, froid humide des crêtes, chaleur de la vallée ensuite). Merci, donc, à François, Daniel et Valéry.

Un mot aussi sur les costauds qui ont pris le vent de face au retour : s’ils ont fait d’abord n’importe quoi, les costauds (ceux du club et les autres), comme si on en avait quelque chose à battre de leurs très relatives performances (tout dépend toujours de ceux à qui on se compare), faut convenir qu’ensuite ils se sont mis au service du groupe, ils ont assuré le bon tempo, vif mais acceptable par tout le peloton. Comme quoi, rouler de façon cohérente et solidaire, c’est possible. Mais ce n’est jamais gagné d’avance, on ne le sait que trop.

J’en viens à l’essentiel : la sortie avait été nommée « la Georges Barban », histoire de fêter dignement les 80 ans du moins jeune des licenciés du club. Georges aurait pu se contenter de cet hommage, et nous faire le plaisir de participer au repas. Mais Georges n’aurait pas été Georges, le vaillant vétéran dont nous connaissons l’ardeur pédaliste. Il a donc accompli ses 200 km comme les autres, comme les jeunots du peloton, acceptant tout au plus quelques encouragements moraux et manuels au plus fort des montées (il faut dire que c’est gratifiant de jouer les soutien-georges… désolé, je ne le ferai plus). Georges, on l’envie, on se demande où on en sera à son âge. Lui, c’est bien simple, il n’a pas 80 ans, mais 4 fois 20 printemps. Et s’il est unanimement apprécié, c’est qu’il est aussi un modèle de courtoisie et de modestie. Précieuses qualités pour la bonne marche d’une association comme la nôtre. A faire confiance à Georges, l’amitié se reforge ! Ce pourrait être la devise du club.

Il y aura pas mal de photos de cette « Georges Barban » 2014 ; Jacques m’a déjà envoyé les siennes. On est toujours à la recherche de la meilleure solution pour que toutes les photos soient facilement accessibles sur le site. Ce ne devrait plus tarder.

Maintenant repos, massage, relaxation.

Et ci-dessous et en pj, au centre de l’image, le héros du jour (photo de Jacques, en haut du Défilé de Straiture).
Reynald

le héros du jour

Retour sur la sortie du 1er juin : Paysages

 Un retour tardif, la faute aux tâches post-professionnelles que j’avais laissées de côté et qui sont devenues plus qu’urgentes. En termes clairs, je suis complètement à la bourre (au point que j’ai renoncé à l’alléchante sortie VVV de ce jour, qui promettait de plancher sur les Belles Filles).

Le privilège de la sortie à vélo, c’est qu’on entre dans les paysages. Au lieu de les voir à distance on est « assis dedans », comme le dit fort bien Paul Fournel (dans Besoin de vélo) : « Etre dans le paysage, dans sa chaleur, dans sa pluie, dans son vent, c’est le voir avec d’autres yeux, c’est l’imprégner en soi d’une façon instinctive et profonde. »

Ou comme le dit Didier Tronchet : « Tout corps placé sur un vélo voit son regard sur le monde déplacé ». J’arrête là les citations, vous pourriez vous lasser. Mais c’est bien ce que je retiens de la randonnée d’hier : de la lumière, de la douceur, du vert partout, une pédalée facile, un tempo raisonnable (encore que soutenu), tout favorisait cette expérience du vélo comme machine à s’imprégner des paysages.

La longue montée vers Brabois permet de prendre immédiatement de la hauteur, de prendre ses distances d’avec la ville. Une fois passée l’intersection du tram, on peut s’offrir, à main droite, le charme des courts lacets qui sont source, un instant, d’un premier dépaysement.

La forêt est bientôt là, après la traversée de Clairlieu (je me souviens qu’autrefois il n’y avait là que des prés), la route de Maron forme une sorte de couloir végétal, avec ses bas-côtés d’herbe fraichement coupés et son double rideau d’arbres, assez hauts pour dissimuler le désastre de l’antique forêt abattue par la tempête de décembre 99. La plongée sur le village prolonge cette impression en y ajoutant le frisson de la vitesse.

Mais pouvoir ensuite évoluer à distance du trafic routier a plus d’attraits encore : la piste cyclable longe la Moselle, l’ouverture sur le fleuve alterne avec un écran végétal, l’étroitesse de la voie renforce l’impression d’intimité, jusqu’à ce que les étangs, sur le côté opposé, offrent l’illusion d’un passage qui franchirait les eaux.

Les charmes du trajet, au-delà de Pierre-la-Treiche, sont d’une nature différente : on se déplace dans des espaces ouverts, à la respiration plus large, et qui réclament une accommodation du regard. Il y a plus à voir, alors que l’œil ne peut aisément se fixer. On ne peut tout embrasser, mais il suffit bien que tel ou tel détail se signale à l’attention du passant qui roule. Et puis, on sait pouvoir compter sur la sympathie des vaches, blanches ou rousses, qui adorent regarder passer les cyclistes plus encore que les trains. A l’occasion, on envie la placidité douce des moutons (ils étaient nombreux sur la route menant à Battigny). Le long faux plat qui menait à Favières avait, auparavant, réduit la perspective en nous rendant la proximité des bois et des ombrages.

Ce qui ajoute aussi aux plaisirs du trajet, ce sont les courbes et les modestes reliefs de la chaussée. Virer, monter, descendre, c’est le menu de choix du cycliste. Les longues portions plates peuvent être reposantes, mais on y risque l’ennui. Quant aux lignes droites interminables, on les redoute, elles sont une punition, et plus encore si elles ont le mauvais goût d’être pentues. Rien de tout cela ce dimanche, routes et paysages, sans être surprenants ni pittoresques, étaient assez variés pour que l’amateur de vélo se sente récompensé de ses modestes efforts.

Des efforts, certes, il fallait en consentir un peu pour monter jusqu’à Thélod, ce dont une partie du peloton s’est dispensée. Dommage, comme me l’a suggéré Jean-Luc, pour une fois qu’on se faisait « intello »… Une bonne occasion ratée de prendre de la hauteur. Efforts, de même, pour se hisser sur le plateau de Brabois, ce que d’autres ont évité, s’offrant une balade-fraîcheur vers Méréville. Si bien que la fin de la randonnée a fait éclater la cohésion jusque là préservée, puisqu’on était même allés jusqu’à ne pas nous scinder en deux groupes lors de la pause d’Autreville (autre ville, autres mœurs). Rouler ensemble dans une deuxième partie de randonnée, c’est possible, bien qu’un peu compliqué. Au fait, nous étions 15 au rendez-vous, puis 19 du côté de Gye, le vingtième jouant son rôle habituel d’éclaireur mystérieux. J’ai fini par l’apercevoir, pendant dix secondes au moins. Jean-Yves, sur quelle planète roulais-tu ?

Il faut dire qu’avant comme après la pause, on continue de manquer de véritables régulateurs, capables de trouver et de garder le bon tempo. Je me suis fendu d’un conseil qui a bien fonctionné sur quelques secteurs : il suffit que ceux de devant pédalent en dedans dès que ça monte. Pas sorcier, tout de même ! Les quelques km/h de gagnés, c’est-à-dire de perdus pour ceux qui sont à coup sûr capables d’aller plus vite, ça permet à tous de garder le contact. Et, le cas échéant, de ne pas se retrouver la tête dans le vent. On pédale en dedans, et on jette un œil derrière, histoire de vérifier qu’on est dans le bon rythme.

Un petit groupe de régulateurs, qui se relaient régulièrement, voici ce qu’il nous faut. Et qui se relaient vraiment, le premier s’effaçant, sans que le suivant ait à produire un effort. Pas comme ceux qui, à nouveau, ne sont passés devant dimanche que pour le plaisir de ressentir et de montrer leur force. Relais, connais pas ! Moi moi costaud, admirez ! Franchement, on s’en fout. Faites vous plaisir de temps en temps, d’accord, c’est légitime, tout le monde en a envie au moins une fois lors d’une sortie. Mais quand l’heure est aux relais et au maintien du bon tempo, jouez le jeu, le jeu d’équipe, et signez par là votre appartenance au club, en conjuguant l’utile et l’agréable. Le plaisir n’est pas moins grand, il est  différent, et il a pour lui d’être partagé. Elémentaire, tout cela. N’est-ce pas Jean-Claude, qui ne se cache pas d’agir parfois comme un gamin ? Tu n’es pas le seul, c’est bien le problème. On peut en sourire, mais parfois c’est vraiment gonflant.

Bon, comme « le vélo rajeunit ceux qui le touchent » (René Fallet), on a tout le temps devant nous pour faire mieux. Quant aux paysages, c’est chaque semaine qu’on peut s’en imprégner. Leur accès est gratuit.
J’allais oublier : Gérard a non seulement rempli la tâche de vélo-balai, ce qui nous a permis de ne perdre personne, mais il a apporté un gilet de sécurité transformé en emblème de la fonction. C’est moi qui l’ai récupéré, ce qui, sauf réclamation, me désigne pour le porter dimanche prochain.
Reste à trouver les régulateurs.
Bonne semaine,
Votre secrétaire.

 

Sortie du 8 juin : Première chaleur

Oui, c’est dur pour des Lorrains habitués à une certaine fraîcheur de passer aussi soudainement à une quasi-canicule. Il est vrai qu’il y a ceux qui aiment ça, la chaleur, et ceux qui l’aiment moins. Moi, une température modérée,  c’est ce que je préfère ; et avec une petite bruine de temps en temps, c’est vraiment parfait. Chose rare cette année, on l’a tous remarqué, car la pluie nous oublie, l’ingrate. Incontestablement, la planète se réchauffe (ce qui est une fausse bonne nouvelle). Je me dis qu’au lieu de se marier avec l’Alsace, la région lorraine devrait songer à se rapprocher de la Provence, ça nous mettrait la mer à une encablure (avec le pastis en prime), et pour descendre on aurait le mistral dans le dos.

Rares également sont les crevaisons en cette belle année propice au vélo. N’est-ce pas Jean-Marie (le JMS) ? Alors, tu devrais éviter de rouler avec des pneus entaillés et des chambres à air toutes collées tellement tu les fais durer. Je sais bien que les pansements, ça te connaît, mais c’est pas une raison pour nous mettre des bâtons dans les roues : avec ta crevaison très matinale, on a laissé filer des échappés qu’il a fallu rattraper ensuite en cravachant. Des efforts matinaux inappropriés par une telle chaleur, avec des gaillards qui n’ont toujours pas appris à donner le bon tempo (mais je n’y reviens pas, c’est sans solution, la cause est désespérée).

On s’est quand même regroupé avant Haroué, ce qui m’a permis de nous compter : sauf erreur, on était 19 à pédaler sous le cagnard, dont un invité de marque, le jeune Xavier (l’âge de mon premier fils), dont j’ai eu le plaisir de faire la connaissance grâce au séjour en Ardèche : il est du genre à dévorer le Ventoux tel « un cannibale engloutissant le mollet d’un archevêque » (pour citer à nouveau la délicieuse expression d’un journaliste à propos de Poulidor). Un vrai grimpeur, et un excellent conducteur (je voyageais avec lui, et JMS, le spécialiste du pansement pneumatique), un chauffeur courtois, qui salue et remercie les postes de péage (même inhabités) – une sage précaution, en réalité, puisqu’on n’a connu aucun ennui avec les péagistes ni avec la maréchaussée.

Comme j’étais le vélo-balai du jour, revêtu du maillot distinctif créé par le Grand Organisateur Gégé, j’ai eu le privilège d’escorter notre trésorier : il faut dire qu’Oncle Picsou était vraiment dans la panade. Le coffre où il planque ses ressources avait été fracturé, et donc sans ressources il était sur la route, surtout dès que ça montait. Ah, on ne dira jamais assez les vertus de l’entraînement ! Ceci dit, faut pas exclure un coup de chaud, j’entendais des bruits de friture quand je m’approchais. Dominique, pédaler dans l’huile, c’est le pied, mais pas dans l’huile bouillante, malheureux !

Lors de la pause de Diarville, la sagesse l’emporte : deux groupes. Délesté du balai, j’ai osé aller devant, avec les écraseurs de manivelles, histoire de tester mes derniers achats (un cadeau de mon épouse, pour tout révéler). Eh oui, après tant d’années de médiocre pédalage, je me suis résolu à m’équiper de vraies pédales de cyclistes, avec des cales larges, fixées sur de bonnes godasses rigides. J’exagérerais si je disais que c’est le jour et la nuit, mais il y a de ça : entre mon vieil attirail de vététiste et cet équipement quasi professionnel, il y a autant de différences qu’entre… entre, par exemple, une micheline des années 50 et un moderne TGV ; entre la poussée d’Archimède et une poussée d’urticaire, entre un Serbe (ou un Espagnol) et un Français à Roland-Garros,  entre… tout ce que vous voudrez, vous pouvez continuer la liste (entre un Dominique qui pédale dans la semoule et un Georges qui se frise la moustache ?).

Donc, avec ma forme du moment et mes pompes magiques, mon seul problème c’est que je fais monter le cardio, vu que les efforts me sont nettement plus faciles. Donc, donc, vu mon grand âge, je vais devoir dompter la machine et ne pas frimer comme un jeune mousse.

Mousse, ça me fait songer que c’est Marcel (je ne peux pas tout expliquer mais il y a vraiment un rapport, une parenté, même) qui m’avait fichu la honte avec mes pseudo-pédales ; et qui m’a donc convaincu d’en changer. Marcel, tu ne disais pas de conneries (pour une fois), je te remercie donc et on boira ensemble une bonne bouteille pour fêter cela, dès que tu seras remonté du sud.

Ce qui me conduit à en finir avec ce billet déjà bien long : les deux prochains dimanches, je serai absent, puisqu’avec le GO GG, Pat le Kompact, Guy l’Africain des Baronnies et JCH le Rouleur Tête-dans-le-Guidon, nous allons y aller, vers le sud : nous allons traverser les Alpes sur nos machines à pédales. Une aventure grandiose, que je me dis. On verra. On vous racontera.
Roulez bien, enroulez, puis déroulez, mais ne dérouillez pas !
Le secrétaire des CRN

 

Sortie du 29 juin : Un deux trois

Ils étaient où, les Randos, hier matin ? Aux abris, au dodo, au boulot ? Aux abois ? En tous les cas, pas à Brabois, pour le rendez-vous du club. Feraient-ils grève, les intermittents du vélo ? M’est avis qu’Ils avaient oublié que la pluie de la nuit s’arrête en général sur le coup de 8h. Et la pluie d’hier matin a bien cessé pile poil à 8h, même qu’on a immédiatement enlevé les impers, et pour ne plus les remettre de toute la sortie.

Qui ça « on » ? Puisque j’en cause, c’est que j’étais là, et de même Pierre et Marc, les rouleurs métronomiques, ce qui m’a permis d’appartenir d’emblée au « premier groupe », chose rare, et de rester dans les roues jusqu’à la fin. Si vous avez bien compté, nous étions donc trois. Pas un de plus. Trois amoureux du vélo que quelques gouttes de pluie ne rebutent pas. Tout au contraire, vu que refroidir la chaudière est une sage précaution pour qui prétend rouler tout l’été.

La sortie fut donc agréablement humide, gentiment vallonnée, toute en verdeur forestière et en blondeur des blés. Les cols de Blénod ou d’Uruffe, c’est tout de même de la grimpette du dimanche après les cols de l’Ardéchoise (pour Marc) ou ceux des Hautes Alpes (pour moi-même), des reliefs bien modestes après ceux, grandioses, de la montagne ; modestes, et donc reposants. Bref, on s’est bien reposé hier matin, pédalant dans l’huile et dans l’harmonie. Finalement, vous avez bien fait de ne pas venir, vous auriez gâché la fête !

On a tout de même fait quelques kilomètres en fin de parcours avec Dominique, du côté de Toul, puis de Nono après Velaine : le premier voulait s’assurer que la pluie avait cessé, le second voulait montrer son beau maillot Ouest Isol. Ce qui nous a fait un sujet de conversation : le Travailleur-très-méritant m’a expliqué à quel point les trois jours passés ensemble sur le vélo avaient rapproché les gars, certains étant peu aguerris, et qui ont eu bien besoin de l’aide des plus entraînés. Un vrai jeu d’équipe, une belle façon de pratiquer le cyclisme. Rien à voir avec la foire d’empoigne qui sévit jusque dans nos contrées… du moins, c’est ce qu’on m’a rapporté, moi je ne connais que des cyclistes calmes, attentionnés, solidaires, rien à voir avec ceux qui ne songent qu’à se tirer la bourre et à s’en mettre plein la vue. Vous n’en connaissez pas non plus, c’est bien ce que je pensais. Allez, c’est pas parce que le Tour de France approche (et va passer par la Lorraine), qu’on va se la jouer pro et se raconter des salades. Demeurons jaloux de notre privilège : faire des efforts, en baver parfois, mais avec plaisir, et pour le plaisir. Sans le gâcher, le pur plaisir de rouler. Seul ou en groupe.

« Si on te demande à quelle moyenne tu as roulé, ne réponds pas. Nous les petits, les moyens, nous n’avons pas les moyens de la moyenne », disait un écrivain-cycliste de ma connaissance.
A bientôt, pour la suite,
Reynald

NB : beaucoup de photos ont été prises ces temps-ci, on va veiller à en mettre en ligne (sur notre site). En attendant, comme j’aime bien les vaches (animal philosophique par excellence, selon Nietzsche, puisqu’il sait ruminer longuement), voici un souvenir d’une rencontre très amicale en haute montagne :

Vaches

 

Sortie du 6 juillet : La ligne bleue des Vosges

 Première « longue » sortie de l’année, grâce à un départ à 7h30 : l’avantage évident, c’est de pouvoir aller un peu plus loin, et d’emprunter quelques routes que nous ne fréquentons pas habituellement. En roulant plein sud, jusqu’à Fauconcourt, on a pu apercevoir la fameuse ligne bleue des Vosges, et profiter de petites routes sinueuses et ondulantes. Une très belle balade, parmi les bois et les champs, des paysages certes modestes mais bien jolis, agréables à l’oeil et accueillants.

Ceux qui auront apprécié cette sortie ensoleillée étaient 15 au départ, puis 18, et même 19, quand s’est joint à nous un ancien licencié du club (Patrick Simon). Le début des vacances est probablement pour quelque chose dans le relatif amaigrissement du peloton. Il faut dire aussi que la section de Bouxières était sur le flanc (le dernier VVV vosgien a dû épuiser les forçats du braquet), et que la garde présidentielle avait posé un congé.

Comme tout le monde est en forme, le vélo-balai du jour (Christophe) n’a pas eu beaucoup de travail : l’ironie du sort est qu’il a dû s’attendre lui-même, puisqu’il est le seul à avoir subi une crevaison. Ironie redoublée en fin de sortie, puisque cette bonne âme a pris sur lui d’attendre des attardés après la côte de Saffais, et que personne ne s’en est aperçu, alors que nous nous étions lancés à toute allure dans la descente vers Rosières (autour de 75 km/h au compteur). Il a donc fait du chasse-patate jusqu’aux abords de Nancy (où Jean-Michel et moi l’avons revu). Sort cruel, on compatit, déjà qu’en ce moment il s’époumone comme une vieille 2 CV notre Cri-Cri 6 cylindres. Une mauvaise passe, à laquelle des vacances bien méritées vont mettre un terme.

On a aussi perdu peu à peu quelques éléments, pour des raisons diverses : bris de rayon (Jean-Yves, qui a pu téléphoner pour se faire rapatrier), raccourci pour cause d’invitation, ou d’évitement des dernières bosses, disparition mystérieuse (qu’est devenu Patrick sur la fin de parcours ?), longue évasion solitaire de Gégé, convaincu que la direction qu’il a prise à Lamath était la bonne, alors même qu’on lui criait qu’il faisait fausse route – mais il nous a rejoint à Damas-aux-Bois, lors de la pause. Nul doute qu’il s’était souvenu que « le parcours c’est sacré ».

A ce propos, j’en viens à la péripétie la plus embarrassante du jour : notre travailleur-très-méritant, l’émérite marcheur, le pèlerin de Compostelle, a confondu le chemin de Damas (celui de la révélation) et celui du reniement. Car c’est là, à Damas, qu’il avait prémédité de renoncer et de monter dans une voiture… Un apôtre de la cause cycliste qui troque son vélo pour une voiture, les mots me manquent pour qualifier une telle attitude. Nono, reprends-toi pendant qu’il est encore temps !

Vous, je ne sais pas, mais moi, la sortie d’aujourd’hui (les journées VVV également), ça me donne des envies d’autres balades un peu plus lointaines qu’à l’habitude. On est en juillet, tout le monde ne travaille pas, on peut éventuellement se transporter en voiture ici où là. Des amateurs ? Des propositions ? Je vais y songer de mon côté.
Portez-vous bien,
Reynald

 

Sortie du 13 juillet : Pluviophiles

Brassens l’a dit et chanté mieux que je ne pourrais faire :

Parlez-moi de la pluie et non pas du beau temps,
Le beau temps me dégoûte et m’ fait grincer les dents,
Le bel azur me met en rage…

La semaine dernière, nous étions trois, trois émérites pluviophiles, et ce matin trois fois plus lors du rendez-vous. Puis deux se sont ajoutés à ces neuf au bout de quelques kilomètres. Onze amoureux de la pluie, par conséquent, quelques amoureux timides, à dire vrai, et quelques vrais passionnés, dont je suis. Car rouler sous la pluie, décidément, ça me botte, moi. Je ne respire jamais mieux que sous la pluie. C’est sous les gouttes d’eau que je pédale dans l’huile, allez comprendre ! En un mot, je me suis régalé comme jamais.

Et je me dis que le seul produit dopant efficace pour moi, c’est la pluie ! Du dopage tout ce qu’il y a de bio !
Je ne le cacherai pas, c’est presque une fierté, puisque ça me fait un point commun avec Charly Gaul, et de nos jours avec Vicenzo Nibali. Tout pareil que je suis, pour peu qu’on fasse abstraction de la vitesse. Une paille ! Merci de ne pas tenir compte de la vitesse et de la moyenne. Vous êtes trop sympas. Je vous revaudrai ça : je prendrai plein de relais, promis, pourvu que ce soit sous la flotte, évidemment. La prochaine fois que ça tombe dru, je vous attends.

La vérité est qu’il ne faisait pas froid, que la pluie n’a été forte que lors du passage en Meuse, et qu’elle a davantage facilité les efforts qu’elle ne les a entravés. Et comme on a réussi à bien s’organiser, la longue balade, humide, puis ensoleillée (notez-le bien), a été rondement et agréablement menée.

Georges le Vénérable s’est encore distingué par son coup de pédale de jeune homme, Pierre a trouvé des aides dans la conduite du groupe, Jean-Christophe et Gaby ont réussi à pédaler en dedans quand il le fallait. Jean-Marie et Christian se sont frisé les moustaches. Amico a fait fonction de vélo-balai (sans qu’on en ait décidé ainsi, vu notre petit nombre), histoire d’aider Gégé ou Jean-Yves à revenir dans le groupe après des arrêts très personnels – mais ces deux-là ont tourné casaque avant qu’on atteigne Commercy : m’est avis que ce sont ne sont pas de vrais pluviophiles. Ou alors, ils avaient des choses à se dire qui ne nous regardaient pas. Mais on les a revus sur la fin, Gégé ayant crevé, et Jean-Yves, l’étant, crevé.

Patrick a évité de montrer son museau à l’avant, vu qu’il lui fallait digérer sa traditionnelle sortie du samedi matin, celle qui fait mal aux pattes, qui emprunte toujours le même itinéraire, de préférence à vive allure… une sorte de « foire aux vanités » pour coureurs en fin de cycle (merde, je sens que je vais me faire incendier pour ces propos sacrilèges).
Bref, on s’est bien amusé, on n’a pas pris de coups de soleil, on n’ était même pas rincés à l’arrivée.

Mais je m’arrête là, faut que j’aille au massage, vu que demain faut que je sois fringant pour la sortie du 14 juillet. Une fête nationale qui sera de toute façon bien arrosée pour moi ! Alors, si en plus il pouvait tomber quelques gouttes, ce serait vraiment le pied. Vous êtes cordialement invités.
Reynald

 

Sortie du 14 juillet : Patriotes

On peut être pluviophile et néanmoins patriote, puisque ce sont à peu près les mêmes qu’hier qui ont célébré la fête nationale sur leur vélo. Manquaient Christian, Jean-Christophe et Gaby, remplacés par Joseph, Didier et Jacques. Pas complètement remplacés, à vrai dire, puisque Joseph est retourné dans sa crèche dès qu’il a aperçu un nuage noir : dommage, vraiment dommage, puisqu’il s’est mis à faire soleil, et que nous n’avons pas été le moins du monde mouillés. Plusieurs averses nous ont précédés, mais on est à chaque fois passé trop tard pour bénéficier de la pluie. A mon grand regret, vous vous en doutez. Jacques, de son côté, ne nous a accompagnés que jusqu’à Roville, réunion de famille oblige.

Sur un parcours très roulant, on s’est franchement bien amusé. Une excellente partie de manivelles, même que Georges nous a confié avoir l’impression de retrouver ses sensations de jeune homme, du temps où il faisait des courses. Ce qui le ramenait à quelques soixante ans en arrière… on croit rêver.

L’ascension du jour, c’était celle du Haut du mont (en face de Charmes), une petite « Planche des Belles Filles », puisque ça se termine en cul-de-sac. En un peu moins dur, je vous l’accorde. Et si j’ai aperçu pas mal de planches, je ne peux pas en dire autant pour ce qui est des belles filles. Dommage.

Comme on passait par Chamagne, patrie de Claude le Lorrain, de Ségolène Royal, mais aussi de notre Patrick Nicolas, on a laissé ce dernier traverser en tête son village, sous les acclamations des siens. Enfin, ça aurait pu se passer ainsi, mais comme on était très en avance sur l’horaire prévu, les villageois n’étaient pas encore sortis de leurs tanières. En revanche, cette avance nous a permis d’en rajouter sur la fin, en faisant un crochet par la côte d’Azelot et celle de Richardménil. Un petit feu d’artifice final.

 

Sortie du 17 août : un air de rentrée

Je rassure tout le monde : les Randos se portent bien, du moins ceux que j’ai revus ce matin, et ceux, un peu moins nombreux, qui ont fait la sortie du 15 août. Le coup de pédale est là, ça roule en rythme, l’enthousiasme ne faiblit pas, George est plus vaillant que jamais, les vétérans se portent bien, les plus jeunes ne se défendent pas trop mal. Le bémol, c’est la vilaine sciatique contre laquelle Gérard continue de se battre, sans pour autant renoncer à son activité préférée (comment fait-il ? Vous, je ne sais pas, mais moi, je ne pourrais pas).

Donc les vacanciers, les abstinents, rien de tel que de renouer bientôt avec le peloton si vous voulez retrouver de l’allant et des sensations. C’est mon cas, après pas mal de balades en solo, sur un rythme tranquille, propice aux découvertes. Il faut dire que le Cantal est riche de paysages superbes et très verts, de petites routes délaissées par les voitures, et de cols pas trop difficiles, même s’il faut en passer parfois par quelques pentes très raides. C’est de la moyenne montagne, un peu plus élevée que les Vosges, et surtout très différente sur le plan topographique, puisque les sites sont façonnés par les chaînes de volcans. Vaut le détour, et le séjour.

Donc, les vaillants Randos, ils étaient 16 ce matin, et 16 ensemble sont demeurés, c’est à noter, chacun y ayant mis du sien, pour que les écarts soient vite comblés, écarts provoqués par les grimpettes et le vent de face du retour. Un vent parfois bien costaud, et tout de même 1076 mètres de dénivelé (à mon compteur) au terme de cette étape de plaine.

La Moselle était à l’honneur cette semaine, cap au nord vendredi, cap à l’est aujourd’hui. Des routes pas trop familières, tranquilles et plutôt agréables. Le passage par Château-Salins a permis à Gaby de nous faire découvrir son « raccourci » : un tour de circuit dans la zone d’activités, et retour à la case départ … un peu de tourisme industriel, en somme. Merci Gaby, on retient l’idée. Marcel, lui, a su motiver ceux qui prenaient sa roue, en ne cachant rien des charmes de l’affriolante Charlotte. C’est fou l’effet que ça fait sur certains pédaleurs un peu ramollis. Merci Marcel, t’as un beau dos, comme on aimerait en voir plus souvent. Dommage que tu t’apprêtes à repartir vers d’autres horizons, avec Charlotte (Monique, ne le prends pas mal).

Pour terminer, une bonne pensée pour notre cher François Rollet (l’ex-président Prolo 1er), dont j’ai appris par Yves qu’il avait enfin surmonté ses problèmes de santé, et qu’il avait pu remonter sur son vélo. Comme il m’a transmis son bonjour, je le lui rends, très amicalement et au nom de tous.

 

Sortie du 24 août :

Pas très nombreux, les Randos, ce matin, 11 au départ, plus Joseph, qui n’avait pas l’intention de faire tout le parcours et qui est parti en solitaire à l’avant, avant de trouver un complice en la personne de Jean-Marie B., lui aussi soucieux de rentrer avant midi (je crois). Donc, 13 pédaleurs tout de même, plus Georges sur la fin, qui n’était pas libre dès 8h.

Un très beau parcours, parsemé de côtes (1250 m de dénivelé à mon compteur), et donc de paysages agréables à l’oeil, d’autant que la lumière, dans un air frais et humide, donnait un relief inhabituel aux paysages traversés. Lever la tête était un plaisir, en particulier à l’approche de la colline de Sion. De même que rouler sur un rythme tonique pour absorber les nombreuses grimpettes. Ce qui a parfois dispersé le peloton, mais de façon temporaire : lever le pied, ou s’arrêter si nécessaire, on le peut, on l’a fait, et personne n’est resté en rade. Pas même Hervé, à court d’entraînement, qu’on a escorté en fin de balade, à quelques-uns. Il faut dire qu’on se devait aussi de lui laisser une bonne impression pour sa dernière sortie avec nous : non, il n’est pas fâché, il a saisi une occasion de poursuivre sa carrière professionnelle assez loin d’ici, à Lille. Il va donc pédaler et courir dans les corons. Sa famille demeurant à Nancy, il nous fera un petit coucou de temps en temps. Tous nos vœux de réussite din chnord !

Une mention spéciale pour Marc et Jacques : ils étaient venus préparer « la Criquielion », une cyclo-sportive belge pleine de casse-pattes, qui aura lieu samedi prochain. Le vrai défi pour eux sera d’honorer la sortie du club du lendemain. S’ils se dérobent, c’est l’amende, et onze points de moins sur le permis de pédaler. Qu’ils se le disent !

 

Sortie du 31 août : ciel gris, moral au beau fixe

Le soleil a une nouvelle fois brillé. Brillé par son absence. Mais la pluie aussi a eu le bon goût de s’abstenir. La sortie fut donc à la fois sèche et grise, et néanmoins agréable : un bon temps pour faire du vélo, sans crainte des coups de chaud. Ce qu’ont apprécié les 13 participants, tout au long d’un parcours d’abord très plat, puis gentiment vallonné, (un peu plus de 1000 mètres de dénivelé), avec quelques raidards, tout de même : après Eply, ça chemine haut… Du côté de Pournoy-la-Grasse, pas moyen de faire du lard. Et si tu passes par Serrières, c’est plutôt sévère. Moralité : s’il n’y avait pas les grimpettes, on s’amuserait moins.

Les treize ont tenu à rouler groupés, et même si le peloton a peu à peu fondu, les délestages furent volontaires. C’est ainsi que Jean-Luc, le bâtisseur béné-fique (ouais…), a préféré rentrer avant de craquer, au motif qu’il a ces temps-ci beaucoup plus manié la truelle que tourné les manivelles. Puis c’est Gégé qui a abrégé, vu qu’il était de corvée de pluche pour son repas champêtre. Puis, sur la fin, les deux Jean (Yves et Marie) ont décidé de lever le pied, puis Franck et Georges en ont fait autant. Le peloton s’est donc réduit pour les 20 derniers km à Gaby Malto, Cri-cri V8, Ami-coco, Pierrot Parcours, Patou des Corbières, Le Mousse, et moi-même : les costauds ? Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas dit.
Voilà, vous savez qui était là, pour cette dernière grande sortie de l’été (avec départ à 7h30).

Vous en déduirez que n’étaient donc pas venus tous ceux que je n’ai pas nommés… Par exemple, les deux « Belges », Marc et Jacques, qui étaient censés enchaîner « la Criquélion » et la sortie du jour : forte amende, par conséquent, comme promis. De même le président, abstentionniste récidiviste, le trésorier (plus rien dans le coffre), ou encore Nono, perdu sur on ne sait quel GR depuis belle lurette (fais-nous un signe, on s’inquiète) ; et de même l’Africain des Baronnies, le coach de Jean-Claude (lui aussi absent), et quelques autres, amateurs de grasse matinée ou bringueurs mal réveillés. Bref, y a du mou dans le pédalier parmi les Randos. Mais l’été indien arrive, va y avoir foule aux rendez-vous.

A bientôt pour la suite.

 

Sortie du 7 septembre : De la buée sur les lunettes

La formule du jour, c’est « Circulez, il n’y a rien à voir » : on a circulé (109 km au compteur), et on n’a rien vu. La faute au brouillard. Epais, le brouillard. Tenace, la brume. Compacte, la purée de pois. Humide, le smog. Bien caché, le soleil – tout juste entrevu lors de la dernière demi-heure. On n’a donc rien vu, si ce n’est les maillots flamboyants du peloton, l’asphalte sous nos roues, les pancartes aux carrefours. Le minimum pour ne pas s’égarer dans le buvard et pour ne perdre personne en route.

Personne, ou presque : sommes partis à 16, Amico a dû renoncer dès Toul, la faute à son beau vélo tout neuf, trop neuf, un maillon de chaîne qui se fait la valise ; et comme Gérard devait se contenter d’une brève « infiltration » parmi nous, il a pris lui aussi le chemin du retour, histoire de n’en avoir pas plein le dos. Donc à 14, on s’est retrouvés, la tête non pas dans le guidon, mais dans la brumasse. L’avantage, c’est qu’on ne voyait pas quand ça montait, on le sentait à peine, d’ailleurs, vu que le parcours était du genre plat. A quelques côtes près, au début et à la fin.

Mais des dernières grimpettes, tout le monde n’a pas profité, vu que le raccourci présidentiel était opportunément placé à la sortie de Tremblecourt, et avant le col de Rogéville – où les molosses du club ont roulé sauvage, faut bien le dire, une bande de jeunes qui se la jouent grave, sans pitié pour les aînés. Le respect se perd. Mais était-ce une raison pour que des solides gaillards comme le Mousse de Bouxières ou Patou des Corbières profitent du raccourci ? Le premier avait fait du terrassement la veille, il est vrai, et le second était sorti rincé (une fois de plus) de la sortie des psychopathes du samedi matin (des descendants des « Saint-Pierre », qui ne dépassent pas le 40 km/h sur le plat mais qui se tirent une bourre d’enfer dès que ça monte). Pat, sois raisonnable, garde des forces pour nos belles sorties dominicales !

Etaient de retour pour la sortie du jour le fringant Vélibest et l’élégant Nono – à qui nous devons ce jeu de mots qui tue : nous cyclistes, on est des « cent-dents »… On ne se sent donc pas stigmatisés. Avec mon triple, j’en ai même 295, des dents (117 à l’avant, 178 à l’arrière – impressionnant). Mais toujours pas de réapparition de la Grenouille (on s’inquiète, Max : t’as perdu ton vélo, t’as une grosse panne de jambes, t’es fâché ?), ni de quelques autres. La faute au brouillard, probablement. Ce qui vaut mieux que brouille ou embrouille.

Tiens, fait soleil maintenant : je referais bien le parcours en sens inverse, pour voir ce qu’on n’a pas vu ce matin. Pas vous ?

 

Sortie du 14 septembre : Pour la bonne cause

 Le club a été très convenablement représenté lors de cette manifestation à but caritatif : nous étions 9 sur le grand parcours, plus Jean-Yves (par intermittence) à pédaler pour une bonne cause ; pour ce qui est du parcours moins long, dont je n’étais pas, je ne sais pas exactement, mais j’ai aperçu Jean-Marie B., Bernard C., Georges (venu d’abord « s’échauffer » sur le début du 100 km), Dominique (mais il avait manifestement raté le second départ)… et deux anciens licenciés (Michel S. et Eric B.). D’autres ?

A nouveau, le soleil a brillé par son absence : pas de brouillard, cette fois, mais un ciel bien couvert ; température douce, vent d’est assez vif, des grimpettes, dont celle de Coyviller – de quoi se faire mal, y a pas de doute (1300 m de dénivelé pour le 100 km, en partant du bas de Nancy). Un parcours pas très original, faut bien le dire, sur des routes habituelles, vers l’est puis vers l’ouest (avec deux passages à Haraucourt et Crévic, ce qui permettait aux organisateurs de ne proposer qu’un seul lieu de ravitaillement – ce qui peut se comprendre).

Quelques notations :
Cette fois, le beau vélo tout neuf d’Amico a été opérationnel, pas de chaînon manquant, pas de déraillement.
Nono progresse en descente à chaque sortie, ça se confirme, mais c’est au détriment de ses montées… Faut dire qu’il avait oublié son bidon, celui qu’il remplit de bons « produits ».
Michel Vélibest, notre technicien du web, pédale bien en ligne, et c’est très efficace : il possède son métier à fond, cet homme-là.
Patou des Corbières essaie de mouliner aussi vite que le Cabri des Alpes (Dominique, un VVV qui voltige en montagne), et plus  la pente est raide, plus les manivelles s’emballent, faut voir ça.
Moi, je préfère monter plus gros : ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi je monte moins vite. Sauf en pulsations cardiaques : ceci pourrait expliquer cela ?

Jalabert ne nous a pas accompagnés : il signait un bouquin au « Livre sur la Place » ; un bouquin écrit en langue de bois ? Je suis un mauvais esprit : quand je lis certains de ses propos, ça me fait rire. Exemple, sur Armstrong en 2012 : « c’est quelqu’un qui a toujours fait du bien au vélo. Je suis persuadé que c’est un immense champion. » Autre exemple, en 2013, lors de son audition devant le Sénat : « Chez Once le soir des étapes, le médecin nous faisait un soin, une récupération, mais on ne savait pas vraiment ce que c’était. Une relation de confiance s’installait avec les docteurs, et on ne posait plus de questions. On était soigné, je n’ai jamais dit le contraire. Mais était-on dopé ? Moi je crois que non … « 
C’est touchant une telle confiance faite à ses médecins, une confiance aussi aveugle.

Et puisque j’ai l’humeur rieuse, je vous fais cadeau de ce formidable slogan qu’avait trouvé un réparateur de pneus pour proposer ses services : « Vous pouvez tous crever ! » (voir l’image)

Crevaison

Sortie du 5 octobre : Un PPP d’octobre

Plaisir de retrouver le peloton après deux semaines d’absence. Le peloton, on peut s’y abriter, ce n’est pas négligeable, on y peut papoter à loisir avec l’un puis avec l’autre, on peut même oublier qu’on pédale – ce qui rend l’exercice plus facile. Bref, ça change de la sortie et de l’effort solitaires. Si le club n’existait pas, il faudrait l’inventer, je ne le vous fais pas dire.

J’observe qu’on a tendance à se laisser moins abuser par les prédictions pessimistes de la météo : l’annonce répétée de l’arrivée de la pluie n’a pas dissuadé le gros de la troupe de mettre le nez dehors. On était quinze au rendez-vous, puis seize sur la route avec le renfort de Jean-Marie B. à la sortie de Dombasle (où il avait pris des nouvelles de notre ami Jean-Claude (Collard), victime d’un accident domestique : prompt rétablissement à lui). La pluie, elle a fini par percer la brume dans la dernière heure, mais sous la forme d’une bruine légère tout ce qu’il y a d’agréable. Les cyclistes sont comme les belles plantes, faut les arroser de temps en temps.

Mais la brume, elle, a quelque peu gâché la partie « montagneuse » de la sortie : sur les hauteurs d’Amance, pas moyen de profiter du panorama. Et ce n’était pas le moment de battre des records de vitesse dans la descente, humide et opaque. Mettons sur son dos, à la brume, le fait que le peloton ait ensuite fondu de moitié, c’est si vite fait de se perdre de vue. Mais il est vrai qu’on avait perdu quelques unités lors de la pause, pause prolongée par une crevaison, ce qui fait que ceux qui étaient partis en éclaireurs ont dû s’étonner de ne pas nous revoir. Remarque :  on devrait songer à vérifier ses pneus lors de la pause, puisque c’est toujours au moment de repartir qu’on s’aperçoit qu’un pneu s’est dégonflé.

Devant, dans le final, on n’était donc plus que huit, huit costauds… ou plutôt, sept costauds et demi, vu qu’il y en avait un qui était obligé de garder des forces pour rédiger ce compte rendu (au lieu de faire une bonne sieste, comme tout le monde). Auparavant, un bon tempo, m’a-t-il semblé, pas trop mou, mais rien de trop. Sauf dans les côtes, bien sûr, il y a toujours quelque chose de trop pour certains quand ça monte. Trop de pente, trop de vitesse, trop de poids. C’est ainsi, il y a souvent quelque chose de trop dans le vélo. Ceux qui ont fait le dernier VVV de l’ami GéGé dans les Vosges auraient des choses à dire sur le sujet. Nous, on s’est contenté d’un peinard parcours de plaine (un PPP, en somme).

Innovations technologiques remarquables : Marco DAB a acquis un compteur qui lui indique qu’il fait du vélo quand il fait du vélo. Formidable, non ? A un moment donné, il ne savait plus s’il était en train de nager ou de courir, hop, un coup d’oeil sur son compteur, et le voilà rassuré. Quant à Gaby Malto, il nous a fait envie avec ses rétros sur les poignées de frein, on aime tellement savoir ce qui se trame dans notre dos. Pour la prise de relais c’est épatant, on peut vérifier que les petits copains sont dans la roue. M’est avis que notre Gaby, ce matin, a dû l’oublier parfois, qu’il avait deux beaux rétros, si vous voyez ce que je veux dire…

On se revoit la semaine prochaine ? Bien sûr, et je pense aussi aux absents du jour, qui ont hâte de retrouver la communauté du Cycle.

 

Sortie du 12 octobre : Du brouillard sur les Bermudes

C’est à nouveau dans le brouillard que débute la balade, pour 22 volontaires, pas moins, si j’ai bien compté. Pas facile de compter, d’ailleurs, dans cette brouillasse opaque, épaisse, et très humide, qui permettait rarement d’apercevoir à la fois la tête et la queue du peloton. Plusieurs avaient mis une chasuble fluo tout à fait appropriée, et quelques-uns un feu rouge : exemples à suivre, dans ce type de circonstances. Ne lâchons rien sur le plan de la sécurité : les automobilistes ne font jamais de cadeau, et ils sont toujours pressés, on l’a maintes fois vérifié. Un automobiliste pas pressé, ça s’appelle un piéton.

Parmi les présents, on a eu le plaisir de compter un « revenant », Francis-ça-roule, en déficit de kilomètres, tout désigné a priori pour rester à l’arrière… mais le bombarder vélo-balai, je n’aurais pas dû, je le confesse : trop dur de faire l’élastique à l’arrière, de prendre du vent, quand on n’a pas de bonnes jambes, outre qu’il fallait aujourd’hui voir à travers le brouillard. C’est ainsi qu’on a perdu sans s’en apercevoir quelques éléments de la troupe, retardés par un ennui mécanique. Mais là où Francis rattrape magistralement le coup, c’est en s’offrant une crevaison qui permet aux égarés de recoller ! Vraiment bien joué ! Egarés, les égarés le furent doublement, en réalité, pour avoir commis une erreur de parcours. Comme quoi, bien l’étudier la veille, le parcours, demeure une sage recommandation. Surtout quand on va du côté de Saffais, Vigneulles et Barbonville, qui forment une sorte de triangle des Bermudes où immanquablement les GPS s’affolent et les repères s’inversent. Bizarre, vraiment bizarre. Mais le constat est là : il n’arrive pas qu’on ne s’y perde pas. Même par beau temps.

Autre participant occasionnel, le VJV Xavier (Valeureux Jeunot du Vélo), qui roule peu mais fort, ça s’est encore vu ce matin. Son secret ? Je ne le connais pas, faudrait enquêter, pour au moins trouver l’adresse de son soigneur (vous savez, le genre à qui on s’en remet les yeux fermés, et qui vous fait des trucs à l’insu de votre plein gré). Ceci dit, vu le rythme tenu par le premier groupe (après la pause), on peut se demander si pas mal de costauds ne la connaissent pas déjà, cette adresse.

Bon, je plaisante, les costauds sont costauds parce qu’ils sont costauds, c’est aussi bête que ça. Et ceux qui ont formé le deuxième groupe ont fait preuve de bon sens (pas comme moi). Mais ce constat de l’inégalité des forces (qui n’est pas nouveau) confirme qu’il faut que chacun y mette du sien pour que le rythme adopté avant la pause ne soit ni trop vif (sinon ça grogne) ni trop lent (ça grogne aussi). Et que l’un des rôles des membres du Bureau est d’y veiller le mieux possible.

Pour le reste, pas grand chose à dire des lieux traversés aujourd’hui : le soleil a percé le brouillard à 10h08 (c’est beau, l’exactitude), avant de disparaître à nouveau, si bien qu’on n’a eu qu’une idée incomplète de la superbe route forestière qui relie Landécourt et Franconville – faudra y repasser par temps clair. Une fois le soleil vraiment revenu, il y a eu conflit (dans le groupe de devant) entre regard sur le paysage et tête dans le guidon. Personnellement, c’est fou ce que j’ai pu le voir, mon guidon. D’où le programme de ma prochaine sortie : lever la tête. Il serait trop dommage de manquer les couleurs de l’automne.

 

Sortie du 19 octobre : Plein soleil

C’est bien par sa présence, cette fois, après deux épisodes de plein brouillard, que le soleil a brillé. Et brillé comme il ne l’a pas souvent fait en juillet et août. Une sortie estivale en somme, quelque peu décalée, et d’autant plus appréciée. Une sortie toute en douceur, lumière légèrement tamisée, tiédeur de l’air, ambiance feutrée… rien de trop, pour une fois, que du modéré, du tempéré, du modeste, mais tellement délicieux. Si un jour on fait du vélo au paradis, c’est peut-être ce genre de sensations qu’on éprouvera, non ? On peut rêver. Je rêve. Mais je ne demande pas le Pérou, vous l’aurez noté.

J’ai à nouveau compté 22 participants pour cette estivale escapade, les mêmes que la dernière fois, à deux ou trois unités près, il me semble, puisque ni Franck ni Bernard n’en étaient, non plus que le jeune Xavier, mais qu’à l’inverse le tonton flingueur de Bouxières a fait son grand retour parmi ses amis lorrains, après avoir écumé les routes de France (bref, on a eu le bonjour de Marcel, et de Charlotte, évidemment). Et les autres  « revenants » du jour, voyons, voyons… je vote Cri-cri V8, mais je ne suis sûr de rien, et il m’en manque un. Ce dont je suis sûr : c’est Jean-Luc, un autre petit gars de Bouxières, qui s’est porté volontaire pour jouer le rôle de vélo-balai, au motif qu’il n’avait pas encore eu l’occasion de le faire, vu qu’il a cette année plus bâti que pédalé. Examen de passage réussi, parfaite vigilance, aucune perte à déplorer.

La douceur de l’air, la beauté de la campagne et des bois, le relief peu accidenté du parcours, tout invitait à lever la tête, et à ne pas abuser du braquet. Du moins jusqu’à la pause : nul doute que le premier groupe s’est ensuite dérouillé les gambettes, pendant que le second a continué d’admirer les premières couleurs de l’automne. Et, personnellement, comme aujourd’hui j’ai écouté la voix du bon sens, rien ne m’a obligé à me fourrer la tête dans le guidon. Ce fut donc pour moi comme pour pas mal de monde une des sorties les plus jouissives de l’année. On s’en souviendra.

Le mot du jour, signé Jean-Luc (comme quoi on peut manier le balai et réfléchir en même temps) : « les Randos, c’est le plein emploi » (au vu du grand nombre de participants). Un exemple pour ceux qui nous gouvernent. Et en plus on turbine le dimanche, retraités compris. Remarquable, vraiment. Une leçon d’économie appliquée.

A dimanche prochain (ou à jeudi, pour ceux qui en ont le loisir : le rendez-vous de jeudi dernier a bien marché – si la météo est bonne, on le reconduira – confirmation suivra d’ici mardi).

 

Sortie du 26 octobre : Heure d’hiver, douceur printanière

Vous en serez bien d’accord : heure d’hiver, douceur printanière. Ciel couvert, puis dégagé, grand soleil pour finir : est-ce que l’année va se terminer comme elle a commencé, pour le plus grand plaisir des cyclistes ? Le temps est si clément qu’ils étaient à nouveau 22 à en profiter, auxquels se sont ajoutés 5 non licenciés, des « étrangers » bien connus de nous, plus un petit nouveau, qui devrait prendre une licence l’an prochain. Jean-Luc avait raison, chez les Randos, c’est le plein emploi. Les présents étaient à peu près les mêmes que lors des sorties précédentes, mais je n’ai aperçu ni Jean-Yves (parti trop tôt en éclaireur, à l’heure d’été ?) ni Gégé. Et toujours pas de Max. Du mou dans les manivelles ?

Un qui l’a trouvé, son nouvel emploi, c’est Didier (Wernert), qui s’est proposé de lui-même pour goûter enfin aux joies du vélo-balai. Comme tout le monde suit facilement (au début) ça baigne pour lui, malgré l’importance du peloton. Quand viennent les premières côtes, à partir de Liverdun, et dans la traversée de la petite Suisse, sa vigilance permet qu’on ne perde personne en route. Mission accomplie, donc, d’autant qu’il a bien sûr montré l’exemple auparavant, lors de la crevaison du petit Pierre (le roi Merlin) à la sortie de Pompey, en s’arrêtant (mais la victime bénéficiera d’une escorte d’une douzaine de potes jusqu’au regroupement général sur les hauteurs de Liverdun). J’ajoute qu’il sait aussi manier la paluche, le Didier-balai, comme Gaby, Marc et quelques autres, pour ce qui est de procurer d’utiles poussettes aux rêveurs qui oublient parfois de pédaler rude. Décidément, c’est sympa une sortie des Randos, on y glane des distinctions fort honorifiques : vélo-balai émérite, pousseur d’excellence, relayeur parfait…

La vérité oblige à dire que parfois on s’y dispute aussi le titre de Gros Bourrin… et ça ne manque pas de cuisses pour y prétendre, à ce titre envié, vu que pédaler en dedans quand ça monte, c’est un truc qui n’est vraiment pas naturel. Donc, on le sait, on l’a dit mille fois, ils en remettent une couche, les prétendants au titre, dès que l’occasion se présente de faire mal aux copains. C’est ainsi, incorrigibles, qu’ils sont, des sales gosses. Des nostalgiques de la compétition, probablement.

Bon, vous allez me dire qu’on n’est jamais obligé d’aller dans le premier groupe après la pause : c’est vrai, mais ma conscience professionnelle, vous y avez pensé ? Faut bien que je pratique l’alternance pour pouvoir parler tantôt des costauds de devant, tantôt des flâneurs de l’arrière. Aujourd’hui, j’étais donc en mission à l’avant. Mais je vous rassure : à part le tronçon qui relie Jézainville et Griscourt, propice aux coups de flingue, c’était jouable, même les petites cylindrées pouvaient suivre sans se mettre à la planche. Ceci compte tenu de ce qu’ils ont tout de même le souci, les costauds, de préserver l’intégrité du groupe. Ils s’emballent, puis ils se disent qu’ils ont encore fait une connerie : alors, ils ralentissent, ils laissent revenir, ou carrément ils attendent. C’est une solution.

Une dernière précision sur ce point : comme un de nos « invités » du jour s’est employé assez souvent à forcer l’allure, je me suis quand même permis de lui faire une remarque. Vous devinez laquelle. Oui, une sortie organisée par un club, c’est une sortie organisée par un club. Pas par « les Saint-Pierre » ou « les Champigneulles », par exemple. Vous voyez qu’il faut bien que je me sacrifie de temps en temps pour aller prêcher à l’avant la bonne parole du club. Mais, évidemment, je ne peux rien dire de ce qui s’est passé à l’arrière après la pause. Faudrait songer à me donner un adjoint. A étoffer le comité de rédaction.

A ce sujet, j’ai fait quelques mises à jour sur notre site, en particulier en alimentant la rubrique « Citations ». Et comme vous avez été privés d’images depuis un bout de temps, en voici une (ci-dessous) : une solution pour notre prochain 200 et les longues sorties.

Reynald

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Sorties des 1er et 2 novembre 2014 : La fête de la vie

Soleil et douceur, encore et toujours. J’ai vérifié : nous sommes bien en novembre. Nous ne rêvons pas. Il est presque dommage d’être passé à l’heure d’hiver et aux petites sorties de trois heures. Il reste que de telles sorties, de n’être pas de saison, sont doublement jouissives. Le vélo est une fête, et on en oublie les galères.

Hier, les 12 estivants à vélo ont carrément eu chaud, une fois dissipé le brouillard de Brumaire, d’autant que le parcours très vallonné exigeait des efforts répétés. Aujourd’hui, le parcours tranquille et l’allure modérée ont permis d’apprécier pleinement les plaisirs de cette arrière-saison bénie des dieux du cycle. Heureux week-end : le contraire d’un temps de Toussaint, et une fête des morts qui sonne comme un hymne à la vie. Mais nos amis disparus, nous pensons à eux, la tristesse demeure.

Grande affluence ce matin, pas moins de 25 amateurs, en comptant quelques invités : Cri-cri Six-cylindres avait décidé d’être vélo-balai, et pour avoir un peu de boulot, il avait organisé une journée « portes ouvertes » (c’est lui qui me l’a dit). Nous avons fait connaissance d’un Philippe de « Laxou ça roule » (un vététiste ami de Francis), et d’un autre Philippe qui avait découvert notre site pas plus tard qu’hier et qui souhaite ne plus rouler seul ; et nous avons aussi aperçu quelques rouleurs qui ont fait un bout de chemin avec nous. La preuve que le vélo et le club se portent bien. Mais toujours pas de recrues féminines : sur ce point, on ne progresse guère.

Aujourd’hui, alternance oblige pour le rédacteur de ces lignes, j’ai pris le deuxième wagon après la pause, une manière de parachever une sortie très « relaxation ». Et comme Patrick Corne nous avait rejoints lors de la pause, j’ai pu tailler une bavette avec lui : en deux mots, il espère bien s’adonner à nouveau à son sport préféré, après des années de galère consécutives à sa chute. On aura plaisir à le retrouver en bonne forme (non, ce n’est pas mon petit doigt qui me le dit). Autre blessé récent, Jean-Claude Collard est lui aussi venu respirer l’air du peloton ; accompagné de son frère, notre trésorier émérite, dont c’est la forme qui a sévèrement chuté cette année, faute de pratique. Mais on sent bien que la résurrection est proche pour eux tous. Pour peu qu’ils mettent à profit les petites sorties d’hiver (si l’hiver finit par arriver).

Pour rire, et pour dissuader les postulants, j’ai proposé qu’on attribue en fin d’année un prix du Gros Bourrin. A l’inverse, un article que vient de me transmettre Gérard sur l’art de rouler en groupe inviterait à créer un prix de « l’esprit chevaleresque » : vous voyez ça d’ici, les plus costauds se mettant au service des moins forts, et inversement, ces derniers acceptant que les cadors aient aussi leurs bons moments pour s’exprimer… Voici qui ressemble beaucoup à ce qu’on essaie d’obtenir dans le club : en demeurant groupés d’abord, en levant le pied dans les montées, puis en coupant le peloton en deux groupes roulant à des rythmes différents. Par conséquent, je me dis qu’on devrait avoir beaucoup plus de candidats au prix du Rando Chevaleresque (que tous peuvent convoiter) qu’à celui du Gros Bourrin, réservé à une partie des licenciés et moins flatteur : vous ne pensez pas ?

Bonne semaine,
Reynald
PS : à éviter si vous voulez pédaler rond :

velo-roue-carre

Sortie du 9 novembre : Nancy ça roule

Enfin un temps de saison ! On commençait à désespérer… Cette douceur, ce soleil, cette ambiance estivale qui n’en finissaient pas, ça devenait presque inquiétant. Voici les pendules remises à l’heure. Un bon petit coup de fraîcheur, la tenue d’hiver pour tout le monde, du thé chaud dans les bidons (je présume). Il était grand temps. Tout le monde était donc ravi.

Ce qui ne change pas, c’est le succès de nos sorties : pas moins de 28 citoyens pédaleurs à un moment donné, il est vrai avec l’adjonction de quelques étrangers au club, venus apprécier la qualité de nos prestations. Et, parmi eux, Elle, la cycliste  pour nous la plus fameuse de Lorraine, Elisabeth (Antoine), dont le rapport poids/puissance ne cesse de faire notre admiration : elle grimpe comme un cabri et roule comme une lionne … oui, ce sont des images : même si les animaux sont devenus récemment des « êtres sensibles », nos quasi-semblables, ils ont encore des progrès à faire pour tenir assis sur un vélo, la plus formidable invention humaine. Il fallait que ce soit dit.

Cette fraîche et revigorante sortie a vu aussi le retour du grand Max, qui n’avait plus pédalé depuis des mois : sa chère grenouille lui est demeurée fidèle, on est rassuré, son état de forme était ce qu’il devait être, pas si mal au début, moyen moyen ensuite, déliquescent pour terminer. Ne te décourage pas, Max, ça va revenir. Et comme tu l’as constaté, tu as pu bénéficier du précieux soutien de ceux qui t’ont escorté dans le redoutable faux-plat du retour. On le sait, dans certains cas, un faux-plat ce n’est rien moins qu’une vraie côte. Elle a vu aussi, cette sortie, l’amicale visite du néo-Lillois, Hervé aux-grands-pieds, qui n’a pas encore découvert les routes du Nord, ses pavés légendaires, ses célèbres « murs ». Dire qu’il avait la frite, ce serait trop dire, mais tout de même, sa pratique de la course à pied lui a évité de « grenouiller » à l’arrière.

Une remarque sur la cohésion du groupe : le grand nombre du début et la nature du parcours n’ont pas rendu les choses faciles, le vélo-balai du jour, le remarquable Marc DG, a eu du boulot, d’autant qu’une crevaison précoce de notre « infirmier d’honneur » a contribué à faire éclater le peloton, reformé peu à peu du côté de Liverdun. Oui, j’accorde ce titre à Jean-Luc, qui s’est montré très prévenant avec moi dans la remontée sur Nancy : j’ai souhaité ralentir pour faire redescendre le cardio, il a estimé qu’en ex-infirmier responsable il ne devait pas abandonner un patient. Un patient potentiel, ouf, vu que ça allait bien pour moi, mais encore mieux en baissant d’un ton, après une longue séquence très rondement menée. Les « gros » de devant, ça déménage, on ne le dira jamais assez. Ce qui m’a permis de revoir sur la fin ceux qui avaient évité à Toul de se taper la boucle de Chaudeney. Je progresse, comme secrétaire : j’ai pédalé dans les deux groupes aujourd’hui, ce qui me permet d’évoquer l’un et l’autre. Ce qu’il ne faut pas faire, tout de même !

Une remarque sur le parcours : on a noté qu’il faisait beaucoup de zig et autant de zag, qu’il intégrait aussi deux boucles (par Toul et par Gondreville). Ce qui donne un peu mal à la tête. Je sais que l’avantage, de novembre à février, c’est qu’on s’éloigne peu de Nancy, et qu’en cas de pépin on y revient plus vite. On pourra en reparler : qu’est-ce qu’il faut privilégier (dans ces sorties de transition entre deux années) ?

Enfin, un mot sur un événement passé totalement inaperçu, qui n’a pas fait la une des journaux, que ni les radios ni les télés n’ont commenté. Un événement pourtant extraordinaire… non, je n’ose pas le révéler, sauf si vous insistez.
Vous insistez.
Donc, en un mot comme en cent, en cette année 2014, votre secrétaire a atteint, pour la première fois de sa vie de cycliste, la barre mythique (pour lui) des 10 000 km. Il dit sa reconnaissance à tous, puisque sans émulation ça ne se serait pas produit. Avec une pensée particulière pour Gérard, le grand organisateur des VVV (ardéchois, alpins et vosgiens).

J’ai encore été trop long. Mon petit doigt me dit que Dominique et Jean-Claude ont décroché après le premier paragraphe. Je ne le ferai plus. Vous aurez ainsi plus de temps pour faire de vraies bonnes lectures. Tiens, pour une fois, le prix Goncourt, je vous le recommande : Lydie Salvayre est une formidable romancière !
Reynald
Secrétaire non perpétuel de l’Académie de la Bicyclette nancéienne

 

Petit mot du 11 novembre :

Pas de sortie pour moi ce matin, donc pas de compte rendu. Mais en ce jour du 11 novembre, on peut se souvenir qu’il y eut bien des soldats cyclistes en 14-18 : chasseurs, estafettes, éclaireurs.

Voici quelques éléments d’information glanés sur le Net :

L’infanterie cycliste française doit son apparition au Lieutenant Henri Gérard. Il comprend que la structure même de la bicyclette est la grosse objection qui sera toujours opposée à faire du cycliste un combattant. Le lieutenant entreprend des recherches sur la transformation de la bicyclette pour la rendre plus maniable en toute circonstance. Il y réussit. La bicyclette pliante « Gérard » est née. Elle est exposée au Salon du Cycle à Paris en décembre 1894.
Les premiers cyclistes militaires combattants apparaissent en France en 1895 lors des grandes manœuvres.
La création des premières unités cyclistes, sous forme de compagnies ou pelotons, remonte à 1899.
Le chasseur cycliste, au début du conflit, est un militaire d’active, sélectionné sur ses aptitudes physiques. Il est équipé du fusil d’infanterie Lebel. Il ne porte pas de capote ni de havresac. Tout ceci contribue à en faire un combattant rapide, leste et très mobile.
A partir 1915, les réservistes de la cavalerie remplacent progressivement une partie des chasseurs cyclistes qui rejoignent un BCP [Bataillon de Chasseurs à Pied] en renfort. En juin 1916, l’effectif des GCC [Groupe de Chasseurs Cyclistes] est réduit de moitié. En 1918, l’effectif est reporté cette fois ci à son maximum. C’est alors le retour des GCC au premier plan.
Un GCC comprend : 10 officiers dont un médecin, 407 sous-officiers, caporaux et chasseurs, 18 chevaux et 7 voitures.

A l’origine, la bicyclette pliée, conçue par le lieutenant Gérard, pèse 17 kg. Le diamètre des roues est de 65 cm, le pédalier principal est muni de 23 dents, celui arrière de 9 dents ce qui permet un développement de 5,5 m. Sa hauteur est de 0,75 m et sa longueur 1,5 m. Cette hauteur, adaptable, permet au chasseur cycliste, en cas de mauvaise surprise, de poser les pieds au sol et de faire feu sans descendre de machine. Les bicyclettes sont toutes montées sur pneumatiques Michelin. En effet, ce pneumatique possède des atouts majeurs: une vitesse supérieure, le silence, et il épargne les trépidations, au contraire des caoutchoucs creux.

En 1910, la pliante passe à 16 kg nue et 18,5 kg avec paquetage (collet, gamelle, nécessaire de réparation). C’est encore 3 kg de plus que le fantassin équipé. L’objectif demeure donc l’allégement de la machine. En 1914, les chasseurs cyclistes perçoivent la pliante Gérard, ramenée au poids de 13 kg. Equipés ainsi, les cyclistes ont une vitesse moyenne de 10 à 12 km à l’heure. Ils sont capables de parcourir des étapes d’une moyenne de 60 (le minimum) à 100 km.

Et voici quelques photos, qui vous donneront une petite idée des « sorties » auxquels les malheureux étaient voués :

Eclaireurs cyclistes

Soldats cyclistes

Sortie du 16 novembre : Impôt de participation

Décidément, l’automne fait de la résistance : douceur et soleil, arbres encore en feuilles, de belles couleurs dans la campagne… le pied, pour les pédalistes de toute confession. Et donc, à nouveau bien du monde pour enfourcher les montures, j’ai compté 30 manieurs de manivelles, dont un bon paquet (8 ou 9) de non-licenciés – c’est fou l’attrait qu’on suscite depuis plusieurs semaines !

Ce qui me donne une idée : les subventions accordées au club étant très chiches et les rentrées d’argent très rares, on pourrait (nous aussi) inventer une nouvelle taxe, une sorte d’impôt de participation, avec l’alibi que nous faisons beaucoup pour le développement durable de la planète – le vélo c’est de l’énergie verte, du pas polluant pour un sou, en plus que c’est bon pour la santé et donc tout bénéf pour la Sécu. Bref, pour une aussi bonne cause, les non-licenciés ne verraient aucun inconvénient, ça crève les yeux, je les vois déjà se réjouir, au fait de verser au club (pour chaque sortie à laquelle ils participent, il faut ce qu’il faut) la petite somme ainsi établie (en fonction des prestations offertes) :

– mot de bienvenue, discours présidentiel, applaudissements : 5 €
– assistance technique, en cas de crevaison, de rupture de chaîne, de casse quelconque de matériel : 5 €
– soutien psychologique, en cas de grande détresse, d’inquiétude métaphysique, ou de mal de dents : 5 €
– plaisanteries, jeux de mots, histoires drôles (racontées par les licenciés) : 5 €
– amendes pour infractions diverses (accélérations intempestives, écarts dangereux, feux rouges grillés, etc.) : 5 €

Ce qui nous fait la très modique somme de 25 € par participant et par sortie.
Un tout petit rien pour l’intéressé, un grand quelque chose pour le club !
Pourquoi n’y avoir pas pensé plus tôt, on se le demande. Nous voici riches, 2015 va être une année grandiose.

Vous vous demandez ce que j’ai bu à midi ? Vous êtes trop curieux.
La preuve que je n’ai pas bu autant que vous le pensez, je me souviens que ce matin, c’est Jacques qui était vélo-balai, qu’il a eu fort à faire (avec tout ce monde) et qu’il a réussi sa tâche avec l’application que le Vosgien de souche met à couper du bois.

Je me souviens aussi que le peloton s’est coupé en deux groupes après la pause ; que le groupe de devant a réalisé une remarquable accélération progressive, ce qui s’est traduit par le fait qu’il s’est à son tour coupé en deux – ceux de derrière étant assez vite épaulés par quelques-uns des plus féroces forçats du braquet qui avaient consenti à ralentir ou à revenir en arrière. A ce titre, citations accordées à l’Ordre du Club, à Nono le moulin à paroles et à Marcel le tonton flingueur gentleman.
Marcel à qui on doit aussi le mot du jour :

 » Je ne sais pas comment ils font pour se reproduire, mais le fait est que les cons sont de plus en plus nombreux ».

Bien vu, que les conducteurs de bagnole du dimanche matin se le tiennent pour dit.
Bonus, en pièce jointe : un document plein de photos sur les soldats cyclistes de 14-18 que m’a transmis Jean-Luc, en complément de mon petit mot du 11 novembre.

 

Sortie du 23 novembre : Hygiène de vie

Faut que j’te raconte, ça faisait des mois qu’i m’ tannaient pour que je fasse du biclou avec eux, les randos de Nancy. Alors, à force qu’i z’insistent comme des maboules, j’ai emprunté le matos à mon frangin, et j’ai fait ni une ni deux… pas dégonflé le mecton, ce matin, je me suis pointé à leur rencart. Un drôle de cirque, faut voir ça, y’en avait plein, fringués comme des chtroumpfs, équipés comme des pros, perchés sur leurs machines dernier cri, t’imagines pas le progrès … du bol que le vélo du frangin faisait à peine ses 8 kilos, t’imagines, si je m’étais pointé avec la bécane du paternel, tu sais celle qu’il a piqué aux Fritz en 42…16 kilos de ferraille, faut s’les traîner.

J’te cache pas qu’au début, j’ai morflé, c’est pas qu’ça roulait bien vite, mais que veux-tu, quand on clope ses 2 paquets par jour, qu’on se descend ses trois boutanches de rouquin, sans compter le carafon de brouille-ménage, le « sport », comme ils disent, c’est pire que l’turbin. Tu vas m’dire, forcément, c’est aussi du travail à la chaîne, le vélo… je rigole, mais n’empêche, qu’est-ce que ça fait mal aux guiboles, pis aussi au dos, et le joufflu, c’est le bouquet, vu qu’on est assis sur une selle qu’est pas plus large que le bifteck de la cantine.

Petit à petit, je m’y suis fait, j’ai pigé comment qu’i fallait s’y prendre : surtout pas de vent, bien à l’abri, « dans les roues » qu’ils disent, j’te demande un peu, dans les roues… et pis j’ai dit, les poussettes c’est pas de refus, faut pas vous gêner les gars, j’vais pas me vexer. Sur le tas, y’en a qu’on été ben complaisants, z’ont eu pitié. J’vous revaudrai ça, qu’j’ai dit…les promesses ça coûte pas cher. C’est pour dire que j’suis pas resté en rade, et qu’j’ai même pas mis à pied à terre, enfin pas longtemps, on a sa fierté, tout d’même.

C’est pas tous des jeunots, les mordus de la petite reine, loin de là, y’en avait même un qu’avait 80 piges, i paraît, tu te rends compte. Pis fallait voir comment qu’il moulinait des gambettes, l’ancêtre, t’en avait qui tiraient la langue pour ne pas s’faire larguer. La moyenne d’âge doit dépasser allègrement les 60 balais… z’ont pas dû beaucoup se fatiguer au boulot quand i z’étaient jeunes, pas comme mézigue… frais comme des fonctionnaires qu’i sont, tout frais tout roses comme des premiers communiants.

A moins que… ouais… à moins que ce soit le biclou qui les conserve, précisément… « l’hygiène de vie », qu’i m’dit toujours le toubib, vous y pensez à votre hygiène de vie… pour sûr que j’y pense, mais que veux-tu, j’sais pas refuser… moi, on m’offre un canon, je dis jamais non, j’ai de l’éducation, mon prince, j’sais m’tenir… enfin, jusqu’à un certain point, des fois j’attige, j’me tiens aux murs, même que la bécane du paternel j’la retrouve pas… obligé de rentrer à pinces… mais avec tous les zigzags, ça en fait du chemin.

Bon, je crois que je vais m’acheter une conduite… et un bon vélo. Parce qu’au fond, je les envie, les croulants qui pètent la forme. J’dis pas que je les suivrai partout… vu qu’i en a un qu’est un peu philosophe sur les bords qui m’a expliqué : y a des pacifistes, dans le lot, des pères tranquilles, des contemplatifs, mais y en a aussi pour qui c’est jamais assez dur… en-dessous de 10%, une côte, c’est de la rigolade, il leur faut du raide, du pentu… et du bien long dans le dur, col après col, et chrono en mains, comme des pros, j’te dis, ah ça rigole pas… des forcenés. Alors, le philosophe (i s’appelle Kierk, Kierk Hegaard, un drôle de nom, doit être né à Anvers, à moins qu’il soye danois), i m’a sorti une phrase qui m’a drôlement fait réfléchir : i m’a dit, pour ces gaillards-là, « ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin… »

Je répète, t’as bien entendu : ce n’est pas le chemin qui est difficile, c’est le difficile qui est le chemin.
Ah, c’est beau comme de l’antique, une phrase comme ça… pour faire réfléchir, ça fait réfléchir…
Reynald, qui a reçu les confidences du néophyte du jour.

Sortie du 7 décembre : Tant que brillera le soleil

Enfin, un petit mot… on s’inquiétait : que fait le secrétaire ? C’est vrai ça, pourquoi on le paie, pourquoi on vient de le réélire, si ce n’est pas pour qu’il nous raconte ses fariboles du dimanche… Il ne va pas nous faire croire qu’il avait quelque chose de plus urgent à faire !
Ce que je retiens, et je suis bien content de l’apprendre, c’est que je vais être payé. Et avec la recette de ce soir, la recette de notre soirée-lecture consacrée à Romain Gary, c’est, au total, un gros pactole que je vais toucher.

Oui, je répétais, ceci explique cela, et ça prend du temps. Mais nous voici presque au point, et si vous avez envie d’oublier le vélo, c’est le moment, on se retrouve ce soir (voir mon message du 27 novembre).
Anecdote : en août 45, les rares survivants du bataillon de l’Air « Lorraine », formé dès l’été 40, sont décorés sur la place Stanislas. Parmi eux, Romain Gary, qui avait servi dans des bombardiers de la France libre.

La sortie d’hier : elle a attiré du monde, pas moins de 20 Randos, pour profiter d’un temps sec et clément. Tempo tout ce qu’il y a de raisonnable, on sent que de bonnes résolutions ont été prises à l’issue de l’AG. Suffira de persévérer en 2015.
Le père Joseph s’est distingué, en sortant de sa crèche avant nous, mais en se laissant dépanner par les bonnes âmes qui passaient par là. Ce qui fait qu’après la pause de Villers-le-Sec deux groupes se forment alors qu’on venait de décider de n’en faire qu’un. Comme celles du Seigneur, les voies du Joseph sont impénétrables.

Mais le gag du jour est ailleurs : dans la montée d’Azelot (oui, devant, on s’est offert ce détour, pas pressés qu’on était de rentrer à la maison), des écriteaux nous demandent d’être « vigilants »… vigilants, vu qu’il y a des chasseurs en liberté dans les bois, qui ne font pas forcément la différence entre un lapin qui se débine et un cycliste qui se déhanche. Déjà qu’il avait fallu éviter de se prendre des débris d’assiettes sur la tronche en passant devant le ball-trap ! Oui, les décérébrés de la gâchette étaient de retour… Que voulez-vous, mitrailler de l’argile, c’est aussi du « sport »… et puis, on ne sait jamais, avec tout ce qu’on voit maintenant, autant s’exercer un peu, des fois qu’on vienne y manger, dans nos assiettes…

Je suis un mauvais esprit. Je passe à  l’événement du jour : le soleil, la lumière enfin rallumée, après une semaine de brume épaisse et humide. Quel bonheur d’y voir clair ! De retrouver des paysages, et un horizon. Pensez-y une seconde, et vous allez voir, vous êtes sur le point de comprendre pourquoi le Soleil a été la divinité la plus universellement célébrée.
La mauvaise nouvelle, c’est qu’un jour il ne se lèvera plus, le Soleil, il sera devenu une « géante rouge », une ogresse qui absorbera tout ce qui gravite autour d’elle, dans un déchaînement de lumière et de chaleur.

La bonne nouvelle, c’est que la catastrophe ne surviendra que dans quelques milliards d’années (les pessimistes disent d’ici 500 millions d’années pour ce qui est de la vie sur la Terre). Voici qui nous laisse un peu de temps, pour prévoir de sacrées bonnes sorties vélo, en 2015, et au-delà, aussi longtemps que brillera pour chacun le soleil…
Bonne semaine,
Reynald
PS : la réunion du nouveau bureau aura lieu demain ; nouvelles à suivre.

 

Sortie du solstice d’hiver :

On est entré dans l’hiver en ce 21 décembre, et donc 21Randos ont pris la route ce matin : pur hasard ou savant calcul ? Selon cette logique, il faudrait être 28 dimanche prochain, et que l’un d’entre nous, un seul, se dévoue le 1er janvier pour représenter le club… Ce n’est peut-être pas une bonne idée. Contentons-nous de savourer le solstice puisque l’entrée dans l’hiver, c’est aussi le moment où les jours vont rallonger. On va basculer du bon côté, à l’horizon se profilent déjà les longues sorties vélo.

Un peu de soleil, pas de pluie, routes sèches, température acceptable, on aurait eu tort de se gêner. Même les tamalous étaient de la fête, les souffrants, les perclus, les abîmés, qui en enfourchant leur bécane se sont sentis revivre. Ceux qui avaient chopé une grippe d’enfer grâce au vaccin fait pour la prévenir (Marcel l’a testé pour nous, le vaccin, il jure qu’on ne l’y reprendra plus, mais faut pas généraliser, ça doit bien avoir son utilité). Ceux qui n’ont même pas eu besoin du vaccin pour la choper quand même, cette vacherie de crève qui coupe les pattes (Gégé ?) et sur qui il aurait peut-être marché, le vaccin, allez savoir. Ceux qui s’étaient tapé une bonne vieille bronchite, bien grasse, bien raclante (Christian nous a fait ça aux petits oignons). Ceux qui avaient, une fois de plus, pris leurs lombaires pour des castagnettes, le genre de bourde qui vous fait danser la danse de Saint Guy, un vrai bonheur (moi, j’en ai fait le tour, je suis prêt à refiler la recette à qui voudra).

Bref, c’est avec tous ces éclopés qu’on fait un peloton de haut niveau, où se cachent aussi avec leurs petits bobos chroniques les affligés du foie, les déroutés de la rate, les gonflés de la prostate, les échauffés de la bile, les ramollos du mollet, les trop cuits de la cuisse… une vraie cour des miracles, une preuve vivante des vertus thérapeutiques du biclou. M’est avis qu’en 2015 les tamalous vont continuer de se soigner en tournant les jambes.

La phrase du jour (Patrick) : « Les conseilleurs ne sont pas les pompeurs. »

Explication : lors d’une crevaison (celle du jour nous a été offerte gracieusement par Gaby Malto), il y a ceux qui expliquent comment il faut procéder, qui dissertent sur le choix de la pompe, et ceux qui oeuvrent, qui démontent, remontent et puisent dans l’huile de coude. La division du travail, quoi, une vieille histoire. Mais chez les Randos, on a trouvé la solution : tel qui conseille aujourd’hui, demain il pompera !

PS : Max tu as beau insister, vu que ça fait trois fois que je reçois ton message de Noël, tu n’es plus un enfant, et donc, les cadeaux, bernique ! Si tu ne veux pas avoir froid et monter les côtes les doigts dans le nez, tu pédales !
Jean-Michel m’a refilé un article où un type raconte comment il est devenu un dingue du vélo, ça s’appelle « Les rayons du bonheur », jolie formule, mais je n’ai plus la place pour en parler, ce sera pour une autre fois.

 

Sortie du 25 décembre : La randonnée de Noël

Jamais je n’aurais pensé que ma proposition remporte un tel succès : 30 réveillonneurs réveillés au rendez-vous de Noël, qui l’eût cru ? Mais c’est bien la preuve que bonne chère et bonne santé peuvent faire bon ménage, que l’esprit de Noël c’est aussi la fraternité cycliste, la paix des pédales, le rayonnement des rayons. Les rares absents vont avoir des regrets, mais ils avaient de saintes raisons pour manquer cette grande fête de fin d’année.

Jean-Michel m’avait proposé un opportun Nancy-Béthléem pour notre parcours du jour, et il a presque été exaucé, puisque nous sommes passés par la terre autrefois sainte de Clémery, où siégeait le regretté pape Clément XV… Certains d’entre vous s’en souviennent : Michel Collin pour l’état-civil, ce prêtre avait excommunié Jean XXIII et à sa mort s’était proclamé pape, dénonçant l’usurpateur du Vatican pendant son règne lorrain (1963-1974). Il avait aussi excommunié le directeur départemental des impôts qui lui réclamait une forte somme d’arriérés ! On peut être illuminé et réaliste. L’auto-proclamé avait des fidèles qui convergeaient vers le « petit Vatican » de Clémery depuis la Belgique, l’Allemagne, la Suisse, l’Italie et même depuis le Canada et les Etats-Unis. Comme quoi la crédulité est vraiment sans frontières. Je me souviens les avoir vus débarquer en autocars sur la place Stanislas, dans des tenues improbables et distribuant des tracts, ainsi que leur journal, « La vérité » (forcément, la vérité, qui se dit « Pravda » en russe, c’est tout dire). Il semble que certains fidèles continuent leur « mission de prière », le père Joseph veille à entretenir le souvenir de « l’élu du ciel » (voir photo). Une statuette de la Vierge Marie dite « corédemptrice », posée sur un toit assez bas, est toujours visible depuis la route principale (lieu-dit « Les 4 fers »).

J’ai conscience que notre pèlerinage du jour ne fut pas très catholique. Mais Béthléem, c’était vraiment trop loin.

Certains ont pu étrenner leurs tout nouveaux cadeaux. Ainsi, Gaby Malto a essayé son limiteur de vitesse, grâce à quoi il a pu assez souvent emmener le peloton à un rythme raisonnable, mais il lui faudra un peu de temps pour trouver les bons réglages. Moi, j’ai expérimenté mon récupérateur de watts,  que m’a offert mon épouse très attentionnée. Un outil révolutionnaire : chaque watt dépensé est immédiatement réinjecté sous les semelles, et plus on en dépense plus on devient efficace. C’est beaucoup mieux, et plus écologique, que l’assistance électrique. Le modèle n’est pas encore breveté, je n’ai pas le droit d’en dire plus, mais je sens que l’année 2015 va être magique ! Jean-Michel, de son côté, a inauguré son système de quadri-pédalage, un truc incroyable qui permet de pédaler avec les bras en même temps qu’avec les jambes : rendement maximum, bienfait musculaire intégral. Il volait, notre Jean-Mimi, et il fallait vraiment être là pour le croire. L’autre Jean-Michel (Nicolas) a pour sa part fait une démonstration de son équilibreur stationnaire, un truc très ingénieux, là aussi, qui se déclenche quand le vélo penche dangereusement : des petites roulettes se déploient à l’arrière en une fraction de seconde, ce qui rend toute chute absolument impossible. Les fractures du bassin et autres avanies, c’est du passé !

Bref, une randonnée de Noël en tous points épatante. Vivement celle du Nouvel An !

Le père-Joseph, disciple de Clement XV

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